Côté Paris

FONTAINEBLEAU PAYSAGES CULTURELS

« C’EST LE VOYAGE DE FONTAINEBLEAU »

Cette expression donnée par la cour de Louis XIV en partance pour le château de Fontainebleau, demeure contemporaine, tant la destination, à quelque soixante-dix kilomètres de Paris, est plurielle. « En plus d’être un livre d’histoire, c’est un foyer de création », Jean-François Hebert, président du château, relève le caractère très particulier de cette « maison des siècles, la vraie demeure des rois » ainsi baptisée par Napoléon Ier en exil à Sainte-Hélène. Entre 1137 et 1870, le château accueille trente-quatre rois et deux empereurs, de l’avènement de Louis VII Le Jeune à l’abdication de Napoléon III. Les différents monarques s’attachent à le sublimer en invitant les plus grands artistes internationaux de leur époque. François Ier convie les Italiens Rosso Fiorentino et le Primatice à peindre d’immenses fresques, donnant naissance à « L’école de Fontainebleau », Henri II et Catherine de Médicis commandent à Nicolo dell’Abbate les décors de la salle de bal, Henri IV sollicite pour son cabinet le flamand Ambroise Dubois, Louis XV orne son escalier de grands nus féminins en stuc de la Renaissance… Successivement, ils façonnent aussi son architecture, dans un impressionnant jeu de façades, de successions de cours et de tours-pivots, aux styles médiévaux, Renaissance et classiques. Les mille cinq cents pièces témoignent de l’excellence des maîtres d’art. Récemment restaurés, le théâtre impérial de Napoléon III et le boudoir turc de Marie-Antoinette « permettent de comprendre, très concrètement, la vie de la cour ». « Le château reste un haut lieu artistique. » Certains se remémorent le long séjour de Picasso venu s’y inspirer, marquant un tournant post-cubiste. Aujourd’hui la musique est reine : chefs d’orchestre reconnus en résidence, à l’exemple de Thomas Hengelbrock, concerts et master class en partenariat avec les écoles d’art américaines. S’y déroulera en 2021 la 10e édition du Festival d’Histoire de l’art. Année qui sera également celle du bicentenaire de la mort de Napoléon Ier.

UN HÉRITAGE INSPIRANT

Fontainebleau est atypique à plus d’un titre. Héritage historique, ancrage sylvestre, tradition estudiantine. Le ». Frédéric Valletoux, maire et conseiller régional, ponctue : « » et insiste sur cette interdépendance, entre le bâti et le patrimoine naturel, illustrée par « ». Il rappelle que la naissance du tourisme s’est faite à Fontainebleau avec les premiers sentiers balisés vers 1820 puis l’arrivée du train mettant Paris à une heure dès 1900. De son passé de chasse à courre, Fontainebleau devient la capitale du cheval. L’incroyable manège Sénarmont, voulu par Napoléon Ier, à la charpente à la Philibert Delorme, architecte de la Renaissance, conserve sa vocation d’origine. Au sein de l’École Militaire d’Équitation, s’y forment officiers et cavaliers destinés aux plus grands concours internationaux. L’EME s’inscrit en prolongement du château et abrite plus de deux cents chevaux et cent enseignants, soignants, maréchaux-ferrants… Frédéric Valletoux fait le pari «   ». L’INSEAD, Institut européen d’administration des affaires, rivalise depuis plus de cinquante ans avec Harvard. L’école mandate le duo de « stararchitectes » suisses mondialement connus, Jacques Herzog et Pierre de Meuron, Prix Pritzker 2001, édificateurs de la Tate Modern de Londres, du « nid » stade olympique de Pékin, de la future tour Triangle du XVe… pour la refonte de son campus. Viennent aussi renforcer cette dynamique d’excellence l’École des Mines déjà implantée comme l’UPEC (Université Paris Est Créteil). S’ajouteront bientôt l’Institut de Sciences Politiques Internationales et les Beaux-Arts Europe-Asie. « ». Preuves en sont les nombreuses initiatives privées : du cinéma d’Art et d’Essai autant que familial de Christiane Reynaud installé dans un ancien garage à calèches après la guerre – elle est aujourd’hui avec ses filles à la tête de vingt-cinq salles – à la toute jeune école d’arts vivants FONACT – Fontainebleau School of Acting – née de la rencontre en 2014 de professeurs de la Guildhall School of Music and Drama de Londres et Laurent de Montalembert. Entre les rues piétonnes aux pavés extraits au cours des siècles des carrières de la forêt et les hôtels particuliers XVIIIe aux portails majestueux et frontons Renaissance, hôtel de Guise, de Ferrare, de la Galère ou l’Ermitage de Madame de Pompadour, s’installe une nouvelle génération d’artisans : fromager, fleuriste, torréfacteur, apiculteur du château et chef étoilé.

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