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Message in a Bottle
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Livre électronique102 pages1 heure

Message in a Bottle

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À propos de ce livre électronique

Un recueil d'essais littéraires sur l'auto-connaissance, écrits sur des parchemins, scellés, enroulés et introduits dans des bouteilles en verre incolore, sans trace d'étiquette, fermées par des bouchons en liège des chênes-lièges de l'Alentejo. Vous en êtes le destinataire.

LangueFrançais
ÉditeurBadPress
Date de sortie17 janv. 2016
ISBN9781507129456
Message in a Bottle
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Auteur

Isabel Duarte Soares

Isabel Duarte Soares nació en Lisboa, en 1971, se enamoró locamente de Brasil y adoptó San Paulo como su hogar durante cinco años. Su alma es portuguesa, sus emociones, brasileñas y su razón, europea. Es escritora, eterna investigadora de psicología analítica, posgraduada en periodismo literario y traductora, en este orden necesariamente. Escribe sobre comportamiento, psicología, y principalmente sobre autoconocimiento. Mezcla literatura, filosofía, psicología, mitología, con mucha creatividad. A veces divertido, siempre reflexivo, con la certeza de que por lo menos hará parar para pensar, analizar conceptos.

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    Message in a Bottle - Isabel Duarte Soares

    Isabel Duarte Soares

    MESSAGE IN A BOTTLE

    Essais sur l’auto-connaissance

    Message in a Bottle

    Essais sur l’auto-connaissance

    À mon père

    Seduce my mind and you can have my body,

    Find my soul and I'm yours forever.

    Anonyme

    1

    Parce qu’il y a un certain romantisme concernant les messages enroulés et insérés dans une bouteille en verre incolore, fermée par un bouchon en liège – il faut bien alimenter les affaires d’exportation du liège; depuis que j’ai vu une bouteille de champagne en Allemagne, il y a de cela plus de quinze ans, avec un bouchon en plastique, cela m’a rendue malade. Parce que ces messages sont écrits à la main et à l’encre, comme avant, sans le correcteur d’orthographe portugais qui s’est échappé de mon iBook  pour aller se cacher je ne sais où, sans que je m’en sois aperçue, comme si le fait de fonctionner en anglais n’était suffisant et de remplacer motifs par motives à mon insu. Et parce qu’en outre elle vient de la mer. Il n’y a rien de plus inspirateur que la mer.

    Je la jetterai à la mer dans l’espoir qu’elle échoue sur une plage de sable blanc avec une mer bleue turquoise, comme celle de Contact, où Jodie Foster a retrouvé son père, mais sans qu’elle soit déserte, avec un ponton de pierres énormes et des maisons en bois où tu vis. Je ne sais pas de quoi tu vis ou ni si tu vis là toute l’année, ni si tu fais un surf trip ou un tout autre trip, dès lors qu’il ne soit hallucinogène, car j’ai déjà donné, j’ai bien assez à faire de devoir m’occuper de moi vingt-quatre par jour. J’ai tout écrit d’un jet, sans corriger le texte aucune fois, ce qui ne m’arrivait plus depuis longtemps. Je n’avais pas même d’imagination, encore moins un thème sur lequel écrire, ou qui plus est un texte à corriger... Tu n’imagines même pas combien j’étais inquiète, en raison du projet ultra-secret dans lequel je suis engagée, que je ne peux pas même évoquer, et qui ne s’était pas encore concrétisé. Mais il va se concrétiser, et je ne tiens plus en place tant je suis contente, bien que je ne semble pas très enthousiaste de tout cela, parce qu’à dire vrai je n’ai pas fait grand-chose pour cela. Mais je sais pourquoi. Je ne peux pas te le dire, car c’est ultra-secret. Mais je peux te dire que c’est original, que cela va me procurer un immense plaisir. C’est la première fois, depuis que j’écris compulsivement, que j’ai passé tant de temps sans le faire, et cela m’a fait peur. Mais il suffit de comprendre les raisons. Il suffit de comprendre les raisons de ceci et de cela pour que la pelote commence à se dérouler, et il suffit d’un instant pour qu’elle se dénoue et que l’on en découvre les bouts, chacun de son côté, sans aucun nœud. 

    Les vagues qui emportent ce message jusqu’à toi, dans une bouteille en verre incolore, avec un bouchon en liège des chênes-lièges de l’Alentejo, ne sont ni grandes ni petites. Et toi, tu es sur la plage, tu les regardes, immobile, au couché du soleil. Elle arrive avec les vagues, qui vont et qui viennent, mais elle, plus lourde que l’eau, s’échoue sur le sable et c’est là que tu la verras. Ou peut-être pas. Je te vois aussi, au levé du soleil, faire ton footing matinal et voilà que tu donnes un coup de pied dans la bouteille et que tu maudis le jour où  un taré a décidé de jeter une bouteille en verre à la mer, qui est le fou qui ne recycle pas le verre de nos jours, et tu la prends et tu remarques qu’elle contient un message à l’intérieur. Ou alors non. Tu es sur la plage, debout, tu regardes la mer et tu penses en Dieu et toi savent quoi, avec tes  jeans repliés jusqu’aux mollets, les plis mal faits, un homme, un vrai ne s’occupe pas de ces détails, suffisamment repliés pour ne pas les mouiller, torse nu, le soleil se couche, et elle arrive, la bouteille en verre incolore, avec un bouchon en liège, enroulée dans les vagues, et toi, par télépathie ou parce que tu connais si bien la mer tu remarques que quelque chose d’étrange se passe, tu détournes le regard  de l’horizon et voilà, tu la vois,  qui vient tout droit vers toi et qui retourne à la mer, enroulée dans les vaguelettes, qui sont toujours petites sur le rivage. Et tu vas à sa rencontre, pris de curiosité, le calme que tu recherchais commence à te taper un peu sur les nerfs, et c’est ainsi que tu rentres dans l’eau, mouillant tes pantalons plus que tu ne l’avais prévu, pour aller chercher la bouteille en verre incolore, avec un bouchon en liège, qui, tu ne t’en aperçois qu’ensuite, contient un message à l’intérieur. Tu rentres à la maison, tu t’allonges sur le canapé et tu lis le message, qui va t’occuper le reste de la nuit – de toute façon, c’est une nouveauté dans le calme de la plage que tu as choisie – par des pensées plus ou moins confuses sur son origine, notamment d’où vient le liège. Tu vas boire un verre et tu n’y penses plus. Tu reviens à la maison, tu atterris dans ton lit et peut-être penseras-tu, au cours de la seule seconde où tu seras encore réveillé, quel peut bien être ce fichu projet ultra-secret...

    Et après celle-ci tu peux en attendre d’autres. Elles viendront, dans des bouteilles en verre incolore, avec un bouchon en liège.

    2

    Ces bouteilles en verre incolore, avec un bouchon en liège, n’ont rien à voir avec la chanson de Police, il ne s’agit pas d’un appel SOS. Elles ont encore moins à voir avec Une bouteille à la mer, le seul livre de Nicholas Sparks que j’ai réussi à lire jusqu’à la fin, bien qu’il soit un peu trop mielleux à mon goût, et qui, de plus, ne parle que de malheurs, et moi, bien que je doive avoir un côté mexicain, et que j’aime un bon petit drame de temps en temps, je n’aime pas les histoires qui finissent mal. Et tu n’es pas Kevin Kostner, tu as beaucoup plus de cheveux, tu es plus jeune et tu n’es pas blond, je ne sais pas si tu es plus mignon, mais ce n’est pas très difficile, et tu ne vas mourir en haute mer, à bord d’un voilier au milieu d’une effroyable tempête, où ni même un requin ne pourrait survivre, qui plus est toi  – parce que tu n’es pas assez fou pour te lancer dans une mer dans cet état, ni suffisamment déprimé pour risquer une prouesse de cette envergure, de laquelle tu saurais certainement que tu t’en tirerais mal. Tu n’es pas un type qui abdique de Soi, encore moins pour tenter sa chance contre la mer.

    Je ne sais pas ton nom, ni d’où tu es ni quelles langues tu parles. Mais ces messages dans les bouteilles en verre incolore qui sont arrivées jusqu’à toi, emportées par les mêmes océans que les navigateurs de mon pays ont  parcourus il y a des années et pendant des années sans fin, et qui les ont fait arriver si loin, sont comme

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