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Les Signes de l'Empire: Signe de Piste

Les Signes de l'Empire: Signe de Piste

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Les Signes de l'Empire: Signe de Piste

Longueur:
236 pages
3 heures
Sortie:
Jan 14, 2014
Format:
Livre

Description

« Celui qui le Trifels a l’Empire. En ses murs à jamais reposent les Signes... »
Une inscription en vieil allemand à peine lisible sur la garde d’une épée retrouvée au fond d’un bastion de la citadelle de Landau, dans le Palatinat, et voici une extravagante, une fantastique aventure démarre.
Les grizzlys, équipe très fraternelle de jeunes français, leurs amis d’outre-Rhin aux visages un peu mystérieux : Peter et Anne-Lise, seront-ils à la hauteur de la tâche ?
C’est l’épée de Charlemagne, les éperons d’or, la couronne et le manteau du sacre, qui sont l’enjeu de cette nouvelle quête héroïque et fantastique qui a pour cadre les ruines prodigieuses du Trifels. Mais plus que ces objets sacrés, c’est leur symbole, l’espoir d’une nouvelle fraternité, d’une nouvelle Europe rajeunie, rayonnante, sûre de son destin, qui importe aux cœurs de 15 ans.

A partir de 12 ans
Roman de la Collection Signe de Piste

Sortie:
Jan 14, 2014
Format:
Livre

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Aperçu du livre

Les Signes de l'Empire - X.B. Leprince

LES SIGNES DE L’EMPIRE

X.B. LEPRINCE

Roman

Collection

SIGNE DE PISTE

Published by Editions Delahaye at Smashwords

Copyright 2014 X.B. Leprince

ISBN : 9782350478135

Smashwords Edition, License Notes

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La Collection Signe de Piste :

Romans d’Aventure et d’Amitié pour Adolescents compte à ce jour plus de 500 titres

Editions Delahaye - Certains titres, illustrés, disponibles en version papier sont sur www.carnet2bord.com

« Au Rhin vert il est un pays

Que Dieu a béni en ce monde;

Doux coteaux où le vin mûrit,

Ruisselets clairs et moisson blonde.

Au front de ses monts ténébreux

Maint Burg sommeille sous la mousse

Mais de tous le plus merveilleux

C'est le Trifels de Barberousse. »

Mein Pfälzer Land)

Chanson populaire

AVERTISSEMENT

Pour peu que tu m'aies fait l’honneur de me lire, tu as dû t'apercevoir que je n'avais aucune imagination. Je suis totalement incapable d'inventer une merveilleuse histoire de toute pièce. Quelqu'un (Toi ou un autre) m'a écrit un jour : « Dans la Neuvième Croisade vous parliez de Montségur, des Cathares brûlés, de Simon de Montfort et je dois vous avouer que j'ai cru· que ces épisodes étaient romancés. Mais je suis tombé par hasard sur un article de Simon de Montfort où il y avait une photo de Montségur et l'épisode des Cathares brûlés. C'est pourquoi je me permets de vous envoyer ceci ... » Suivaient de magnifiques images concernant Montségur et Simon. Il ne manquait qu'une pincée de cendres des Cathares ... Comme je le disais donc, je n'ai aucune imagination.

Seulement vois-tu, quand on se promène du Désert Syrien à l'Atlantique et de la Baltique au Sahara on finit par rencontrer des tas d'événements et de gens absolument invraisemblables. « Ce monde est vaste et terrible et il y a tant de choses », comme le disait excellemment Frère Athanase, l’un de mes professeurs.

Tu ne seras donc pas étonné si je te confie que la pierre du Comte existe (demande à P. Joubert, il en a vu la photo) et que je suis descendu dans le rameau de mine où fut trouvée l'épée de « Mattieu Legat ». N'importe quel petit Allemand t'en dirait plus que moi sur le Trifels, Frédéric II et les Signes de l'Empire. Quand aux Grizzlys et aux Albatros je dois avouer que ce n'étaient point de vrais scouts. Ils faisaient partie de ces groupes officieux parfaitement inconnus du Quartier Général et qui poussaient « en Occupation » comme des herbes folles. Pas très forts en technique, mes gars, dame non ; mais quelle imagination dans les grands jeux ! Je n'ai pas tant brodé sur nos expéditions qu'on le pourrait croire ... A vrai dire, ces aventures étaient souvent plus cocasses et moins tragiques. Mais ce que je raconte correspond tellement à ce qu'ils voulaient vivre que je n'ai pas hésité à l’écrire.

Au cours de tes pérégrinations tu pourras peut-être rencontrer l'un de mes héros; il s'agit du garçon aux citations. Tu le reconnaîtras du premier coup et si tu le laisses parler il te saluera certainement par quelque chose de ce genre :

Est-ce pas vous, Seigneur, qu'appellent en ces lieux,

Avant que de Phoebus le char silencieux

N'ait franchi le portail des célestes remises,

Le laurier mûrissant et les gloires promises...

Alors selon les traditions héritées des « Copains » d'où sortent ces vers, tu lui répondras aussi fort que tu pourras :

– C'est moi! C'est moi! N'en doutez pas!

Le reste coulera comme de source et Luc te dira jusqu'à quel point cette histoire frôle la vérité.

Ce néanmoins, si quelque illuminé mégalomane croyait se reconnaître intégralement en l'un de mes personnages, qu'il se méfie avant de réclamer. Je puis au moins lui affirmer une chose: mes héros sont inimitables ...

Avertissement pour l'édition 2014 des « Signes de l'Empire »

Nous avons tenu à rééditer ce beau roman sans modifier en rien le style de l'auteur ni les détails du récit écrit en 1956.

Naturellement le lecteur se replacera dans le contexte historique et se rappellera qu'il n'y a plus aujourd'hui d'« Administration Française » ni de troupes d'occupation en Allemagne Fédérale.

Des troupes françaises (comme d'ailleurs des troupes Américaines) sont seulement « en stationnement » sur le territoire Fédéral avec l'accord de la R.F.A.

Le Signe de Piste

Les principaux personnages de ce roman sont, par ordre d'apparition :

Anne-Lise MÜLLER 15 ans et demi. Née à Jung-Buntzlau (Silésie). Réfugiée de l'Est en Palatinat.

Peter-Karl MÜLLER 17 ans. Frère de la précédente. Né à Jung-Buntzlau (Silésie)

Henri LE GALL (dit ATHOS) 17 ans. Né à Brest. Fils du Commandant de la Direction du Génie de la Zone Centre et C. P. des « Grizzlys ».

Jean FRAT (dit d'ARTAGNAN) 17 ans. Né à Paris. Fils du Commissaire de la Sûreté pour le Sud Palatinat et Second des « Grizzlys ».

Pierre MARTEL (dit PLANCHETON) 15 ans. Né à Tours. Fils aîné de l'Administrateur Délégué pour le Sud Palatinat. Eclaireur aux « Grizzlys ».

Stanislas MARTEL (dit BAZAUD) 14 ans. Né à Tours. Frère du précédent. Eclaireur aux « Grizzlys ».

Louis RABAUD (dit PORTHOS) 16 ans. Né à La Rochelle. Fils du Lieutenant-colonel. Commandant le 33" Chasseurs Portés. Eclaireur aux « Grizzlys ».

Luc CASTANG (dit ARAMIS) 17 ans. Né à Auch. Fils du gérant de la « Librairie Française ». Eclaireur aux « Grizzlys ».

Gisèle LE GALL 15 ans. Née à Brest. Sœur d'Henri Le Gall.

Michel CHOLET 30 ans. Adjoint de Monsieur l'Administrateur Délégué et Chef de Troupe.

1

LES RÉPROUVÉS

Couchés sur le roc lisse du Scharfeneck, les deux adolescents guettaient les joies promises dont le village les avait exclus. Il n'y avait rien à faire. Pour toujours et à jamais la vague dévastatrice de l'invasion les avait engloutis, balayés, déracinés. Ils se savaient intrus et plus étrangers sur cette terre magnifique que ne pouvaient l'être les Français eux-mêmes. Eux ne pouvaient plus être que les « réprouvés », les mendiants faméliques qui volaient aux autochtones la place et le travail et qu'on casait en rechignant. Ce qu'on appelait « la charité » leur mettait les nerfs à vif. C'était pourtant par la grâce de l'Evangelische Karitas qu'ils étaient correctement vêtus : elle de futaine noire à fleurs éclatantes et lui d'une bonne culotte de cuir aux bretelles ornées d'edelweiss, complétée par une solide chemisette de toile verte.

Anne-Lise Müller avait quinze ans passés et son frère Peter Karl dix-sept. Silésiens de pure race, blonds comme les blés palatins que balançait le vent de ce mois de juin. Ils différaient essentiellement par le regard, bleu délavé chez le garçon, vert chez la fille. Ils conservaient en eux la marque indélébile des jours noirs. Le passé c'était Jung-Buntzlau, le grand manoir silésien et l'activité paisible et rêveuse de Maman aidée de cet homme de légende qu'avait su être Michel Cholet, le prisonnier français. Quand les communs avaient flambé sous une bombe égarée, Michel avait risqué sa vie pour sauver les chevaux. Il était même des soirs où Michel parlait un langage accessible, fait de pur français et d'allemand bâtard, surtout après la mort de Papa sur le front russe. Devant l'âtre flamboyant de l'immense cuisine à voussure ogivale, il s'efforçait de leur transmettre les contes de son pays, et chose plus merveilleuse, eux, comprenaient tout. Ils parlaient désormais français sans effort, avec de curieuses tournures poitevines.

Quand l'invasion avait déferlé sur l'Est. Michel avait juché son monde sur les matelas entassés au sommet d'une charrette où trônait le merle dans sa cage et le chien Kasperlé, et l'on était parti dans le flot des fuyards sous la bise et la froidure de l'hiver. Personne n'avait manqué de rien grâce à l'ingéniosité de Michel, jusqu'au jour où les troupes américaines qui ne comprenaient rien du tout les avaient séparés pour expédier Michel vers de lointaines destinées plus ou moins militaires ou civiles. Et tout avait commencé; les hardes, l'odeur écœurante des corps mal soignés, les trains poussifs sans vitres, sans éclairage, les sommeils hallucinants au cœur des sous-sols de gares éventrées, la corvée de briques où avec une patience de fourmi le peuple allemand érigeait en tas soigneux et réguliers les ruines de ses villes en miettes. On avait fait la halte un moment à Francfort parce que Peter Karl y cirait les bottes américaines et qu'Anne-Lise avait eu la faveur de moudre inlassablement sur le piano d'un café des airs enfilés comme des perles. Le pire était survenu avec le « Regroupement », la grande redistribution des réfugiés, qui les avait conduits sous les voûtes des casemates de Kastel. Les traits de Maman étaient devenus gris et tirés et Anne-Lise avait perdu sa magnifique chevelure à cause des poux. Il avait fallu la raser telle une nonette, malgré ses larmes. Maman s'était mise à tousser d'une toux creuse et déchirante qui la tuait. Il avait fallu se séparer d'elle pour la sauver. Elle avait été très bien soignée dans un beau sanatorium de Freudenstadt, juste ce qu'il fallait pour la replonger sous les voûtes mortelles de Kastel où ils se sentaient devenir fous d'angoisse. L'affaire n'avait pas traîné, Maman était repartie bien malade vers le très beau sanatorium. On n'avait pas osé les laisser à la charge des réfugiés et préféré les placer chez Libermann, le plus puissant fermier de Rodt. Peut-être un jour Maman les rejoindrait, mais pour l'instant ils étaient seuls à trimer dans les soues et les étables, certes bien nourris, mais soumis à des exigences qui parfois dépassaient leurs forces.

– J'en ai marre, dit Peter-Karl. Quand Maman reviendra, on partira tous pour le Brésil. Hé, pouilleuse, tu m'entends?

– Crétin, riposta Anne-Lise, comme si tu n'avais pas rempli douze fois les Fragebogen (* Questionnaire administratif et politique) de réfugiés. Tu te souviens de la fiche sanitaire. La mention post-tuberculeux ne pardonne pas pour l'émigration.

– Fragebogen... Huit pages de questions à endormir un serpent... Votre âge, votre nez, votre opinion, la couleur de vos yeux...

– Nos yeux ont la couleur des larmes, murmura sourdement Anne-Lise. Maman reviendra quand même un jour et nous serons heureux, tu verras... Je laisserai alors repousser mes cheveux comme avant, jusqu'à la ceinture, et mes mains redeviendront douces et claires.

La main fraternelle caressa la tête garçonnière de la jeune fille et Peter-Karl sourit :

– T'es pas du tout régulière, tu sais, avec tes cheveux rasés sur la nuque et cette grande mèche qui te bat le bout du nez. T'as l'air d'un chien perdu. Le village n'aime pas du tout ça. Il pense que tu es une mauvaise fille. J'ai cassé la figure à Hans Libermann, le fils du patron, à cause de ça.

Elle se dressa à demi sur le roc et considéra son frère avec attendrissement.

– Ho ! Peter. Tu as fait ça pour moi ?

– Oui pouilleuse, à cause de toi. Même avec cette bobine de fille perdue je t'aime de tout mon cœur.

– Tu es fou ! On va se faire balancer...

– M'en moque. On ira plus loin. C'est pas chez nous ici...

– Et Maman ? Où pourrons-nous lui permettre de se reposer. L'air était bon ici...

Il cracha dans le vide en direction du village...

– Se reposer ! A Rodt ? Ça, c'est trouvé! Tu vois le père Libermann en train de chouchouter Maman pour qu'elle se ménage ?

Elle médita et conclut :

– Non, bien sûr. Il faudrait lui trouver un emploi facile et pas fatigant. A Landau peut-être on pourrait trouver ça...

Peter-Karl se dressa farouche et secoua sa tête d'où les mèches blondes volaient en vagues soyeuses.

– J'ai ciré les bottes des Américains, mais Maman ne cirera pas celles des Français...

– Pourtant Michel était gentil.

– C'était différent. Il était à nous. Si bien avec nous...

– Ça ne fait rien, j'aimerais mieux Michel maintenant que cet affreux Libermann.

Il haussa les épaules et lui releva le menton. Sa figure s'était faite grave et sévère :

– Anne-Lise ! Tu ne vas pas trahir ? Sous Louis XIV ils ont tout brûlé ici, arraché tous les arbres, fait un désert du Palatinat. Et ils osent parler d'Oradour... Ah ! les vaincus-vainqueurs. Quelle dérision ! Quelle hypocrisie !

Elle s'entêta et tapa du pied rageusement.

– Michel n'a rien brûlé. Il nous a tous sauvés...

Peter-Karl l'admira malgré lui. Il émanait de sa passion une sobre beauté tendre et lumineuse qui l'attendrissait.

– Tiens, avec tes cheveux de quatre sous tu ressembles à cette pauvre Sophie Scholl (* Etudiantes, animatrice d’un mouvement de résistance, qui fut décapitée à Munich en 1944). Tu trouveras bien un jour quelqu'un pour te couper la tête, toi aussi.

Elle eut vers lui un regard incertain. Se moquait-il ? Sophie représentait un destin tragique et très émouvant. Non pas tant comme victime des hitlériens que parce qu'elle avait été la récitante inégalable du groupe de la « Rose Blanche » et qu'on lui avait coupé la tête à vingt-deux ans avec une grande hache. Une jeune Française aurait peut-être aimé de la même manière Lucile Desmoulins ou Marie-Antoinette tout en restant éperdument indifférente à la réputation de Robespierre.

Le garçon tourna encore ses yeux vers le village qui s'animait et soupira :

– Pour cette fois-ci on ne nous coupera pas la tête, bien sûr, mais qu'est-ce que le vieux Libermann va nous tasser quand il s'apercevra qu'on s'est mis en vacances pour la cueillette des myrtilles ! Mais je veux lutter pour Maman, même si ça doit finir mal. Notre récolte sera à nous et nous aurons l'argent pour elle...

Anne-Lise, debout sur le penon de grès, se laissait envelopper par le grand souffle qui montait de la plaine rhénane. Elle ne pouvait voir les choses comme son frère. Le malheur glissait sur sa fragilité comme sur un roc. Il fallait beaucoup pardonner en ces temps difficiles pour accepter de vivre. L'évocation de la tendre Sophie la soulevait, et levant ses mains pures sur l'infini elle récita le beau poème de BERT BRECHT, fait pour la grande douleur des Allemagnes déchirées :

« Vous qui émergez des flots

où nous avons sombré

souvenez-vous,

quand vous parlez de nos faiblesses,

des temps obscurs

auxquels vous avez survécu.

Mais vous autres, quand les temps seront mûrs,

quand l'homme sera un soutien pour l'homme,

souvenez-vous de nous

avec indulgence. »

Peter-Karl faisait le dos rond sous cette vague poétique. Il était des moments où l'apparente douceur d'Anne-Lise l'effrayait par sa passion contenue. Lui, il pouvait allonger un bon coup de poing dans la figure poupine du fils Libermann, mais il se demandait parfois si sa sœur n'était pas capable de mettre le feu à une ville.

– Regarde, fit-il brusquement, ça commence...

Le village accroché au flanc de la Hardt leur apparaissait d'en haut tel une construction de Nuremberg, un joujou pour enfant avec sa petite place où le grand chêne abritait le « Napoléonsbank ». Les vieux y siégeaient chaque jour et parfois l'un d'eux se souvenait que ce banc de chêne avait été placé là en 1811 par ordre de l'Empereur pour commémorer la naissance du petit Roi de Rome. Les sons montaient des profondeurs avec une pureté cristalline. Du clocher effilé s'envolèrent les deux coups de l'heure présente et tout de suite une clochette argentine répondit :

Bimbelebim ! Bimbelebim ! Bimbelebim !

Le Gemeindediener, l'annonceur public, se campa sur la placette et lut une proclamation qui engendra une clameur de joie, un tintamarre de seaux, de boîtes de conserve, et de toutes les fermes surgirent des hordes joyeuses, enfants trépignants et jeunes gens parés comme pour une fête. Tout cela chantait un chœur unique d'où s'échappaient des lambeaux de phrases perceptibles :

« 's Hällbeermännel isch zu mer kumme

hot mer alles abgenumme... »

(* Le petit homme des myrtilles est venu à moi et il m’a tout pris)

C'était la chanson des « Hällbeere », des noires myrtilles tapies au creux des buissons de la Hardt et dont la récolte commençait chaque année après une véritable mobilisation suivie d'une déclaration de guerre proclamée par les crieurs publics.

Bimbelebim ! Bimbelebim! Bimbelebim !

chantait la clochette pour harceler les retardataires, et déjà montaient à travers les vignes les colonnes allègres des cueilleurs de myrtilles, tous portant le seau ou la corbeille ainsi que le grand peigne de bois qui sert à racler les touffes vertes et luisantes où se cachent les baies. Anne-Lise empoigna sa corbeille et pressa son frère :

– Dépêchons-nous pour arriver les premiers...

Peter-Karl ricana:

– Inutile, si nous allions sur leurs réserves ils nous chasseraient à coups de pierres. Sans compter que je n'ai aucune envie de voir de près la trique de Libermann. J'ai trouvé un emplacement épatant sous le Rietburg. Personne ne nous y dénichera. C'est clos d'une véritable muraille de ronces et il faut trouver l'accès ... Tiens, des étrangers montent aussi vers le Riethurg. Tu vois là-bas...

Le regard d'Anne-Lise glissa très loin au-dessus des vignes dont les bataillons pressés montaient à l'assaut des pentes. Par la coulée du Modenbach vers l'Est on voyait se dessiner la masse des forêts palatines où tranchait le fil argenté du Rhin. Dans le Sud pointaient les flèches

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