Le Journal du dimanche

La face cachée du Grand Meaulnes

Commençons par une confession : on n’aurait pas relu s’il ne venait d’entrer au musée, c’est-àdire dans la sacro-sainte bibliothèque de la Pléiade. On avait en mémoire une bible des émois adolescents, une bible, oui. L’amour s’y confondait avec une quête divine, Augustin Meaulnes était nimbé d’un charme quasi christique ; les sentiments étaient chastes, les femmes n’étaient que de futures mamans, les corps se vaporisaient comme dans les tableaux d’Eugène Carrière ; tout y sentait la craie, les blouses, les dictées, le goûter, les devoirs ; on croyait entendre le roulement des charrois, les cris des vachers et le bruit

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