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Opération "Préludes": Signe de Piste

Opération "Préludes": Signe de Piste

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Opération "Préludes": Signe de Piste

Longueur:
205 pages
2 heures
Sortie:
Jan 14, 2014
Format:
Livre

Description

- Tant que pour un seul, dit Jean, la démonstration est manquée, il faut recommencer.
Après s’être, pendant plus de six mois, donné corps et âme à sa patrouille libre, avec des gosses pas faciles, Xavier va-t-il encore devoir encaisser la mauvaise volonté, la moquerie sournoise, l’incompréhension, l’égoïsme inconscient de ses ‘’Rapaces’’ ?
Ira-t-il jusqu’au bout ? Et le Signe lui sera-t-il donné, que tout cet effort ne demeurera pas vain ?
Xavier, Jean, René : les protagonistes du ‘’HEROS SANS VISAGE’’, Germain, Jean-Pierre et les autres : les ‘’CHAMPIONS DE LA 443’’ se retrouvent dans un nouveau roman, quelquefois dur, quelquefois amusant : comme la Vie.
Mais Christine, aussi, est au rendez-vous...
Christine qui a dix-sept ans, des manières tantôt garçonnières, tantôt féminines, des insolences et des inimitiés...
Christine à cause de qui Xavier avait déjà, une fois, lâché ses amis...

À partir de 13 ans
Roman de la Collection Signe de Piste

Sortie:
Jan 14, 2014
Format:
Livre

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Aperçu du livre

Opération "Préludes" - Jean d'Izieu

OPERATION « PRELUDES »

JEAN D’IZIEU

Roman

Collection

SIGNE DE PISTE

Published by Editions Delahaye at Smashwords

Copyright 2014 Jean d’Izieu

ISBN : 9782350478173

Smashwords Edition, License Notes

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La Collection Signe de Piste :

Romans d’Aventure et d’Amitié pour Adolescents compte à ce jour plus de 500 titres

Editions Delahaye - Certains titres, illustrés, disponibles en version papier sont sur www.carnet2bord.com

A François et à Monique,

comme à tous ceux qui ont vécu avec nous la vraie OPÉRATION » PRÉLUDES »

CHAPITRE PREMIER

FOULARDS NOIRS

– Xavier…

– Point de réponse.

– Xavier…

– La ferme.

C'est René qui a répondu. Xavier est toujours dans l'arbre, invisible et muet. René : un garçon de quinze ans, bien bâti quoique dans le genre échalas. Résolument blond, avec des yeux verts en forme de points d'interrogation. Des yeux qui vous suivent avec insistance, pour aller au-delà des mots, jusqu'au plus profond de l'être.

Le vent plus que frais de ce début d'octobre amène avec lui le crachin typique de la région parisienne, et entraîne dans une valse sans retour les feuilles jaunissantes des chênes. Mais ce n'est pas le vent qui agite soudain en tempête les boucles brunes de Bernard :

– La ferme, la ferme… d'abord c'est pas toi le chef. Et puis y en a marre d'attendre, pendant que le copain Xavier reluque le paysage…

Non, Bernard n'est pas content, et ses yeux de jais luisent furieusement, tandis que sa bouche aux maxillaires puissants se durcit encore. Bernard est bâti en force. Un peu plus petit que René, quoique du même âge, mais bien plus musclé. On sent que, sur ses traits mobiles, le rire doit sans transition succéder à l'expression de la rage ou de la douleur, et inversement.

La voix caverneuse, un peu nasale, d'un garçon de Dix-huit ans, tombe soudain des hauteurs :

–  Bernard… ramène-toi en vitesse. J'ai quelque chose à te montrer.

Le garçon sursaute, prend le temps de faire la nique à René et aux autres, tourne autour de son cou, à la cow-boy, son foulard noir déjà un peu froissé, et se précipite dans l'arbre.

Derrière son dos, René sourit, à la fois complice et un brin envieux. Pas fou, Xavier ! Il sait bien qu'avec un garçon dans le genre de Bernard, certaines concessions s'imposent.

Quoi qu'il en soit, il a de la chance, le type aux boucles brunes : il va entrer dans les secrets de la manœuvre, tandis que les cinq autres Foulards Noirs vont continuer, à plat ventre dans la mousse humide et les feuilles mortes, une attente apparemment stérile.

Là-haut, Xavier tend la main à son camarade pour un dernier rétablissement, et le hisse à côté de lui.

– J'aurais pu y arriver tout seul, qu'est-ce tu crois ?

Un léger sourire se joue sur les lèvres un peu charnues de Xavier ;

– Je n'en doute pas. Mais il n'y a pas de temps à perdre. Les exploits sportifs, tu auras l'occasion d'en faire d'ici un quart d'heure. Attrape les jumelles…

Tandis que Bernard, médusé (c'est la première fois qu'il utilise de vraies jumelles d'artillerie) laisse échapper une exclamation, le sourire du chef s'accentue. Il assure sa position, dos au tronc, à la fourche principale du chêne, et explore son porte-carte en fronçant les sourcils.

Xavier évoque irrésistiblement une photo pour calendrier scout, ou un dessin pour livre technique. A croire qu'il est né avec un uniforme sur le dos. A le voir, personne n'admettrait que pendant deux années entières il l'a renié, cet uniforme, et qu'il s'est copieusement moqué de ceux qui, au-dessus de quinze ans, s'obstinaient à le porter.

C'est pourtant la stricte vérité : Xavier, Second du Cerf, a quitté une Troupe en claquant la porte après avoir traité la Maîtrise au grand complet de » bande de cloches » et de » bonnes sœurs refoulées ». Mais il n'a jamais pu jeter aux ordures le petit fanion vert qui ornait son vélo. Et c'est à cause de ce fanion qu'un beau jour, une bande de gosses mal mouchés l'a traité de » scout ». Ce n'est pas sa faute si les gosses se sont obstinés dans leur erreur. Pas sa faute non plus s'ils ont voulu faire du scoutisme avec lui, et pas avec un autre. Et voilà ce que ça a donné : une patrouille libre dont il a dû prendre la tête, bon gré, mal gré, et que dans deux mois il remettra avec armes et bagages à la Dix-huitième : la Troupe de l'Ecole Technique.

Après ce coup-là, Xavier ira où le mèneront les événements. C'est-àdire qu'il acceptera, sans doute, les barrettes d'Assistant.

Xavier ne se reconnaît, même en cherchant bien, qu'une seule qualité : être incapable, au propre comme au figuré, de rester sur la berge quand, dans l'eau, il y a quelqu'un qui barbote plus que de raison… C'est bien, d'ailleurs, ce qui ressort à la fois des lèvres plutôt épaisses, du menton carré, du nez aux ailes larges et comme prêtes à aspirer goulûment la Vie, et des yeux clairs ouverts comme des pervenches dans un visage mat : l'amour du risque, de la vie et du plaisir, avec l'irrésistible nostalgie de l'idéal, du non-conforme et de l'authentique. Et la tenue elle-même répond à ce portrait ; des guêtres au béret demi-alpin, en passant par la culotte de gros velours et la veste-tempête, tenue strictement réglementaire, dotée cependant d'une telle note personnelle que, des six garçons qui cherchent à la copier, aucun n'y parvient. Pour porter l'uniforme comme Xavier Bourdin… il faut être Xavier Bourdin. C'est tout.

– …Alors ? …

Xavier sursaute ; de la carte d'Etat-Major, sa pensée s'est évadée Dieu sait où : peut-être bien en arrière, vers ce jour d'hiver où, avec son vélo, il a bousculé l'un des garçons qui, aujourd'hui, ne jurent que par lui.

Mais Bernard vit dans le présent.

– Alors ? Eh bien, voilà…

Du bout de son index, Xavier désigne des points sur la carte :

– Ici, le lotissement du » Maroc », avec la chapelle, marquée par le petit cercle… la Route de Rueil, la Porte-Verte… et voilà où nous sommes…

Matériellement, Xavier répète les gestes, les paroles autrefois entendues de son C. P… Moralement c'est autre chose sans doute : on entre dans le scoutisme pour une raison, on y reste ou on y revient pour une autre.

– Et le jeu, alors ?

– J'y arrive : l'adversaire –  une patrouille de la Dix-huit –  tient une position fortifiée dans une bicoque en ruines, située… ici. Nous avons deux patrouilles alliées dans la nature et eux une autre. Nos alliés ne peuvent démarrer que sur les talons des leurs. Jusque-là ils doivent les repérer et les tenir à l'œil. Les défenseurs de la baraque appelleront leurs alliés quand nous aurons attaqué, pas avant. Autrement dit, ça se joue en deux manches.

– Comment qu'y les préviendront, alors, leurs alliés ?

– Ils ont un petit poste de radio…

Bernard siffle entre ses dents :

– Mince alors… c'est des gars à pèze…

Xavier a un mince sourire :

– Quand ça sera des » gars à pèze », comme tu dis, ils auront leur matériel à eux. Mais ce n'est pas demain la veille. En attendant, ils empruntent celui des autres. Sur ce, descendez, on vous demande ! René a le droit d'être mis au courant…

Le sourire de Xavier s'accentue légèrement pour une allusion très nette :

–  …car si ce n'est pas encore lui le chef, ça pourrait bien venir, un jour ou l'autre…

Bernard n'ajoute rien…

*

–  Allô Tarzan, allô Tarzan, ici Bulldog, ici Bulldog, m'entendez-vous ? Ici Bulldog, m'entendez-vous ? Je passe sur « Ecoute », à vous Tarzan…

Sérieux comme un pape, écouteurs aux oreilles, béret vert en bataille, le C. P. du Chamois manipule son S.D.F. 27 . Des crissements inintelligibles retentissent à ses oreilles. Dépité, il repose le casque :

– Rien à faire avec cet engin. Ils nous prennent pour des enfants de chœur… autant jouer à la marelle. Nom d'une trompette, qu'est-ce que je fais ici ? Je vous le demande…

Blond jusqu'à ses sourcils en accent circonflexe, Germain Bouchard (de Chalançay, s'il vous plaît) tend à son second les écouteurs :

– A toi, si ça t'amuse…

Le second hausse les épaules, mais s'installe néanmoins devant l'appareil. Une voix monte du rez-de-chaussée de la maison en ruines :

–  Ça ne va pas comme vous voulez là-haut ? Vous voulez que j'y jette un coup d'œil-?

Germain paraît aussitôt au bord du désarroi le plus noir et, très vite, répond :

– Sincèrement merci, Jean-Pierre, mais ce n'est pas une moto : c'est un émetteur-récepteur…

Quelques borborygmes indistincts témoignent que le dénommé Jean-Pierre n'est pas flatté du cas que l'on fait de ses aptitudes.

Penché sur l'appareil, un garçon à tête ronde, à museau de chat, le psychanalyse minutieusement.

– Et si on déployait un autre élément de l'antenne ? propose-t-il avec un calme olympien.

Germain a un haut-le-corps : il appert qu'on n'a oublié que ce détail.

– Pouvais pas le dire plus tôt, milord de mon cœur ? grommelle-t-il. Et, dédaignant de plus longs commentaires, il met en état l'émetteurrécepteur et recommence à manipuler. Son visage s'éclaire bientôt :

– Ce coup-là, ça répond, fait-il entre ses dents. Merci tout de même, Christian.

Christian, dit encore Lord Pickmouse ou Marquis de Gobesouris, se rengorge sans mot dire. On jurerait qu'il va ronronner. Soudain Jean-Pierre (seize ans, brun, dentu et dégingandé) surgit par ce qui reste de l'escalier :

– Tus, les gars ! Ça bouge dans les fourrés !

Germain fait à son second signe de répondre. Celui-ci rejoint le nouvel arrivant :

–  Boucle-la, Jipé ! Tu n'as qu'à prendre deux types avec toi et aller voir.

Jean-Pierre disparaît. On l'entend donner des ordres.

–  Allô Tarzan, allô Tarzan, murmure le C. P. dans le récepteur.

Préparez-vous, je répète préparez-vous, ça va barder…

*

Un doigt sur les lèvres, Xavier se retourne, et les six » Foulards Noirs » se figent sur place.

– On y va ? propose Bernard, les yeux brillants.

– Doucement, les basses. Ils ont dû repérer quelque chose, il y a du mouvement dans le secteur… Tiens, qu'est-ce que je vous disais ?… L'index pointé en direction de la maison, il montre les trois scouts qui flairent le vent.

– Mince alors, apprécie Bernard. Y en a deux comacs. René a un petit rire, et ses yeux verts pétillent d'ironie :

– T'en fais pas, va, il y en a deux autres du modèle au-dessus.

René connaît déjà les Chamois et n'est pas peu fier de le laisser entendre. Mais l'heure n'est pas aux commentaires :

–  Museau ! commande Xavier. Laissons-les passer. A sept contre trois nous ne risquons rien.

Là-bas, parfaitement inconscients des yeux qui les épient, les trois scouts paraissent indécis sur la tactique à employer. Il y a même une vive discussion entre les « deux comacs ».

–  Je le connais, le gros baraqué, souffle Bernard. Lasvernas, qu'y s'appelle… Il est. en deuxième année au Centre d'Ap'… … Albert Lasvernas…

Les trois scouts se sont décidés, et marchent résolument dans leur direction…

Pendant quelques secondes, un vent d'inquiétude passe sur le groupe des sept.

–  S'ils viennent par ici, murmure Xavier, on leur coupe la retraite et on les découd en vitesse. Il suffit de déboucler leur ceinturon, je le rappelle…

Les feuilles mortes craquent tout près, et les pas se ralentissent. Ainsi, dans la forêt primitive, le chasseur devait, être averti par un sixième sens, deviner la présence du gibier. Et le gibier inquiet se terrait, retenant son souffle.

– J' te dis qu' tu t'es gouré, fait une voix faubourienne. Y a que dalle par ici.

Encore quelques instants d'indécision. Puis la voix de Jean-Pierre, sonore, claironnante, aux voyelles riches, une voix de cadet de Gascogne, éclate :

– Je suis pas miro tout de même. Et si je te dis que j'ai vu quelque chose, c'est que j'ai vu quelque chose.

Dans le fourré, Bernard pouffe tout bas, et René lui met la main sur la bouche. Une chance, que l'automne tardif n'ait pas encore dépouillé les sureaux de leurs feuilles…

Jean-Pierre et ses sbires déambulent quelques instants en silence…

– Oui, approuve le troisième scout, dont la voix beaucoup plus jeune tremblote un peu. Et s'ils nous tombaient maintenant sur le râble, on ne serait pas frais. Rentrons, Jean-Pierre.

– Hé… ricane la voix gasconne. Le Serge qui mouille ses langes ! T'en fais pas, mouflet, on va encore faire le tour de la maison avant de rentrer. Comme ça, on ne sera pas sorti pour des prunes.

Tandis que les pas s'éloignent définitivement, Xavier se retourne avec un rire silencieux. Rien à faire : les jeux scouts l'amusent encore un peu. Ou bien est-ce la joie sans frein de ses six gaillards qui le rend heureux ? Les deux sans doute. D'un geste de la main, il les modère cependant :

– Le plus dur reste encore à faire. Il faut attaquer avant que les trois zèbres ne nous voient.

– Si on leur piquait leur poste ? suggère Bernard. Ils seraient feintés pour appeler leurs alliés.

Xavier fait la moue :

– Je ne vois pas comment…

–  Regarde donc au-dessus de la bicoque : tu vois la branche qui s'avance ? De là-haut, on peut leur tomber sur le poil. J'y vais avec René. D'ac' ?

Un court instant, Xavier réfléchit, sourcils froncés. Les trois scouts vont tourner au coin des ruines. Il va être temps d'agir.

– Allez-y…

Les deux garçons jaillissent déjà du fourré. Xavier les rappelle :

–  Attention ! Il suffit de prendre l'antenne. N'allez pas démolir le poste…

– D'accord, d'accord…

– Une chose encore : si vous êtes repérés, attendez-nous…

– Entendu…

Un frisson court à même la peau

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