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La tulipe noire

La tulipe noire

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La tulipe noire

évaluations:
4/5 (30 évaluations)
Longueur:
394 pages
4 heures
Sortie:
Dec 1, 1964
Format:
Livre

Sortie:
Dec 1, 1964
Format:
Livre

À propos de l'auteur

One of the most famous French writers of the nineteenth century, Alexandre Dumas (1802–1870) first achieved success in the literary world a playwright, before turning his hand to writing novels. In two years from 1844 to 1845, he published two enormous books, The Count of Monte Cristo and The Three Musketeers. Both novels have sold millions of copies worldwide.


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La tulipe noire - Alexandre Dumas

The Project Gutenberg EBook of La tulipe noire, by Alexandre Dumas

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re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included

with this eBook or online at www.gutenberg.org

Title: La tulipe noire

Author: Alexandre Dumas

Release Date: September 1, 2008 [EBook #26504]

Language: French

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA TULIPE NOIRE ***

Produced by Chuck Greif


Alexandre Dumas

LA TULIPE NOIRE

(1850)

Table des matières

I

UN PEUPLE RECONNAISSANT

Le 20 août 1672, la ville de la Haye, si vivante, si blanche, si coquette que l'on dirait que tous les jours sont des dimanches, la ville de la Haye, avec son parc ombreux, avec ses grands arbres inclinés sur ses maisons gothiques, avec les larges miroirs de ses canaux dans lesquels se reflètent ses clochers aux coupoles presque orientales, la ville de la Haye, la capitale des sept Provinces-Unies, gonflait toutes ses artères d'un flot noir et rouge de citoyens pressés, haletants, inquiets, lesquels couraient, le couteau à la ceinture, le mousquet sur l'épaule ou le bâton à la main, vers le Buitenhof, formidable prison dont on montre encore aujourd'hui les fenêtres grillées et où, depuis l'accusation d'assassinat portée contre lui par le chirurgien Tyckelaer, languissait Corneille de Witt, frère de l'ex-grand pensionnaire de Hollande.

Si l'histoire de ce temps, et surtout de cette année au milieu de laquelle nous commençons notre récit, n'était liée d'une façon indissoluble aux deux noms que nous venons de citer, les quelques lignes d'explication que nous allons donner pourraient paraître un hors-d'œuvre; mais nous prévenons tout d'abord le lecteur, ce vieil ami, à qui nous promettons toujours du plaisir à notre première page, et auquel nous tenons parole tant bien que mal dans les pages suivantes; mais nous prévenons, disons-nous, notre lecteur que cette explication est aussi indispensable à la clarté de notre histoire qu'à l'intelligence du grand événement politique dans lequel cette histoire s'encadre.

Corneille ou Cornélius de Witt, ruward de Pulten, c'est-à-dire inspecteur des digues de ce pays, ex-bourgmestre de Dordrecht, sa ville natale, et député aux États de Hollande, avait quarante-neuf ans, lorsque le peuple hollandais, fatigué de la république, telle que l'entendait Jean de Witt, grand pensionnaire de Hollande, s'éprit d'un amour violent pour le stathoudérat, que l'édit perpétuel imposé par Jean de Witt aux Provinces-Unies avait à tout jamais aboli en Hollande.

Comme il est rare que, dans ses évolutions capricieuses, l'esprit public ne voie pas un homme derrière un principe, derrière la république le peuple voyait les deux figures sévères des frères de Witt, ces Romains de la Hollande, dédaigneux de flatter le goût national, et amis inflexibles d'une liberté sans licence et d'une prospérité sans superflu, de même que derrière le stathoudérat il voyait le front incliné, grave et réfléchi du jeune Guillaume d'Orange, que ses contemporains baptisèrent du nom de Taciturne, adopté par la postérité.

Les deux de Witt ménageaient Louis XIV, dont ils sentaient grandir l'ascendant moral sur toute l'Europe, et dont ils venaient de sentir l'ascendant matériel sur la Hollande par le succès de cette campagne merveilleuse du Rhin, illustrée par ce héros de roman qu'on appelait le comte de Guiche, et chantée par Boileau, campagne qui en trois mois venait d'abattre la puissance des Provinces-Unies.

Louis XIV était depuis longtemps l'ennemi des Hollandais, qui l'insultaient ou le raillaient de leur mieux, presque toujours, il est vrai, par la bouche des Français réfugiés en Hollande. L'orgueil national en faisait le Mithridate de la république. Il y avait donc contre les de Witt la double animation qui résulte d'une vigoureuse résistance suivie par un pouvoir luttant contre le goût de la nation et de la fatigue naturelle à tous les peuples vaincus, quand ils espèrent qu'un autre chef pourra les sauver de la ruine et de la honte.

Cet autre chef, tout prêt à paraître, tout prêt à se mesurer contre Louis XIV, si gigantesque que parût devoir être sa fortune future, c'était Guillaume, prince d'Orange, fils de Guillaume II, et petit-fils, par Henriette Stuart, du roi Charles Ier d'Angleterre, ce taciturne enfant, dont nous avons déjà dit que l'on voyait apparaître l'ombre derrière le stathoudérat.

Ce jeune homme était âgé de vingt-deux ans en 1672. Jean de Witt avait été son précepteur et l'avait élevé dans le but de faire de cet ancien prince un bon citoyen. Il lui avait, dans son amour de la patrie qui l'avait emporté sur l'amour de son élève, il lui avait, par l'édit perpétuel, enlevé l'espoir du stathoudérat. Mais Dieu avait ri de cette prétention des hommes, qui font et défont les puissances de la terre sans consulter le Roi du ciel; et par le caprice des Hollandais et la terreur qu'inspirait Louis XIV, il venait de changer la politique du grand pensionnaire et d'abolir l'édit perpétuel en rétablissant le stathoudérat pour Guillaume d'Orange, sur lequel il avait ses desseins, cachés encore dans les mystérieuses profondeurs de l'avenir.

Le grand pensionnaire s'inclina devant la volonté de ses concitoyens; mais Corneille de Witt fut plus récalcitrant, et malgré les menaces de mort de la plèbe orangiste qui l'assiégeait dans sa maison de Dordrecht, il refusa de signer l'acte qui rétablissait le stathoudérat.

Sur les instances de sa femme en pleurs, il signa enfin, ajoutant seulement à son nom ces deux lettres: V. C. (vi coactus), ce qui voulait dire: Contraint par la force.

Ce fut par un véritable miracle qu'il échappa ce jour-là aux coups de ses ennemis.

Quant à Jean de Witt, son adhésion, plus rapide et plus facile, à la volonté de ses concitoyens ne lui fut guère plus profitable. À quelques jours de là, il fut victime d'une tentative d'assassinat. Percé de coups de couteau, il ne mourut point de ses blessures.

Ce n'était point là ce qu'il fallait aux orangistes. La vie des deux frères était un éternel obstacle à leurs projets; ils changèrent donc momentanément de tactique, quitte, au moment donné, de couronner la seconde par la première, et ils essayèrent de consommer, à l'aide de la calomnie, ce qu'ils n'avaient pu exécuter par le poignard.

Il est assez rare qu'au moment donné, il se trouve là, sous la main de Dieu, un grand homme pour exécuter une grande action, et voilà pourquoi lorsque arrive par hasard cette combinaison providentielle l'histoire enregistre à l'instant même le nom de cet homme élu, et le recommande à l'admiration de la postérité.

Mais lorsque le diable se mêle des affaires humaines pour ruiner une existence ou renverser un empire, il est bien rare qu'il n'ait pas immédiatement à sa portée quelque misérable auquel il n'a qu'un mot à souffler à l'oreille pour que celui-ci se mette immédiatement à la besogne.

Ce misérable, qui dans cette circonstance se trouva tout posté pour être l'agent du mauvais esprit, se nommait, comme nous croyons déjà l'avoir dit, Tyckelaer, et était chirurgien de profession.

Il vint déclarer que Corneille de Witt, désespéré, comme il l'avait du reste prouvé par son apostille, de l'abrogation de l'édit perpétuel, et enflammé de haine contre Guillaume d'Orange, avait donné mission à un assassin de délivrer la république du nouveau stathouder, et que cet assassin c'était lui, Tyckelaer, qui, bourrelé de remords à la seule idée de l'action qu'on lui demandait, aimait mieux révéler le crime que de le commettre.

Maintenant, que l'on juge de l'explosion qui se fit parmi les orangistes à la nouvelle de ce complot. Le procureur fiscal fit arrêter Corneille dans sa maison, le 16 août 1672; le ruward de Pulten, le noble frère de Jean de Witt, subissait dans une salle du Buitenhof la torture préparatoire destinée à lui arracher, comme aux plus vils criminels, l'aveu de son prétendu complot contre Guillaume.

Mais Corneille était non seulement un grand esprit, mais encore un grand cœur. Il était de cette famille de martyrs qui, ayant la foi politique, comme leurs ancêtres avaient la foi religieuse, sourient aux tourments, et pendant la torture, il récita d'une voix ferme et en scandant les vers selon leur mesure, la première strophe du Justum et tenacem, d'Horace, n'avoua rien, et lassa non seulement la force mais encore le fanatisme de ses bourreaux.

Les juges n'en déchargèrent pas moins Tyckelaer de toute accusation, et n'en rendirent pas moins contre Corneille une sentence qui le dégradait de toutes ses charges et dignités, le condamnant aux frais de la justice et le bannissant à perpétuité du territoire de la république.

C'était déjà quelque chose pour la satisfaction du peuple, aux intérêts duquel s'était constamment voué Corneille de Witt, que cet arrêt rendu non seulement contre un innocent, mais encore contre un grand citoyen. Cependant, comme on va le voir, ce n'était pas assez.

Les Athéniens, qui ont laissé une assez belle réputation d'ingratitude, le cédaient sous ce point aux Hollandais. Ils se contentèrent de bannir Aristide.

Jean de Witt, aux premiers bruits de la mise en accusation de son frère, s'était démis de sa charge de grand pensionnaire. Celui-là était aussi dignement récompensé de son dévouement au pays. Il emportait dans la vie privée ses ennuis et ses blessures, seuls profits qui reviennent en général aux honnêtes gens coupables d'avoir travaillé pour leur patrie en s'oubliant eux-mêmes.

Pendant ce temps, Guillaume d'Orange attendait, non sans hâter l'événement par tous les moyens en son pouvoir, que le peuple dont il était l'idole, lui eût fait du corps des deux frères les deux marches dont il avait besoin pour monter au siège du stathoudérat.

Or, le 20 août 1672, comme nous l'avons dit en commençant ce chapitre, toute la ville courait au Buitenhof pour assister à la sortie de prison de Corneille de Witt, partant pour l'exil, et voir quelles traces la torture avait laissées sur le noble corps de cet homme qui savait si bien son Horace.

Empressons-nous d'ajouter que toute cette multitude qui se rendait au Buitenhof ne s'y rendait pas seulement dans cette innocente intention d'assister à un spectacle, mais que beaucoup, dans ses rangs, tenaient à jouer un rôle, ou plutôt à doubler un emploi qu'ils trouvaient avoir été mal rempli.

Nous voulons parler de l'emploi de bourreau.

Il y en avait d'autres, il est vrai, qui accouraient avec des intentions moins hostiles. Il s'agissait pour eux seulement de ce spectacle toujours attrayant pour la multitude, dont il flatte l'instinctif orgueil, de voir dans la poussière celui qui a été longtemps debout.

Ce Corneille de Witt, cet homme sans peur, disait-on, n'était-il pas enfermé, affaibli par la torture? N'allait-on pas le voir, pâle, sanglant, honteux? N'était-ce pas un beau triomphe pour cette bourgeoisie bien autrement envieuse encore que le peuple, et auquel tout bon bourgeois de la Haye devait prendre part?

Et puis, se disaient les agitateurs orangistes, habilement mêlés à toute cette foule qu'ils comptaient bien manier comme un instrument tranchant et contondant à la fois, ne trouvera-t-on pas, du Buitenhof à la porte de ville, une petite occasion de jeter un peu de boue, quelques pierres même, à ce ruward de Pulten, qui non seulement n'a donné le stathoudérat au prince d'Orange que vi coactus, mais qui encore a voulu le faire assassiner?

Sans compter, ajoutaient les farouches ennemis de la France, que, si on faisait bien et que si on était brave à la Haye, on ne laisserait point partir pour l'exil Corneille de Witt, qui, une fois dehors, nouera toutes ses intrigues avec la France et vivra de l'or du marquis de Louvois avec son grand scélérat de frère Jean.

Dans de pareilles dispositions, on le sent bien, des spectateurs courent plutôt qu'ils ne marchent. Voilà pourquoi les habitants de la Haye couraient si vite du côté du Buitenhof.

Au milieu de ceux qui se hâtaient le plus, courait, la rage au cœur et sans projet dans l'esprit, l'honnête Tyckelaer, promené par les orangistes comme un héros de probité, d'honneur national et de charité chrétienne.

Ce brave scélérat racontait, en les embellissant de toutes les fleurs de son esprit et de toutes les ressources de son imagination, les tentatives que Corneille de Witt avait faites sur sa vertu, les sommes qu'il lui avait promises et l'infernale machination préparée d'avance pour lui aplanir, à lui Tyckelaer, toutes les difficultés de l'assassinat.

Et chaque phrase de son discours, avidement recueillie par la populace, soulevait des cris d'enthousiaste amour pour le prince Guillaume, et des hourras d'aveugle rage contre les frères de Witt.

La populace en était à maudire des juges iniques dont l'arrêt laissait échapper sain et sauf un si abominable criminel que l'était ce scélérat de Corneille.

Et quelques instigateurs répétaient à voix basse:—Il va partir! il va nous échapper!

Ce à quoi d'autres répondaient:

—Un vaisseau l'attend à Scheveningen, un vaisseau français. Tyckelaer l'a vu.

—Brave Tyckelaer! honnête Tyckelaer! criait en chœur la foule.

—Sans compter, disait une voix, que pendant cette fuite du Corneille, le Jean, qui est un non moins grand traître que son frère, le Jean se sauvera aussi.

—Et les deux coquins vont manger en France notre argent, l'argent de nos vaisseaux, de nos arsenaux, de nos chantiers vendus à Louis XIV.

—Empêchons-les de partir! criait la voix d'un patriote plus avancé que les autres.

—À la prison! à la prison! répétait le chœur.

Et sur ces cris, les bourgeois de courir plus fort, les mousquets de s'armer, les haches de luire, et les yeux de flamboyer. Cependant aucune violence ne s'était commise encore, et la ligne de cavaliers qui gardait les abords du Buitenhof demeurait froide, impassible, silencieuse, plus menaçante par son flegme que toute cette foule bourgeoise ne l'était par ses cris, son agitation et ses menaces; immobile sous le regard de son chef, capitaine de la cavalerie de la Haye, lequel tenait son épée hors du fourreau, mais basse et la pointe à l'angle de son étrier. Cette troupe, seul rempart qui défendit la prison, contenait par son attitude, non seulement les masses populaires désordonnées et bruyantes, mais encore le détachement de la garde bourgeoise, qui, placé en face du Buitenhof pour maintenir l'ordre de compte à demi avec la troupe, donnait aux perturbateurs l'exemple des cris séditieux, en criant:—Vive Orange! À bas les traîtres!

La présence de Tilly et de ses cavaliers était, il est vrai, un frein salutaire à tous ces soldats bourgeois; mais peu après, ils s'exaltèrent par leurs propres cris, et comme ils ne comprenaient pas que l'on pût avoir du courage sans crier, ils imputèrent à la timidité le silence des cavaliers et firent un pas vers la prison entraînant à leur suite toute la tourbe populaire.

Mais alors le comte de Tilly s'avança seul au-devant d'eux, et levant seulement son épée en fronçant les sourcils:

—Eh! messieurs de la garde bourgeoise, demanda-t-il, pourquoi marchez-vous, et que désirez-vous?

Les bourgeois agitèrent leurs mousquets en répétant les cris de:

—Vive Orange! Mort aux traîtres!

—Vive Orange! soit! dit M. de Tilly, quoique je préfère les figures gaies aux figures maussades. Mort aux traîtres! si vous le voulez, tant que vous ne le voudrez que par des cris. Criez tant qu'il vous plaira: Mort aux traîtres! mais quant à les mettre à mort effectivement, je suis ici pour empêcher cela, et je l'empêcherai.

Puis se retournant vers ses soldats:

—Haut les armes, soldats! cria-t-il.

Les soldats de Tilly obéirent au commandement avec une précision calme qui fit rétrograder immédiatement bourgeois et peuple, non sans une confusion qui fit sourire l'officier de cavalerie.

—Là, là! dit-il avec ce ton goguenard qui n'appartient qu'à l'épée, tranquillisez-vous, bourgeois; mes soldats ne brûleront pas une amorce, mais de votre côté vous ne ferez point un pas vers la prison.

—Savez-vous bien, monsieur l'officier, que nous avons des mousquets? fit tout furieux le commandant des bourgeois.

—Je le vois pardieu bien, que vous avez des mousquets, dit Tilly, vous me les faites assez miroiter devant l'œil; mais remarquez aussi de votre côté que nous avons des pistolets, que le pistolet porte admirablement à cinquante pas, et que vous n'êtes qu'à vingt-cinq.

—Mort aux traîtres! cria la compagnie des bourgeois exaspérée.

—Bah! vous dites toujours la même chose, grommela l'officier, c'est fatigant!

Et il reprit son poste en tête de la troupe, tandis que le tumulte allait en augmentant autour du Buitenhof.

Et cependant le peuple échauffé ne savait pas qu'au moment même où il flairait le sang d'une de ses victimes, l'autre, comme si elle eût hâte d'aller au-devant de son sort, passait à cent pas de la place derrière les groupes et les cavaliers pour se rendre au Buitenhof.

En effet, Jean de Witt venait de descendre de carrosse avec un domestique et traversait tranquillement à pied l'avant-cour qui précède la prison.

Il s'était nommé au concierge, qui du reste le connaissait, en disant:

—Bonjour, Gryphus, je viens chercher pour l'emmener hors de la ville mon frère Corneille de Witt, condamné, comme tu sais, au bannissement.

Et le concierge, espèce d'ours dressé à ouvrir et à fermer la porte de la prison, l'avait salué et laissé entrer dans l'édifice, dont les portes s'étaient refermées sur lui.

À dix pas de là, il avait rencontré une belle jeune fille de dix-sept à dix-huit ans, en costume de Frisonne, qui lui avait fait une charmante révérence; et il lui avait dit en lui passant la main sous le menton:

—Bonjour, bonne et belle Rosa; comment va mon frère?

—Oh! monsieur Jean, avait répondu la jeune fille, ce n'est pas le mal qu'on lui a fait que je crains pour lui: le mal qu'on lui a fait est passé.

—Que crains-tu donc, la belle fille?

—Je crains le mal qu'on veut lui faire, monsieur Jean.

—Ah! oui, dit de Witt, ce peuple, n'est-ce pas!

—L'entendez-vous?

—Il est, en effet, fort ému; mais quand il nous verra, comme nous ne lui avons jamais fait que du bien, peut-être se calmera-t-il.

—Ce n'est malheureusement pas une raison, murmura la jeune fille en s'éloignant pour obéir à un signe impératif que lui avait fait son père.

—Non, mon enfant, non; c'est vrai ce que tu dis là.

Puis, continuant son chemin:

—Voilà, murmura-t-il, une petite fille qui ne sait probablement pas lire et qui par conséquent n'a rien lu, et qui vient de résumer l'histoire du monde dans un seul mot.

Et toujours aussi calme, mais plus mélancolique qu'en entrant, l'ex-grand pensionnaire continua de s'acheminer vers la chambre de son frère.

II

LES DEUX FRÈRES

Comme l'avait dit dans un doute plein de pressentiments la belle Rosa, pendant que Jean de Witt montait l'escalier de pierre aboutissant à la prison de son frère Corneille, les bourgeois faisaient de leur mieux pour éloigner la troupe de Tilly qui les gênait.

Ce que voyant, le peuple, qui appréciait les bonnes intentions de sa milice, criait à tue-tête:—Vivent les bourgeois!

Quant à M. de Tilly, aussi prudent que ferme, il parlementait avec cette compagnie bourgeoise sous les pistolets apprêtés de son escadron, lui expliquant de son mieux que la consigne donnée par les États lui enjoignait de garder avec trois compagnies la place de la prison et ses alentours.

—Pourquoi cet ordre? pourquoi garder la prison? criaient les orangistes.

—Ah! répondait monsieur de Tilly, voilà que vous m'en demandez tout de suite plus que je ne peux vous en dire. On m'a dit: «Gardez», je garde. Vous qui êtes presque des militaires, messieurs, vous devez savoir qu'une consigne ne se discute pas.

—Mais on vous a donné cet ordre pour que les traîtres puissent sortir de la ville!

—Cela pourrait bien être, puisque les traîtres sont condamnés au bannissement, répondait Tilly.

—Mais qui a donné cet ordre?

—Les États, pardieu!

—Les États trahissent.

—Quant à cela, je n'en sais rien.

—Et vous trahissez vous-même.

—Moi?

—Oui, vous.

—Ah çà! entendons-nous, messieurs les bourgeois; qui trahirais-je? les États! Je ne puis pas les trahir, puisque étant à leur solde, j'exécute ponctuellement leur consigne.

Et là-dessus, comme le comte avait si parfaitement raison qu'il était impossible de discuter sa réponse, les clameurs et les menaces redoublèrent; clameurs et menaces effroyables, auxquelles le comte répondait avec toute l'urbanité possible.

—Mais, messieurs les bourgeois, par grâce, désarmez donc vos mousquets; il en peut partir un par accident, et si le coup blessait un de mes cavaliers, nous vous jetterions deux cents hommes par terre, ce dont nous serions bien fâchés, mais vous plus encore, attendu que ce n'est ni dans vos intentions ni dans les miennes.

—Si vous faisiez cela, crièrent les bourgeois, à notre tour nous ferions feu sur vous.

—Oui, mais, quand, en faisant feu sur nous, vous nous tueriez depuis le premier jusqu'au dernier, ceux que nous aurions tués, nous, n'en seraient pas moins morts.

—Cédez-nous donc la place alors, et vous ferez acte de bon citoyen.

—D'abord, je ne suis pas citoyen, dit Tilly, je suis officier, ce qui est bien différent; et puis je ne suis pas Hollandais, je suis Français, ce qui est plus différent encore. Je ne connais donc que les États, qui me paient; apportez-moi de la part des États l'ordre de céder la place, je fais demi-tour

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Avis des lecteurs

  • (4/5)
    Very good book.
  • (1/5)
    Can't get into this book due to the language...long drawn out...may be how they spoke/wrote back then, but I find it is does not hold my interest.
  • (4/5)
    The main part of the novel is basically a sweet romance between the jailkeeper's daughter Rose and the innocent political prisoner Cornelius van Baerle. Before the romance takes place, however, the novel presents an extremely drastic account of the political murder of the brothers de Witt by a Dutch mob in 1672. While the murders highlight the threat the protagonist is living under, I found it a mood killer to what is otherwise a very Jane Eyre-like story.
  • (3/5)
    This book was different than other classic Dumas stories. A bit more simple yet the whole fascination with tulips by the culture in Holland back in the day was intriguing. Overall I liked it. :)
  • (3/5)
    This is not The Count of Monte Cristo or The Three Musketeers, but it's still an enjoyable piece of historical literature. It's only 200 pages, and they fly by as the protagonist cultivates both a romance and a tulip while imprisoned for a crime his jealous neighbor framed him for (okay, maybe it's Monte Cristo Lite).
  • (5/5)
    This was the first book I ever fell in love with as a young teenager, and the first to keep me awake all night reading it. So it has always had a special place in my heart. Reading it again thirty-five years later, I can see why I loved it so much, as it's got everything a dramatically inclined teenager could possibly want: passion; intrigue, wrongful imprisonment; romantic love; and a wonderfully happy ending. Honour is salvaged, the baddie gets his comeuppance and love conquers all. Oh, and all this with tulips too!Yes, its old-fashioned way of being written takes some getting used to these days, but hey it's all part of the charm. And Dumas has a definite knack of making you want to read on. A wonderful revisiting of my past, all in all.
  • (4/5)
    Consider me befuddled. William of Orange is depicted in The Black Tulip as an almost pantomime villain, although bereft of curling moustaches. Whereas Neal Stephenson characterizes Willie as a paragliding badass who saves England in the Glorious Revolution. I’ll ignore period politics and remain bemused, which is an appropriate way to savor this novel. Dumas is masterful at maintaining suspense and creating concurrent narratives that fall into convenient heap for a happy conclusion.


    I should add that the thought on horticulture were engaging, though the political prism was never elucidated.
  • (5/5)
    Who would have thought that a book about growing tulips could be so exciting? And yet Alexandre Dumas managed to write a compelling page turner based on that very subject. Dumas became one of my favourite authors a few years ago when I read The Count of Monte Cristo and The Three Musketeers but I had not read any of his lesser-known works until now. I regret not reading The Black Tulip sooner because I enjoyed it almost as much as the two books I've just mentioned. The book is set in seventeenth century Holland and begins with the violent murders of John and Cornelius De Witt, suspected of conspiring against the young Stadtholder, William of Orange. Our hero is the fictional godson of Cornelius De Witt, who is also called Cornelius. Cornelius Van Baerle is a keen tulip-fancier whose biggest goal in life is to produce the world's first black tulip. However, Van Baerle is not the only tulip-grower in the race for the Grand Black Tulip – and his rival Isaac Boxtel will stop at nothing to get there first!The first few chapters put the novel in historical context and will be slightly challenging to anyone like myself, who doesn't have much knowledge of Dutch history, but if you read carefully and refer to the notes it's easy enough to follow. As soon as Dumas finishes setting the scene, the story explodes into action and never stops until the final page, taking us on a journey through the full range of human emotions – love, hatred, greed, loyalty, jealousy and obsession. Rosa, the only female character in the book, is a jailer's daughter who falls in love with Cornelius and finds herself having to compete with the tulip for his affections. Despite making a few remarks of the "I am but a woman" variety she is otherwise a strong and quick-thinking character who does what she knows is right, even if it means going against the wishes of Cornelius or her father. The starring role in the story, though, goes to the elusive black tulip itself.As you might have guessed, I really loved this book. If you enjoyed The Count of Monte Cristo there's a good chance that you'll like this one too, as it's very similar in writing style, pace and even several plot elements. It could almost be described as a shorter, less epic, less complex version of The Count. Highly recommended.
  • (5/5)
    Although the deadly rivalry between two tulip-fanciers competing to win a prize for cultivating the rare flower of the title may not seem a gripping subject, this is a great little novel. The sentimentality is nicely done and well contrasted with quite a shocking and bloody opening to the novel.  I had never heard of this eponymous flower, but it does really exist, it seems. Quite a little gem.
  • (5/5)
    Cornelius and Isaac tried to grow the first black tulip because they could get much money. Cornelius were very rich, so Isaac always felt envy. Isaac watched him, he tried to steal his bulb.One day, Cornelius was put in prison by his enemies, and he was gradually going to die... but he was help by Rosa, he likes Rosa.Thanks to her, he won!I recommend to read this book!, and want to read the final story.This book is very excited for me, I felt like reading more.I think Prince william is a parson of key point.
  • (4/5)
    Very entertaining. The way Dumas weaves his story plots never fails me. He is so intelligent and so are his heroes in his books. At first I was drawn to the title of the book because tulips are my favorite kind of flowers.This book is a short read yet you don't feel the story development is rushed. It has everything, suspense, romance, humor, etc. Characters are very well developed and I actually really am very fond of Gryphus character because he is very funny, haha!
  • (4/5)
    Very entertaining and rather more accessible than many of Dumas's other works, though showing some of the same degree of obsession. Set in seventeenth century Holland it details the travails of Cornelius de Baerle, an innocent horticulturist from Dordrecht who dreams of breeding the first pure black tulip. Inadvertently caught up in the political rivalries of the time he finds himself imprisoned while a neighbour seeks to steal his black tulip and claim it as his own. His only source of hope and assistance is Rosa, daughter of his prison guard (and far too good for him).
  • (3/5)
    Cornelius Van Baerle really loves tulips. In the Netherlands, people tried to grow up a black tulip because if a black tulip grows up, he/she could get the prize, 100,000 guilders. Cornelius also tried to grow up, but...I like this story. I've already known about the Netherlands were famous for tulips. This story was according to it, so this story is interesting, I think.
  • (4/5)
    I would recommend buying this book *now* while it's still free. It would certainly be worth the $1.99 list price, but free is even better. If you've read any of Dumas' other novels you'll probably like this one. It begins rather slowly and without drama but the intensity quickly builds as does the intrigue and violence. Writing reviews about mysteries is challenging because I don't want to give too much away but I do want to encourage fans of Dumas' other works, Edgar Allan Poe's short stories, and those who just enjoy period literature to read this book because it really is a good one. The characters are lively and there is even a strong secondary female character. Dumas' writing, while not overly emotional in and of itself, definitely provokes emotion in defense of his strong characters. The villian is repulsive and unlikeable while the soon to be identified hero is awkwardly charming and by turns wiley. I thoroughly enjoyed reading this book, but in the spirit of full disclosure I was an English major that primarily dealt with British literature so perhaps that's why I enjoyed this book so much. For non-English majors this book might be too stilted or old timey but for anyone who enjoys mysteries, suspense, or gardening this book is a great freebie to download.
  • (4/5)
    Y'all I am an Alexandre Dumas fan girl. If I could resurrect him and make him be my writer boyfriend, I totally would (sorry boo!). Last summer I read the unabridged Count of Monte Cristo translated by Robin Buss* over a period of two weeks. I am a generally fast reader, especially when I have few work hours, however, I really wanted to savor the experience. Dumas is a high calibre writer, his stories are swashbuckling, exciting, and often tinged with romance. Basically it has everything I could ask for out of a book.The Black Tulip begins with political strife. Two brothers in Holland are murdered by the people because of their correspondance with this French guy. How nutty. The crazy definitely hooked me. We then go on to meet Cornelius who is the godson of one of the brothers. He's in his 20s, he's rich and obsessed with tulips. Yes, that's right, flowers. I guess in the 1670s flowers were all the rage, kind of like yachts for rich people. People were just mad about tulips in Holland. Jealousy leads to some CoMC-esque actions, oh hai Albert nice to see you here. However, this book departs from the CoMC formula. Friends, I was enraptured. Although this book did not have the girth of CoMC, it has that compulsive readability where I absolutely needed to know what would happen. Often, Dumas would make asides to the reader, which I love, love love because it really felt as though there was someone sitting there telling a story to me.There is a female lead, Rosa, who exhibits courage and a cool head. She's the one who tells her father and Cornelius exactly what they need to do to be safe. However, she's also given the attribute of purity, which I feel must have been a pre-requisite of her time. Seeing as how she is smart and hot and her milkshake brings the boys to the yard, she needs to be pure too.One thing I picked up on was socioeconomic status -- it seems like the poor were portrayed as ignorant, bloodthirsty nuts. I feel the message I come across in Dumas's books is that only through money are people happy. Now, I've only read two Dumas books, so this is definitely a leap to conclusions, but I think Dumas tends to portray the wealthy as having more virtue than the poor. Granted, yes he inserts some rude wealthy people. The poor virtous person is often rewarded for their virtue with vast amounts of money. Perhaps this was normal for literature of the time, but I'm no expert on classics, so I can't say that for certain.The Black Tulip made me want to abandon my reading commitments and kick back with the rest of Dumas's catalouge. Alas, that is not in my stars for awhile.
  • (3/5)
    There are many character.Cornelius Van Baerle, who is a rich and handsome man.He grow a black tulip.I had a deep fear. Because he was arrested!!And I think De Witt brothers are most poor.They are innocence. Only, they are friends of the French king. But, for the reasons, they are killed by people.The story can obtain the tension.I like this story.
  • (4/5)
    I feel Rosa is very brave woman. Her action captivated Cornelius Van Baerle. Cornelius is good man. In this book, there are a lot of good men and a small number of bad person. By the way, I did not see black tulips. Recently, I am interested in growing flowers. So, if it exist in real, I want to see it!!
  • (3/5)
    In this book, good person had unlacky thing one after another. I was indignant at these incidents.I liked John and Cornelius De Witt. Why should they have been killed?Aoso, Cornelius Van Baerle was pure man, he only loved tulips. But he was arrested because of his neighbor's jealousy.The end of the story, I was recieved the ending.
  • (3/5)
    This story is about a man who really loved tulips. He was arrested and about to be excuted, but his girlfriend saved him.Finally, they got married and had beautiful children and grow a lot of beautiful tulips.I think this story contains a few impossible points. However, some part of the story are thrilling and exciting.
  • (3/5)
    Cornelius Van Baerle loves tulips very much.And he tries to grow black tulips.But he becomes a prisoner.I thought it was interesting.But I don't understand why Prince William believed Rosa.And De Witt brothers wewe too pitiful.
  • (5/5)
    Who would have thought that a book about growing tulips could be so exciting? And yet Alexandre Dumas managed to write a compelling page turner based on that very subject. Dumas became one of my favourite authors a few years ago when I read The Count of Monte Cristo and The Three Musketeers but I had not read any of his lesser-known works until now. I regret not reading The Black Tulip sooner because I enjoyed it almost as much as the two books I've just mentioned. The book is set in seventeenth century Holland and begins with the violent murders of John and Cornelius De Witt, suspected of conspiring against the young Stadtholder, William of Orange. Our hero is the fictional godson of Cornelius De Witt, who is also called Cornelius. Cornelius Van Baerle is a keen tulip-fancier whose biggest goal in life is to produce the world's first black tulip. However, Van Baerle is not the only tulip-grower in the race for the Grand Black Tulip – and his rival Isaac Boxtel will stop at nothing to get there first!The first few chapters put the novel in historical context and will be slightly challenging to anyone like myself, who doesn't have much knowledge of Dutch history, but if you read carefully and refer to the notes it's easy enough to follow. As soon as Dumas finishes setting the scene, the story explodes into action and never stops until the final page, taking us on a journey through the full range of human emotions – love, hatred, greed, loyalty, jealousy and obsession. Rosa, the only female character in the book, is a jailer's daughter who falls in love with Cornelius and finds herself having to compete with the tulip for his affections. Despite making a few remarks of the "I am but a woman" variety she is otherwise a strong and quick-thinking character who does what she knows is right, even if it means going against the wishes of Cornelius or her father. The starring role in the story, though, goes to the elusive black tulip itself.As you might have guessed, I really loved this book. If you enjoyed The Count of Monte Cristo there's a good chance that you'll like this one too, as it's very similar in writing style, pace and even several plot elements. It could almost be described as a shorter, less epic, less complex version of The Count. Highly recommended.
  • (4/5)
    The Black Tulip is a story of politics, brutality, greed, jealousy, horticulture, and young love. Cornelius van Baerle, a wealthy young man whose life is absorbed by his passion for tulips, has the misfortune to be caught up in the political events that led to the violent death of his godfather, Cornelius De Witt, in 1672. The young Cornelius's imprisonment interrupts his cultivation of a rare black tulip, worth 100,000 guilders to the first person who succeeds in producing one. With the help of his jailer's young daughter, Rosa, Cornelius secretly continues his tulip experiment and, in the process, falls in love with his young assistant. Will the young lovers succeed against all odds, or are both the experiment and their love doomed to fail?More than anything, this story reminded me of the biblical book of Esther, with the young Cornelius in the role of Mordecai, Rosa in the role of Esther, William, Prince of Orange in the role of King Ahasuerus, and Cornelius's envious and bitter neighbor, Isaac Boxtel, as Haman. My suspense grew as I hoped the story would end as happily as the book of Esther, but feared that it would not.I listened to the audio version of this book while I was on the road. It turned out to be well suited for listening while driving. Since the book originally appeared serially, the beginning of each chapter briefly summarized the events of the preceding chapter. When characters from earlier chapters reappeared several chapters later, the author included brief reminders of what the characters were doing when they last appeared in the story. I miss the occasional passage when road conditions require intense concentration, so I appreciated the brief reminders of characters and events interspersed throughout the story. Had I read the book instead of listening to it, I might have viewed those same features as interrupting the flow of the story.Recommended for readers of historical fiction, classics, and gardening enthusiasts.
  • (5/5)
    Up till now I'd only ever read Dumas's "The Count of Monte Cristo," which is a wonderful story. We're going on vacation in the Netherlands in May to see the tulips, so casting around for fitting books to read in preparation I came across this one. It's just delightful. It's so refreshingly and straightforwardly a good story: good guys and bad guys, some unexpected changes in character along the way, a vivid setting, a quirky passion, bold symbols, and a little philosophy. It includes one of the most charming and comical cases of the male's conflict between love of the female and love of his projects. (My mom always like to say: "Women have men. Men have projects. Sometimes the woman is the project.") The heroine Rosa recognizes the power of the project (the black tulip) and it perhaps one of the most brilliant moves to reconcile men and women dubs the black tulip their "daughter," and sets the hero Cornelius finally in the right frame of mind about the relative importance of Rosa and his tulip.
  • (4/5)
    Great story, it reminded me very much of the Count of Monte Cristo. However...A wrongfully persecuted man sent to prison chooses the path of love instead of revenge...The book showed you the extremes of humanity such as kindness and utter evil.
  • (4/5)
    I like this story. there are a lot of scene I could sympathize. This not only be a love story but also excited me. It was interesting to be think about boyh yhe whereabouts of the black tulip and the whereabouts of love.
  • (2/5)
    There are many pictures in this book. So it’s like comic books and easy to read. But it’s not interesting so much for me. The end is good, but common.
  • (3/5)
    Two main chracter race to bloom the bluck tulip.A person who bloom the bluck tulip can recieve a lot of money.And this story contains a facter of love story.But the ending of this story was so called"Justice doesn't always win."
  • (3/5)
    There is a placard that be written “If you could bloom black tulip, you will get a lot of money”. So Cornelius try to bloom black tulip. This story is kind of sad because the good person sacrificed themself for bad person's desire.
  • (5/5)
    this is my favorite book that I've read as an adult. Taking place in Holland during "tulipmania", it is a captivating story about a young aristocrat who's only love in life is growing tulips and chasing the elusive Black Tulip. When he is thrown in prison he is befriended by the jailer's daughter. This story is suspenseful and beautifully written. The drama and excitement is difficult to turn away from until you've finished reading entire thing. The first chapter is a little dry but I still LOVE LOVE LOVE this book and would encourage anyone to read it!
  • (5/5)
    Major themes include family relationships and botany most obviously, combined with a manipulative malcontent and the strength of the underdog, economical and political.I'm so glad I picked this up, mentioned somewhere on the BBC Books board a few weeks ago. The best character has to be the baddie Boxtel. He's brilliant! Complete cartoon character. And as the writing is almost like the unfolding of a fairytale, complete with some very avuncular observations by Dumas, it's hard to shake the cartoon imagery from your mind (might have been easier in 1850 of course!).There is much darkness in the novel too, not least in the title of course. There is the violent martyrdom of the (real) de Witts, the Canetti-style mob, the cloak-and-dagger of politics and royal ambition (or is that ultimately patriotism...?), abject violence (much of which is softened by the cartoon-style of story-telling), a drunken abusive father, Dumas' own use of irony to express something dark in a light, almost flippant, aside, and much more that will keep coming back to me over the course of today I'm sure.Out of this darkness rise two flowers, the black tulip and Rosa, the gaoler's Frisian daughter. Her father is like the porter in Auto da Fe (more Canetti!), we have godfathers, tutors, nurses and brothers, and even where relationships do not exist, Dumas likens Rosa (and tulip too) to mother here, daughter there, sister somewhere else, and 'Sire's and 'My child's crop up in poignant places throughout the dialogue. And, as a book of two parts, out of the darkness of the first, where pale Prince William is skulking around signifying doom, blooms the light of the second, where the dark tulip is the focus amongst all the other flowers of Holland, signifying hope.In its fairytale way the whole book is neat, a neat story with some neat twists, and God in his neat place, and then cluttering the thing up delightfully are often incongruous references to Dutch paintings, to myths of Greece and Rome, to the Bible and snippets of history. There's something liberatingly, childishly slapdash about some of the inaccuracies too; about Dumas' mistaking a Juvenal quote for a Horace, bestowing Medusa's snakes on someone else (Envy), or mixing his monarchs' epithets, and bounding all the way to the publishers without bothering to check.The wicked Boxtel himself (with whom it IS possible to feel some sympathy for if you've ever felt the guilt of jealousy) bears the two names Isaac and Jacob, which would probably be changed for the Disney version.The focus on the flower is reminiscent of the focus of Harris' chocolate or The Girl with the Pearl Earring. Rosa could have stepped out of Dickens, the President of the Horticultural Society is a cartoon butler-meets-town-mayor - there are so many superb cameo parts. AND, thanks to LM pointing out Dumas quarter-African status from his grandmother, it does make me wonder if either consciously or subconsciously she and her role in his family's life aren't partly being paid tribute here.And guess what, as in Seth's Equal Music, there is a dog who knows: the greyhound sitting at the feet of King William in the Dumas (p.214), the dog in Vittore Carpaccio's painting of St Jerome and St Augustine at the Scuola di San Giorgio degli Schiavoni in Venice in the Seth (p.358).