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Humanimal: L'humanoiseau doré

Humanimal: L'humanoiseau doré

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Humanimal: L'humanoiseau doré

Longueur:
380 pages
4 heures
Sortie:
Mar 6, 2017
ISBN:
9782322080359
Format:
Livre

Description

Alussond continue à former son équipe pour le Grand Voyage, mais Solurus a disparu. Alussond part à sa recherche. Tandis que sur le continent de Wellghimoro, naît le culte de l'humanoiseau doré depuis son apparition mystérieuse.
Sortie:
Mar 6, 2017
ISBN:
9782322080359
Format:
Livre

À propos de l'auteur

Nul ne sait qui est Arthur Bandy. Un voyageur du temps et de l'espace.


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Aperçu du livre

Humanimal - Arthur Bandy

L'ENVOL

PROLOGUE

DOSSIER MEDICAL

Baliud Dorunuliud était l'un des deux cents médecins qui travaillaient pour l'administration thesranes. Il était habilité au secret. Il examinait environ cinq patients par sod. Les citoyens thesranes devaient effectuer leur visite médicale une fois par massop.

Il examina le dossier de son prochain patient.

IDENTITE :Tarodiud MALINPADIUD

NE EN tribanon 4 massop 15 possod 12 sod 18

AGE : 113 massops

RACE : thesranes impur (mère Thrams)

PROFESSION : ouvrier –

EMPLOYEUR : usine suriudud – fabricacant de plaques de rotation.

Dernière visite médicale : massop 127 possod 12 SOD 5

Diagnostic : défaillance cardiaque.

Traitement : 2 comprimés de lamitium par sod

Alternative pour le prochain traitement :

choix n° 1 : 2 comprimés de lamitium par sod

choix n° 2 : 2 comprimés de Sumatium par sod.

RECOMMANDATION DE L'ADMINISTRATION thesranes (à suivre obligatoirement) : Choix n° 2

Notice du lamitium : évite au cœur de se fatiguer et peut prolonger la vie d'un humanimal de dix massops.

Notice du Sumatiun : effet inverse. Le patient meurt au bout de trois possods de traitement. Officiellement, ce médicament serait prescrit aux malades quand la maladie s'aggrave et serait plus efficace que le lamitium.

CHAPITRE 1

SOUVENIRS ENFUIS

L'enfant thesranes était plongé dans l’obscurité de son esprit. Il ressassait dix mille pensées structurées qui le tourmentaient continuellement avant que d'autres naissent dans une suite sans fin. C'était comme cela depuis sa naissance dont il se souvenait parfaitement. Parfois, d'autres humanimaux l’extirpaient de ses réflexions et venaient le déranger pour des choses futiles, l'obliger à se nourrir par exemple. Cela le dérangeait fortement et il essayait toujours d'y échapper du mieux qu'il pouvait. Il y avait longtemps qu'on l'avait amené dans cette pièce sombre, cela ne le dérangeait aucunement.

Ce sod là quelqu'un d’inhabituel s'invita dans son espace vital, il s'agissait d'un thesranes. Au début l'enfant le remarqua à peine. Puis le thesranes se mit à lui parler et réussit peu à peu à capter son attention.

« Bon sod ! Je me nomme Draiwnius Lachelras. Je sais qui tu es et ce que tu es. Je sais aussi que mes paroles ne t'intéressent pas. Même que je te dérange, car pour m'écouter, tu es obligé de sortir de ton monde intérieur. Tu penses que c'est inutile, je sais. Tu penses que le monde qui existe en dehors de ton esprit est sans intérêt, car tu as compris bien plus de choses que ce qu'il peut t'apporter. Je le sais aussi. Mais je vais te démontrer qu'il faut quand même que tu sortes de toi même. Je vais te prouver l'intérêt de connaître le monde qui t'entoure. Cela va prendre du temps, je le sais également. Pour le moment je vais te laisser réfléchir à tout cela. Je sais que tu m'as écouté. Je reviendrai te voir tous les sods et je t’amènerai peu à peu vers moi. »

L'enfant leva les yeux, il remarqua que l'autre était un thesranes très beau et très jeune même si cela n'avait aucune importance à ses yeux. Le visiteur frappa deux coups sur la porte d'entrée. Deux autres thesranes pénétrèrent dans la pièce et emmenèrent brutalement Draiwnius.

Alussond se réveilla en sursaut, transpirant toute l'eau salée de son corps. Il se leva pour boire un verre d'eau. Il regarda par la fenêtre, c'était le milieu de la nuit. Il comprit que ce n'était véritablement pas un rêve mais de vieux souvenirs enfuis qui venaient de resurgir.

CHAPITRE 2

LE PROJET DU GRAND VOYAGEUR

Copallud en tant que chef du projet organisa une séance de travail rassemblant les principaux acteurs du projet du « Grand Voyageur ». La salle de réunion se situait dans les ateliers qui avaient servi à sa conception. Copallud vit d'abord arriver ensemble Alussond, Candas et Silandius. Les autres membres étaient déjà là depuis un moment. Solindarius Fokurius, l'ingénieur responsable de l'élaboration du moteur, était un thesranes dans la force de l'âge, en apparence sûr de lui. Zaramlius Sevalnud l'architecte du projet, à la réputation déjà affirmée, n'avait plus à faire ses preuves dans son domaine malgré sa jeunesse.

Copallud attendit que tous les participants soient installés autour de la table ovale pour prendre la parole.

« -Bon sod à tous. Je vous remercie de bien vouloir participer à cette réunion de travail dans le cadre de notre mission du « Grand Voyage ». Avant de commencer, je vous propose de faire un tour de table afin que chacun puisse se connaître. »

Tous les participants se présentèrent et expliquèrent précisément leur fonction avant que Copallud ne continue.

« - Voilà ! J'ai souhaité organiser cette réunion parce que, comme vous le savez certainement, nous franchissons une nouvelle étape dans l'avancement du projet. La conception du « Grand Voyageur » est maintenant achevée. Le vaisseau a été installé dans un hangar à l'extérieur des ateliers et nous allons pouvoir passer à l'étape numéro deux. Je vais d'abord laisser le soin à Monsieur Fokurius de nous expliquer en quoi cela va consister.

- Comme vous l'avez dit la conception du « Grand Voyageur » est maintenant achevée et son moteur est en place. La seconde étape va consister à le remplir de la solution gazeuse DH08, la fameuse solution que vous avez inventé mon cher Coppalud. Cette opération doit s'effectuer grâce à un système de pompes reliées au moteur par des tuyaux. Il faut donc dans un premier temps procéder à leur fixation. Cette opération est délicate et je pense que nos équipes devraient la terminer dans environ six possods.

-Merci pour ces précisions. Alussond, Pouvez-vous faire un point sur l'état d'avancement de votre recrutement ? Continua le scientifique.

- Bien sûr ! Commença Alussond. Comme vous pouvez le constater, il y a deux nouveaux venus parmi nous. Le commandant Candas Yoltop qui sera chargé de la section armée de l'expédition et qui est également responsable du recrutement de son équipe. Silandius Cavaldiut, commandant de police nous a rejoint également, il sera chargé de la sécurité intérieure au sein du « Grand Voyageur ». Pour finir, je pars dans deux sods pour Fusili pour chercher le futur responsable de la section des chasseurs.

- Merci ! Commandant Yoltop, pouvez-vous nous en dire plus sur le recrutement de votre section de combat ? Demanda Coppalud en se tournant vers Candas.

- Bien entendu ! Comme il en a été convenu avec le Conseil des Sages de Codos, MOOV nous envoie une délégation de dix soldats modocos que je devrai sélectionner après leur avoir fait passer quelques test physiques et intellectuels. L'obligation est d'en garder au moins deux dans le cas où les dix ne feraient pas l'affaire. L'équipe devra être composée de dix soldats d'élites. Dans le cas où les guerriers proposés par MOOV ne suffisent pas, un appel à candidatures sera fait sur les deux territoires thesranes et modocos par le biais de « l'Administrateur », exposa Candas.

- Merci beaucoup généra...pardon ! Commandant. Quant à vous Silandius, votre mission lors de l'expédition sera d'assurer la sécurité au sein du vaisseau. En effet, il y aura environ une trentaine d'humanimaux qui devront cohabiter. Cela peut générer des tensions voire des conflits, et des délits peuvent être commis. Vous aurez donc la charge d'effectuer une mission de police. En attendant le départ pour le grand voyage, le Conseil Supérieur a décidé de vous affecter la même mission mais aux ateliers de conception, expliqua Coppalud.

- Merci de la confiance que vous m’accordez, répondit Vellime, ne laissant rien apparaître de l'ironie insolente cachée derrière chacun de ses mots.

- Bon, je pense que nous avons fait le tour de toutes les questions. Au revoir Messieurs, » clôtura ainsi Coppalud.

Tout le monde se leva en même temps pour quitter la salle. Coppalud fît signe à Alussond, Candas et Silandius de le suivre.

« - Venez mes amis, j'ai des choses à vous montrer. Vous verrez nous n'avons pas chômé nous non plus ! Invita Coppalud en se débarrassant du ton solennel qu'il avait employé lors de la réunion.

Il les emmena dans l'un des ateliers sous les grottes immenses présentes sous la falaise. Une machine insolite qui ressemblait à un sponx métallique était posée sur le sol au milieu de la pièce. Une selle en cuir était disposée au centre sur le dessus de l'engin. Devant s'étendait une sorte de guidon qui encerclait deux manettes. Il y avait aussi un petit coffre qui dépassait derrière le siège. Dessous, un amas de tuyaux, certain transparents, d'autres en métal rejoignaient des boîtiers également en acier.

« - Qu'est-ce ? Demanda Alussond.

- C'est pour vous, répondit Copallud. C'est un petit véhicule à fusion, il passe partout et fonctionne comme un transterritoire. Vous l’emmènerez pour le grand voyage. En attendant, je vous recommande de le tester et de l'emprunter pour votre prochaine destination. Le mode d'emploi est sous le siège. Fusili est votre prochaine destination si j'ai bien compris. Le maîtriser sera pour vous un jeu d'enfant, j'en suis certain. Comme vous le voyez, pour l'esthétique l'architecte s'est inspiré de la forme du sponx. Ce sera donc votre monture beaucoup plus rapide et confortable qu'un véritable sponx. Vous emmènerez également le diffuseur de parole, une de nos toutes dernières inventions, cela nous permettra de le tester. Je vous expliquerai son fonctionnement.

- C'est d'accord ! Je partirai avec ces appareils, s'entousiasma Alussond.

Alussond et Candas s’apprêtèrent pour rejoindre la cité pendant que Vellime restait avec Coppalud pour qu'il lui donne les instructions précises sur son nouveau travail.

« - Venez Silandius, je vais d'abord tout vous faire visiter, ensuite nous irons dans mon bureau et vous pourrez me poser toutes les questions que vous souhaitez. »

Coppalud pris tout son temps pour montrer les ateliers, les bureaux, les salles de repos, de restauration, les équipements avec force détails comme il savait si bien le faire, puis ils se rendirent à son office.

« - Le vôtre est juste à côté du mien. C'est drôle, c'est le seul endroit que je ne vous ai pas encore montré. Avez-vous des questions ? Demanda-t-il à Vellime.

- Bien sûr ! Je serai donc le responsable de la sécurité. Je présume que ma mission principale est de veiller à ce qu'aucun document ne disparaisse. Je parle bien sûr et surtout de documents confidentiels, s'assura Vellime.

- Absolument ! Je vous ai montré les coffres forts dans les différents bureaux des ingénieurs en chef. L'une des règles absolues, c'est que chacun ne dispose que de ce dont il a besoin. Personne ici n'a une vue complète sur le projet. Soit ils ont une partie d'un plan du moteur, soit de la coque. Pour les chimistes, une partie de la formule nécessaire à la fabrication du fameux carburant, lui expliqua Coppalud.

- Il doit bien y avoir un endroit ou tout est rassemblé, fit mine de s'inquiéter Vellime.

- Oui, au Conseil Supérieur uniquement et c'est très bien gardé. En tout cas ici, c'est plutôt bien sécurisé, chaque chef de section n'a la combinaison que de son propre coffre. Les appareils photographiques à fusion sont interdits dans l'enceinte des ateliers, et chaque employé, même vous Silandius et même moi, sommes fouillés à notre arrivée et à notre sortie.

- Bon, je vois que tout a bien été étudié. Je me demande si je vais servir à quelque chose, plaisanta Vellime.

- Nous ne serons jamais assez prudents, Silandius ! Et un expert comme vous est indispensable ici. »

CHAPITRE 3

LE LIVRE

Alussond admira, comme à chaque fois qu'il venait, le portail de la bibliothèque. Comme tous ceux de Komatanès, il était tout en acier orné de gros boulons, mais plus grand que la plupart de ceux des autres bâtiments de la cité. Seuls ceux du Conseil Supérieur et de la grande administration étaient plus imposants. Cet édifice était proche de l'appartement d'Alussond et c'est certainement pour cela qu'il avait décidé d'y habiter, en grand amateur de littérature.

Mais la visite qu'il accordait cette fois n'avait en rien de rapport avec sa distraction favorite. Il se présenta au responsable qui lisait derrière sa guitoune, juste avant la grande salle où des millions de livres parfaitement rangés attendaient de se révéler à l'amateur. La première pièce avant d’accéder à la salle des livres était très lumineuse grâce à la verrière qui servait de toiture. Les armatures métalliques qui formaient les arrêtes de toutes les habitations de la cité étaient ici invisibles à cause des étagères en bois vernis.

Moviranus Tokmiliut était un vieux thesranes qui avait travaillé à la bibliothèque toute sa vie, peut-être même depuis plus longtemps, c'était en tout cas l'impression qu'il donnait. Il avait la réputation justifiée d'en connaître tous les livres et d'avoir une mémoire infaillible. Alussond le connaissait très bien.

« - Bon sod en cette soirée, Moviranus ! Lui dit-il poliment.

- Bon sod, Alussond ! Que puis-je pour vous ? Des suggestions ? Quel genre de littérature cherchez-vous ? S'empressa d'enchaîner le vieux bibliothécaire.

- Je cherche un écrivain dont j'ai récemment lu une œuvre qui m'a beaucoup plue. Il s'agit de Draiwnius Lachelras. J'aimerais lire quelque chose d'autre de lui, commença Alussond.

- Quel est le titre de ce livre ? Demanda Moviranus.

- « Les mille secrets du serpent noir », répondit Alussond.

- Je connais ce livre, nous en avons d'ailleurs un exemplaire ici même. Mais j'ai bien peur que Lachelras n'en ai point écrit d'autre. Par contre, j'ai un livre où un certain Draiwnius Lachelras en est le personnage principal. Il a été écrit par l'un de ses amis, Lokpirus Massumius. Il raconte comment Draiwnius Lachelras a inventé la première école à Tanès. Cet ouvrage s'intitule « la maison de l'apprentissage ». Ce doit être une fiction car la première école n'a pas été inventée par lui mais trois massops plus tard par le Conseil Supérieur. De plus il doit s'agir d'un homonyme car les époques ne correspondent pas. En effet, « Les secrets du serpent noir » a été écrit en tribanon 3 massop 2 et l’œuvre de Lokpirus Masumius se déroule 150 massops plus tard, ou alors, il aurait fallu que Lachelras vive très vieux. Je n'ai jamais eu connaissance qu'un thesranes dépasse les cent trente massops.

- Absolument vrai ! Accorda Alussond. Et ce Masumius, s'il a écrit en tribanon 4 massop 2, a certainement déjà rejoint le néant infini ?

- Effectivement. Lui par contre a énormément écrit et c'est une célébrité à Tanès. Il existe même un musée qui lui rend hommage là-bas.

- Puis-je vous emprunter ce livre ?

Le vieux bibliothécaire consulta son registre.

- Allée 122, 23ème rangée, indiqua-t-il.

- Merci beaucoup Moviranus. Comme toujours vos lumières m'ont été très utiles, conclut Alussond avant de s'enquérir du livre.

CHAPITRE 4

CROYANCE

Un panel de la communauté de Cirodancas était concentré dans les quelques mètres carrés de la boutique de Goliodud et s'étendait certainement à l'extérieur. Un modocos se dégagea de la petite foule, il interrompit le brouhaha engendré par la multitude de questions posées au technologiste abasourdi.

« - Goliodud ! Tout le monde veut savoir ici. Il va falloir que tu nous répondes maintenant, l'invectiva-t-il de son doigt menaçant.

Goliodud transpirait, étouffé par ce rassemblement de fanatiques. Son regard cherchait instinctivement l'extérieur essayant d'y trouver de l'air respirable. L'horizon était bouché par le prolongement de l'affluence qui s'étalait à perte de vue. Il se demandait ce que lui voulaient tous ces humanimaux surexcités.

« - Qu'est-ce...Qu'est-ce que vous voulez savoir ! Leur cria-t-il effrayé.

Le modocos qui avait pris la parole, leva ses deux bras comme des ailes et les baissa doucement en direction du sol pour que tous comprennent qu'ils devaient se taire et le laisser parler en leur nom.

- Plusieurs personnes l'ont vu sortir de ton magasin la nuit dernière. Celui que nous appelons « l'humanoiseau doré ». La plupart des habitants ont peur. Que nous veut-il ? Il a dit qu'il nous avait créés et qu'il pouvait nous détruire. Lui as tu parlé, que faisait-il chez toi ? Dis-nous tout ce que tu sais, sinon... »

L'inflexion du modocos était encore plus menaçante. Goliodud crut son heure arrivée. L'heure de rejoindre le néant absolu. Il se trouvait trop jeune pour ça. Les affaires venaient à peine de commencer à prendre une tournure avantageuse. Il n'avait même pas eu le temps de devenir riche. Il devait se sortir de cette situation, que le sort s'acharnait à lui tendre. Son instinct de survie l'obligea à inventer n'importe quelle explication. Les mots surgirent de sa bouche sans qu'il ne les maîtrise vraiment.

« - Oui je le connais. Il m'a dit beaucoup de choses et il m'a même confié une mission. Mais je peux déjà vous dire qu'il ne vous veut aucun mal ! Commença-t-il.

- Raconte nous tout Goliodud ! La voix du modocos s’adoucit autant que pût l'être celle d'un reptile.

- Il est venu chez moi une nuit. Il avait un problème avec son armure et il m'a demandé de faire quelques réparations. Puis il m'a parlé. Il m'a raconté ce qu'il était venu faire à Welghilmoro...

- Pourquoi ? il ne vient pas de Welghilmoro ? Questionna le porte parole de la foule qui s'apaisait progressivement, restant pendue aux lèvres du thesranes.

- Non. Il vient du monde du dessous ! Continua d'imaginer Goliodud.

- Du dessous ??? » Répéta le modocos.

- Oui, du dessous, confirma Goliodud.

- Nous étions sûrs qu'il n'était pas de notre monde. Il est sous quoi ce monde ?

- Sous Welghilmoro, un monde s'étale, leurs habitants, ceux qui n'ont pas rejoint le néant infini y vivent la tête en bas. Mais eux pensent vivre la tête vers le haut car ils n'ont la notion ni du bas, ni du haut, ni du vide.

Golodiud s'étonna lui-même de l'imagination que la peur d'être lynché lui insufflait. Il se sentit peu à peu soulagé et commença même à entrevoir le moyen de tirer profit de cette situation.

- Il m'a dit qu'il n'était qu'un messager. Le messager du créateur. Celui que l'humanoiseau doré a projeté dans le ciel, c'est lui le créateur. C'est lui qui nous à tous créés, les thesranes, les vagauges, les modocos, les thrams, les canufos, les rupoteqes, les tarmhars, les yooks, les cénardes et aussi les slamis, qu'il a désignés comme ses grands serviteurs à Welghilmoro, continua Goliodud presque exalté par son inspiration.

- Mais que veut-il ?

- Il veut qu'on le vénère. L'humanoiseau doré dit que le créateur, son maître, souhaite qu'on le vénère. Sinon il pourrait nous détruire ou nous punir. Il a dit que ceux qui refusent de l'aider, comme autrefois les tarmhars, seront punis. C'est pour cela qu'il sont exilés. Ils ont été punis et sont devenus fous. Tout le monde ne va pas dans le monde à l'envers m'a-t-il dit. Ceux qui ne veulent pas croire en lui rejoignent le néant infini. Il a dit « ils feront le tour du monde », souvenez-vous. Cela veux dire qu'il souhaite que des temples soient construits en son nom et en celui de son messager, sur tout le territoire de Welghilmoro. Ses fidèles devront aider à la construction des temples. Les élus, ceux qui pourront rejoindre le monde à l'envers devront donner dix pour cent de leur salaire à chaque paye. Les commerçants aussi, tous les possods. Cet argent servira à la construction de temples et à financer des émissaires qui partiront dans tout Welghilmoro pour bâtir d'autres temples. »

Plus il inventait, plus Goliodud se trouvait génial. Ils pouvaient maintenant tous lui poser les questions qu'ils voulaient. Ils étaient tous tellement crédules qu'il saurait quoi répondre. Il lui suffisait de parler.

« - Mais à qui donner l'irille ? Demanda quelqu'un dans la foule.

- Il m'a dit que je serai chargé de mener à bien ce projet. Il m'a ordonné « Grand Élu des Serviteurs » du temple de l'humanoiseau doré. »

CHAPITRE 5

LA RANÇON

Les aiguilles des cadrans du nomade se reflétaient dans le regard vide de Tarhur. Le même vide qui remplissait ses pensées, celui laissé par l'absence de Xotuna. Les épaules du yook s'affaissaient comme jamais au point que le siège avalait tout son corps avachi.

La nuit précédente, il avait suivi tous les autres pour voir comme eux celui que l'on nomme désormais « l'humanoiseau doré ». Comme un misérable curieux, il était parti seul et sans arme. Quand il avait voulu rejoindre le nomade, il avait vu les deux gardes modocos emmener Xotuna et il n'avait rien pu faire pour les en empêcher, à part se cacher pour rester libre, libre comme un lâche. Un comportement nouveau en ce qui le concernait. Il savait que Cirodancas était une cité d'esclavagistes et que le maire Joroland en était le chef suprême. Les esclavagistes, tout ce que Tarhur détestait. Les dessins indélébiles sur sa peau racontaient l'histoire de son peuple opprimé par ces individus qui furent pour beaucoup responsables des disparitions. Mais cet état lymphatique ne pouvait plus durer, une nuit sans dormir et le restant du temps à se morfondre. Maintenant, il lui fallait agir.

Tel un robot, il sortit du nomade et sauta sur le sol poussiéreux. Il se dirigea vers la maison du maire hautement gardée. Il ne prit aucune arme avec lui, car c'était inutile, les modocos de Jolorand étaient bien trop nombreux, aussi bien dans la cité que chez le maire. Il n'avait aucune chance de réussir en employant la force. Il irait donc parlementer avec Jolorand, grâce à son autorité naturelle épicée d'un ton subtilement menaçant, le tout saupoudré de bluff. Il pourrait le persuader de la libérer. Mais il savait aussi que ses chances étaient faibles et que le chef des esclavagistes ne se laisserait pas facilement intimider.

Il expliqua aux deux modocos qui gardaient l'entrée qu'il voulait voir Jolorand.

« - Pourquoi ? Demanda l'un des deux.

- C'est précisément à lui que je veux le dire, rétorqua Tarhur avec l'insolence qui le caractérisait parfois.

Les modocos, conscients de leur force physique, n’appréciaient guère que d'autres humanimaux leur parlent de cette manière. Le garde s'avança vers Tarhur, posa son museau contre le sien en grognant. De la bave débordait de ses lèvres.

- Je vais te montrer comment on cause à un modocos espèce de race dégénérée, menaça-t-il.

Tarhur plongea son regard le plus teigneux dans le sien.

- Vas y ! Essaye ! Provoqua-t-il en grognant.

Un autre modocos posté juste derrière intervint. Il semblait être leur supérieur.

- Laisse ! Je vais demander à Jolorand s'il veut le recevoir, il sera peut être intéressé. C'est le yook qui

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