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L'Extase: Dictionnaire amoureux

L'Extase: Dictionnaire amoureux

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L'Extase: Dictionnaire amoureux

Longueur:
367 pages
4 heures
Sortie:
Mar 3, 2017
ISBN:
9782322080212
Format:
Livre

Description

Le Dictionnaire amoureux de l'extase présente les diverses expressions de l'extase spirituelle dans les religions et spiritualités ainsi que la transe des cultes primitifs et antiques, l'extase de la Gnose et celle des occultismes, mais aussi la possession satanique. Le regard de la médecine et de la psychanalyse sur l'extase, la transe et la possession, le traitement médical par l'invention du vibromasseur de l'hystérie féminine sont présentés. La pensée des philosophes mystiques éclaire l'analyse. L'extase sensuelle, dans ses expressions extrêmes de l'asphyxie érotique, est étudiée comme l'extase artistique, celle de la musique et de la danse. L'extase collective, celle des foules, comme le marketing de l'extase sont discutés. Rapprocher dans un même Dictionnaire sainte Thérèse, l'icône du mysticisme catholique et l'héroïne de l'Empire des sens, choquera le lecteur pudibond mais elles furent toutes deux, de grandes amoureuses.
Sortie:
Mar 3, 2017
ISBN:
9782322080212
Format:
Livre

À propos de l'auteur

Christophe STENER, ancien élève de l'Ecole Nationale d'Administration, enseigne à l'Université Catholique de l'Ouest. Il a publié plusieurs ouvrages d'histoire de l'art étudiée en termes d'exégèse religieuse et politique : Le Livre d'Esther, une exégèse en images - Dreyfus, le Judas français - Iconographie antisémite de la vie de Judas Iscariot (4 tomes parus, 3 à paraitre)


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Aperçu du livre

L'Extase - Christophe Stener

générale

Introduction

L’extase, comme l’amour dont elle n’est que l’acmé, est désirée, poursuivie par l’homme tant spirituellement que charnellement. La recherche de l’extase est présente dans les premiers cultes animistes comme dans les expressions les plus poétiques des grands mystiques religieux modernes ; elle éclaire l’activité artistique ; elle est objet de débat philosophique et psychanalytique. Pour l’atteindre plus rapidement, plus sûrement, notamment dans la sphère corporelle, l’homme recourt à la danse, à la musique, aux hallucinogènes. La transe aussi est extatique. Extase divine, extase terrestre, les mots sont parfois les mêmes, le discours extatique est érotique. L’union divine aspire à de douloureuses béatitudes ; l’union charnelle exacerbe le plaisir jusqu’à l’extase ultime. La médecine et la psychanalyse proposent une étiologie de l’extase qui fait parfois lit de la dimension spirituelle tant les manifestations, les stigmates, les expressions de celle spirituelle et celle sexuelle sont identiques. L’extase n’est pas philosophique mais certains philosophes sont mystiques. La recherche de l’union avec Dieu fait souvent croiser le chemin du Diable. L’ascétisme, l’anachorétisme, les macérations protègent mais aussi excitent le Malin. Le satanisme comme la perversion sexuelle sont les faces opposées de l’extase. Discriminer entre possession satanique, extase religieuse et trouble physiologique est la première tâche de l’exorciste. En Occident, nous connaissons les grandes figures de Sainte Thérèse d’Avila, de Jean de la Croix mais l’extase est présente dans toutes les religions révélées : Judaïsme, Islam, Christianisme, dans toutes les spiritualités : hindouistes, chinoises, dans les pratiques occultistes. L’extase est une expérience intime mais il est une extase collective, celle des foules rassemblées pour prier, danser, acclamer un leader politique, la psychologie de masses sera également analysée. L’extase fait vendre ; nous évoquerons, brièvement le marketing de l’extase ainsi que le « matérialisme spirituel » ¹ qui fait vendre des écrits spirituels comme le Kama-Sutra et Tantra sexuel comme des livres de chevets. Cet ouvrage propose une anthropologie de l’extase en en présentant ses diverses manifestations à travers le regard de la théologie, de la philosophie, de la psychologie et de la psychanalyse, de l’ethnologie et de la sociologie, de la médecine et de la psychiatrie. Le titre Dictionnaire amoureux de l’extase du présent ouvrage est tautologique car l’extase est toujours amoureuse. Rapprocher en un même dictionnaire sainte Thérèse d’Avila, l’icône du mysticisme chrétien, à Abe Sada, l’héroïne de L’Empire des sens, scandalisera certains lecteurs pudibonds mais toutes deux furent de grandes amoureuses, l’une spirituelle, l’autre sensuelle.


1 Formule empruntée à Chögyam TRUNGPA Rinpoche, Pratique de la voie tibétaine, Seuil Sagesses, 1966, p. 11

Adolescence

En quête d’extase

L’enfance a peu du diable mais ne connaît pas la transcendance tandis que l’adolescence est l’âge du mysticisme. François Dolto analyse la prégnance du diable dans l’imaginaire enfantin :

« Les enfants subissent le monde des adultes et y réagissent. Aussi l'idée de l'existence du diable, le mot de diable précocement employé dans leur vocabulaire, ne doit pas nous surprendre. Ne voit-on pas dans les familles les moins chrétiennes, des adultes faire allusion à l'idée du diable lors d'une espièglerie de l'enfant, bien que ce mot soit dénué pour eux de tout sens métaphysique ? ... Un enfant ne parle jamais du diable sans y mêler une idée de morale intentionnelle, c'est-à-dire de vraie morale ... Les interférences entre les aspirations à vivre de la partie intellectuelle, ou de la partie sensitive de soimême, avec la partie sensuelle sont donc des dangers incommensurables, des dangers « monstres ». Ces conflits ne sont pas non plus assimilables à des dangers réels puisqu'ils naissent d'un état intérieur. ... Comme il s'agit d'un état intérieur, il s'agit d'un état sans aucun point de repère comparatif et sensoriel de périphérie, un état sans dimensions. Le sujet ne peut rien échanger avec cette présence ressentie ... Cela explique l'état d'angoisse panique. ... L'enfant projette l'idée du diable dans les monstres animaux tant que ses instincts, dangereux sont ressentis par lui comme des instincts possessifs de puissance matérielle et de domination, et tant que ces instincts restent assimilés à des avidités sensuelles, sensorielles et motrices (stade oral et anal des psychanalystes) ... Le psychologue ne voit pas chez l'enfant l'idée du diable mise au service du transcendant métaphysique. Elle exprime, à travers du subjectif vécu, le désordre intérieur vivant créé dans la psychophysiologie de l'enfant par le sentiment du bien agir et du mal agir. »²

« L’expérience mystique serait une illusion qui aurait trouvé un personnage interlocuteur suffisamment bon pour « l’accepter ». ... L’expérience pubertaire décrite sous les qualificatifs d’archaïque et d’originaire est la base « illusoire » d’un travail élaboratif « adolescens » ou subjectal qui dépend de son adresse, le sujet parental de transfert ... Mon étude porte moins sur les expériences mystiques de Thérèse de Lisieux (1873-1897) que sur son entrée en mystique à la puberté, qu’elle nomma « sa conversion » ... Je propose comme signifiant de l’illusion mystique la paradoxalité suivante : « vivre-mourir ». Le mot se présente dans l’imaginaire quotidien sous forme qualitative du vœu et comme affirmation (la vie dans l’immortalité). ... Dans l’argument mystique, vie et mort ne sont pas confondues mais jointes par un tiret ; on pourrait traduire en psychanalyse, pas de pulsion de vie sans pulsion de mort. Impossible de penser un aspect sans l’autre, y compris dans leur excès ... Au lieu de rester enfermée dans la dualité relationnelle de l’illusion, la voilà s’ouvrant (« structure ouverte ») à un travail de sublimation qui prend son origine dans la conviction révélée que constitua son expérience primaire de retournement-renversement en son contraire ... L’évolution mystique de Thérèse de Lisieux est examinée à partir du modèle de l’état d’illusion (selon l’approche de D. W. Winnicott). Ce dernier défini par sa paradoxalité « Moi, non-Moi », « vivre-mourir », est fragile sous la menace d’une injonction paradoxale. Toute son enfance, cette menace fut mise en acte par ce que Thérèse nommait après la mort de sa mère « ses mamans ». Enfance fort mouvementée qui se révéla mystique lorsque à l’adolescence ses tuteurs d’illusions se condensèrent en « maman-Jésus ». « Conversion » dit-elle, transfert bientôt consolidé par sa vocation de carmélite et sa doctrine. »³

L’adolescence est aussi celle de la tentation d’anorexie, en particulier chez les jeunes filles. Les adolescentes renouent avec les pratiques de jeûne poussé à l’extrême, le vertige de l’inèdie, la mortification du corps mal aimé. L’impératrice Elisabeth d’Autriche, « Sissi impératrice », Lady Di, images iconiques de l’anorexie mentale.

Sans le savoir ces adolescent(e)s malades imitent les anachorètes du IVe siècle fuyant leur corps et l’ « anorexie sainte » ⁵ de Catherine de Sienne (1347-1380).


2 Françoise Dolto. Le diable chez l'enfant in Satan - Etudes carmélitaines - 1958

3 Philippe GUITON, Le paradoxe mystique, Adolescence, 1/2008 (n° 63), p. 65-88. URL : http://www.cairn.info/revue-adolescence-2008-1-page-65.htm

4 Catherine CLEMENT, L’appel de la transe – Stock – 2011 – p 143s

5 Ginette RAIMBAULT, Caroline ELIACHEFF, Les indomptables : figures de l'anorexie, Odile Jacob, 2001, p. 231

Anachorètes

L’extase par l’ascèse extrême

Dieu, les hommes l’ont recherché parfois dans la solitude la plus extrême comme le montre l’exemple des anachorètes. L’anachorèse, la fuite, le départ du monde connurent un engouement extraordinaire au IVe siècle ; des milliers d’homme partirent faire retraite dans les déserts d’Egypte et de Syrie, suivant l’exemple d’Antoine, Paul de Thèbes, Pakôme. Jacques Lacarrière appelle ces ermites « les hommes ivres de Dieu » « les athlètes de l’exil ». Les synaxaires (hagiographies de saints) qui racontent leurs performances ascétiques sont autant d’arétologies (traités édifiants de vertu) rédigés à des fins de prosélytisme pour faire concurrence à ceux des païens comme la vie de Pythagore mythifiée à la même époque par Jamblique. Dans l’ardente rivalité entre le paganisme et le christianisme, les vies des sages, des philosophes, de saints, de théurges participaient d’une propagande spirituelle. Les tentations de Saint-Antoine, sont rapportées par son hagiographe Saint Athanase qui rencontra l’ermite à deux reprises ; initiateur de l’anachorèse, Antoine influença considérablement le mysticisme chrétien mais également musulman. L’affabulation, l’exagération étaient de règle ; le récit visait à l’édification du lecteur, à sa conversion. Antoine s’enferme des années durant dans un tombeau abandonné, imitant en cela les cateuques, les prêtres du dieu Sérapis, qui vivaient reclus à vie dans le temple. Là, plongée dans le noir du tombeau, hors de la lumière du jour, visait à permettre l’Eveil. Les visions démoniaques d’Antoine lui furent ainsi probablement inspirées par les peintures religieuses égyptiennes montrant sur les parois du tombeau le voyage du défunt sur la barque d’Amon-Rê. Après avoir affronté des visions infernales, Antoine gagne la félicité divine, les bêtes sauvages lui deviennent familières, il jouit de visions angéliques. L’extrême ascèse d’Antoine fut imitée ; jeûne, silence, privation du sommeil, mortifications conduisirent à des excès de contrition contre lesquels Pakôme dut lutter au sein des premières cénobies ; jugeant que la recherche de ‘performance ascétique’ était orgueilleuse et non vertueuse, il obligea ainsi les moines à un minimum d’alimentation et à dissimuler leur manducation par un capuchon pour éviter l’imitation du jeûne des plus extrêmes. L’ascèse extrême et le retrait du monde des Pères d’Egypte est à rapprocher des pratiques des yogis. Le monachisme chrétien du Moyen-Age s’inspira directement des cénobies, les premières communautés érémitiques fondés par les Pères égyptiens.

Source :

Jacques Lacarrière – Les hommes ivres de Dieu – Seuil – 1975

Animisme

La transe sans extase

L’animisme est une des expressions les plus primitives de la croyance en un esprit, une force vitale, en des divinités animales, dans le surnaturel. La définition de l’animisme est objet de débat entre les spécialistes notamment sur la distinction d’avec et la filiation du chamanisme. Des rémanences des cultes animistes demeurent dans le vaudou ainsi que dans l’empreinte chamaniste du taoïsme chinois. Certaines danses sacrées et musique, pratiquées de manière ancestrale lors des rituels animistes, font entrer encore aujourd’hui les fidèles dans des transes propices à la communication avec les esprits car la transe est fondatrice de la foi animiste. Selon Edward Burnett Taylor (1832-1917) : « Le « primitif » arriverait à l'idée d'un principe différent de son corps, c'est-à-dire à l'idée de l'âme, à la suite de deux expériences psychophysiologiques : d'une part, les phénomènes du sommeil, de la maladie, de l'extase (la transe) et de la mort ; d'autre part, l'expérience personnelle des rêves et des visions. Quand ce principe abandonne provisoirement le corps, l'homme s'endort, l'âme vagabonde et a ses propres expériences, les rêves. Lorsque l'âme se sépare du corps, c'est la mort. L'extase et la maladie s'expliquent également par un abandon temporaire du corps par l'âme. Et, puisqu'on ne rêve de personnes décédées depuis longtemps, on conclut à la survivance de l'âme après la mort. »

Parfois dénie du terme de religion, la dimension mystique de l’animisme est parfois contestée. Lucien Levy-Bruhl (1857-1939) estime ainsi que le mysticisme est inhérent à l’esprit humain : « Cette réalité mystique répandue partout, moins représentée à vrai dire que sentie, ne peut pas, comme la substance universelle de nos métaphysiciens, entrer dans la forme d'un concept. »⁷ tandis que pour Paul Radin (1883-1959) : « coutumes et croyances ne comportent pas en euxmêmes d'éléments religieux ». ⁸

La notion d’union mystique, d’extase, serait absente de l’animisme en ce que l’homme primitif se vit comme un élément du tout. Il vit en symbiose avec les êtres vivants et avec les morts : « Par l'effet de cette symbiose des vivants et des morts, mystique et concrète à la fois, l'individu n'est tout à fait lui-même que grâce aux ancêtres qui revivent en sa personne » ⁹. La mort est naturelle : « La destinée de l'individu dans l'au-delà ne lui (le primitif) cause guère d'inquiétude et il n'a que peu de choses à en dire » ¹⁰ « La disparition complète du corps va à l'encontre du témoignage des sens et n'a jamais été complètement admise. Ce refus se traduit dans la croyance presque universelle en la réincarnation, spécialement chez les peuples non agriculteurs ».

Selon Paul Radin, il y a identité, chez le primitif entre l’âme et le surnaturel : « Le concept d'âme emprunte sa physionomie « spirituelle » à celui d'êtres surnaturels et non pas inversement, de même qu'il tire son apparence des êtres humains et du monde organique qui l'entoure. Il en est de même des êtres surnaturels qui à leur tour adoptent une forme particulière selon la ressemblance ou la différence entre eux et l'homme. »¹¹ Le dualisme étant absent de la pensée primitive, la notion d’extase est ainsi non pertinente dans le cadre de l’étude des religions animistes. La croyance en la vie éternelle est ainsi une évidence, la réincarnation également. Le dualisme absent encore, le surnaturel omniprésent : « un enseignement pluraliste au sujet de l'âme est dans la nature des choses et seules nos habitudes de pensées rendent surprenant qu'un homme puisse avoir plusieurs âmes " ¹²

Selon Claude Levi-Strauss : « La pensée magique n'est pas un début, un commencement, une ébauche, la partie d'un tout non encore réalisé; elle forme un système bien articulé »¹³ citant « Le sentiment d'unité qu'éprouve l'hawaïen envers l'aspect vivant des phénomènes indigènes c'est-à-dire les esprits, les dieux et les personnes en tant qu'âmes, ne peut être correctement décrit comme un rapport, et moins encore à l'aide de termes comme un rapport, empathie, anormal, supra normal ou névrotique; ou encore mystique ou magique; il n'est pas extrasensoriel car il est en partie de la sensibilité, en partie étranger à celle-ci. Il relève de la conscience normale »¹⁴ La croyance en la réincarnation dans un animal, une plante est pour le primitif évidente.¹⁵ « Les mythes que rassemble Levi-Strauss dans Les Mythologiques parlent d'un temps des origines comme d'un univers sans différence entre les animaux et les hommes, un monde dans lequel les « non-humains » étaient civilisés, jouissaient de la conscience. » ¹⁶


6 Animisme in http://www.universalis.fr/encvclopedie/animisme/

7 LEVY BRUHL - La mentalité primitive – PUF - 1927

8 Paul RADIN – La religion primitive – Ed. Gallimard, 1941

9 LEVY BRUHL - La mentalité primitive – PUF - 1927

10 LEVY BRUHL - La mentalité primitive – PUF - 1927

11 Paul RADIN – La religion primitive – Ed. Gallimard, 1941

12 NILSSON – cité par H.R. Dodds in Les Grecs et l’irrationnel – Flammarion – n111 p 174

13 Claude LEVI-STRAUSS - La pensée sauvage 1962

14 HANDY et PUKUL The Polynesian society 1958

15 Claude LEVI-STRAUSS - La pensée sauvage 1962

16 Catherine CLEMENT – L’appel de la transe 39 Stock – 2011 – p 184

Asphyxie erotique

L’extase mortifère

L’asphyxie érotique, également désignée comme « asphyxiophilie », « asphyxie autoérotique », jeu du foulard ou jeu du contrôle de respiration, est une pratique provoquant des extases parfois mortelles.

La privation d’oxygène du cerveau afin d’augmenter le plaisir sexuel est qualifiée de paraphilie après avoir été qualifié de déviance sexuelle par le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV-TR) de l'association américaine de psychiatrie (AAP). Friedrich Salomon Krauss introduisit le terme paraphilie en alternative au terme perversion et désigne selon le sexologue John Money « des intérêts sexuels inhabituels ». L’American Journal of Psychiatry décrit la paraphilie comme une « fantaisie, désir ou comportement sexuellement intense incluant notamment et généralement : objets inanimés, souffrance ou l'humiliation de soi/d'un partenaire potentiel, enfants/animaux, personnes non consentantes ». ¹⁷

Parmi les modes opératoires pour diminuer l’oxygénation, la pendaison, la suffocation par placement de la tête dans un sac plastique, la Strangulation ... tous autres procédés habituellement utilisés à des fins de torture ou de mise à mort.

L’asphyxie érotique est une pratique individuelle, de couple ou collective. L’asphyxie érotique une pratique à risque de la communauté BDSM (Bondage, Discipline, Sadomasochiste) provoquerait près de 1000 morts, principalement masculins, par an aux Etats-Unis par perte de conscience fatal. La perte de conscience conduisant à l’incapacité d’interrompre le procédé d’asphyxie expliquerait de nombreux accidents de pratique solitaire ; la différenciation des accidents des suicides est parfois ainsi difficile. ¹⁸

La pratique du jeu du foulard par les jeunes provoque des morts ainsi que parfois des lésions neurologiques irréversibles chez les pratiquants. L’asphyxiophilie provoquerait des hallucinations comparables à la prise de drogues dures

Parmi les célébrités ainsi décédées, Wikipédia ¹⁹ recense :

Henri-Joseph, prince de Bourbon-Condé en 1830.

Abe Sada tua ainsi, à sa demande, son amant, Kichizo Ishida, à l'aide en 1936, dont l’histoire est le sujet notamment du film l’Empire des sens § Cinéma

l'acteur Albert Dekker retrouvé en 1968 dans sa salle de bain, son corps recouvert de graffitis et un nœud coulant autour du cou.

l'acteur américain David Carradine en 2009,

Le présentateur anglais de la BBC Kristian Digby en 2010

le parlementaire anglais Stephen Milligan en 1994

Kristian Etchells, membre du Front national britannique en 2004


17 Article Asphyxie érotique in Wikipedia

18 Jeu de non oxygénation in Wikipedia

19 Article Asphyxie érotique in Wikipedia

Cathares

La mort désirée comme ultime extase

Les cathares ne croyaient pas à l’extase terrestre. Croyant en un strict dualisme gnostique, ils considéraient l’univers comme la création d’un démiurge mauvais. Le corps humain était la prison matérielle des âmes d’anges précipitées sur terre par ce mauvais démiurge. Les âmes errent de corps en corps et de mort en naissance, selon le principe de la métempsycose ou réincarnation. Seul le baptême spirituel cathare, le Consolament du « Bon Chrétien », a la capacité de permettre à l'esprit (l’âme spirituelle) de se mettre dans le cheminement qui lui donnera la possibilité d'accéder à la grâce divine et de permettre ainsi, après une ultime mort terrestre, à l’esprit de retrouver sa part restée dans la création divine spirituelle. Les cathares considèrent Christ comme une entité divine car le Christ est pur Esprit. Cet Esprit Saint ne peut s'incarner mais peut influer sur le comportement humain de Jésus. Ceci a fait dire à tort que Jésus-Christ ne pouvait être incarné. Le sacrement du consolament ou «baptême d'esprit et de feu » par imposition des mains et de l'évangile de Jean sur la tête du postulant, apporte le salut en assurant le retour au ciel de la seule partie divine de l'homme : l'esprit. Il est le point de départ d'un choix de vie en accord avec la doctrine cathare (justice et vérité), permettant à la nature divine de l'impétrant de se détacher partiellement de la nature mondaine ou charnelle, et d'accéder au salut. Le consolament officialise donc le choix du novice ou du mourant à mener une vie chrétienne. Il n'est que la reconnaissance d'un état et non un apport d'une qualité extérieure. « Les parfaits au sens de parachevé, complets étaient les hommes qui par la vertu du sacrement étaient parvenus à retrouver leur esprit, la partie divine d'eux-mêmes dont la chute originelle les avait privé » ²⁰. La filiation du catharisme avec la Gnose semble établie : « pauliciens, bogomiles, cathares ... des groupes de moindre importance comme celui que constitua près de Soissons en 1125 Clément de Bucy qui honnissait la procréation... celui, dans la région de Saint-Malo, vers 1140 de Eudes de l’Etoile qui se présentait comme un éon envoyé d’en haut. » ²¹ Certains établissent une tradition héritée de Marcion. ²²


20 Zoé OLDENBOURG Le Bûcher de Montségur p 74 Folo histoire 1959

21 Jean DORESSE – Les livres secrets de l’Egypte – Payot -1994 – p 322

22 http://www.histoire-france.net/moyen/cathares

Catholicisme

L’extase sanctifiée

Introduction

L’Eglise catholique reconnaît l’extase ; elle en donne la définition suivante : « Du latin exstare : se tenir hors de soi. Etat où l’esprit est plongé dans des visions extraordinaires sous l’influence de la présence de Dieu. L’extase est reçue comme une communication sensible avec Dieu. Très différente des accidents pathologiques, elle peut être accompagnée d’autres phénomènes physiques comme la lévitation ou les stigmates. » ²³

Au rejet scientiste de l’extase, l’Eglise répond par une volonté de réconciliation entre la foi et la raison illustrée par l’encyclique Fides et ratio, publiée le 14 septembre 1998, par le pape Jean-Paul II. Cette encyclique met l'accent sur l'importance des philosophies présentant une ouverture métaphysique pour assurer une fonction de médiation dans l'intelligence de la « révélation » « La foi et la raison sont comme deux ailes qui permettent à l'esprit humain de s'élever vers la contemplation de la vérité. » Le Pape y affirme la pertinence de la contemplation : « Je désire seulement déclarer que la réalité et la vérité transcendent le factuel et l'empirique, et je souhaite affirmer la capacité que possède l'homme de connaître cette dimension transcendante et métaphysique d'une manière véridique et certaine, même si elle est imparfaite et analogique. » ²⁴

L’extase, l’union divine, atteinte par d’extraordinaires macérations des Pères d’Egypte, les mystiques de l’Eglise catholique l’ont atteinte par l’oraison et la contemplation. De l’immense littérature spirituelle, nous tenterons de tracer quelques lignes de lecture en nous attachant à deux icônes du mysticisme catholique : Thérèse d’Avila et Jean de la Croix.

Comme l’écrivent les mystiques, la capacité d’union extatique est, certes le résultat d’oraison et/ou de contemplation mais elle n’est pas donnée à tous. En cela, elle est un don, un charisme particulier. « La contemplation est un don de Dieu. » reconnaît ainsi Sainte Thérèse d’Avila. ²⁵

Le mysticisme chrétien orthodoxe et protestant sont présentés dans des entrées spécifiques.

Bibliographie générale

Deux ouvrages récents, très érudits, outre leur riche contenu présentent une large bibliographie d’auteurs anciens et modernes :

Sous la direction de Patrick Sbalchiero - Dictionnaire des miracles et de l'extraordinaire chrétiens – Ed. Fayard 2002

Michel de Certeau- La fable mystique de– Ed. Gallimard t 1 1982 -t 2 2013 (établi et présenté par Luce Giard)

Expression de l’extase

La littérature extatique catholique est prolixe. Les mystiques sont sur actifs – pensons à l’extraordinaire activité missionnaire de création et d’administration de couvents par sainte Thérèse d’Avila avec l’aide de Jean de la Croix – mais également graphomanes – les œuvres complètes de sainte Thérèse d’Avila représentent plus de 3700 pages. Les mystiques racontent leurs unions divines, non pour eux mais à des fins d’édification, de prosélytisme. Si chaque expérience extatique est unique, individuelle, personnelle, on peut dégager néanmoins des thématiques communes dans son expression, dans ses symptômes et ses stigmates, dans les exercices spirituels propices à son atteinte ainsi que dans les sentiments ressentis au sortir de l’extase.

Indicibilité

Il est une contradiction logique à vouloir exprimer l’ineffable. L’expression même du nom de Dieu dans l’Ancien testament est révérencieuse, craintive, souvent contournée. Le nom de Yahvé est l’indicible ; il est interdit de prononcer le tétragramme YHWH ; « Tu n’invoqueras pas le Nom de YHWH ton Dieu en vain » (Exode 20 :7) d’où sa désignation allusive par Adonaï ou Elohim. La traduction œcuménique de la Bible traduit le tétragramme sacré par « le Seigneur ».

Saint Jean de Patmos parle d’une pierre blanche qui sera donnée à celui qui vaincra, et « sur cette pierre est écrit un nom que personne ne connaît si ce n'est celui qui le reçoit. » (Apocalypse., 11, 17)

Le mystique rompt avec cette interdiction, ce tabou, cette extrême révérence avec le nom de Dieu. La fable mystique, selon l’expression de Michel de Certeau, est prolixe, passionnée, poétique, parfois amphigourique. Il s’adresse directement à Dieu, sans pudeur, dans un dialogue singulier, Dieu s’adresse à lui. Cette audace, cette proximité, cette désintermédiation du rapport entre l’homme et Dieu suscite un sentiment mêlé de l’Eglise. L’Eglise se méfie de ses mystiques, elle tente parfois de les faire taire, elle les revendique aussi à des fins prosélytes, souvent post mortem. La sanctification de certains mystiques vient ainsi effacer la négligence voire l’hostilité d’une Eglise soucieuse de garder son emprise sur les âmes par l’intermédiation obligée du prêtre.

Sainte Angèle de Foligno déclare l’extase indicible bien qu’elle en ait donné force description : « Chaque extase est une extase nouvelle et toutes les extases sont une seule chose inénarrable. Les révélations et les visions se succèdent sans se ressembler. Délectation., plaisir, joie, tout se succède sans se ressembler. Oh ! Ne me faites pas parler, je ne parle pas, je blasphème et, si j'ouvre la bouche au lieu de manifester Dieu, je vais le trahir » ²⁶

L’extase, union divine

Jean de la Croix décrit « l’union de l’âme avec Dieu par amour » comme un mariage spirituel (mystique) entre l’âme (L’Epouse) et l’Epoux (le Christ, fils de Dieu), mariage obtenu après un cheminement qu’il explique dans La montée du Carmel et dont il exprime l’ineffabilité de manière poétique dans La vive flamme et le Cantique spirituel. L’âme détachée des attachements terrestres s’est purifiée et libérée. « Mon âme s’emploie tout entière, /Avec mon fonds, à son service / Je ne garde plus de troupeau / Je n’ai plus aucun autre office / Car l’amour désormais est mon seul exercice. » (Cantique A § XX) « L’âme s’est donnée à l’Époux tout entière et sans rien se réserver. ... Désormais son corps, son âme, ses puissances, toutes ses facultés ne s’occupent plus que de ce qui regarde le service de son Époux ; » « L’Époux, Fils de Dieu, met l’âme épouse en possession de la paix et de la tranquillité parfaite, en harmonisant sa partie inférieure et sa partie supérieure. Il purifie cette âme de toutes ses imperfections, il met l’ordre dans

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