L'Officiel Hommes Paris

JACKPOT AU BOUT DU JOYSTICK

Les Anglo-Saxons appellent ça la “gamification”. Cette tendance a émergé en même temps que la folie des “custom skin”, ces panoplies que l’on achète en ligne pour personnaliser son avatar dans un jeu vidéo. En 2017, le montant des ventes deou ont ainsi rapporté des fortunes à leurs créateurs. Puis sont venus les jeux spécialisés comme ceux de l’éditeur et développeur californien Glu Mobile : son appli (pour adultes aussi) d’apprenti styliste a généré l’an dernier plus de 50 millions de dollars de recettes… Quant à l’appli elle enregistre 240 millions de dollars de bénéfices depuis son lancement en 2014. Tous ces programmes interactifs personnalisables sont le prolongement logique du succès planétaire de qui, dès 2005, avait séduit les marques mode et beauté (la première à signer fut American Apparel) en proposant un concept-store virtuel et autres lancements de parfums en ligne. Mais le vrai coup de cœur de l’industrie du luxe a débuté avec les “CGI” (Computer Generated Imagery), ces super humanoïdes et autres héroïnes virtuelles aux millions de followers. Ils ont pour nom Lil Miquela (personnage fictif né en 2016), suivie de Shudu (mannequin digital) ou Fatsune Miku (créature de type manga)… Balmain, Givenchy, Louis Vuitton ou Balenciaga les ont récemment invitées dans leurs campagnes publicitaires. L’histoire pourrait en rester là, mais voilà qu’elle s’accélère. Après les avatars, c’est maintenant le jeu vidéo lui-même qui captive les marques de mode. Le voilà promu nouveau Graal dans la course aux millennials, doté du pouvoir de savoir parler au jeune, ce client de demain. Bref, le fashion gaming serait aujourd’hui l’outil providentiel des stratégies digitales, commerciales comme marketing. Alors, dans le monde réel de la mode, nombreux sont ceux, petits et grands, à être passés fin 2019 du côté obscur de la force.

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