Rock and Folk

“Bitches Brew” Miles Davis

Première parution: avril 1970

Lorsque Miles Davis et son orchestre s’avancent sur la scène du Festival de l’île de Wight ce samedi 29 août 1970, la plupart des festivaliers ignorent que le trompettiste avait effectué son premier enregistrement lorsqu’Elvis Presley fêtait ses treize ans, et qu’il pourrait être leur père. Mais pour fouler ces planches devant ce jeune public, Miles s’est métamorphosé plusieurs fois en renouvelant régulièrement ses musiciens, mais surtout son approche musicale, s’électrisant sous l’influence de la scène rock.“Bitches Brew” s’inscrit dans cette exploration et cette quête d’une nouvelle écriture, d’un nouveau lance-t-il au directeur artistique de Columbia. Dès lors, Miles décide de contrôler plus étroitement les pochettes de ses albums et impose, à plusieurs reprises, la présence de ses compagnes afro-américaines sur celles-ci: Frances Taylor Davis sur“Someday My Prince Will Come” et“ESP.”; Cicely Tyson sur“Sorcerer”; Betty Mabry sur“Filles De Kilimanjaro”. Pour“Bitches Brew”, Miles sent que l’orientation musicale choisie doit s’accompagner d’une pochette hors du commun, d’une oeuvre artistique. Il est séduit par l’univers de Mati Klarwein, qu’il a rencontré grâce aux stylistes Colette Harron et Stella Douglas (créatrices de la veste à franges que porte Jimi Hendrix à Woodstock). Né à Hambourg en 1932, et élevé en Palestine par un père architecte (on lui doit notamment le bâtiment de la Knesset, à Jérusalem) et une mère cantatrice, Matthias Klarwein grandit dans un creuset en plein Moyen-Orient, imprégné des trois religions monothéistes. Dans les années cinquante, il poursuit ses études d’art à Paris, où il se lie d’amitié avec son contemporain, Ernst Fuchs, fondateur à Vienne du réalisme fantastique. Ce courant ésotérico-symboliste marque durablement Klarwein, définissant en partie son style où des figures religieuses (Marie, Gabriel, Moïse…) croisent des Africains, des Tibétains aux postures majestueuses.

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