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Nicolas Sarkozy La Reconquête (1): De la défaite à la présidence de l'UMP   2012 - 2014

Nicolas Sarkozy La Reconquête (1): De la défaite à la présidence de l'UMP 2012 - 2014

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Nicolas Sarkozy La Reconquête (1): De la défaite à la présidence de l'UMP 2012 - 2014

Longueur:
362 pages
8 heures
Sortie:
Mar 21, 2016
ISBN:
9782322021956
Format:
Livre

Description

Depuis ses débuts en politique, Nicolas Sarkozy aura maintes fois soulevé les passions. Sa défaite en 2012 a marqué de nombreux français qui aspirent depuis lors à son retour. Critiqué, attaqué, lynché....rares auront été les hommes politiques à ce point contestés. Il n'y a jamais d'indifférence avec Nicolas Sarkozy. Ce livre, le premier d'une série, se veut un témoignage fidèle sur les raisons de son retour sur le devant de la scène politique et sur sa volonté intacte à vouloir servir la France. C'est aussi un hommage rendu à un grand homme d'état....
Sortie:
Mar 21, 2016
ISBN:
9782322021956
Format:
Livre

À propos de l'auteur

Francis Barthe, enseignant, effectue depuis plusieurs années des recherches sur le village de Lanet, situé dans le département de l'Aude, en Hautes-Corbières. Les documents qu'il présente sont issus en majorité d'un fonds en possession de sa famille depuis plusieurs générations. Ce volume est le neuvième publié à ce jour, dont sept de documents, un retraçant l'histoire de la seigneurie, et celui-ci présentant les principales familles languedociennes ayant possédé le terroir de Lanet..


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Aperçu du livre

Nicolas Sarkozy La Reconquête (1) - Francis Barthe

Président !

Introduction

Chronologie de l’après-défaite

Le discours de la Mutualité

6 mai 2012 - Il est 17 heures en ce dimanche de mai. Les français ont été conviés à un deuxième tour pour les élections présidentielles. Déjà les premières estimations à la sortie des bureaux de vote, arrivant discrètement de sites étrangers (interdiction étant faite en France de divulguer une quelconque estimation avant la fermeture de tous les bureaux de vote, soit à partir de 20 heures), donnent une avance pour le candidat François Hollande avec une fourchette de 51% à 53%, contre 49% à 47% pour le président sortant Nicolas Sarkozy. Les QG des deux prétendants commencent à s’animer……..Une certaine tension est perceptible chez les partisans de Nicolas Sarkozy. Leur leader serait-il en passe de perdre cette élection, malgré une campagne dynamique, intense et difficile du fait même d’un bilan à défendre face aux français, contrairement à François Hollande qui lui, a joué constamment la carte de l’anti-sarkozysme? La fin de journée sera ainsi marquée par ces chiffres qui inlassablement donneront le candidat socialiste en tête.

À partir de 19 heures, par le canal des émissions spéciales des différentes chaines de télévision, l’ambiance dans les QG se précise. Rue de Solférino, chez les socialistes, les sourires commencent à apparaitre sur les visages des sympathisants….À l’inverse, sur la place de la Concorde, où devait être fêtée la victoire de Nicolas Sarkozy, tout est figé, rien ne bouge, les militants et sympathisants semblent tétanisés. Il n’est pas encore 20 heures et pourtant, pour de nombreux français, tout est joué.

Il est 20 heures. Toutes les chaines de télévision simultanément annoncent la victoire de François Hollande avec 51,64% des voix, soit 18 000 668 votants, contre 48,36% pour Nicolas Sarkozy, soit 16 860 684 votants.

Tôt dans la soirée, Nicolas Sarkozy intervient à la Mutualité, devant des militants souvent en larmes, scandant son nom comme si cela pouvait servir de thérapie et les faire sortir de ce terrible cauchemar. Cette intervention que voici, restera l’une des plus dignes d’après élection et, à coup sûr, sera inscrite dans les annales des discours de la 5ème République comme étant l’une des plus exemplaires.

Le peuple français a fait son choix.

Si vous me faites confiance… Je vous demande d’écouter ce que j’ai à vous dire, j’y ai beaucoup réfléchi…Et nous parlons de la France. La France a élu son Président de la République. C’est un choix démocratique et républicain. François Hollande a été élu, il est le président de la France et doit être respecté. J’ai beaucoup souffert que l’institution que je représentais n’ait pas été respectée, ne donnons pas le mauvais exemple. Je ne serai jamais comme ceux qui nous ont combattus. Nous aimons notre pays.

Je viens d’avoir François Hollande au téléphone et je veux lui souhaiter bonne chance au milieu des épreuves. Ce sera difficile mais je souhaite de tout cœur que la France qu’est notre pays qui nous rassemble traverse les épreuves…

Penser exclusivement à la grandeur de la France et au bonheur des Français, c’est mon ambition, c’est notre idéal.

Je veux remercier tous les Français de m’avoir choisi pour représenter notre pays pendant 5 ans. Jamais je n’oublierai cet honneur…C’est à moi de dire merci, parce ce que dans la vie d’un homme présider aux destinées de la France est un honneur immense.

J’ai consacré toute mon énergie, de la première à la dernière seconde. J’ai essayé de protéger les français des crises sans précédents qui pendant ces cinq années ont ébranlées le monde. J’en ressors avec un amour de la France plus grand encore, avec un attachement pour le peuple français plus fort encore…

Je veux remercier les millions de Français qui ont voté pour moi.

J’ai tout fait pour faire gagner les idées qui nous rassemblent, je n’ai pas ménagé ma peine, je me suis engagé totalement, pleinement, mais je n’ai pas réussi à convaincre une majorité de Français. Vous m’avez aidé de façon extraordinaire, nous avons mené une campagne formidable contre toutes les forces, et D. sait qu’elles étaient nombreuses coalisées contre nous…

Je porte toute la responsabilité de cette défaite : je me suis battu sur la valeur de responsabilité et je ne suis pas un homme qui n’assume pas ses responsabilités. Jamais.

J’étais le chef, et quand il y a une défaite c’est le n°1 qui en porte la première responsabilité… Rien de ce que j’ai dit n’était factice… : je vais vous dire les choses du fond de mon cœur, quand on défend des valeurs, la seule façon d’être crédible c’est de les vivre…

Il y trop de discours avec des mots qui ne veulent rien dire, car ceux qui les prononcent vivent le contraire de ce qu’ils disent. Trop de gens font le contraire de ce qu’ils disent, laissez-moi cette liberté très grande de vivre en accord avec ce que je pense, laissez-moi cette preuve d’amour pour la France, jusqu’au bout, de lui dire ma part de vérité.

Une autre époque s’ouvre. Je resterai l’un des vôtres.

Je partage vos idées, vos convictions.

Votre idéal, c’est celui de toute ma vie et vous pourrez compter sur moi pour les défendre.

Mais ma place ne pourra plus être la même.

Après 35 ans de politique, après 10 ans à des responsabilités gouvernementale au plus haut niveau, après 5 ans à la tête de l’Etat, mon engagement dans la vie de mon pays sera désormais différent. Mais le temps ne distendra jamais les liens tissés entre nous. Au moment où je m’apprête à redevenir un Français parmi les Français. Plus que jamais j’ai l’amour de notre pays inscrit au fond de mon cœur. Jamais je ne pourrai vous rendre tout ce que vous m’avez donné. Vous m’avez tellement donné. Pensez à la France, pensez aux Français, pensez à son unité…

J’ai été bouleversé par ces foules, par ces réunions publiques, par tous ces Français qui étaient à mes côtés. Vous ne pouviez pas me faire un plus beau cadeau. Vous ne pouviez pas donner une plus belle image de la France.

Alors ce soir donnons la meilleure image de la France, d’une France rayonnante, d’une France joyeuse, d’une France qui ne regarde pas l’autre comme un ennemi, d’une France qui a su gagner avec moi en 2007 et qui saura reconnaître en 2012 la défaite.

D’une France qui sait que la vie est faite de succès et d’échecs.

Soyons dignes, soyons patriotes, soyons français !

Soyons exactement le contraire, le contraire de l’image que certains auraient voulu donner dans un cas inverse !

Vous êtes la France éternelle!

Je vous aime ! Merci.

Merci, merci à vous.

Merci à tous.

Dans ce beau discours, Nicolas Sarkozy « reconnaît sa défaite et en assume seul la responsabilité, sachant bien que l’on ne tardera pas à mettre en cause ses collaborateurs et conseillers. Il calme l’assistance qui siffle les voeux qu’il forme pour son successeur, rappelant à quel point il a souffert que l’institution qu’il a représentée ne soit pas respectée. Il affirme avoir lutté du mieux qu’il pouvait contre tant de forces coalisées contre nous et, sans ambiguïté, annonce qu’il va prendre du champ……C’est dans l’épreuve que se révèlent le mieux le caractère et l’élégance d’un homme »¹.

Ce discours peut être divisé en cinq grands moments :

- un premier dans lequel l’ancien président demande aux militants, et à ses sympathisants de respecter le résultat sorti des urnes, et par là-même de respecter l’homme et la fonction; lui qui pendant tout son quinquennat a fait l’objet d’attaques plus cyniques les unes que les autres, y compris dans sa vie privée.

- un deuxième moment dans lequel il livre son sentiment d’avoir tout tenté, de s’être engagé totalement, pleinement au service de son pays pour faire face aux différentes crises que notre pays a subies de plein fouet.

- un troisième où il assume totalement la responsabilité de la défaite en tant que chef de sa famille politique.

- un quatrième qui se tourne vers l’avenir et qui annonce un engagement différent au service de la France.

- un dernier enfin, très émouvant, en guise de conclusion, sorte de déclaration d’amour aux français qui l’ont soutenu, mais aussi message d’espoir et de grandeur faisant écho à « la France éternelle »!

Lorsqu’il rentre sur la scène de la Mutualité, la salle est comble; de nombreux drapeaux bleu-blanc-rouge sont agités; une exclamation commune couvre tout autre bruit. L’accueil réservé à Nicolas Sarkozy est triomphal! Les militants scandant sans interruption « Nicolas! Nicolas! Nicolas!… ».

L’ancien président prend alors la parole dans une posture solennelle mais détendue. À l’annonce du « choix du peuple français » de nombreuses huées montent de la salle; la défaite est difficile à accepter. Par trois fois Nicolas Sarkozy répète d’un ton calme « je vous demande … » avant de pouvoir terminer sa phrase « d’écouter ce que j’ai à vous dire ».

Lorsqu’il prononce le nom de son successeur, la foule de nouveau hue copieusement, mais aussitôt l’ancien président demande à la foule de « ne pas donner le mauvais exemple » ce qui amènera aussitôt une immense clameur de « bravo » dans l’assistance.

Le discours se poursuit, entrecoupé de commentaires des militants (Vive la France - Non - Merci…) pour atteindre son paroxysme lorsque Nicolas Sarkozy affirme qu’il ne pourra rendre ce que les militants et sympathisants lui ont donné. La foule alors scande de nombreuses fois « Nicolas! Nicolas!…… ».

L’intervention s’achève avec un poignant « je vous aime » adressé à la foule et par une Marseillaise puissante chantée avec une ardeur rarement entendue, comme si les militants vivaient là la fin d’une époque mais aussi, par une volonté inexpugnable, se lançaient déjà dans la reconquête…

La dernière commémoration du quinquennat

8 mai 2012 - À l’occasion de la commémoration de la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Nicolas Sarkozy invite à la cérémonie son successeur qui ne doit prendre officiellement ses fonctions que le 15 mai. Il en profite une dernière fois pour serrer les mains de nombreux militants présents au pied de l’Arc de Triomphe, prouvant par là sa popularité encore existante. Contraste : François Hollande, invité parmi les invités, regagne seul sa voiture alors que son prédécesseur poursuit son bain de foule tout en serrant de nombreuses mains ! « Nul doute qu’avant un an Nicolas Sarkozy redeviendra populaire. Sa sortie y sera pour quelque chose. Sa nature se trouvera revalorisée par la persistance des difficultés. On sait aussi, en France, qu’il vaut mieux ne rien faire pour être aimé »². Jusqu’au jour fatidique de la passation de pouvoir, Nicolas Sarkozy interviendra peu mais il précisera tout de même qu’à partir du 15 mai il reprendrait ses activités privées et qu’il siègerait comme la loi l’y autorise au Conseil Constitutionnel. Sur le plan politique il demande à sa famille de rester soudée dans l’optique du renouvellement des instance de l’UMP à la fin de l’année. La phrase qu’il prononcera sur son renoncement à se présenter à une élection sera rapidement récupérée par les médias, mais dans son entourage, au fond, beaucoup sont persuadés du contraire. Ce tempérament de gagnant, n’ayant jamais renié ses convictions, élu en politique depuis 1983³, ne peut, ne veut au fond de lui-même quitter la scène. La France a encore besoin de lui, il se doit de rester disponible, toutefois il marquera une pause, prendra du recul, réfléchira sur les moyens de la reconquête…Déjà son retour semble évident, nécessaire!

La passation

15 mai 2012 - Le jour de la passation arrive enfin. François Hollande quitte son domicile du 15ème arrondissement un peu avant 10 heures. À l’Elysée tout est prêt : le tapis rouge est déplié dans la cour d’honneur, les militaires de la Garde Républicaine forment les haies d’honneur traditionnelles, Nicolas Sarkozy et son épouse Carla vont quitter dans quelques instants les dorures du palais présidentiel. L’entretien entre l’ancien et le nouveau Président de la République ne durera qu’une petite demie heure. Les deux couples apparaissent alors sur le parvis de l’Élysée. Poignées de mains. Nicolas et Carla descendent les escaliers pour regagner leur voiture et comble de l’impolitesse, François Hollande ne les raccompagne pas jusqu’à leur véhicule mais regagne son bureau en tournant les talons avant même que l’ancien couple présidentiel ait quitté le Palais!

« Pourquoi ne pas les raccompagner jusqu’à leur voiture? Pourquoi tourner les talons avant même qu’ils soient partis? Hâte de prendre possession des locaux? Refus de les voir applaudis par le personnel de l’Élysée? Dans tous les cas, une sorte de goujaterie, de mesquinerie que l’on retrouve d’ailleurs dans le premier discours officiel du chef de l’État. Il vante l’action de cinq de ses prédécesseurs et se contente de former des voeux pour la nouvelle vie du sixième »⁴.

Décidément ce nouveau quinquennat débute bel et bien sous le signe de l’anti-sarkozysme !

Dans les jours qui suivent, Nicolas et Carla s’envolent pour le Maroc. Ils y passeront quelques moments de repos et Nicolas préparera sans aucun doute déjà l’après quinquennat.

La crise syrienne

8 août 2012 - Les français sont en vacances en ce début de mois d’août. La guerre civile se poursuit en Syrie, entre les partisans du président Bachar Al-Assad et les soutiens du Conseil national syrien. À cette occasion Nicolas Sarkozy s’entretien longuement par téléphone avec le président du CNS Abdel Basset Sayda. L’information est confirmée par les deux hommes dans un communiqué conjoint. Ils disent avoir évoqué « pendant près de 40 minutes » la situation désastreuse dans laquelle est plongée la Syrie. Le communiqué poursuit en affirmant qu’ils « ont constaté la complète convergence de leurs analyses sur la gravité de la crise syrienne et sur la nécessité d’une action rapide de la communauté internationale pour éviter les massacres ». Les deux hommes voient de grandes similitudes avec la crise libyenne, qui rappelons-le avait abouti à la destitution de Kadhafi, son arrestation puis sa mort.

Cette intervention sur la crise syrienne, par communiqué interposé, fait écho aux propos tenus la semaine précédente et rapportés par Le Parisien⁵ selon lesquels Nicolas Sarkozy aurait déclaré, en critiquant la politique menée par son successeur : « on m’a critiqué sur la Libye, mais moi au moins, j’ai agi….Il faut être plus ferme contre le régime de Damas, beaucoup plus ferme ». On ne peut être plus clair. La retraite de la vie politique n’interdit pas les constats et les analyses sur la situation internationale. L’ancien président garde des contacts très étroits avec les personnalités et les dirigeants internationaux, toujours apprécié par ces derniers, toujours écouté, toujours consulté.

Le duel Coppé - Fillon

30 novembre 2012 - En cette fin d’année 2012, le combat est rude au sein de l’UMP pour la conquête du poste de président. Jean-François Coppé et François Fillon se livrent une lutte sans merci depuis déjà plusieurs semaines. Nicolas Sarkozy va se sentir obligé d’intervenir pour « siffler la fin de la récréation ». Il pose aux deux hommes un ultimatum de 4 jours avec injonction de trouver une solution à la crise au sein de l’UMP. Considérant que la situation « a assez duré » il demande tant à Jean-Francois Coppé qu’à François Fillon de faire un « pas vers l’autre ». Des proches de l’ancien président affirment qu’après s’être entretenu longuement par téléphone avec François Fillon puis avoir déjeuné avec Jean-François Coppé, il leur aurait dit qu’une fois le délai expiré sans solution « je dirai que vous êtes tous les deux disqualifiés pour diriger un grand parti ». Le langage est clair, direct, autoritaire. L’UMP a un chef !

Les voeux pour les fêtes de fin d’année 2012

24 décembre 2012 - « Je profite de cette veille de Noël pour vous transmettre toute mon amitié et vous dire combien vos nombreux témoignages de soutien et de fidélité me touchent. Sachez que là où je suis, et partout où je vais, je pense à vous. Permettez-moi de souhaiter à chacun d’entre vous et à vos familles de très belles fêtes de fin d’année. NS ».

Ce message a été posté sur le compte Facebook de l’ancien président à la veille de Noël. C’est avant tout un message d’amitié, de reconnaissance, de remerciement mais aussi d’espoir pour tous ses partisans, mais c’est aussi le premier posté depuis la défaite du 6 mai 2012. Le compte est réactivé en cette fin d’année pour rappeler aux français, que même s’il est en retrait de la scène publique française, l’ancien président pense à eux. Prémices d’un retour annoncé?

Le conférencier

24 janvier 2013 - L’après quinquennat, une nouvelle vie débute pour Nicolas Sarkozy. Il sera dorénavant conférencier international afin de faire profiter qui le souhaite de sa grande connaissance des relations internationales et des nombreuses amitiés qu’il a su tisser pendant cinq années. Ce jeudi 24 janvier il se trouve à Genève, à l’invitation du Keren Hayessod, pour un gala dans un grand palace de la capitale helvétique. Il y tient, selon les personnes présentes, un discours de paix, responsabilisant, sans aucune agressivité vis à vis d’Israël⁶.

Les 58 ans

28 janvier 2013 - À l’occasion de son cinquante-huitième anniversaire, Nicolas Sarkozy convie chez Rebellato, un restaurant du 16ème arrondissement de Paris, une cinquantaine de ses amis (politiques, artistes, monde des affaires). Hormis les congratulations et les nombreux cadeaux reçus, c’est l’occasion pour l’ancien chef de l’état de s’ouvrir sur son avenir. Après être revenu à plusieurs reprises sur sa défaite du mois de mai de l’année précédente et sur « cet horrible mois », il a laissé entendre que « si les Français le veulent » il pourrait envisager un éventuel retour sur le devant de la scène politique. En guise de clin d’oeil, il ajoutera en fin de repas « on se reverra bientôt ».

À n’en pas douter, l’idée d’un retour prochain chemine dans la tête de Nicolas Sarkozy. Cette vie de conférencier, quelque peu routinière ne lui convient pas, ne lui convient déjà plus! La politique, les responsabilités, les prises de décisions, les combats dans l’arène, bref tout ce pour quoi il vit, tout ce par quoi il existe, tout lui manque….

Sans doute conscient de la trop grande proximité de ce retour par rapport à sa défaite (n’oublions pas qu’à cette date Nicolas Sarkozy est en « retrait » de la vie politique depuis seulement 9 mois!), il ne veut pas brûler les étapes et annoncer prématurément qu’il souhaite à sa manière influer dans la vie politique de son pays.

La petite phrase d’Alain Juppé

13 février 2013 - À l’occasion de l’émission Questions d’info LCP/ France Info/Le Monde/AFP, et après qu’on lui ait demandé s’il envisageait un retour de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé lance cette petite phrase qui en amusera certains et qui sèmera le doute chez les journalistes : « Je crois sentir ça »! Et il ajoute : « Il suit l’actualité politique avec beaucoup d’attention, on se téléphone de temps en temps et je vois qu’il est très vigilant ». Il conclura en affirmant qu’il estime que du reste c’est Nicolas Sarkozy qui est « sans doute celui qui a le plus de chance d’être président en 2017 »!

Cette position évoluera comme chacun sait ……

Aussitôt l’entourage de l’ancien président réagit à ces déclarations de façon amusée comme Pierre Charon, vice-président de l’association des amis de Sarkozy, qui déclare : « C’est sympa! ». Mais il précise aussitôt que Nicolas Sarkozy « fait très attention à ne rien laisser paraître à ses visiteurs sur ce sujet ». En clair, l’ancien président souhaite maîtriser sa communication et les petites phrases distillées au fil de ses rares interventions médiatiques.

De son côté Patrick Balkany, député-maire de Levallois, et ami très proche de Nicolas Sarkozy, enfonce le clou : « Moi qui le vois relativement souvent, je peux vous dire qu’il n’a encore jamais fait part de son désir de revenir ou pas ».

Bref on souffle le chaud et le froid dans les rangs de l’UMP !

Et Pierre Charon de conclure : « Il ne reviendra que si les Français le rappellent; tous les gaullistes sont comme ça….C’est aux français d’avoir envie de son retour ».

De son côté l’envie est là!

Reste aux Français de confirmer cette envie…….

Mobilisation de la garde rapprochée

20 février 2013 - En cette fin février 2013, l’Association des amis de Nicolas Sarkozy⁷ organise une journée colloque consacrée à leur chef. La salle de la Maison de la chimie est comble; environ un millier de militants sont présents pour rendre hommage au « boss ». Avec un brin d’humour, Brice Hortefeux lancera aux journalistes présents : « on avait imaginé organiser le colloque dans une salle de l’Assemblée Nationale, mais elle aurait été sous-dimensionnée! ».

Les éléphants du parti sont présents : Alain Juppé retenu à Bordeaux envoie un message video; François Fillon est là…..Chacun rappelle les grandes heures du quinquennat en insistant particulièrement sur l’action internationale « forte, courageuse, ambitieuse » de l’ancien président. Sont ainsi mentionnées la libération très médiatisée des infirmières bulgares avec la présence à leurs côtés de Cécilia, l’intervention en Libye…

Et puis soudain apparaît sur scène Ingrid Bettencourt !

La salle exulte!

Les plus proches soutiens de l’ancien président, profitant de la cacophonie régnant à la tête de l’UMP, sont chargés de maintenir la pression, ce qui permet à leur chef de rester en retrait.

« Il y a lui et les autres. C’est le candidat naturel pour 2017….Il va corriger ses défauts….La façon dont il a géré le retour de Florence Cassez avec discrétion, montre que l’homme a changé », lance le député Lionel Luca.

Claude Guéant renchérit : « Je ne suis pas sûr qu’il sache ce qu’il veut faire…Mais c’est un homme de devoir et s’il sent qu’il peut jouer un rôle au service du pays, il est susceptible de revenir ». Toujours le chaud et le froid!

Le retour ?

6 mars 2013 - Pour la première fois depuis son départ, dans un entretien qu’il a accordé au magazine Valeurs Actuelles du Jeudi 7 mars 2013, Nicolas Sarkozy répond à une question qui lui est posée sur son éventuel retour. Mais il parle principalement de sa nouvelle vie. Voici un extrait de l’article qui lui est consacré dans ce magazine⁸ :

« Dimanche 24 février. Il est 20 h 30. Dans les vestiaires du Parc des Princes un homme en costume gris foncé, chemise blanche et barbe de trois jours soigneusement entretenue, discute en anglais avec David Beckham et sa femme, Victoria. Il y a encore quelques mois, il était président de la République. Mais rien, à l’exception de sa rosette de la Légion d’honneur sur canapé doré ne peut le laisser deviner. Avec la nouvelle star du PSG, il parle football et s’enthousiasme, tel le supporter qu’il a toujours été : « Tu sais, lui dit-il, j’ai 58 ans, et jamais j’aurais rêvé de voir, en championnat de France, Beckham jouer avec Ibrahimovic ». Arrivent les parents du joueur anglais. Nicolas Sarkozy papote avec eux. Il blague. Détendu. Heureux. Simplement heureux. Il est l’heure pour les joueurs de rejoindre la pelouse. « Vous viendrez bien dîner à la maison ? », demande-t-il à David Beckham et à son épouse. Rendez-vous est pris.

Lundi 25 février. Il est 15 h 30. Un industriel arrive pour une entrevue avec l’ancien président de la République dans ses bureaux du 77, rue de Miromesnil, au moment où celui-ci raccompagne ses invités précédents. Des écrivains, des amis, des historiens. Il lui faut maintenant préparer une conférence qu’il doit donner à Abou Dhabi deux jours plus tard. Un déplacement qui l’empêche d’assister à la dernière audience papale réservée aux personnalités internationales, à laquelle Benoît XVI l’avait invité. Avec ce grand patron, la discussion tourne vite au tableau noir de la conjoncture. Nicolas Sarkozy a besoin d’être au fait de la détérioration du climat économique en Europe, avec cette Italie qui bascule dans le populisme de gauche et de droite. « Le problème, explique-t-il à son interlocuteur, c’est que plus rien n’est désormais possible entre la France et l’Allemagne. Hollande a cassé tout ce que j’avais réussi à construire avec Angela Merkel. Pas tellement parce qu’il ne s’entend pas avec elle, mais parce qu’il mène une politique exactement contraire à celle de l’Allemagne. »

Il y parle football, il affiche une tenue décontractée, son agenda est particulièrement chargé, il va de conférence en conférence…..et puis le démon de la politique revient. Les commentaires sont incisifs, on y retrouve la vision présidentielle de la construction européenne, les critiques cinglantes de la politique gouvernementale des socialistes….l’homme Sarkozy est bien là; la passion de la politique ne s’est pas atténuée; le besoin, ce besoin presque vital de se mettre au service de son pays transparait en filigrane dans cet entretien. Du reste à la question qui lui est posée sur l’éventualité de son retour, l’ancien président affirme qu’il ne veut pas revenir en politique mais qu’il pourrait être « obligé d’y aller pour la France » si la situation venait à s’aggraver.

« Il y aura malheureusement un moment où la question ne sera plus : avez-vous envie? mais aurez-vous le choix?…Dans ce cas je ne pourrai pas continuer à me dire : je suis heureux, j’emmène ma fille à l’école, et je fais des conférences partout dans le monde. Dans ce cas, effectivement, je serai obligé d’y aller. Pas par envie. Par devoir. Uniquement parce qu’il s’agit de la France…..Franchement, est-ce-que j’ai envie? Non »⁹.

Il complète son propos en affirmant qu’il ne souhaite pas prendre sa revanche suite à sa défaite du 6 mai 2012 contre François Hollande, expliquant même que « c’est un très mauvais sentiment ». Il enfonce le clou en poursuivant : « Et puis quelle revanche ce serait? Pour reprendre une France dans l’état où les socialistes la laisseront. Tu crois que je sais pas que je vais mourir? Donc franchement est-ce que j’aie envie de revenir? Non ».

Dans son bureau de la rue de Miromesnil, devenu QG de ses fidèles lieutenants, d’aucun se prête à envisager son éventuel retour. D’autres commentent les conditions de ce retour : « Il m’a dit : soit quelqu’un émerge et je n’irai pas en 2017, soit personne n’émerge et je suis contraint d’y aller. Et il fait le pari que personne n’émergera ».

Et les Français qu’en pensent-ils ? Un étude rappelée par Le Parisien¹⁰ le présente auprès des sympathisants de droite comme le meilleur candidat (56%) devant François Fillon (17%) et Jean-François Coppé¹¹ (5%).

Bref, un éventuel retour reste envisageable, mais le moment n’est pas encore venu. Rien n’interdit cependant de commenter les faits nationaux et internationaux comme Nicolas Sarkozy du reste le fait dans le même numéro du magazine Valeurs Actuelles à propos de l’intervention militaire française au Mali :

« Que fait-on là-bas? ….. sinon soutenir des putschistes et tenter de contrôler un territoire trois fois grand comme la France avec 4000 hommes…La règle, c’est qu’on ne va jamais dans un pays qui n’a pas de gouvernement… »

Langage d’homme d’état, qui apporte son analyse et sa vision sur la politique étrangère de la France. En retraite depuis le 6 mai 2012, mais une retraite qui semble commencer à peser à l’ancien président. Après une période de repos et de voyages est venue la période des conférences de part le monde….Mais on ne peut tenir un étalon enfermé dans une écurie; il a besoin d’agir, d’exister, de vivre tout simplement. Sommes-nous à moins d’un an de la défaite déjà dans une phase de reconstruction politique? Nous verrons dans les pages qui suivent que le retour sur le devant de la scène est d’ores et déjà sérieusement envisagé. Il faut attendre le moment approprié et préparer pour l’heure les conditions idéales de ce retour. Et ses proches qu’en pensent-ils?

Initialement, l’entretien accordé au magazine Valeurs Actuelles ne devait être qu’une entrevue donnant lieu à un court article. À l’arrivée ce fut un dossier de huit pages avec une Une grandiose !

Lorsque Nicolas Sarkozy l’apprit, en vacances au Maroc, il aurait eu cette phrase laconique : « ce n’est pas si grave finalement ». Le tandem Buisson-Dassier¹², initiateur de l’entretien avait bien réussi son coup!

Dès la parution toutefois, pour désarmer l’affaire, le fidèle des fidèles, Brice Hortefeux, commente la publication en affirmant que cela « n’est pas très correct…..et pas programmé ». Et de rajouter :

« La politique, c’est une question d’alchimie entre l’envie, le devoir et les circonstances. Aucune des trois n’est présente aujourd’hui ». Toujours souffler le chaud et le froid………

L’Affaire Bettencourt

21 mars 2013 - "Dans le cadre de l'information judiciaire suivie à raison de faits d'abus de faiblesse, d'abus de confiance aggravés, d'escroqueries aggravées au préjudice de Mme Liliane Bettencourt, trois magistrats instructeurs co-saisis, ont, ce jour 21 mars 2013, recueilli l'audition de M. Nicolas Sarkozy, lequel était assisté de maître Thierry Herzog, avocat au Barreau de Paris, annonce le parquet de Bordeaux dans son communiqué. Au terme de cet acte, M. Nicolas Sarkozy, qui bénéficie de la présomption d'innocence – s'est vu notifier une mise en examen du chef d'abus de faiblesse commis en février 2007 et courant 2007 au préjudice de Mme Liliane Bettencourt Schuller."¹³

Il est 22 heures. Nicolas Sarkozy quitte le palais de justice de Bordeaux à l’arrière d’une Renault espace, écharpe noire autour du cou, le visage fermé. Il a été quelques minutes plus tôt mis en examen par le juge Jean-Michel Gentil dans le cadre de ce que l’on appelle déjà l’affaire Bettencourt. Son avocat maître Thierry Herzog annonce aussitôt qu’ils vont faire appel de cette décision la jugeant « incohérente sur le plan juridique, et injuste ». Il ajoute qu’il saisit « en conséquence immédiatement la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Bordeaux pour former un recours et pour demander la nullité, notamment de cette mise en examen ».

La décision n’est pas anodine car dans le cas d’une culpabilité reconnue, l’ancien président se verrait condamné à une peine de trois ans d’emprisonnement, à 375 000€ d’amende et à une peine d’inéligibilité de cinq ans maximum. Depuis le début de l’affaire en décembre 2011, Nicolas Sarkozy devient la dix-septième personne mise en examen.

Un petit retour en arrière s’impose pour mieux comprendre cette décision. En juillet 2010, l’ex-comptable des Bettencourt déclarait à la police que Patrice de Maistre, homme de confiance de la famille, lui avait réclamé en 2007 la somme de 150 000€ à des fins de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy, par l’intermédiaire du trésorier de la campagne d’alors, Eric Woerth. La justice cherche donc à savoir si dans ce cadre, Nicolas Sarkozy a commis un abus de faiblesse à l’encontre de Liliane Bettencourt, en lui demandant de participer financièrement à l’organisation de sa campagne pour la présidentielle. Lors des auditions, nombreuses, plusieurs proches des Bettencourt affirment avoir vu à plusieurs reprises Nicolas Sarkozy au domicile de la famille et qu’il rencontrait à ces occasions Liliane Bettencourt en personne.

À de nombreuses reprises, Nicolas Sarkozy reconnaît s’être rendu une seule fois en 2007 au domicile des Bettencourt pour y rencontrer André¹⁴,

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