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QUE VAUT?

LE NOUVEAU JULIAN BARNES

lors qu'il était âgé d'une trentaine d'années, Neil a suivi les cours d'une certaine Elizabeth Finch. Élégante, provocante, intrigante, cette quinquagénaire enseignait l'histoire culturelle se présente sous des dehors peu engageants: les souvenirs de Neil sont largement composés d'extraits des cours d'Elizabeth, qu'on a tendance à sauter; quant à la deuxième partie, sur les trois qui composent l'ouvrage, elle consiste en un essai de cinquante pages sur Julien l'Apostat, livré tel quel. On a l'impression, face à ce récit spéculatif et abstrait, que la fiction n'y a été ajoutée qu'après coup, tant il manque de romanesque. Les deux personnages, du reste, demeurent impénétrables. Neil, le narrateur, ne dit rien de lui, au motif que « [son] ». Quant à Elizabeth, l'héroïne, elle est une étrangère pour Neil – et pour le lecteur –, lequel ne la définit qu'en négatif, par énumération de ce qu'elle n’était pas: elle n'était pas un personnage public, elle n'avait pas de tic de langage, etc. Fort bien, mais elle était quoi, alors? On referme ce livre austère et ambigu avec le sentiment que, sans avoir rien dévoilé, il a tourné sans fin autour d'un mystère inviolé.

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