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Aboubaker Omar Hadi Président de l’Autorité des ports et zones franches (DPFZA) « L’avenir est au transbordement »

Enfant de Dikhil, ville de l’hinterland, Aboubaker Omar Hadi est né loin de l’océan et rien ne le prédestinait à la fonction qu’il occupe. Nommé en 2011 par le chef de l’État à la présidence de l’Autorité des ports et zones franches pour remplacer Abdourahmane Boreh, qui avait fait défection après un scandale financier, il est devenu, une décennie plus tard, un personnage central de la vie économique de son pays. À 63 ans, celui qui pilote les principaux leviers de croissance de Djibouti évoque avec optimisme les investissements, l’adaptation aux contingences du marché et la volonté de ne pas dépendre d’un client unique.

AM : Pouvez-vous faire le point sur la situation entre Djibouti et le groupe émirati DP World ?

J’aimerais tout d’abord donner deux précisions. La compagnie dont le capital est réparti entre l’Autorité des ports de Djibouti, à hauteur de 66,7 %, et DP World, pour les 33,3 % restants. La seconde précision est tout aussi importante. La compagnie DCT avait achevé le remboursement total de l’emprunt qui a servi au financement de la construction du terminal, en juin 2017. En janvier 2018, le gouvernement de Djibouti nous a fait savoir qu’il entendait renégocier certains articles du contrat de concession, notamment l’exclusivité des droits sur la totalité du littoral djiboutien ainsi que la durée de la concession, arrêtée à cinquante ans. En tant qu’actionnaire majoritaire, nous n’étions pas opposés à renégocier ces deux points. Nous avons donc proposé à la direction de DP World une réunion de concertation, qui a eu lieu le 28 janvier 2018 à Dubai, pour qu’elle accepte la renégociation. Le PDG de DP World, Sultan Ahmed Bin Sulayem, a refusé tout net. Il m’a dit : « Je quitte le pacte d’actionnaires et revendique une indemnité de 1 milliard de dollars. » Je lui ai répondu que s’il nous donnait 2 milliards de dollars, nous lui laisserions la totalité du capital et le terminal. Il a refusé ma contre-proposition. J’ai tenté de le convaincre de revenir sur sa décision : « Le terminal est déjà amorti, c’est du profit pur qui t’attend. » Quand j’ai compris que c’était le contrôle de la côte djiboutienne qui l’intéressait, et non le profit, j’en ai conclu que le problème relevait plus de la politique que du business. La suite, vous la connaissez: résiliation du contrat de concession et nationalisation de DCT. Ayant recouru à l’arbitrage international, DP World devra négocier son indemnité avec le gouvernement. Nous, nous sommes déjà passés à autre chose…

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