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Alda
L'Esclave Bretonne

Alda L'Esclave Bretonne

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Alda L'Esclave Bretonne

Longueur:
199 pages
2 heures
Sortie:
Nov 26, 2013
Format:
Livre

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Nov 26, 2013
Format:
Livre

À propos de l'auteur


Aperçu du livre

Alda L'Esclave Bretonne - Agnes Strickland

The Project Gutenberg EBook of Alda, by Agnes Strickland

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Title: Alda L'Esclave Bretonne

Author: Agnes Strickland

Release Date: May 1, 2010 [EBook #32194]

Language: French

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ALDA ***

Produced by Daniel Fromont

Notes : traduction française d'Alda the British captive (1841).

L'orthographe de l'original a été respectée.

ALDA

L'ESCLAVE BRETONNE

PAR

MISS STRICKLAND

TRADUIT DE L'ANGLAIS

PAR MME LOUISE DE MONTANCLOS

CINQUIEME EDITION

TOURS

ALFRED MAME ET FILS, EDITEURS

M DCCC LXVIII

ALDA

L'ESCLAVE BRETONNE

CHAPITRE I

Le sort des armes m'a donné un maître.

(ESCHYLE.)

Parmi les illustres captifs condamnés à orner le triomphe que Rome avait décerné à son général victorieux Paulinius, après la défaite des Bretons et de leur reine Boadice, se trouvait le vaillant prince Aldogern et sa jeune fille Alda.

Aldogern était proche parent de l'infortunée Boadice, et tenait un rang élevé dans la désastreuse bataille où, pour des siècles de douleur, la lumière de la liberté s'était éteinte dans le sang de ses malheureux compatriotes. Il avait fait en vain des prodiges de valeur; et c'était seulement après avoir vu ses cinq fils tués à ses côtés que lui-même avait été vaincu et fait prisonnier, pendant qu'il défendait le char sur lequel son enfant dernière et bien-aimée, la jeune Alda, était avec ses femmes esclaves, selon la coutume des bretons, qui, dans leurs campagnes, encombraient la marche des membres inutiles de leur famille.

Ni les cruelles souffrances de son corps ni les angoisses de son âme ne purent dispenser le malheureux général de la plus vive, de la plus amère de toutes ses douleurs, celle de se voir traîné dans les rues de Rome avec sa fille désolée, pour orner le triomphe de l'orgueilleux vainqueur.

La foule, insensible et légère, jouissait de ce spectacle, applaudissant bruyamment, et se pressait avec une avide curiosité pour contempler les sombres et silencieux barbares, ainsi qu'ils appelaient le majestueux chef breton et sa blonde fille. L'air retentissait de leurs acclamations, ils suspendaient des guirlandes sur les autels et aux portiques de tous les temples de la ville, et terminèrent leur journée dans les festins, les excès et l'ivresse, sans égard pour les angoisses qui oppressaient le coeur des malheureux étrangers, dont la présence avait formé une partie si attrayante des pompes du triomphe.

Cette nuit même, Aldogern mourut, et sa fille, qui n'avait pas encore accompli sa seizième année, resta orpheline, seule et sans appui sur une terre étrangère, à la merci d'un ennemi sans pitié. La légion par laquelle elle et son père avaient été faits prisonniers était commandée par un patricien romain nommé Marcus Lélius, qui réclama la jeune Alda comme partie de son butin, et la plaça sous l'autorité absolue de sa fille unique, Lélia.

Celle-ci n'était que de quelques mois plus âgée que l'esclave bretonne; héritière de grandes richesses, elle avait été accoutumée depuis sa naissance à la plus pernicieuse indulgence. Entourée d'esclaves tremblantes sur lesquelles elle exerçait une autorité despotique, Lélia était l'enfant capricieuse et gâtée du plaisir, et la victime d'une irritabilité d'humeur absolument ingouvernable. Ses mauvaises passions avaient été nourries par la tendresse mal entendue de son père, jusqu'à ce que l'orgueil, l'égoïsme et l'amour de la vengeance devinssent les traits principaux de son caractère. Malheureusement pour Alda, elle avait aussi la plupart des défauts de son impérieuse maîtresse, et la divine influence de la religion était également inconnue à toutes deux. Alda avait été instruite par les druides dans leurs mystiques croyances, qui, bien qu'également erronées, étaient du moins d'une nature plus élevée que les grossières fables de la mythologie grecque et romaine, et elle regardait les rites et les cérémonies de ce culte idolâtre avec un mépris et une horreur qu'elle ne déguisait pas, tandis qu'elle s'attachait aux premières impressions qu'elle avait reçues dans sa terre natale avec un degré de fermeté qui aurait fait honneur à ceux mêmes qui professaient une foi plus pure.

Dans la maison de Lélius, les durs liens de l'esclavage réunissaient des individus de tous les pays, et il était triste d'observer le peu de sympathie que ces associés d'infortune manifestaient les uns pour les autres. Attentifs seulement à améliorer leur propre condition, ils restaient insensibles à toutes peines autres que les leurs; et quand une nouvelle personne était ajoutée à leur nombre, ils paraissaient trouver une cruelle satisfaction à la persécuter de toutes les manières.

Parmi les femmes esclaves de la maison de Lélius, une seule se montra compatissante pour la malheureuse Alda quand elle y fut amenée. C'était une chrétienne convertie, Juive de naissance, appelée Susanne. Lorsque cette foule d'esclaves grecques, numides, égyptiennes et parthes s'assemblèrent autour de la jeune Bretonne, exprimant d'une manière insultante l'étonnement que leur causaient la blancheur de sa peau, la singularité de ses habits et de ses ornements, et la couleur extraordinaire de ses grands yeux bleus, que, par suite de leurs préjugés nationaux, elles trouvaient, disaient-elles, tout à fait effrayants, parce qu'ils étaient différents des leurs, Susanne les reprit de leur mauvaise conduite, et chercha à leur faire sentir combien elle était offensante pour la jeune étrangère, bien que, ne comprenant par leur langage, elle dût ignorer une partie des impertinences qui lui étaient adressées.

Il était cependant impossible qu'Alda se méprît à des gestes et à des regards aussi peu équivoques que l'étaient ceux de ses compagnes d'esclavage, et elle se hâta d'y répondre par tous les témoignages d'un dédain rempli de colère, qui ne fit qu'ajouter au barbare plaisir qu'on trouvait à la tourmenter. Enfin les provocations allèrent si loin, que l'irritable Alda donna, dans sa langue natale, un libre cours à son indignation. Alors la gaieté de ses persécutrices ne connut plus de bornes, et, oubliant que leur propre langage ne devait pas paraître moins étrange aux oreilles de la jeune Bretonne, elles se mirent à danser autour d'elle en riant immodérément. Mais quand elles allèrent jusqu'à tirer les longues tresses blondes qui tombaient en riches ondulations sur ses épaules d'ivoire, l'étrangère, si cruellement insultée, devint tout à fait furieuse, et répondit à cette attaque personnelle d'une manière si énergique et si prompte, que ses persécutrices s'enfuirent épouvantées, et coururent chez leur maîtresse pour porter des plaintes contre elle. Toutes protestèrent d'un commun accord qu'aucune considération ne pourrait les décider à l'admettre pour la nuit dans la pièce commune; et ni remontrances, ni ordres, ni menaces de la part de ceux qui avaient autorité sur ces esclaves, ne purent obtenir d'elles qu'elles changeassent de résolution. Elles déclarèrent à l'unanimité qu'elles se soumettraient à tous les châtiments plutôt que de permettre à l'étrangère l'entrée de leur dortoir; et quant à devenir sa compagne de lit, pas une parmi elles, excepté Susanne, ne voulut même écouter une telle proposition.

Susanne, cependant, ne voyait aucun motif de terreur dans la compagnie de l'infortunée jeune fille, et elle offrit d'elle-même à la surintendante de la maison de partager avec Alda une chambre solitaire et délabrée située dans le haut de la maison, et dont on ne faisait aucun usage parce qu'un meurtre y avait été commis. Ce plan fut promptement adopté, à la satisfaction de toutes, excepté d'Alda, qui, parfaitement ignorante du long et violent débat dont elle venait d'être l'objet, reconnut d'une manière très-peu gracieuse la douce et compatissante intervention de Susanne en sa faveur. Susanne, qui n'attendait d'autre récompense que l'approbation de sa conscience et le plaisir d'avoir bien fait, obéissait aux célestes principes de la foi à laquelle elle s'était si sincèrement convertie; et elle s'efforça par tous les moyens que lui suggéraient l'intérêt et la bonté de diminuer les fatigues et d'adoucir les chagrins de l'étrangère délaissée, dont elle trouvait le sort plus digne de pitié que celui de ses autres compagnes d'esclavage.

Elle avait rendu à chacune d'elles tous les services qu'il lui était possible de rendre, et le plus humble individu peut toujours beaucoup, quand il le veut, pour son semblable.

Susanne avait été la garde-malade, le médecin, la consolation, l'aide et le conseiller de toutes tour à tour. Une d'elles avait-elle besoin de secours ou d'avis dans une tâche difficile, à qui se serait-elle adressée, sinon à la jeune esclave juive? Un accident devait-il être réparé, qui était aussi sage qu'elle pour conseiller, aussi habile pour exécuter? S'il fallait avouer une faute ou un irréparable malheur, qui voudrait s'exposer au péril de le révéler à l'irritable et déraisonnable Lélia, si ce n'était la douce et patiente, mais courageuse Susanne?

Ses vertus, la douceur de son caractère, ses qualités si utilement actives, ne pouvaient manquer d'être appréciées de ses compagnes d'esclavage; l'orgueilleuse Alda elle-même ne fut pas insensible à la tendre pitié de Susanne, et aux services qu'elle lui rendait avec tant de désintéressement et de délicatesse. Et pouvait-il en être autrement? Il est si doux de trouver la sympathie et la bonté sur une terre étrangère et dans les liens de l'esclavage!

CHAPITRE II

Trop peu accoutumée à la douleur pour contrôler son propre orgueil.

(STERBING.)

D'une haute naissance, et jusque-là tendrement chérie, Alda ne pouvait supporter les adversités dont le poids tombait tout à coup si lourdement sur elle. C'était un terrible revers de fortune que celui qui la privait à la fois d'une situation princière, de sa famille, de ses richesses, de sa liberté, et la réduisait à la condition déplorable d'orpheline et d'esclave!

Elle avait vu son père, le seul soutien qui lui restât, mourant de ses blessures, et plus encore des étreintes d'une immense douleur, promené dans les rues de Rome pour satisfaire l'orgueil barbare d'une populace insultante.

Elle avait, avec un coeur brisé, recueilli son dernier soupir, et vainement opposé ses faibles efforts à la brutale violence de ceux qui venaient arracher de ses bras le corps sans vie de ce père adoré, pour le précipiter dans le gouffre odieux où les Romains jetaient les cadavres des esclaves et des malfaiteurs; elle-même avait été traînée chez un maître impitoyable, au moment de ses plus cruelles angoisses et de son plus grand désespoir.

La résignation était un sentiment inconnu à Alda, et les rigoureux traitements qu'elle avait endurés eurent pour effet de la rendre furieuse et intraitable. Elle rendait mépris pour mépris à ses compagnes d'esclavage; elle refusait positivement d'accomplir aucune des tâches journalières qui lui étaient assignées, et opposait une résistance inutile et de violentes injures à l'autorité de ceux qui avaient sur elle un pouvoir absolu.

La prison, la privation de nourriture, et de sévères châtiments corporels furent les seuls résultats des refus opiniâtres par lesquels elle répondait aux commandements de sa tyrannique maîtresse, qui paraissait prendre un cruel plaisir à exercer son empire sur la jeune barbare, comme elle appelait ironiquement la princesse déchue, et employait tous les moyens qui étaient en son pouvoir pour tâcher de réduire son fier et indomptable caractère. Alda n'était pas d'une nature qui cédât aux circonstances; ses résolutions étaient inflexibles, et son obstination s'accroissait de tous les efforts qu'on faisait pour la vaincre.

Vous pouvez me tuer, cria-t-elle un jour à son impitoyable maîtresse; mais vous ne pouvez me forcer à vous obéir. Je suis née libre et princesse, et je ne servirai jamais une sujette romaine. Vous m'appelez barbare; mais je suis trop sage et trop éclairée pour adorer les images insensibles devant lesquelles vous vous courbez pour leur rendre un aveugle hommage. Et elle montrait d'un geste dédaigneux les dieux lares de Marcus Lélius.

"Sauvage impie! répondit Lélia en la frappant, oses-tu insulter les images des dieux?

—Oui, je l'ose! et plus que cela, répliqua la fière Bretonne en saisissant les statues et les brisant sur le pavé de marbre; je crains vos dieux aussi peu que leurs ignorants adorateurs. S'ils possèdent réellement les divins et redoutables attributs de la divinité, qu'ils se relèvent maintenant, et se vengent sur moi de ce que je viens de faire! Ah! continua-t-elle, pourquoi vos Lares et vos Pénates restent-ils si humblement et si tranquillement dans la poussière, insultés et mutilés? Mais vous pourriez aussi sagement adorer un vase ou une cruche, puisqu'ils sont aussi faciles à détruire et reçoivent les outrages aussi paisiblement?"

Lélia, que la surprise et la rage avaient rendue muette, vola vers son père pour lui demander vengeance de l'impie étrangère. Marcus Lélius s'interposait rarement, dans les cas ordinaires, entre sa fille et ses femmes esclaves; mais il fut rempli d'indignation par le récit que lui fit celle-ci de l'action téméraire d'Alda.

D'après l'aveugle superstition des Romains, tout accident ou mésaventure arrivé aux statues des dieux Pénates était considéré comme de mauvais augure et présageait quelque horrible infortune pour le chef de la famille, ou peut-être même la désolation de la famille entière. Qu'une ouverte et sacrilége violence eût été commise sur elles par une de ses propres esclaves, c'était une circonstance qui remplit Marcus Lélius d'horreur et de consternation; aussi se hâta-t-il de se rendre sur le lieu du délit, ne respirant

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