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Eugénie Grandet

Eugénie Grandet

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Eugénie Grandet

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3/5 (418 évaluations)
Longueur:
298 pages
3 heures
Sortie:
Jan 1, 1914
Format:
Livre

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Jan 1, 1914
Format:
Livre

À propos de l'auteur

Honoré de Balzac (1799-1850) was a French novelist, short story writer, and playwright. Regarded as one of the key figures of French and European literature, Balzac’s realist approach to writing would influence Charles Dickens, Émile Zola, Henry James, Gustave Flaubert, and Karl Marx. With a precocious attitude and fierce intellect, Balzac struggled first in school and then in business before dedicating himself to the pursuit of writing as both an art and a profession. His distinctly industrious work routine—he spent hours each day writing furiously by hand and made extensive edits during the publication process—led to a prodigious output of dozens of novels, stories, plays, and novellas. La Comédie humaine, Balzac’s most famous work, is a sequence of 91 finished and 46 unfinished stories, novels, and essays with which he attempted to realistically and exhaustively portray every aspect of French society during the early-nineteenth century.


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Aperçu du livre

Eugénie Grandet - Honoré de Balzac

The Project Gutenberg EBook of Eugenie Grandet, by Honore de Balzac

This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this eBook or online at www.gutenberg.net

Title: Eugenie Grandet

Author: Honore de Balzac

Release Date: February 12, 2004 [EBook #11049]

Language: French

Character set encoding: ISO Latin-1

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK EUGENIE GRANDET ***

E-text prepared by Walter Debeuf HTML-file of this e-text is to find at: http://www.ibelgique.com/Digibooks

EUGÉNIE GRANDET.

Scènes de la vie de Province.

par

HONORÉ DE BALZAC.

A MARIA,

Que votre nom, vous dont le portrait est le plus bel ornement de cet ouvrage, soit ici comme une branche de buis bénit, prise on ne sait à quel arbre, mais certainement sanctifiée par la religion et renouvelée, toujours verte, par des mains pieuses, pour protéger la maison.

DE BALZAC

Il se trouve dans certaines provinces des maisons dont la vue inspire une mélancolie égale à celle que provoquent les cloîtres les plus sombres, les landes les plus ternes ou les ruines les plus tristes. Peut-être y a-t-il à la fois dans ces maisons et le silence du cloître et l'aridité des landes et les ossements des ruines. La vie et le mouvement y sont si tranquilles qu'un étranger les croirait inhabitées, s'il ne rencontrait tout à coup le regard pâle et froid d'une personne immobile dont la figure à demi monastique dépasse l'appui de la croisée, au bruit d'un pas inconnu. Ces principes de mélancolie existent dans la physionomie d'un logis situé à Saumur, au bout de la rue montueuse qui mène au château, par le haut de la ville. Cette rue, maintenant peu fréquentée, chaude en été, froide en hiver, obscure en quelques endroits, est remarquable par la sonorité de son petit pavé caillouteux, toujours propre et sec, par l'étroitesse de sa voie tortueuse, par la paix de ses maisons qui appartiennent à la vieille ville, et que dominent les remparts. Des habitations trois fois séculaires y sont encore solides quoique construites en bois, et leurs divers aspects contribuent à l'originalité qui recommande cette partie de Saumur à l'attention des antiquaires et des artistes. Il est difficile de passer devant ces maisons, sans admirer les énormes madriers dont les bouts sont taillés en figures bizarres et qui couronnent d'un bas-relief noir le rez-de-chaussée de la plupart d'entre elles. Ici, des pièces de bois transversales sont couvertes en ardoises et dessinent des lignes bleues sur les frêles murailles d'un logis terminé par un toit en colombage que les ans ont fait plier, dont les bardeaux pourris ont été tordus par l'action alternative de la pluie et du soleil. Là se présentent des appuis de fenêtre usés, noircis, dont les délicates sculptures se voient à peine, et qui semblent trop légers pour le pot d'argile brune d'où s'élancent les oeillets ou les rosiers d'une pauvre ouvrière. Plus loin, c'est des portes garnies de clous énormes où le génie de nos ancêtres a tracé des hiéroglyphes domestiques dont le sens ne se retrouvera jamais. Tantôt un protestant y a signé sa foi, tantôt un ligueur y a maudit Henri IV. Quelque bourgeois y a gravé les insignes de sa noblesse de cloches, la gloire de son échevinage oublié. L'Histoire de France est là tout entière. A côté de la tremblante maison à pans hourdés où l'artisan a déifié son rabot, s'élève l'hôtel d'un gentilhomme où sur le plein-cintre de la porte en pierre se voient encore quelques vestiges de ses armes, brisées par les diverses révolutions qui depuis 1789 ont agité le pays. Dans cette rue, les rez-de-chaussée commerçants ne sont ni des boutiques ni des magasins, les amis du moyen-âge y retrouveraient l'ouvrouère de nos pères en toute sa naïve simplicité. Ces salles basses, qui n'ont ni devanture, ni montre, ni vitrages, sont profondes, obscures et sans ornements extérieurs ou intérieurs, Leur porte est ouverte en deux parties pleines, grossièrement ferrées, dont la supérieure se replie intérieurement, et dont l'inférieure armée d'une sonnette à ressort va et vient constamment. L'air et le jour arrivent à cette espèce d'antre humide, ou par le haut de la porte, ou par l'espace qui se trouve entre la voûte, le plancher et le petit mur à hauteur d'appui dans lequel s'encastrent de solides volets, ôtés le matin, remis et maintenus le soir avec des bandes de fer boulonnées. Ce mur sert à étaler les marchandises du négociant. Là, nul charlatanisme. Suivant la nature du commerce, les échantillons consistent en deux ou trois baquets pleins de sel et de morue, en quelques paquets de toile à voile, des cordages, du laiton pendu aux solives du plancher, des cercles le long des murs, ou quelques pièces de drap sur des rayons. Entrez? Une fille propre, pimpante de jeunesse, au blanc fichu, aux bras rouges quitte son tricot, appelle son père ou sa mère qui vient et vous vend à vos souhaits, flegmatiquement, complaisamment, arrogamment, selon son caractère, soit pour deux sous, soit pour vingt mille francs de marchandise. Vous verrez un marchand de merrain assis à sa porte et qui tourne ses pouces en causant avec un voisin, il ne possède en apparence que de mauvaises planches à bouteilles et deux ou trois paquets de lattes; mais sur le port son chantier plein fournit tous les tonneliers de l'Anjou; il sait, à une planche près, combien il peut de tonneaux si la récolte est bonne; un coup de soleil l'enrichit, un temps de pluie le ruine: en une seule matinée, les poinçons valent onze francs ou tombent à six livres. Dans ce pays, comme en Touraine, les vicissitudes de l'atmosphère dominent la vie commerciale. Vignerons, propriétaires, marchands de bois, tonneliers, aubergistes, mariniers sont tous à l'affût d'un rayon de soleil; ils tremblent en se couchant le soir d'apprendre le lendemain matin qu'il a gelé pendant la nuit; ils redoutent la pluie, le vent, la sécheresse, et veulent de l'eau, du chaud, des nuages, à leur fantaisie. Il y a un duel constant entre le ciel et les intérêts terrestres. Le baromètre attriste, déride, égaie tour à tour les physionomies. D'un bout à l'autre de cette rue, l'ancienne Grand'rue de Saumur, ces mots: Voilà un temps d'or! se chiffrent de porte en porte. Aussi chacun répond-il au voisin: Il pleut des louis, en sachant ce qu'un rayon de soleil, ce qu'une pluie opportune lui en apporte. Le samedi, vers midi, dans la belle saison, vous n'obtiendriez pas pour un sou de marchandise chez ces braves industriels. Chacun a sa vigne, sa closerie, et va passer deux jours à la campagne. Là, tout étant prévu, l'achat, la vente, le profit, les commerçants se trouvent avoir dix heures sur douze à employer en joyeuses parties, en observations, commentaires, espionnages continuels. Une ménagère n'achète pas une perdrix sans que les voisins ne demandent au mari si elle était cuite à point. Une jeune fille ne met pas la tête à sa fenêtre sans y être vue par tous les groupes inoccupés. Là donc les consciences sont à jour, de même que ces maisons impénétrables, noires et silencieuses n'ont point de mystères. La vie est presque toujours en plein air: chaque ménage s'assied à sa porte, y déjeune, y dîne, s'y dispute. Il ne passe personne dans la rue qui ne soit étudié. Aussi, jadis, quand un étranger arrivait dans une ville de province, était-il gaussé de porte en porte. De là les bons contes, de là le surnom de copieux donné aux habitants d'Angers qui excellaient à ces railleries urbaines. Les anciens hôtels de la vieille ville sont situés en haut de cette rue jadis habitée par les gentilshommes du pays. La maison pleine de mélancolie où se sont accomplis les événements de cette histoire était précisément un de ces logis, restes vénérables d'un siècle où les choses et les hommes avaient ce caractère de simplicité que les moeurs françaises perdent de jour en jour. Après avoir suivi les détours de ce chemin pittoresque dont les moindres accidents réveillent des souvenirs et dont l'effet général tend à plonger dans une sorte de rêverie machinale, vous apercevez un renfoncement assez sombre, au centre duquel est cachée la porte de la maison à monsieur Grandet. Il est impossible de comprendre la valeur de cette expression provinciale sans donner la biographie de monsieur Grandet.

Monsieur Grandet jouissait à Saumur d'une réputation dont les causes et les effets ne seront pas entièrement compris par les personnes qui n'ont point, peu ou prou, vécu en province. Monsieur Grandet, encore nommé par certaines gens le père Grandet, mais le nombre de ces vieillards diminuait sensiblement, était en 1789 un maître-tonnelier fort à son aise, sachant lire, écrire et compter. Dès que la République française mit en vente, dans l'arrondissement de Saumur, les biens du clergé, le tonnelier, alors âgé de quarante ans, venait d'épouser la fille d'un riche marchand de planches. Grandet alla, muni de sa fortune liquide et de la dot, muni de deux mille louis d'or, au district, où, moyennant deux cents doubles louis offerts par son beau-père au farouche républicain qui surveillait la vente des domaines nationaux, il eut pour un morceau de pain, légalement, sinon légitimement, les plus beaux vignobles de l'arrondissement, une vieille abbaye et quelques métairies. Les habitants de Saumur étant peu révolutionnaires, le père Grandet passa pour un homme hardi, un républicain, un patriote, pour un esprit qui donnait dans les nouvelles idées, tandis que le tonnelier donnait tout bonnement dans les vignes. Il fut nommé membre de l'administration du district de Saumur, et son influence pacifique s'y fit sentir politiquement et commercialement. Politiquement, il protégea les ci-devant et empêcha de tout son pouvoir la vente des biens des émigrés; commercialement, il fournit aux armées républicaines un ou deux milliers de pièces de vin blanc, et se fit payer en superbes prairies dépendant d'une communauté de femmes que l'on avait réservée pour un dernier lot. Sous le Consulat, le bonhomme Grandet devint maire, administra sagement, vendangea mieux encore; sous l'Empire, il fut monsieur Grandet. Napoléon n'aimait pas les républicains: il remplaça monsieur Grandet, qui passait pour avoir porté le bonnet rouge, par un grand propriétaire, un homme à particule, un futur baron de l'Empire. Monsieur Grandet quitta les honneurs municipaux sans aucun regret. Il avait fait faire dans l'intérêt de la ville d'excellents chemins qui menaient à ses propriétés. Sa maison et ses biens, très avantageusement cadastrés, payaient des impôts modérés. Depuis le classement de ses différents clos, ses vignes, grâce à des soins constants, étaient devenues la tête du pays, mot technique en usage pour indiquer les vignobles qui produisent la première qualité de vin. Il aurait pu demander la croix de la Légion-d'Honneur. Cet événement eut lieu en 1806. Monsieur Grandet avait alors cinquante-sept ans, et sa femme environ trente-six. Une fille unique, fruit de leurs légitimes amours, était âgée de dix ans. Monsieur Grandet, que la Providence voulut sans doute consoler de sa disgrâce administrative, hérita successivement pendant cette année de madame de La Gaudinière, née de La Bertellière, mère de madame Grandet; puis du vieux monsieur La Bertellière, père de la défunte; et encore de madame Gentillet, grand'mère du côté maternel: trois successions dont l'importance ne fut connue de personne. L'avarice de ces trois vieillards était si passionnée que depuis longtemps ils entassaient leur argent pour pouvoir le contempler secrètement. Le vieux monsieur La Bertellière appelait un placement une prodigalité, trouvant de plus gros intérêts dans l'aspect de l'or que dans les bénéfices de l'usure. La ville de Saumur présuma donc la valeur des économies d'après les retenus des biens au soleil. Monsieur Grandet obtint alors le nouveau titre de noblesse que notre manie d'égalité n'effacera jamais: il devint le plus imposé de l'arrondissement. Il exploitait cent arpents de vignes, qui, dans les années plantureuses, lui donnaient sept à huit cents poinçons de vin. Il possédait treize métairies, une vieille abbaye, où, par économie, il avait muré les croisées, les ogives, les vitraux, ce qui les conserva; et cent vingt-sept arpents de prairies où croissaient et grossissaient trois mille peupliers plantés en 1793. Enfin la maison dans laquelle il demeurait était la sienne. Ainsi établissait-on sa fortune visible, Quant à ses capitaux, deux seules personnes pouvaient vaguement en présumer l'importance: l'une était monsieur Cruchot, notaire chargé des placements usuraires de monsieur Grandet; l'autre, monsieur des Grassins, le plus riche banquier de Saumur, aux bénéfices duquel le vigneron participait à sa convenance et secrètement. Quoique le vieux Cruchot et monsieur des Grassins possédassent cette profonde discrétion qui engendre en province la confiance et la fortune, ils témoignaient publiquement à monsieur Grandet un si grand respect que les observateurs pouvaient mesurer l'étendue des capitaux de l'ancien maire d'après la portée de l'obséquieuse considération dont il était l'objet. Il n'y avait dans Saumur personne qui ne fût persuadé que monsieur Grandet n'eût un trésor particulier, une cachette pleine de louis, et ne se donnât nuitamment les ineffables jouissances que procure la vue d'une grande masse d'or. Les avaricieux en avaient une sorte de certitude en voyant les yeux du bonhomme, auxquels le métal jaune semblait avoir communiqué ses teintes. Le regard d'un homme accoutumé à tirer de ses capitaux un intérêt énorme contracte nécessairement, comme celui du voluptueux, du joueur ou du courtisan, certaines habitudes indéfinissables, des mouvements furtifs, avides, mystérieux qui n'échappent point à ses coreligionnaires. Ce langage secret forme en quelque sorte la franc-maçonnerie des passions. Monsieur Grandet inspirait donc l'estime respectueuse à laquelle avait droit un homme qui ne devait jamais rien à personne, qui, vieux tonnelier, vieux vigneron, devinait avec la précision d'un astronome quand il fallait fabriquer pour sa récolte mille poinçons ou seulement cinq cents; qui ne manquait pas une seule spéculation, avait toujours des tonneaux à vendre alors que le tonneau valait plus cher que la denrée à recueillir, pouvait mettre sa vendange dans ses celliers et attendre le moment de livrer son poinçon à deux cents francs quand les petits propriétaires donnaient le leur à cinq louis. Sa fameuse récolte de 1811, sagement serrée, lentement vendue, lui avait rapporté plus de deux cent quarante mille livres. Financièrement parlant, monsieur Grandet tenait du tigre et du boa: il savait se coucher, se blottir, envisager longtemps sa proie, sauter dessus; puis il ouvrait la gueule de sa bourse, y engloutissait une charge d'écus, et se couchait tranquillement, comme le serpent qui digère, impassible, froid, méthodique. Personne ne le voyait passer sans éprouver un sentiment d'admiration mélangé de respect et de terreur. Chacun dans Saumur n'avait-il pas senti le déchirement poli de ses griffes d'acier? à celui-ci maître Cruchot avait procuré l'argent nécessaire à l'achat d'un domaine, mais à onze pour cent; à celui-là monsieur des Grassins avait escompté des traites, mais avec un effroyable prélèvement d'intérêts. Il s'écoulait peu de jours sans que le nom de monsieur Grandet fût prononcé soit au marché, soit pendant les soirées dans les conversations de la ville. Pour quelques personnes, la fortune du vieux vigneron était l'objet d'un orgueil patriotique. Aussi plus d'un négociant, plus d'un aubergiste disait-il aux étrangers avec un certain contentement: «Monsieur, nous avons ici deux ou trois maisons millionnaires; mais, quant à monsieur Grandet, il ne connaît pas lui-même sa fortune!»En 1816 les plus habiles calculateurs de Saumur estimaient les biens territoriaux du bonhomme à près de quatre millions; mais, comme terme moyen, il avait dû tirer par an, depuis 1793 jusqu'en 1817, cent mille francs de ses propriétés, il était présumable qu'il possédait en argent une somme presque égale à celle de ses biens-fonds. Aussi, lorsqu'après une partie de boston, on quelque entretien sur les vignes, on venait à parler de monsieur Grandet, les gens capables disaient-ils:

—Le père Grandet?… le père Grandet doit avoir cinq à six millions.

—Vous êtes plus habile que je ne le suis, je n'ai jamais pu savoir le t otal, répondaient monsieur Cruchot ou monsieur des Grassins s'ils entendaient le propos. Quelque Parisien parlait-il des Rotschild ou de monsieur Laffitte, les gens de Saumur demandaient s'ils étaient aussi riches que monsieur Grandet. Si le Parisien leur jetait en souriant une dédaigneuse affirmation, ils se regardaient en hochant la tête d'un air d'incrédulité. Une si grande fortune couvrait d'un manteau d'or toutes les actions de cet homme. Si d'abord quelques particularités de sa vie donnèrent prise au ridicule et à la moquerie, la moquerie et le ridicule s'étaient usés. En ses moindres actes, monsieur Grandet avait pour lui l'autorité de la chose jugée. Sa parole, son vêtement, ses gestes, le clignement de ses yeux faisaient loi dans le pays, où chacun, après l'avoir étudié comme un naturaliste étudie les effets de l'instinct chez les animaux, avait pu reconnaître la profonde et muette sagesse de ses plus légers mouvements.

—L'hiver sera rude, disait-on, le père Grandet a mis ses gants fourrés: il faut vendanger.

—Le père Grandet prend beaucoup de merrain, il y aura du vin cette année. Monsieur Grandet n'achetait jamais ni viande ni pain. Ses fermiers lui apportaient par semaine une provision suffisante de chapons, de poulets, d'oeufs, de beurre et de blé de rente. Il possédait un moulin dont le locataire devait, en sus du bail, venir chercher une certaine quantité de grains et lui en rapporter le son et la farine. La grande Nanon, son unique servante, quoiqu'elle ne fût plus jeune, boulangeait elle-même tous les samedis le pain de la maison. Monsieur Grandet s'était arrangé avec les maraîchers, ses locataires, pour qu'ils le fournissent de légumes. Quant aux fruits, il en récoltait une telle quantité qu'il en faisait vendre une grande partie au marché. Son bois de chauffage était coupé dans ses haies ou pris dans les vieilles truisses à moitié pourries qu'il enlevait au bord de ses champs, et ses fermiers le lui charroyaient en ville tout débité, le rangeaient par complaisance dans son bûcher et recevaient ses remercîments. Ses seules dépenses connues étaient le pain bénit, la toilette de sa femme, celle de sa fille, et le payement de leurs chaises à l'église; la lumière, les gages de la grande Nanon, l'étamage de ses casseroles; l'acquittement des impositions, les réparations de ses bâtiments et les frais de ses exploitations. Il avait six cents arpents de bois récemment achetés qu'il faisait surveiller par le garde d'un voisin, auquel il promettait une indemnité. Depuis cette acquisition seulement, il mangeait du gibier. Les manières de cet homme étaient fort simples. Il parlait peu. Généralement il exprimait ses idées par de petites phrases sentencieuses et dites d'une voix douce. Depuis la Révolution, époque à laquelle il attira les regards, le bonhomme bégayait d'une manière fatigante aussitôt qu'il avait à discourir longuement ou à soutenir une discussion. Ce bredouillement, l'incohérence de ses paroles, le flux de mots où il noyait sa pensée, son manque apparent de logique attribués à un défaut d'éducation étaient affectés et seront suffisamment expliqués par quelques événements de cette histoire. D'ailleurs, quatre phrases exactes autant que des formules algébriques lui servaient habituellement à embrasser, à résoudre toutes les difficultés de la vie et du commerce: Je ne sais pas, je ne puis pas, je ne veux pas, nous verrons cela. Il ne disait jamais ni oui ni non, et n'écrivait point. Lui parlait-on? il écoutait froidement, se tenait le menton dans la main droite en appuyant son coude droit sur le revers de la main gauche, et se formait en toute affaire des opinions desquelles il ne revenait point. Il méditait longuement les moindres marchés. Quand, après une savante conversation, son adversaire lui avait livré le secret de ses prétentions en croyant le tenir, il lui répondait:

—Je ne puis rien conclure sans avoir consulté ma femme. Sa femme, qu'il avait réduite à un ilotisme complet, était en affaires son paravent le plus commode. Il n'allait jamais chez personne, ne voulait ni recevoir ni donner à dîner;

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Ce que les gens pensent de Eugénie Grandet

3.1
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Avis des lecteurs

  • (4/5)
    No need for histrionic qualification, this was a sublime novel.
  • (4/5)
    In the post-French Revolution town of Saumur, the sweet and naive Eugenie is much sought after as a bride (for her father's money, mostly) although she seems generally unaware of the attention. She, her mother and their one servant lead a sheltered and Spartan life under the miserly and tyrannical gaze of her father, a local baron of the wine trade. When she falls in love with her penniless cousin and gives her savings away to help him, she starts down a path of misery and disappointment.Well, it's not a happy read, but a well-crafted one, and it includes one of the most easy-to-loathe characters (Eugenie's father) I've ever come across. Recommended, if you like that sort of thing - think Thomas Hardy, but maybe a half-step less dreadfully depressing.
  • (4/5)
    Great book! Maybe it is even 4.5 *Balzac's characters were all well written (even though not all were very nice) & the prose was extremely readable. I found the ending rather sad...
  • (3/5)
    Dit is eigenlijk vooral de roman van de vrek Grandet, eerder dan van Eugenie. Het typetje van de gierigaard wordt prachtig getekend, al is er na Moli?re toch niet zoveel meer toe te voegen. Heel zwakjes zijn de andere karakters: Eugenie, de moeder, en de Cruchots en Grassins; alleen de dienstmeid Nanon vertoont nog wat consistentie.Ook aan de structuur van het verhaal mangelt er wat: op het einde is het een wirwar van plotse gebeurtenissen en wendingen, die het geheel onevenwichtig maken.Dus: rake typering van de vrek en zijn milieu, en van het overal aanwezige cynisme; zwakke vrouwenfiguren.
  • (3/5)
    Dit is eigenlijk vooral de roman van de vrek Grandet, eerder dan van Eugenie. Het typetje van de gierigaard wordt prachtig getekend, al is er na Molière toch niet zoveel meer toe te voegen. Heel zwakjes zijn de andere karakters: Eugenie, de moeder, en de Cruchots en Grassins; alleen de dienstmeid Nanon vertoont nog wat consistentie.Ook aan de structuur van het verhaal mangelt er wat: op het einde is het een wirwar van plotse gebeurtenissen en wendingen, die het geheel onevenwichtig maken.Dus: rake typering van de vrek en zijn milieu, en van het overal aanwezige cynisme; zwakke vrouwenfiguren.
  • (5/5)
    Monsieur Grandet is the wealthiest man in the provincial town of Saumur. The former cooper has used his business acumen and wiles, amid the social upheavals following the French Revolution and the subsequent Empire and Restoration, to skillfully acquire vineyards and a horde of gold that’s the envy of all. Yet the miser continues to dress as a laborer, and live in the same gloomy old house with his wife and daughter Eugénie as before. Their only visitors to this dismal abode are the families of his lawyer and banker, vying for the hand of Eugénie and her eventual inheritance. So the sudden appearance of a dashing and handsome young man from Paris into their midst quite upsets everyone’s schemes.Skillfully, succinctly and realistically Balzac constructs his story of monomaniacal greed and domestic bullying, punctuated with dramatic scenes of intense emotions, set against a backdrop of drab melancholy. However, like Dickens he can portray the striving for social status and wealth with a sharp and witty eye.
  • (4/5)
    Like several of Balzac's novels, there is a strong moral theme in the novel's plot, this time the love of money – especially gold. Coupled with stinginess as it is here, it contrasts with materialism in general, giving a character similar in some trains to that of Dickens' Scrooge in a Christmas Carol (published a decade later).Eugenie Grandet is the daughter of a very wealthy but miserly businessman, who plays a slightly greater role in the novel than her. They live in the large provincial town of Saumur, in a somewhat Spartan existence in grand but poorly-maintained house. Sheltered from the world, oblivious to her father's machinations, and kept companion by her caring mother, Eugenie grows up with an angelic and impressionable character. The other member of their small household is the housekeeper Nanon, who is also endearing and well characterised.Throughout the novel, the two main families in the town vie for Eugenie's hand, and though she is oblivious to their motivation behind their attentions, her father plays them off to benefit from the one-upmanship. Things are shaken up however when her wealthy cousin Charles arrives from Paris. She instantly falls in love due to his good looks and charm, and her world view begins to change. A further unsuspected change in fortune occurs for one of the characters, and this brings about the events that make up the rest of the plot.Many of the other usual Balzac themes are present – death, unrequited love, monomania, and social and psychological goings-on. This is not one of Balzac's longest novels, but it is very complete in what it is, without the tendency to drag out events unnecessarily such as in “Le Curé de Village”. It would therefore be a great introduction to Balzac, and his Comedie Humaine.
  • (5/5)
    Eugenie Grandet is one of the signature works of French literature, and Flaubert, who wrote Madame Bovary and is arguably the most celebrated French novelist, was supposedly greatly influenced by Balzac. It's easy reading Eugene Grandet to trace the line of realism in French literature from Stendahl's The Red and the Black, its predecessor, and Madame Bovary, its successor. All three concern themselves with people from the French provinces, which are presented as largely petty and grasping. All feature styles that are amazing in their command of details--rich but never rambling. All three novels deal with monomania. In the case of Madame Bovary, she seeks passion--the search for love (or lust?) rules all. With Julian Sorel of The Red and the Black it's ambition, as Sorel seeks to rise above his peasant roots. In this novel the ruling, blighting passion is avarice--money, gold, miserliness.Mind you, that's not Eugenie's guiding passion--and I think that's the one aspect of the novel that makes me deny it a fifth star. This is a pretty short novel, less than 200 pages--yet richer than many a bloated classic that goes on for hundreds of pages. It's rich in incident, style and character--that comes through even in translation. It's easy to understand why Henry James thought Balzac the greatest novelist in literature. And indeed I can see a strong resemblance between Catherine Sloper of James' Washington Square and Eugenie. Except Catherine feels more real, more an individual and more the center of her own story. For that matter to me so do secondary female characters in Stendahl's The Red and the Black, let alone Emma Bovary. For a title character Eugenie seems rather pallid to me, more acted upon than acting. Her father and love are more interesting, more central to her fate--it's their avarice that matters. Eugenie never quite seemed real to me, but more the "angelic" kind of figure that annoyed me in so much of Dickens that I've read. That said, yes, this is well worth reading and I'll remember this novel for a long time. Pere Grandet is a monster of miserliness like none I've read in literature. And I'm told with Balzac there's much more to him than one novel can convey. He embarked upon the ambitious project of linking his novels in a shared world, "La Comédie humaine," so minor characters in one often become the protagonists of others. And believe me, after reading this novel, this won't be the last I read of Balzac.
  • (5/5)
    Eugenie Grandet is the daughter of a leading citizen, and former mayor, of Saumur, France in the early 1800s. Her father is a terrible miser, shot through with greed, and although wealthy, forces his family to live like poor people. He keeps the food stuffs under lock and key and doles out the food each day, counting each cube of sugar. He also has a terrible temper.When Eugenie’s nephew, Charles, comes to live with the Grandet family for a while after his father goes bankrupt and commits suicide, Eugenie falls fast in love with him – cousins could marry in those days. When Charles goes to the Indies to make his fortune, Eugenie waits for him as they discussed. “She let herself drift deliciously with the tide of love. She snatched her happiness like a swimmer seizing a willow branch overhanging the river to draw himself to land and rest for a while.”Eugenie eventually inherits her father’s vast wealth. She is a poor little rich girl, seeking only love. “God poured quantities of gold into her lap, although gold meant nothing to her.”
  • (4/5)
    "Eugenie Grandet" takes place in a gloomy house in the French village Saumur. Monsieur Grandet is an extremely rich old miser that makes life miserable for his wife and daughter Eugenie. When her handsome cousin Charles arrives without a penny to his name, Eugenies passion awakens. Against her fathers will she use her own money to help Charles. It’s the beginning to a tragic fight between two strong wills.Balzac’s novel is - like "Pere Goriot" - a part of his La Comédie Humaine. It’s an almost grotesque study in the detrimental effects of the power of money. It starts lighthearted with descriptions of Monsieur Grandets miserly life where every penny is saved and none spent - soon it turns into a bitter and ugly fight.
  • (5/5)
    Avarice is the subject this early novel by Balzac. The story takes place in the town of Saumur on the Loire River and begins in 1819. We are introduced first to the house of Monsieur Grandet. Though it is in the most respectable part of town, it is drab, even shabby. No one would guess that its owner is the wealthiest man in the region. Monsieur Grandet, a former cooper turned vintner and speculator, lives here in a state of fanatical frugality with his meek and long-suffering wife, his pious and attractive 23-year-old daughter, and his secret hoard of gold. The two men who have more than an inkling of old man Grandet's true wealth are his banker and his notary. They pay particular attention to their client because each has a son of marriageable age and Grandet's unattached daughter, Eugénie, is his only heir.Eugénie is a simple girl who has grown up in plain surroundings and in complete ignorance of her father's vast wealth. She finds nothing peculiar or shameful in her shabby dress, the meager rations her father doles out each day, or the fact that the entire household must share a single candle. She is all but oblivious to her two provincial courtiers, but is devoted to her parents and her faith. Poor Eugénie is in for a shock when her cousin Charles, a Parisian dandy, comes for a surprise visit. She has never seen anything so fine and beautiful in her life as this young man. Eugénie falls head over heels in love with Charles, setting up a clash with her miserly father that tears the family apart. Her love deepens into devotion when Charles soon learns that the reason he was sent to his uncle's was that his father was about to commit suicide.Midway through the novel, Balzac states its theme: "Misers hold no belief in a life beyond the grave, the present is all in all to them. This thought throws a pitilessly clear light upon the irreligious times in which we life, for today more than in any previous era money is the force behind the law, politically and socially. Books and institutions, the actions of men and their doctrines, all combine to undermine the belief in a future life upon which the fabric of society has been built for eighteen hundred years."Though Monsieur Grandet, the miser, is the villain of the story, he is so delightfully eccentric and single-minded that he is almost impossible to hate. He manages to squeeze money out of almost every situation convincing others (and perhaps himself) that he is cash poor. He gives his wife and daughter each the most meager of allowances, then takes it back by leaving them to pay for things he has purchased. Every candle and loaf of bread is accounted for, and woe unto her who wastes as much as a crumb! He won't buy what he can borrow or get one of his tenants to give to him.Eugénie's character isn't as fully developed as that of her father. She is a young woman with only a child's experiences and a child's trusting view of the world. Even after a series of tragedies disillusions her, she is incapable of engaging fully with life. She is like one of her father's gold pieces, locked up forever and out of circulation. Regarding her impulsive devotion to her popinjay cousin, Balzac says "Quite often the things that human beings do appear literally incredible although in fact they have done them.... The very fact that her life had been so untroubled made feminine pity, that most insidious emotion, take possession of her heart more overwhelmingly."[Eugénie Grandet] is a wonderful novel, both simpler and shorter than most of Balzac's works. It would be a great place to start reading this author.
  • (5/5)
    Set in the historic French town of Saumur, which is surrounded by vineyards and produces some of France's finest wines, we are first introduced to Eugénie's father, Félix Grandet, and told how in the early 19th century, having married a rich merchant's daughter, he came to amass a vast fortune, in part due to his business acumen but also by having inherited the estates of his grandmother, his mother-in-law and grandfather-in-law, all in the same year. Grandet produced what was considered to be the best wine in the country, so that his fortune was constantly increased, and we are soon shown what manner of despicable meiser he was. Nobody in this small town, where everybody knows his or her neighbour's business, knew exactly the extent of the man's fortune, so scrupulous was he to hide any sign of it, though many were those who were certain (and not wrongly) that he hid away a great pile of gold which he liked to admire regularly. Though he could easily afford to live like a great lord, Grandet employed only one person in his service, the old Nanon, who showed her master an unwavering devotion and in return was made to work like a dog. Far from spoiling his wife and only daughter Eugénie, the despotic Grandet forced them to work at mending all the household's clothing, this task keeping them busy from morning to night. I won't detail here the extent of the man's avarice, because Balzac obviously took great delight in describing his mean creation, with a plot which continually underlines and confirms Grandet's sordid nature. Eugénie is a loving daughter who takes no offence at her father's constant mistreatment. The story takes off on Eugénie's 23rd birthday; the families of Grandet's lawyer and of his banker have been invited, both groups having high hopes of marrying their sons to the heiress. An unexpected guest also makes an appearance: Grandet's handsome nephew Charles Grandet, freshly arrived from Paris. The young man is a true Parisian dandy, such as are never seen in Saumur, and makes a not entirely positive impression, but Eugénie, seeing the splendour of her cousin's appearance, is suddenly made aware of the shabby state of their house. Charles has been sent over by his father, who has very suddenly found himself bankrupt, and has hopes that his brother Félix will take the spoiled young man under his wing and help him find an adequate means of earning a living. It seems that Balzac first had the idea for the great undertaking that was The Human Comedy (which consists of 91 finished works), while writing Eugénie Grandet in 1833. Though the subject of avarice is certainly a distasteful one, I thoroughly enjoyed this novel, which will from now on rank among my all-time favourites. The experience was made all the more pleasurable thanks to the narration on this audiobook version by the French actor André Dussollier.
  • (4/5)
    A gripping story with a surprisingly simple structure: with its claustrophobic setting (most of the action takes place in one room, and almost all in the same house) and small cast of characters, it could almost be a stage play. Most of the interest is in the ambiguous characterisation and the cunning way in which Balzac manipulates our sympathy to make us gradually come to see the flaws of the "good" characters and the virtues of the "bad" ones, until we aren't sure any more whom we can identify with. Things aren't as black-and-white as they are with Dickens.I got a little bit lost in the detail of the financial transactions — quite apart from anything else it's not trivial keeping track of the currency units — so I'm sure there were subtleties that escaped me, but I don't think that matters too much.
  • (5/5)
    An very accessible classic French novel telling the story of Felix Grandet, an old miser, his wife and daughter Eugenie. The family relationship is upset by the arrival of an indolent nephew, Charles - orphaned and left unknowingly destitute. An interesting exploration of wealth, honour, love and wisdom. This is an easy paced book which avoids excess of langour by seemingly indirectly inviting the judgement of the reader upon the actions of the characters. A good read.
  • (5/5)
    First and foremost I must rain fury down upon the head of M.A. Crawford, not for his translation, but for the infuriating introduction. I cannot understand these types of egotistical introductions that try to reveal the entirety of the story while simultaneously critiquing and commenting on the true intent of the author before the reader has cracked the 1st page. These all to common of introductions only make sense, and do not anger the reader, after the story has already been digested. These sordid types of introductions should not be called introductions and should not be read before the reading of the book, as they will most certainly contain spoilers. I skimmed Crawford's horrid intro over as quickly as possible (which was not in a short while, due to it's maniacal length) while silently fuming.I found myself at first disgusted my Monsieur Grandet. I then came to realize that he was absolutely correct in everything he did (aside from not enjoying his wealth in any other way but to clandestinely stroke it). I came to despise Eugenie Grandet. Why would I do that?What was it that Eugenie first saw in her cousin Charles that sparked her love for him? It was the flash of materialism personified. Had her love been sparked for Charles upon his fall, and been borne out of pity, I might not despise her so, and yet... She is her father's daughter. His fall only gave her justification to feel what she already felt for Charles. Her sense of her own awakened independence, her goodness, her uniqueness, her saintliness—all false. She was and is an ignorant and sheltered girl who was twisted not by the love of money but by the love of something infinitely more silly—the woman's concept of gilded romance. Eugenie was a youthful Don Quixote in panties, Charles her Dulcinea, except in this case Dulcinea was no ragged plump farm girl but a realized and not idealized Dulcinea, all the more tempting.Her fall was due to her worshiping the image of a fancy-pants'; as her father so often pointed out, "a vagabond with morocco boots." Not only is Eugenie ignorant, she is shallow. Love at first sight! Ta ta ta ta! Though Eugenie is "in the world though not of the world", as Balzac tells us, her reasoning and her actual actions show us that she is indeed "of the world". She is false tenderness, I say—cracked.Monsieur Grandet, though cruel and immoral, is true to himself and his own set of economic laws. I fancy him as London's Wolf Larsen landed ashore. I like him, though he is evil. He is in the world, of the world, and he conquers the world.If anyone is worthy of God's heaven, who is "in the world, not of the world", truly it is Mrs. Grandet, Eugenie's dear mother. She is blameless but for the single lie she told to protect her daughter.Nanon is an interesting character. I don't trust her. Certainly she is not bourgeois, though she ends up an elite, which certainly must have been an odd thing to behold. Nanon was the wolf's right arm. When the wolf was not looking, Nanon was up to all sorts of innocent mischievousness. Though loyal, she is not trustworthy. She is both wolf and lamb and more ignorant of the world than Eugenie, though she is full of worldly wisdom. I find her somewhat of a paradox, and quite disturbing, as paradoxes are not suppose to exist in reality. Goofy lovable zombie is a term that comes to mind... I'm weird I guess. Most people would say that Nanon, if not Eugenie, is the most lovable character in the book. She creeps me out. Eugenie pisses me off with her shallowness.Poor Charles. Charles is a typical example of man. I look at his life as more of a tragedy than Eugenie's; not because of money, love, and opportunity lost, but because of the depth of the cataclysm into which he fell, and what monster crawled forth into the world from it.
  • (4/5)
    A story about someone who you would think to be a genius buthe turns out to be a tyrant over his sick wife. Absolutely tricky,wicked personality.
  • (4/5)
    1193. Eugenie Grandet, by Honore de Balzac (read 2 Nov 1972) I found this absorbing reading, especially the first 2/3rds of the novel. Grandet is a miser, who tyrannizes over his wife and daughter. The daughter falls in love with her cousin, gives him her money, he takes off for the Indies--leaving Eugenie to face her father's wrath. In retrospect the story seems slight, but I enjoyed it greatly.
  • (4/5)
    I studied Eugenie Grandet for a French "A" level and ended up liking it and Balzac a lot. He's got a great feeling for people giving them plenty of space to develop. Eugenie is completely memorable as her dreams of freedom turn into an emptiness when freedom finally arrives.