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L’ÉTÉ DES IDÉES (4/4) L’écologie contre la nature

Notre société est traversée de débats qui nous saisissent d’effroi par leur ampleur et leur caractère apparemment inédits. En réalité, la plupart des polémiques qui affectent le corps social puisent leur origine dans la longue histoire des idées. L’examen de la condition humaine (l’antispécisme), des limites de la nature (l’écologie), de la détermination sexuelle (le genre) ou encore de l’héritage du passé (le décolonialisme), permet de redonner de la profondeur à des sujets pour les aborder avec sérénité et se prémunir de leurs effets délétères. Historien et auteur, Jean-Marc Albert nous offre pour l’été des pistes de réflexion sur des questionnements contemporains phares. Il prépare la publication d’Histoire et représentation du corps en France à l’époque moderne, chez Armand Colin (2021).

“C’EST POURTANT L’IDÉOLOGIE PROGRESSISTE QUI, EN DÉPOSSÉDANT LA NATURE DE SON SENS, L’A EXPOSÉE À UNE EXPLOITATION IRRAISONNÉE DONT NOUS MESURONS AUJOURD’HUI LES DÉGÂTS.”

Le monde tournait avant Greta et il devrait, malgré ses imperfections, lui survivre. La nature n’a pas attendu l’égérie suédoise de l’écologie pour qu’on se soucie d’elle. L’humanité s’en préoccupe dès le moment où elle y a laissé son empreinte. Par sa complexité, sa, le foyer, par le biais du logos, la raison, devrait concerner toute la société. Or l’environnement est devenu la chasse bien gardée d’activistes qui s’en attribuent la paternité. Pourtant, il suffit de jeter un regard sur la longue histoire pour mesurer que cette question traverse la famille de pensée conservatrice à qui l’on doit les avancées significatives dans la protection de la nature. Mais depuis la mainmise opérée sur la question écologique par la gauche dans les années 1970, il n’est plus possible d’éprouver un sentiment d’enracinement et d’émerveillement que procure la beauté des paysages ni de s’inquiéter qu’on les défigure. Tout n’est plus qu’équation et taux de CO . Après l’échec du communisme, la gauche antilibérale a trouvé dans la nature opprimée par l’homme sa nouvelle victime à défendre. C’est pourtant l’idéologie progressiste qui, en dépossédant la nature de son sens, l’a exposée à une exploitation irraisonnée dont nous mesurons aujourd’hui les dégâts. Nous avons soumis le vivant, y compris l’homme, à notre désir illimité d’émancipation. Mais la nature se rappelle à nous, dans ses drames et ses splendeurs, dans son jaillissement et sa finitude, nous interrogeant sur ce que notre condition humaine lui doit.

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