Classica

Deux Offenbach sinon rien

Ah, le pouvoir des grands! Voilà (ci-dessous) et son actrice magnifique, obligée de fuir les ardeurs du Maréchal de Saxe (celui d’), qu’elle finira par duper. Livret lourdingue. Offenbach, toujours bon faiseur, le sauve, proposant un seul air majeur, mais presque rien de son génie propre, en un opéra-comique comme trop d’autres… En situer les quiproquos dans un atelier de confection du xix siècle n’aide guère. Laurent Campellone, très engagé, y croit, mais c’est insuffisant, car Marion Lebègue peine. Restent Anne-Catherine Gillet et surtout Éric Huchet, irrésistible. Lyon met la barre bien plus haut avec (ci-dessus), chef-d’œuvre toujours trop rare, mais sacrément réussi – Meilhac et Halévy n’y sont pas pour rien – avec un tube («Je suis Barbe-Bleue, ô gué»), irrésistible. Laurent Pelly à la manœuvre, c’est la garantie – entre un réalisme rural embourbé quelque part près de la Vologne et des royautés dignes de Buckingham Palace – d’un spectacle hilarant qui se moque aussi de la presse people. Michele Spotti le mène avec subtilité et enflamme une sacrée distribution, menée par un Yann Beuron aussi déjanté qu’absolu, et une Héloïse Mas, Boulotte magnifique d’aisance. Comparses (Mortagne, de Damas, Gay) et membres du chœur parfaits. Un bonheur.

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