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Documents de fondation des Missions Africaines
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Livre électronique193 pages2 heures

Documents de fondation des Missions Africaines

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À propos de ce livre électronique

Documents relatifs à la fondation de la Société des Missions Africaines . Ce livre nous introduit à la période dite africaine de Mgr de Marion Brésillac. nous suivons pas à pas la conception, la naissance et la difficile croissance de la Société des Missions Africains, à travers les relations de Marion Brésillac avec ses deux correspondants privilégiés : le cardinal Barnabò et le Père Planque. Ce parcours, entrepris depuis le mois de mai 1855, nous conduira à la découverte de ce que l'on peut nommer le charisme du fondateur et, en conséquence, du patrimoine qu'il a légué à son institut.

LangueFrançais
Date de sortie29 avr. 2014
ISBN9781311271983
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    Documents de fondation des Missions Africaines - Melchior de Marion Brésillac

    Première Section : Vers un nouvel engagement missionnaire : mai 1855 - janvier 1856

    Cette première section nous introduit à la période dite africaine de Mgr de Marion Brésillac.

    Elle comprend deux étapes. La première, concernée par cette section, présente quelques documents où apparaît l'orientation d'un nouvel engagement missionnaire. Puisqu'il n'y avait plus aucun espoir pour lui de faire quelque bien aux Indes, et après que sa démission de vicaire apostolique de Coïmbatore eût été acceptée par le Pape Pie IX, Marion Brésillac a songé à l'Afrique ; la chronologie dira plus loin dans quelles circonstances et le rapport sur le Dahomey les détaille.

    En Afrique, il cherchait des lieux où aucun missionnaire n'avait encore pénétré, mais sans penser alors à fonder un institut. C'est Mgr Barnabò, secrétaire puis cardinal préfet de la S.C. de Propaganda Fide, qui lui fit ensuite cette suggestion, dont on ne sait si ce ne fut pas plutôt une injonction pour qui connaît un peu le caractère du prélat et son style de gouvernement. Cela se passa probablement au mois de janvier 1856.

    La correspondance actuellement connue entre Mgr de Brésillac et la S.C. de Propaganda Fide, de mai 1855 à juin 1859, est ici intégralement publiée à une exception près qui ne représentait pas d'intérêt. (1)

    ________________________________________

    note 1 : Lettre du 6 août au cardinal Barnabò, A.P.F. congressi, africa centrale 1848-1857, p. 1098. Copie introuvable au A.M.A.

    ___________________

    Document 1

    A Mgr Barnabò

    le 26 mai 1855 (1)

    Après avoir reçu la lettre du 27 mars, dans laquelle la Sacrée Congrégation me faisait connaître que le Saint-Père avait daigné accepter ma démission de vicaire apostolique du Coimbatore, je quittai le séminaire des Missions Etrangères, et je me suis retiré, dans la plus profonde retraite, chez les RR. PP. Capucins à Versailles. Là, j'adore les impénétrables desseins de Dieu, et je me demande si c'est par ma faute que je ne suis plus dans les missions, malgré l'ardent amour que Dieu n'a jamais cessé de m'inspirer pour elles ! Mais enfin, puisque tout espoir est perdu pour moi de revoir les missions de l'Inde qui me furent si chères, n'est-il pas un autre lieu, sur toute la terre, où je puisse être missionnaire ? Jeune encore, est-ce bien la volonté de Dieu que je reste dans l'inaction ? Je ne peux pas le croire, et je viens vous prier, Monseigneur, de présenter au Saint-Père, l'offrande que je lui fais de moi-même pour quel lieu que ce soit de l'univers.

    Si le caractère épiscopal dont je suis revêtu est un empêchement absolu pour travailler dans une mission déjà existante, n'y a-t-il pas encore un lieu dans le monde où les missionnaires n'aient point porté leurs pas ? Par exemple dans le centre de l'Afrique ?

    Voici donc, Monseigneur, ce que je viens de vous prier de demander pour moi au Saint-Père : ou bien une mission quelconque, selon son bon plaisir, ou bien l'autorisation d'aller essayer une mission dans l'Afrique intérieure, là où les missionnaires des vicariats apostoliques existants n'ont pas encore pénétré.

    Je ne me fais aucune illusion sur les difficultés, sur l'impossibilité même apparente de réussir. Mais tout est possible à Dieu et nous mettons en lui toute notre espérance. Mon désir serait de me jeter en aveugle entre les bras de la divine Providence, et d'aller absolument à l'apostolique, droit chez ces peuples, soit seul, soit avec un ou deux compagnons, si j'en trouve qui veuillent me suivre dans cette vie où, naturellement, nous devons trouver bientôt la mort et puis le ciel. Mais j'offre ma vie à Dieu et au Saint-Père, avec la bénédiction duquel Dieu ne nous refusera pas la sienne, et peut-être permettra-t-il que par cette mort, ou par un succès qui serait visiblement l'œuvre de sa grâce, nous fassions connaître à quelques pauvres peuplades le saint nom de Jésus-Christ.

    Je vous prie, Monseigneur, de vouloir bien parler le plus tôt possible de cette offre au Saint-Père, en lui demandant pour moi sa paternelle bénédiction, et de me faire connaître ses ordres. En attendant, veuillez croire aux sentiments respectueux avec lesquels, j'ai l'honneur d'être, Monseigneur, Votre très humble et très obéissant serviteur.

     M.M.J. de Marion Brésillac, évêque de Pruse.

    ________________________________________

    note 1 : Nous inscrivons systématiquement en tête des lettres le nom du destinataire, suivi de la date, même si le texte original ne le fait pas toujours. A.P.F texte original introuvable. A.M.A. copie dans 2 F 1, p. 246 ss.

    ___________________

    Document 2

    A Mgr Barnabò

    le 23 juin 1855 (1)

    J'ai reçu votre honorée lettre du 9 de ce mois, et je commence par reconnaître avec vous qu'il est besoin de prudence, afin que le Saint-Père ne pense pas que ma demande est l'effet d'un esprit inconstant et léger. Le malheur que j'ai eu de me trouver engagé dans les affaires sur lesquelles il est inutile de revenir, a dû donner de moi une mauvaise opinion. Le bon Dieu a permis que ma plume ait mal reproduit les sentiments de mon âme ; j'ai voulu ménager les opinions diverses et surtout l'intention de personnes que je vénère, et j'ai paru tomber dans la contradiction ; j'ai sans doute aussi manqué de prudence. Mais faites-moi la faveur de croire, Monseigneur, que mes intentions étaient pures et droites, que mon but unique était la gloire de Dieu et l'avancement de l'œuvre des missions que le Seigneur m'a fait la grâce d'aimer de toute mon âme, depuis l'instant où il me fit celle de tout quitter pour elle.

    Cette affection pour les missions, je l'avais principalement concentrée sur celle qui m'était confiée. Il est vrai que j'ai cru devoir la faire céder à la répugnance, pour ma conscience, de continuer l'exercice du saint ministère avec le système des castes actuellement en vigueur et ses conséquences. Mais ne vous offensez pas, je vous prie, si je ressens toute la douleur du sacrifice que je me suis cru moralement obligé de faire, et daignez y voir quelque zèle pour l'œuvre des missions. (2)

    Permettez-moi même d'espérer, Monseigneur, qu'un jour viendra où l'on reconnaîtra que je n'ai fait que mal exprimer des choses vraies. Je ne dis point que je ne me sois trompé en rien - omnis homo mendax - .Mais je ne puis m'empêcher de croire que le fond de mes pensées était conforme aux besoins actuels des missions de l'Inde, et surtout à l'esprit du Saint-Siège pour lequel j'ai toujours professé et je professerai toute ma vie, une vénération profonde et un amour filial. Permettez-moi d'espérer que le Saint-Père reconnaîtra lui-même qu'il a en moi un fils plein de respect, d'obéissance, d'amour, et tout dévoué aux missions.

    C'est dans cette espérance que j'ose lui demander de vouloir bien me laisser continuer cette œuvre. Et si le caractère épiscopal dont je suis revêtu (quoique indigne, mais sans regret, parce que j'espère que tout s'est passé selon la volonté de Dieu) est un obstacle à ce que je sois envoyé dans une mission déjà établie, pourquoi S.G. ne me permettrait-elle pas d'aller tenter d'en ouvrir une en des lieux jusqu'ici inaccessibles ? Si je ne réussis pas, qu'y a-t-il de perdu ? Si je réussis, Dieu aura fait tourner le mal en bien. Avec la bénédiction du Saint-Père, je me rendrais dans la mission de la Guinée. Là, je prendrais toutes les informations possibles auprès des bons Pères du Saint-Cœur-de-Marie, et auprès des naturels de l'intérieur qui viennent faire le commerce sur les côtes ; puis je m'élancerais dans les bras de la Providence vers l'intérieur. Je m'adjoindrais un ou deux compagnons dévoués, il n'en faudrait pas davantage, ce me semble, au commencement, et si le succès répondait à notre zèle, il ne serait pas difficile d'attirer l'intérêt de quelque congrégation. Au reste, ce plan serait modifié selon les vœux de la Sacrée Congrégation, dont je suivrais scrupuleusement les instructions.

    J'espère que le Saint-Père verra dans cette offre non point une légèreté d'esprit, et même pire que cela, comme vous me le faites craindre, Monseigneur, mais bien le désir que j'ai de rester fidèle à ma vocation et d'employer toute ma vie à l'œuvre des missions.

    Je vous renouvelle donc, Monseigneur, la prière que je vous ai faite d'en parler au Saint-Père aussitôt que vous le jugerez opportun, en l'assurant que je baise avec respect ses pieds sacrés. Et je vous prie de croire vous-même aux sentiments respectueux, avec lesquels j'ai l'honneur d'être, Monseigneur, Votre très humble et tout dévoué serviteur.

     M.M.J. de Marion Brésillac, évêque de Pruse

    ________________________________________

    note 1 : A.P.F. texte original introuvable. A.M.A. copie dans 2 F 1 p. 247 ss.

    note 2 : Lorsque des raisons de conscience m'ont engagé à donner ma démission de vicaire apostolique de Coïmbatore, je n'ai été porté à cette démarche ni par fatigue, ni par dégoût pour l'œuvre admirable des missions, écrit-il le 19 février 1856 au président de l'œuvre de la Propagation de la Foi à Lyon, APFL, 1856, Rome, Divers n° 3.

    ___________________

    Document 3

    A Mgr Barnabò

    le 16 juillet 1855 (1)

    Monseigneur,

    C'est avec une grande consolation que j'ai reçu votre bonne lettre du 7 de ce mois, parce qu'elle me donne l'espoir de reprendre, au temps marqué par la Providence, le ministère des missions, dans l'exercice duquel mon désir est de continuer à vivre et de mourir. Permettez-moi cependant, Monseigneur, d'ajouter quelques mots à ce que je vous ai écrit, car j'ai remarqué dans votre lettre quelques expressions qui me font croire que je n'ai pas encore bien expliqué toute ma pensée.

    (2) Il me semble, Monseigneur, qu'il n'y a pas eu de ma part a priori sententia immutatio. J'ai cru être obligé, il est vrai, de donner ma démission de vicaire apostolique de Coimbatore, mais je n'ai pas renoncé à consacrer ma vie au service des missions. Cela est si vrai qu'immédiatement après qu'elle a été acceptée par le Saint-Siège, je me suis offert pour remplir un poste quelconque dans notre Société. Les Messieurs du Séminaire de Paris ont cru que le caractère épiscopal s'y opposait, et d'ailleurs ils ne pouvaient m'en assigner aucun ex officio, puisqu'ils ne sont pas seuls les supérieurs de la Société. Dès lors, je cherche un lieu où, avec le caractère dont je suis revêtu, je puisse travailler à l'œuvre de Dieu et à la propagation de l'Evangile, sans faire ombrage à personne. Or, il me semble que

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