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La Maison du bord des sables: Signe de Piste

La Maison du bord des sables: Signe de Piste

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La Maison du bord des sables: Signe de Piste

Longueur:
169 pages
2 heures
Sortie:
Jan 14, 2014
Format:
Livre

Description

C'est une immense table de résonance que cette maison du bord des sables, cette demeure bretonne battue de vent et de tempête. C'est là que Jacques-Robert mène sa petite vie et sa dure mission près d'un malade dont la vie est suspendue, près d'une mère qui ne peut dissimuler son aversion pour lui.
Dans cette maison, autour du garçon que l'on n'embrasse pas le soir, qui dit "Maman" avec une lueur de crainte dans les yeux, rôde un sourd mystère.
Et puis les évènements se précipitent, c'est le drame, la fuite de l'enfant vers les sables mouvants...
Après tant de tristesse, Jacques atteindra-t-il un jour, enfin, au bonheur ?

A partir de 11 ans
Roman de la Collection Signe de Piste

Sortie:
Jan 14, 2014
Format:
Livre

À propos de l'auteur


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Aperçu du livre

La Maison du bord des sables - Jean-Claude Alain

LA MAISON DU BORD DES SABLES

JEAN-CLAUDE ALAIN

Roman

Collection

SIGNE DE PISTE

Published by Editions Delahaye at Smashwords

Copyright 2014 Jean-Claude Alain

ISBN : 9782350478111

Smashwords Edition, License Notes

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La Collection Signe de Piste :

Romans d’Aventure et d’Amitié pour Adolescents compte à ce jour plus de 500 titres

Editions Delahaye - Certains titres, illustrés, disponibles en version papier sont sur www.carnet2bord.com

Pour Marie-Hélène CZERAPASZA et Roger.

In Spem.

J.C.A.

Chapitre Premier

La porte brusquement ouverte, le garçon parut.

Il était brun, une longue mèche retombant sur son front, et une sorte d'angoisse baignant son visage, une main un peu crispée à la naissance du cou, l'autre le long du corps ...

Au bruit, l'homme avait tressailli, essayant de se soulever sur son fauteuil, tendant une main dans sa direction, cherchant à deviner, malgré les verres sombres qui recouvraient ses yeux, la silhouette demeurée immobile contre le battant de chêne clair.

– Robert... Robert mon fils ! proféra-t-il enfin.

Le garçon parut s'arracher à la porte contre laquelle il paraissait comme crucifié, et d'un grand élan se porta vers celui qui l'avait appelé.

– Robert. .. Mon petit Robert !

Secoué par une émotion trop violente, le malade refermait ses mains aux doigts osseux sur les épaules, remontant au dessin délicat de l'oreille, trouvant la courbe de la nuque, effleurant l'angle arrondi du menton, revenant aux cheveux. Les lèvres de l'enfant se desserrèrent enfin, et il eût un léger mouvement vers l'homme.

– Papa, dit-il doucement, prenant la main entre sa joue et son épaule, quelle joie de vous retrouver enfin ...

Le son de la voix au débit un peu saccadé parut frapper le malade, il rassembla entre les siennes les mains du garçon, et secouant la tête avec une expression étrange, il demanda, appuyant un peu sa tête à la sienne :

– Alors comment se sont passés tous ces mois sans toi ? Es-tu complètement remis maintenant ?

L'inquiétude un instant disparue du visage du garçonnet y réapparut, et comme pour réclamer une aide, il se tourna vers la haute silhouette qui, sans bruits s'en était venue vers eux.

– Il va aussi bien que possible, Henri, dit-elle, il nous revient guérit et ne nous quittera plus désormais.

Une voix calme, appliquée – trop. Elle était grande, mince, vêtue d'une robe noire, un bijou d'or à l'épaule et un collier d'ambre se détachant en jaune sur le lainage ; un visage fin, volontaire, aux yeux gris, aux deux tresses blondes enroulées autour de la tête. Jacques chercha quelque chose – un secours – dans ce visage volontairement inexpressif.

– Maman n'a pas voulu que je rentre seul, et elle est venue me prendre là-bas.

Le malade secouait la tête.

– Comme ta voix a changé ! Il est vrai qu'on mue vite à ton âge ... Mais se hâta-t-il d'ajouter, à part ça, je te retrouve tout à fait. .. Jusqu'au parfum de ton eau de toilette. Il ébaucha un sourire, et posa une main sur celle que sa femme avait appuyée à son épaule.

– Robert est revenu, Marie-Anne, dit-il, cherchant instinctivement son visage malgré les lunettes qui dissimulaient sa presque cécité.

– Oui, répondit-elle sourdement, Robert est revenu, et nous allons être très heureux, très heureux tous les trois maintenant.

Il ne pouvait deviner la rancœur, presque la haine brusquement allumée dans ses yeux. Le garçon s'écarta, incapable de supporter ce regard et détourna les yeux. Une domestique entra.

– Madame est servie.

Le père se pencha vers l'enfant.

– Je suppose que tu as toujours bon appétit ?

Jacques secoua la tête.

– Je n'ai pas bien faim, murmura-t-il enfin.

*

* *

Lentement, la mer remonte.

Il pleut, et le vent du large secoue les arbres qui protègent un peu la grande maison ; la nuit est noire comme un puits d'encre. A la frontière de l'ombre mouvante, le phare tourne, chacun de ses quatre éclats balayant tour à tour les plages, les landes, la mer.

Il fait froid, ce début d'octobre est humide et maussade.

Dans la grande pièce un feu de bûches brûle en pétillant dans la cheminée. L'odeur du bois brûlé imprègne un peu la salle à manger. Marie-Anne de Kerlor parle à mi-voix avec de longs silences. Celui qu'on a appelé Robert mange sans rien dire, le nez dans son assiette, écoutant seulement, tressaillant parfois quand le père lui adresse la parole. Il se tient fort bien, surveillé par la mère qui tout à l'heure, d'un geste bref lui a indiqué l'usage du couteau à poisson, répondant souvent à sa place quand le père interroge.

– Nous avons passé trois jours à Paris où nous avons eu assez mauvais temps. J'ai tenu à ce que Robert revoie le spécialiste, car il doit continuer son traitement, afin que nous soient évitées les alertes comme celle qui nous a privés de lui. Nous avons aussi déjeuné avec Me Maret qui nous chargé de bien des choses amicales pour vous.

La voix s'éteint et on entend seulement le bruit de l'argenterie reposée sur le damas épais de la nappe.

– Robert ?

Il tressaille.

– Papa ?

– Tu ne dis rien ... Je t'entends manger, mais tu n'ouvres pas le bec ... Aurais-tu par hasard perdu l'usage de ta langue ?

– Il est, je l'ai remarqué, devenu passablement silencieux pendant ses mois à la maison de cure, reconnaît Marie-Anne, et puis je le trouve fatigué.

Le père ne répond pas, occupé à piquer une bouchée de pain à l'extrémité de sa fourchette. – La maladie est un rude apprentissage, reconnaît-il, et rares sont ceux qui s'en sortent sans y laisser des plumes.

La domestique apportait l'entremet.

– Mais comme tout noviciat, il a une fin, acheva-t-il en fouillant dans la poche de son veston d'où il sortit un étui à cigarettes en cuir vert. Je suppose qu'une Chesterfield ...

Le garçon secoua négativement la tête et regarda la mère.

– Merci papa ..., mais ...

Un geste énergique lui coupa la parole.

– Non Henri, répondait la mère, il faut maintenant faire très attention. Autrefois, on pouvait tolérer, mais plus aujourd'hui.

Le père refermait l'étui qu'il déposa sur la nappe à sa droite. Il y avait prélevé une cigarette à bout de liège qu'il alluma et en tira quelques bouffées.

– Tu sais, dit-il, ce n'est pas moi qui te reprocherai d'être plus raisonnable que moi. Je n'aimais pas du tout te voir, à ton âge, fumer comme tu le faisais. Tu vas peut-être réussir à me guérir de ce vice.

Le garçon reposa sa cuillère. Sur un signe de la mère, il replia sa serviette. Marie-Anne se pencha vers son mari. – Henri, je crois qu'il faut laisser Robert se coucher, je vois bien à sa mine que le voyage l'a fatigué.

Le malade le retint un instant· :

– Bonsoir mon petit – tu vas retrouver ta chambre, avec plaisir, je l'espère.

Et après l'avoir embrassé :

– Tu· es heureux d'être revenu ?

– Oh ! Oui ... Le père sembla vouloir ajouter autre chose, mais il se tut, et baisant encore la joue de Jacques :

– Va maintenant, et passe une bonne nuit.

– Je passerai te dire bonsoir tout à l'heure promit la mère au moment où il se retournait vers elle. Son pas léger décrut et la porte se referma sans bruit.

Écartant de la table la chaise roulante de son mari, MarieAnne la rapprochait de la cheminée et s'installait de l'autre côté, faisant machinalement tourner sa chevalière. Henri de Kerlor, pensif, laissait se consumer sa cigarette dont le mince filet bleu montait tout droit vers le plafond. Replaçant un peigne dans la masse dorée de ses cheveux, Marie-Anne se pencha un peu vers son mari :

– Dites-moi que vous êtes heureux, implora-t-elle.

Il eut un demi-sourire, fait à la fois de tendresse et de tristesse et, hochant doucement la tête :

– Je suis heureux, Marie-Anne, je suis heureux ...

Enfin !

*

**

Enfin !

Une minute de plus et il eût éclaté en sanglots ... Cette atmosphère tendue, glacée que rien ne réchauffait, et cette hostilité dont il était maintenant pleinement conscient.

Jacques fit quelques pas vers la fenêtre dont les carreaux ruisselants semblaient des visages trempés de larmes. L'un après l'autre, il baissa les volets roulants après avoir un peu tâtonné dans la manœuvre ; il tira de la valise demeurée ouverte sur le tapis un livre qu'il ouvrit sans entrain, et, à demi allongé sur le divan, commença à en tourner distraitement les pages.

On heurta. Refermant son volume il se hâta d'aller ouvrir. C'était la mère. Elle pénétra sans un mot et vint prendre place au petit bureau près de la fenêtre. Un moment elle dévisagea curieusement le garçon debout devant elle, puis :

– Approchez-vous.

Obéissant, il monta vers elle.

– Je dois vous féliciter, fit-elle, j'étais loin de m'attendre à une réussite aussi totale, qui me donne confiance pour les jours à venir.

Il ne sut que répondre et eut un petit geste des épaules.

– Mais si, insista-t-elle, et vous êtes un excellent comédien. Votre geste d@ ce soir vers mon mari en quittant la table, était d'un naturel. .. Il en était tout remué ...Sa voix s'élevait, dure. Mais inutile "de vous donner tant de peine, Robert, le vrai, était infiniment moins démonstratif, et son père n'a pas été habitué à des manifestations qui vous pèseront vite. Pas de zèle, voulez-vous ?

Il fit effort pour répondre.

– Je ferai attention, maman.

– D'ailleurs, reprit-elle, pour vous éviter des faux pas toujours possibles, je vous ferai parvenir chaque matin un petit mot, vous donnant mes consignes pour la journée.

Elle attendit une réponse qui ne vint pas ; elle se leva.

– A demain.

– A demain maman ... Bonsoir maman.

– Bonsoir.

Avant de refermer la porte, elle se retourna :

– J'y pense, tout ce qui est dans cette pièce est à votre disposition. A condition de ne rien y changer vous pouvez vous servir de la radio, des disques, des livres. Et prenez-en soin.

– Merci, dit-il.

Seul, il demeura un long moment le dos au radiateur du central tiède.

Comment avait-il tenu devant autant de dureté ? Son geste vers Henri de Kerlor avait été spontané ... Comme ce soir, si elle lui avait ouvert ses bras, il fut allé vers elle de toute sa faim d'enfant sans amour. Mais ce n'était pas prévu dans le contrat tacite établi entre eux. Il ne ferait plus de zèle et demanderait le lendemain la manière de prendre congé.

Il soupira et regarda la chambre ; tout y était à son usage. Il ouvrit un placard : sur un des rayons du haut, des livres dans un désordre indescriptible. En bas, une batte de base-ball, deux raquettes de tennis, des chaussures de montagne, des revues jetées là, n'importe comment. Dès le lendemain, il essaierait de remettre un peu d'ordre. Les disques se trouvaient empilés près de la chaîne dont les haut-parleurs étaient posés à même la moquette. Sur la table de chevet, un gros transistor dont l'antenne s'élevait en diagonale.

Il résista à l'envie d'appuyer sur une touche.

Il passa dans la salle de bains : dans la penderie, de nombreux costumes. L'eau jaillissait brûlante du lavabo. Il fit sa toilette rapidement et revint dans la chambre, mal à son aise. De quoi seraient faites les heures du lendemain ? La bourrasque faisait crépiter la pluie contre les volets. S'asseyant sur le divan, il commença à dénouer les lacets de ses chaussures.

*

* *

Tu n'as pas compris.

Je sais que les choses ne sont pas si simples ...

Déjà quelque chose de ton amitié s'en est allé vers ce garçon que l'on nomme tantôt Jacques, tantôt Robert, et dont tu ne sais rien, sinon qu'il a un père très malade, pratiquement aveugle, et une mère qui ne semble pas lui porter une tendresse excessive.

Une mère ? Non ; car une maman ne pourrait agir avec son enfant avec une aussi dédaigneuse désinvolture. Je te le dis tout de suite Marie-Anne de Kerlor n'est pas la mère de

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