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Le livre marginal de Freud et Bullitt
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Livre électronique148 pages1 heure

Le livre marginal de Freud et Bullitt

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À propos de ce livre électronique

Ce livre est adressé à toute personne se questionnant sur les dirigeants et leur pouvoir de fascination. Il réunit d'importants aspects de l'histoire du XXème siècle avec des concepts de la psychanalyse qui permettent de comprendre l'effet de certains conflits psychiques, dans lesquels peuvent se voir immergés aussi bien les leaders politiques que les personnes fascinées par eux.
LangueFrançais
ÉditeurHakabooks
Date de sortie7 févr. 2012
ISBN9788415084785
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    Aperçu du livre

    Le livre marginal de Freud et Bullitt - Fanny Elman Schutt

    Bibliographie

    Introduction

    Le Président Thomas Woodrow Wilson: une étude psychologique, de S. Freud et W. C. Bullitt est un livre d’exception sous de nombreux aspects.

    Il s’agit là de l’unique ouvrage de Freud écrit avec l’aide d’un non-médecin, comme était son premier collaborateur J. Breuer¹, ni plus est, psychanalyste. C’est de plus le seul à être concentré sur la biographie d’un homme politique contemporain, le 28ème président des États-Unis qui, au terme de la première Guerre Mondiale, se vit converti en leader mondial grâce à ses propositions visant à garantir la paix, mais qui apposa sa signature sur un traité lourd en conséquence pour l’humanité.

    Alors que ses auteurs, S. Freud et W. C. Bullitt donnèrent pour terminé le texte en 1939, sa publication tarda jusqu’en 1966. Le fait de n’avoir jamais retrouvé le manuscrit original, outre de renforcer cette marginalité, provoqua de nombreux doutes sur ses origines freudiennes. L’entourage direct de Freud, et particulièrement l’influente Anna Freud, semblait douter que le texte autorisé de la main de son propre père resta à l’identique, une fois publié, 30 ans plus tard.

    Les biographes de Freud s’en firent écho et l’institution officielle de psychanalyse amplifia le phénomène. Peu après sa première publication, le critique E. Erikson, désigné par l’IPA, un psychanalyste disciple d’Anna Freud, écrivit dans The International Journal of Psychoanalysis l’épitaphe qui sera la tombe de cette oeuvre, accompagné dans ses dires par d’autres critiques de la même veine. Ils ne reconnaissaient pas le le style, n’acceptaient pas le contenu et, bien évidemment, n’en recommandaient pas la lecture.

    Trente années passèrent donc avant que quelques psychanalystes et historiens découvrent dans des documents personnels de Freud, ses cartes et journal, les preuves de son intérêt et de sa participation au dit ouvrage; mais ils ne le prirent guère plus en considération qu’un simple relevé clinique ou une psychobiographie.

    En étudiant ce livre, avec la connaissance de l’ensemble de l’œuvre de Freud, on découvre effectivement certains paragraphes comme étant irrévocablement siens, mêlés à d’autres qui semblent ne pas lui appartenir.

    Malgré tout, le plus important est que les idées transmises par ces phrases représentent dans leur ensemble un maillon de la chaîne des textes de Freud, de 1921 jusqu’à sa mort, qui, sortant du simple cadre du fonctionnement psychique individuel, articulent la psychanalyse autour de questions telles que les phénomènes de masse, la religion, la culture et, en ce cas, la politique et l’étique.

    Pour le confirmer, nous disposons des mots du propre Freud qui déclara, dans l’épilogue apposé à sa biographie parue en 1935, qu’au cours des dix années précédentes s’était produit une modification significative dans ses écrits car, après les détours donnés au long de sa carrière vers les domaines des sciences naturelles, de la médecine, de la psychothérapie, son intérêt était revenu aux sources même de problèmes culturel et social qui le le captivèrent depuis sa prime jeunesse.

    Ce qu’il mentionne très humblement comme des détours représentent en fait toute une première étape de son œuvre incluant ses découvertes sur l’inconscient, ses théories sur la sexualité, tous ses travaux sur la métapsychologie, sur les techniques d’intervention et les relevés d’état cliniques entre autres. En définitive, les fondement même de sa création: la psychanalyse sous ses aspects théoriques, techniques et cliniques.

    En une deuxième étape il s’occupe de questions sur la société, la religion, la culture ou l’étique et octroie une plus grande importance au sadisme, l’agressivité et la destruction dérivée du dualisme pulsionnel qu’il incorpore à partir de Au-delà du principe de plaisir (1920).

    Entre chaque étape existent une continuité et une cohérence marquante. Le livre traitant du Président Wilson n’aurait pu être écrit sans l’antécédent L’avenir d’une illusion (1927) et Psychologie des foules (1921), ces derniers étant eux-mêmes l’extension de certains ouvrages tels que Pour introduire le narcissisme (1914) et Totem et tabou ( 1912).

    Mais à quel moment et de quelle manière s’opérât la création de ce livre si marginalisé et oublié? Se fut au cours de l’été 1930, lorsque Freud reçut la visite à Berlin d’un diplomate, politique et journaliste appelé William C. Bullitt, connu quelques années auparavant. En cette occasion Bullitt lui propose de participer à une étude historico psychologique sur le Président Wilson avec lequel il fût membre du comité lors de la signature à Versailles du traité de paix après la guerre de 1914-1918.

    De par son implication personnelle dans la préparation dudit traité, Bullitt, qui partageait avec Freud une grande déception au sujet de Wilson, était à même de lui présenter un abondant et précieux matériel sur la la vie de l’ex-président et sur les coulisses des négociations faites à Versailles. Freud accepta la proposition et ils conclurent un accord.

    Il est plus important de s’intéresser aux circonstances exactes de cette rencontre et de cet accord postérieur qu’aux problèmes de santé de Freud ou aux opérations chirurgicales auxquelles il se soumit au même moment à Berlin, donnés qui furent longuement relatés par ses biographes.

    En 1930 Freud termine Le malaise dans la culture dans lequel il poursuit le travail initié avec L’avenir d’une illusion élargissant ainsi à la civilisation ses idées sur l’illusion déposée dans la religion. Il discernait avec une clarté croissante que les événements dans la société et l’histoire humaine entrait en interaction avec les conflits dynamiques que la psychanalyse avait étudiés chez l’individu: des processus similaires reproduits à plus grande échelle.

    Il se trouvait au point culminant de son prestige en tant que penseur, avait reçu le prix Goethe de littérature et occupait une place d’honneur au sein de l’histoire intellectuelle de son temps. Tout ceci avec comme fond d’écran la grande dépression, conséquence de l’effondrement boursier à New York et de la montée en puissance du parti National-Socialiste en Allemagne.

    Le personnage de Wilson avait intéressé depuis longtemps Freud de par ses fameux quatorze Points avec lesquels li demandait un arrêt de la vieille diplomatie, un arrangement au sujet des pétitions coloniales, un désarmement général et, entre autres propositions, la création d’une Ligue des Nations pour promouvoir la paix, protéger l’intégrité territoriale et la protection de ses membres.

    Également, Freud se vit affecté par l’énorme déception généralisée que provoqua le traité de Versailles et fut impressionné par le processus de destruction finale de Wilson.

    Avant son pacte avec Bullitt, Freud avait déjà échangé une correspondance avec un autre Nord-américain, un dénommé William Bayard Hale, au sujet d’une étude sur le style littéraire du président que cet auteur avait réalisé, utilisant les catégories psychanalytiques et que Freud avait considéré inadéquates, du fait de traiter d’une personne publique vivante, affirmant que la psychanalyse ne devait jamais s’employer en tant qu’arme politique ou littéraire.

    Durant le laps de temps entre l’accord initial à Berlin en 1930 et sa finalité à Londres en 1939, eut lieu maints désaccords et interruptions.

    Partant de la base qu’elle se verrait reportée tant que la seconde épouse de Wilson serait en vie, la décision sur l’opportunité de publication resta aux mains de Bullitt. Les difficultés qui entravèrent encore plus avant cette dernière lui correspondent entièrement.

    Les désaccords possibles entre eux n’ont laissé aucune trace puisque le manuscrit original comportant corrections et notes ajoutées disparut en 1940, sur base de l’entrée de l’armée allemande à Paris où Bullitt exerçait les fonctions d’ambassadeur Nord-américain et quitta précipitamment la capitale française.

    Il est apparu néanmoins une divergence importante de par un chapitre de Freud sur le christianisme refusé par Bullitt. Cette différence d’opinion est d’autant plus cohérente face aux divers objectifs et perspectives que soutenait chaque auteur. Pour le diplomate l’objectif visé étant Wilson, son aura personnelle et politique avec lequel il rivalisait, pour Freud l’objectif allait au-delà du personnage présidentiel et concernait l’encontre de la psychanalyse avec le monde politique et son étique.

    D’autre part si pour Freud les croyances religieuses de Wilson jouaient un rôle d’importance, il n’en allait pas de même avec Bullitt qui avait renoué sa carrière politique auprès du candidat démocrate Franklin Roosevelt, de ce fait la perspective freudienne sur ce thème pouvait lui résulter épineux. De plus, en connaissance du fait antérieur qui, comme conséquence du traité de Versailles, vit son futur politique grandement compromis, l’amena au renoncement public de ses charges auprès du comité puis à son départ pour l’Europe où il établit ses premiers contacts, tout d’abord thérapeutiques puis amicaux avec le père de la psychanalyse moderne.

    Les deux auteurs étaient complémentaires. Alors que Freud était le grand penseur et homme de sciences, Bullitt était homme d’action, protagoniste durant ces années de changements politiques importants. Il avait négocié avec Lenin et Trotsky après la révolution russe, avait accompagné Wilson lors du voyage à Versailles.

    Idéologiquement ils partageaient certaines aspirations qui seraient vues comme progressiste de nos jours, de même que fût le programme qui permit à Wilson d’accéder au pouvoir lors de sa deuxième présidence en 1916.

    Les interrogations suscités par Le Président Wilson, une étude psychologique se déplace aux années 1966-1967, lorsque enfin, quelques mois avant la mort de Bullitt, apparaît le texte publié à Boston, Londres et Paris. L’édition en castellan vît le jour à Buenos-Aires en 1973.

    Trente après sa publication, Elisabeth Roudinesco², conjuguant sa condition d’historienne à celle d’étudiante en psychanalyse, définit ce livre comme étant le texte politique majeur de Freud, autant qu’une de ses œuvres de grande importance. Le psychanalyste René Majeur écrivit à ce propos depuis la même perspective.

    La décision d’écrire sur ce thème met en relation la la recherche des clefs expliquant la marginalité prolongée de ce texte de Freud et Bullitt, non seulement dans l’histoire de la pensée psychanalytique et autour des circonstances politiques qui influencèrent son écriture et sa parution, le texte lui-même et la ligne de pensée dans lequel il est inclus.

    Force est de constater, qu’outre les faits décrits dans ce livre, conjointement aux antécédents et conséquences, en plus de toutes les vicissitudes autour de l’écriture même et des réactions postérieures, s’englobe presque la totalité du XXème siècle. Un siècle précisément caractérisé par l’apogée et la chute d’idéologie

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