ELLE France

L’HOMME QUI N’AIMAITPAS LES FEMMES

“FACE AUX FEMMES QUI L’ACCUSENT D’AGRESSION, ZEMMOUR N’A OPPOSÉ QUE LE SILENCE.”

AU PRINTEMPS DERNIER, LE PORTRAIT GÉANT D’ÈRIC ZEMMOUR a été déployé sur un échafaudage, en plein centre d’Aix-en-Provence. Sur une affiche de 4 mètres sur 6, le pamphlétaire d’extrême droite posait pour la première fois en possible candidat à la présidentielle. Sur le cours Mirabeau, impossible de l’éviter. C’est ce que Gaëlle Lenfant n’a pas supporté. Ce visage est resté placardé dans la ville, où elle est conseillère municipale toute la journée. « J’ai envisagé d’aller le décrocher, dévoile-t-elle aujourd’hui, mais je n’ai trouvé personne pour m’accompagner. » Zemmour déjà s’installait dans le paysage, tel un politique lambda, comme si on s’était habitué à ses débordements, à ses incitations à la haine raciale condamnées ou poursuivies par la justice. Alors, le soir du 24 avril, vers 20 heures, Gaëlle Lenfant s’est jetée à l’eau. Elle a raconté sur Facebook le souvenir d’une agression que cet affichage sauvage avait réveillé en elle : le journaliste Zemmour l’embrassant « de force », au début des années 2000, sans imaginer, confie-t-elle en ce début septembre, les milliers d’insultes et de menaces qui se sont abattues sur elle une fois son billet en ligne – « Féministe de merde », « Salope », « On va venir te chercher chez toi pour te pendre »… En mai, huit autres témoignages, pour la plupart anonymes, ont été publiés par le site Mediapart. Maquilleuse et hôtesse de chaîne de télévision, stagiaire du « Figaro », étudiante en sciences politiques, chef d’édition sur CNews, attachée

Vous lisez un aperçu, inscrivez-vous pour en lire plus.