Les Veilles des chaumires

Mon cœur à son passé renonce

28–RÉSUMÉ: Après la visite des somptueux tombeaux de la vallée des Rois, les fouilles reprennent leur cours pour les habitants de la maison du Nil. Un jour, l’un des ouvriers découvre des morceaux de calcaire étranges, sur lesquels apparaissent des dessins. Il s’agit d’ostraca. Ibrahim et Pierre en trouvent d’autres. Mais lorsque le jeune homme tient en main un portrait qui lui rappelle sa bien-aimée, l’émotion est trop forte. Il reste une semaine au lit, avec la fièvre. Sa cousine, qui le veille, comprend ce qui s’est passé. À son réveil, elle lui rend le dessin. Mais c’est déjà le moment de faire les bagages pour regagner la France. (Voir Veillées nos 3448 et suivants.)

Pierre ne retourna pas sur le site des fouilles, il passa les longues heures de sa convalescence allongé sur la terrasse, à regarder les felouques croiser leur voile triangulaire là-bas sur le fleuve. Sa pensée suivait les gestes sûrs et déliés des pêcheurs et des marins, quand passait une cange ou un navire marchand. Il se revoyait sur l’Atbara, manœuvrant avec les membres de l’équipage, hissant la grand-voile ou surveillant les fonds avec les longues perches souples qu’il fallait enfoncer, puis ramener devant en gardant le rythme. Il se repassait en mémoire tous les jours de navigation sur le Nil.

Le temps lui semblait devenu infini ! Le Caire, Alexandrie, Malte… et si loin la France. Bientôt cinq mois qu’ils l’avaient quittée ! Cinq mois d’une douleur lancinante, que le dessin d’un artiste anonyme d’il y avait trois mille ans avait brusquement ravivée! L’évocation de ce visage tant aimé s’accompagnait maintenant d’un sourd pressentiment. Claire, à qui chaque

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