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de Kennedy à Madonna

de Kennedy à Madonna

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de Kennedy à Madonna

Longueur:
350 pages
5 heures
Sortie:
12 sept. 2017
ISBN:
9781370249015
Format:
Livre

Description

Kennedy, Bob Dylan, Serge Gainsbourg, Steve Jobs, John Lennon, Mazarine, Bill Gates, Claude Chirac, les Rolling Stones, George Brassens, De Gaulle, Lady Diana, Madonna...
Ce livre présente 17 destinées exceptionnelles, mais pas seulement. Il va vous faire découvrir mille anecdotes ou faits inattendus. En lisant ces pages, attendez-vous à bien des surprises.
. Personne n’a probablement jamais traité les journalistes avec autant de désinvolture que Bob Dylan.
. Lady Diana pouvait prendre plaisir à semer ses gardes du corps pour se promener ni vue ni connue sur une plage naturiste.
. Steve Jobs et Bill Gates sont nés la même année. Rien ne destinait à se croiser le hippie et le garçon de bonne famille...
. Quelle était la première opposante à Ronald Reagan ? Sa propre fille.
. Manipulateur, antisémite, le père de John Kennedy a été l’un des personnages les plus ambigus du 20ème siècle.
. C’est lors de son séjour forcé en Allemagne durant la 2ème guerre mondiale qu’est née la vocation de poète de George Brassens.
. A en croire Jimmy Carter, ancien président des USA, « Dans de nombreux pays du monde vous pouvez entendre Imagine de John Lennon presque aussi souvent que l'hymne national. »
. C’est Bill Gates qui a financé le bâtiment universitaire dans lequel a été créé Google, ce service qui allait faire trembler... Bill Gates.
Ces 17 épopées fascinantes ne manqueront pas de vous tenir en haleine.
Daniel Ichbiah
Editions DanicArt
Couverture David Glière

Sortie:
12 sept. 2017
ISBN:
9781370249015
Format:
Livre

À propos de l'auteur


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Aperçu du livre

de Kennedy à Madonna - Daniel Ichbiah

cover.jpg

De Kennedy à Madonna

17 destinées exceptionnelles

Daniel Ichbiah

© 2017

Editions DanicArt

©Daniel Ichbiah, DanicArt 2017

Couverture © David Glière, 2017

Les photographies utilisées par David Glière pour la couverture sont des images libres de droits dont les sources sont les suivantes :

John F. Kennedy meets with Nikita Khruchchev in Vienna, May, 1961.

Credit: John Fitzgerald Kennedy Library.

Public Domain  - work prepared by an officer or employee of the United States Government as part of that person’s official duties under the terms of Title 17, Chapter 1, Section 105 of the US Code.

Madonna -  Rebel Heart Tour 19 septembre 2015

Photo prise par Lauren Holley, @graphiknation. Licensed under the Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0 Generic license.

Ce livre a été relu et corrigé par :

Nathalie Bernard

Audrey Marchand

Et aussi par :

Yann Richet

Un immense merci à tous les trois !

Ce livre est une compilation d’articles et chapitres de livres publiés au fil des années. Ce sont des écrits qui ont généralement connu une grande popularité. Selon les données que me renvoie Google, trois de ces textes, celui sur les enfants Kennedy, celui sur Mazarine et celui sur la chanson Imagine de John Lennon, sont les trois pages les plus visités de mon site Web.

La matière de ce livre est issue des écrits suivants :

Steve Jobs vs Bill Gates – initialement écrit pour SVM Mac puis remis à jour en 2011 pour le site Electron Libre.

Magazine STARfan (2011) dédié à John Lennon et dont j’étais le corédacteur en chef.

Le livre Fils de P… l’Opportun (2103) dont les droits m’ont été rendus par l’éditeur fin août 2017. Ce livre était dédié à l’histoire des enfants de présidents.

Une introduction d’un livre traduit de l’américain sur Jeff Bezos que j’avais proposée et que l’éditeur n’a pas souhaité publier.

Et aussi les livres suivants :

Beatles de A à Z (Musicbook - 2005)

Les chansons des Rolling Stones (2014)

Rock Vibrations (NP – 2003)

Les nouvelles superpuissances – First (2013)

Article sur les fondateurs de Google dans Tribune Juive (2008)

Comment Google mangera le monde (2006, 2010)

Les chansons de Madonna (2014)

1ère partie :

Les enfants de présidents

La tragédie des enfants Kennedy

Mazarine, la fille cachée de François Mitterrand

Claude Chirac : coach de Papa

Pattie Reagan, principale opposante de Ronald

De Gaulle, le fils

William, l’enfant de Lady Di

Les six textes de cette 1ère partie sont pareillement issus du livre ‘Fils de P’ publié chez L’Opportun en 2014 et dont l’auteur a récupéré les droits en août 2017.

Les chapitres inclus ici ont été publiés sous forme d’extraits sur le Web et il s’est avéré que certains d’entre eux constituent les pages les plus consultées de mon site Web. C’est notamment le cas pour le texte sur Mazarine Pingeot, fille de François Mitterrand et celui sur les enfants de John F. Kennedy.

Voici donc ces textes. Pour mieux en situer le contexte, j’ai aussi inclus en tout début l’introduction de ce livre : ‘Vivre par procuration’.

Vivre sa vie par procuration

« C’est un malhonnête, on les connaît vos sales magouilles ! », « Elle n’a qu’à s’appeler autrement… Non mais, ce n’est pas vrai ! Si elle veut l’anonymat, qu’elle change de nom. Ingrate en plus ! », « Allez vendre vos conneries ailleurs, vous n’avez rien à faire ici »…

Venue à Nice pour participer à un Salon du livre, Anne-Marie Mitterrand, née Hubin, subit une fois de plus les quolibets de passants qui, pour la plupart, dardent leur fiel sur sa personne dès lors qu’ils aperçoivent son nom en couverture de son roman, l’histoire d’une passion entre une mère et un fils, un récit chaste, à l’ancienne, dépourvu de la moindre scène de sexe.

« Comment expliquer à des Niçois excédés par ma présence qu’ils se trompent de cible ? Ils s’en vont en courant après s’être déchargés de leurs rancœurs à l’encontre de François Mitterrand en crachant leur venin sur mes pauvres piles de bouquins soigneusement rangés sur l’espace qui leur est attribué », raconte Anne-Marie Mitterrand dans son livre Un nom dur à porter.

Que peut-elle y faire, Anne-Marie ? Née dans une famille catholique traditionnelle où l’on est gaulliste de père en fils, de cousins en oncles, il a fallu qu’elle s’amourache d’un certain Olivier Mitterrand, le neveu de François — à une époque où il eût semblé hypothétique de prévoir qu’il deviendrait un jour chef de l’État. Le cœur l’a emporté sur les calculs tactiques : « Nous nous plaisions, c’est tout. »

Anne-Marie venait d’une famille si traditionnelle qu’elle a dû convaincre Olivier de faire à son père une demande en mariage officielle, comme au temps de la chevalerie. Ce dernier n’a acquiescé que du bout des lèvres et, elle va jusqu’à le reconnaître, « s’il avait fermement refusé cette union, [elle] [s]e serai[t] inclinée ! »

Un peu plus tôt, lorsqu’elle a annoncé à son père son intention d’épouser Olivier Mitterrand, ce gentilhomme a eu cette drôle de réaction : « Vous ne pouvez pas me faire ça, petite, ni à moi, ni à mon grand-père. »

Pour le meilleur ou pour le pire, elle l’a épousé, et depuis elle assume comme elle le peut ce blason qui ne laisse personne indifférent.

Il a fallu pourtant s’y accoutumer : Anne-Marie a désormais été perçue au travers d’un écran, superposée malgré elle à une réalité empreinte de préjugés, d’opinions toutes faites. Et ce jusque dans sa famille. Lassée, elle a parfois choisi de cacher son nom, dès lors qu’elle se trouvait dans un lieu peuplé d’inconnus comme une salle d’attente de dentiste, préférant se présenter sous nom de jeune fille.

Elle a finalement préféré accepter ce nom, avec les conséquences qui s’ensuivent :

« Jamais personne ne m’a serré la main pour la première fois sans me demander des explications. On me sourit ou on me repousse en fonction de l’attachement ou de l’aversion éprouvés pour Mitterrand. Mon absence d’enthousiasme dérangeait ses partisans, ses détracteurs me tenaient pour responsable. »

Et de pousser ce cri du cœur : « J’en ai assez d’être aimée ou honnie en fonction d’un autre, fût-il président de la République ! »

Cette sensation étrange de vivre par procuration, les enfants de président la vivent au quotidien. Que l’on s’appelle Giscard d’Estaing, Chirac, Merkel ou Clinton, il faut s’astreindre, dès lors que l’intéressé est au pouvoir, à n’être perçu que par ricochet. De ce fait, certains enfants semblent perpétuellement en train de revendiquer une existence pour ce qu’ils sont, juste ce qu’ils sont.

Steve Ford, le fils de l’ancien président Gerald Ford, a confié l’inconfort qu’il ressentait de ne pas être perçu pour lui-même. Et d’expliquer que, lorsqu’il rencontrait un inconnu, il se produisait un phénomène tout particulier :

 « C’est étrange. Vous pouvez remarquer qu’ils regardent à travers vous, à la recherche d’une image qu’ils ont de votre père, le président. Vous vous sentez presque non existant. »

De là à se percevoir soi-même comme un effet secondaire d’un autre, il n’y aurait qu’un pas. Il en est toutefois ainsi. D’une certaine façon, l’enfant du président s’apparente à une bête de foire. Scruté, analysé, observé, disséqué, il n’a pas la tâche facile et les relations sont rarement dénuées d’arrière-pensées. Dans l’atmosphère, il peut sentir flotter quelques pensées qui s’échappent spontanément. Est-ce que le rejeton pense comme son père ? Est-ce qu’il a bénéficié de passe-droits ? Si je lui parle, pourrai-je incidemment glisser un message et ainsi influencer le destin de la nation ? Si je deviens ami(e) avec le fils ou la fille, pourrai-je rencontrer le grand homme ?

Le souci essentiel pourrait être résumé ainsi : l’enfant du président récolte dès le premier contact une considération, une attention qu’il n’a pas gagnée par son seul mérite. Tout comme certains enfants de chanteurs célèbres, il obtient une reconnaissance qui dépasse les bornes et qui, initialement au moins, n’est aucunement due à ses actions propres. Chacun vit plus ou moins bien d’être connu de tous par le simple fait d’être « bien né » et cette notoriété induite peut en déboussoler certains. Faut-il faire comme si elle n’était pas là, se dépasser pour prouver sa propre valeur ? Se fondre dans la normalité ? Ou profiter sans réserve de ce privilège octroyé par le destin ? Les comportements sont fort variés, mais très rarement gratuits.

Porter un nom prestigieux signifie que l’on sera rarement traité comme un citoyen ordinaire, pour le meilleur comme pour le pire. Ainsi, Jean-Christophe Mitterrand a subi une épreuve d’une sévérité démesurée dès lors qu’un juge a cru bon de le ferrer, comme trop ravi d’avoir attrapé un si gros poisson. Le traitement qui a été infligé au fils aîné du président Mitterrand en a choqué plus d’un. N’a-t-il pas, lui l’homme d’affaires réputé et prospère en Angola, été réduit au désœuvrement, au chômage forcé, au risque d’entraîner une dégradation accélérée de sa stature ? Un sort qui a rappelé celui que les Américains conquérants avaient réservé à la population indienne, réduite à l’assistanat, comme pour mieux briser la fierté inhérente à sa culture.

Pourtant, Jean-Christophe Mitterrand l’a lui-même reconnu, ce nom si lourd à assumer est parfois un atout : aurait-il été reçu par les chaînes de télévision, aurait-il trouvé aussi aisément l’oreille d’un grand éditeur pour plaider sa cause s’il s’était appelé Martin ?

Philippe Goulliaud, grand spécialiste de la politique, résume la chose ainsi lorsqu’il évoque la carrière de Louis Giscard d’Estaing, qui en 2002 s’est lancé à l’assaut de la mairie de Chamalières :

« Je pense qu’il a beaucoup souffert d’être perçu au travers de l’image de son père. Il a toujours été d’une certaine façon, un peu victime de son nom. Mais bien entendu, il s’en est servi aussi. Aurait-il été maire de Chamalières s’il n’avait pas porté ce nom ? »

C’est dès la prime jeunesse que le statut involontaire de fils de président se fait sentir. Il faut en premier lieu compter avec les absences répétées du « battant » de la famille. Par la force des choses, ceux qui ont choisi d’assumer de hautes responsabilités ont souvent dû sacrifier leur famille au passage. Il en résulte que nombre d’enfants de présidents ont pour complainte qu’ils n’ont pas beaucoup vu leur père à la maison. Beaucoup ont manifesté une soif inassouvie d’intimité avec cet homme qui n’était là qu’épisodiquement, qui accordait ses heures à d’autres. En voyant Nicolas Sarkozy porter dans ses bras des enfants libérés du lycée de Neuilly qu’un désespéré avait pris en otage, son fils aîné, Pierre, a d’abord éprouvé un sentiment de jalousie.

En tant que président de Pullman Palace Car — une entreprise qui fabriquait des wagons-lits de luxe — de 1897 à 1911, Robert Todd Lincoln était devenu l’un des hommes d’affaires les plus prospères de son époque. Pourtant, il a dit un jour à un journaliste qu’il n’avait pas de souvenir particulier de son père, si ce n’est celui d’un homme préparant précipitamment sa sacoche pour partir de sa maison.

Certains enfants ont pu développer une quête presque maladive d’un peu d’attention. Quand bien même d’autres causes ont joué, la tendance de Laurence Chirac à l’anorexie a pu résider dans ce désir de récolter un peu de « papa time » pour elle seule, ce à quoi celui qui était alors le maire de Paris s’est d’ailleurs astreint.

L’éducation peut également se ressentir d’avoir un tel modèle imposé. Il n’est pas rare qu’elle aille de pair avec une exigence démesurée envers les enfants. Le candidat à la présidence doit faire preuve de qualités rares d’autodiscipline, de persistance, d’assiduité. En conséquence, il n’est pas rare qu’il manifeste une même attente vis-à-vis de sa progéniture. George Washington Adams et John Adams 2 ne voyaient pas beaucoup leur père. Néanmoins, celui-ci se manifestait à distance par des lettres sévères où il exhortait ces petits cancres à étudier le grec et le latin, à faire de leur mieux pour être en mesure de servir leur pays. Par la suite, George Washington a voulu échapper à ce carcan, à ce tracé qui n’était pas le sien et s’est adonné à la poésie, à la musique et au théâtre.

Pour parvenir jusqu’à la présidence, il est également nécessaire de réduire au minimum ce qui pourrait entacher le parcours vers le sommet. Le terrible Joe Kennedy, dans son désir pathologique de placer l’un de ses fils sur le trône, ne reculait devant rien. Il a été jusqu’à l’infamie de faire lobotomiser l’une de ses filles parce qu’elle était un peu trop légère, un peu trop hors norme, puis de la faire cloîtrer dans un couvent. Parfois, l’épouse du président n’est pas la moins zélée du lot : alors qu’elle n’avait que 3 ans, Anna Roosevelt a vu sa mère « lui attacher les mains au pied du lit afin de l’empêcher de se masturber ».

Alors, comment doit-on se comporter lorsqu’on a une filiation à assumer ? À certains moments de leur parcours, les enfants de Sarkozy ont préféré apparaître sous un autre nom pour éviter les questions d’autres étudiants. Le cas de Mazarine, la fille cachée de François Mitterrand, a été en tout point particulier. Lorsque la fille d’Anne Pingeot, toute fière du haut de ses 5 ans, est venue dire à ses copines que son père était désormais président de la république, elle n’a récolté que des railleries. Il faut se situer dans le contexte de l’école, où ceux qui semblent fanfaronner sont aisément rejetés ou sujets à des moqueries. Très vite, Mazarine a appris à taire cette filiation que l’ensemble de la France ignorait.

Pas facile non plus d’évoluer dans un environnement où des gardes du corps veillent en permanence sur vous. Tel a pourtant été le lot de ceux des enfants du clan Kennedy, que l’on présentait aux gamins dès leur plus jeune âge comme des « oncles ». Des oncles un peu particuliers, qui auraient gardé le goût de jouer aux cow-boys et aux Indiens puisqu’ils portaient un revolver.

À l’âge de 17 ans, Mazarine va faire son possible pour semer ces indésirables gardes du corps qui empiètent sur sa vie privée et sont témoins de ses premiers émois amoureux. Pour certains enfants, cette protection rapprochée devient une seconde nature : le fils d’Abraham Lincoln, sans doute traumatisé par l’assassinat de son père, a fait appel durant presque toute sa vie à des gardes du corps pour le protéger.

Une fois devenu adulte, comment vivre la position de fils d’un homme de pouvoir ? Que faire de sa vie ? Comment tirer son épingle du jeu ? Il est courant de voir certains se lancer dans la politique, ayant pris goût à la fièvre des meetings, des joutes, des victoires à l’arraché, cette griserie que procure le pouvoir, ce sentiment d’influer sur la vie d’autrui. Alain Pompidou, Louis Giscard d’Estaing, Gilbert Mitterrand ou Jean Sarkozy sont des exemples typiques de cette tentation de suivre la voie tracée par le patriarche. Parfois aussi, comme dans le cas de William, le fils du prince Charles et de Diana, il n’y avait simplement pas le choix : tôt ou tard, ce garçon a dû se faire à l’idée qu’un jour ou l’autre il serait roi d’Angleterre, quand bien même ce titre a perdu de sa patine.

D’autres semblent vouloir fuir la politique comme la peste, ainsi que la notoriété qui va de pair. Ainsi, la plupart des enfants de François Hollande brillent par leur discrétion. Avant eux, certains rejetons de René Coty ont fait de la normalité un mode de vie ouvertement assumé, jusque dans le détail.

Pour survivre à la célébrité d’un parent, quoi de mieux que de faire carrière dans une tout autre voie, et de préférence qui pourrait être bénéfique à la société ? Eh oui, pour faire oublier qu’on est le fils de… on peut tâcher de briller dans un autre domaine.

John Eisenhower était ainsi devenu un historien de renom. Robert Todd Lincoln, le fils du président qui a aboli l’esclavage, a connu une réussite exemplaire dans le monde du business. En tant que président de la société automobile Pullman Palace, il a amassé une fortune colossale.

Puisqu’il faut bien se positionner vis-à-vis d’une personnalité dont le temps est compté, certains enfants (presque toujours des femmes) ont également choisi d’assister leur père dans la tâche présidentielle. Quoi de mieux pour entretenir une relation forte, que de mêler l’affection filiale au sentiment de se rendre utile et avoir aussi l’étrange impression de peser quelque peu sur la destinée du pays ? C’est la voie qu’ont notamment empruntée Anna Roosevelt, Claude Chirac ou Tatiana Eltsine. Elles ont parfois rempli ce rôle en sacrifiant une partie de leur vie personnelle.

Sur le tard, certains sont tentés de vivre, en partie au moins, par procuration, consacrant une part de leur temps à glorifier la mémoire du disparu. Le comble est sans doute atteint quand on s’appelle de Gaulle. L’amiral Philippe a choisi d’accepter son destin à l’ombre de la figure de légende, quitte à basculer dans une dévotion sans borne, vouant la fin de sa carrière à entretenir la flamme.

Doug Wead, qui a été l’assistant de George Bush et a consacré un livre aux enfants de président américains, a lui-même constaté ce phénomène :

« J’ai remarqué une chose : durant leur existence, les leaders de la nation tentent de changer ce qui se passe. Par la suite, leurs descendants passent leur temps à essayer de remodeler ce qui, selon eux, s’est produit. Et cela ne s’arrête jamais car c’est un business à part entière. Généralement, la chose est enveloppée d’un voile respectable : elle est qualifiée d’éducative, d’humanitaire, de non lucrative. Elle n’en revient pas moins à vendre la présidence. Un peu comme lorsque la famille de Michael Jackson exploite son catalogue musical après sa disparition. Il n’est pas rare que les enfants de président aient le comportement du chat qui revendique son territoire et sortent les griffes dès lors que quelqu’un ose ouvrir la bouche. »

Toutefois, même lorsque l’enfant donne le meilleur de lui-même, ses mérites ne sont pas toujours reconnus. L’un des problèmes inhérents au fait de porter un nom célèbre est que toute réussite même due à son talent personnel est toujours teintée du sentiment que l’intéressé a eu davantage de chances qu’un autre à s’imposer du fait de son ascendance.

S’il doit en être ainsi, pourquoi devrait-on s’efforcer d’être quelqu’un d’irréprochable, de supérieur à la moyenne puisque son mérite propre risque de ne pas être reconnu ? Certains peuvent aussi estimer qu’après tout cette notoriété tombée du ciel est un bonus ; donc, autant en profiter. Michael Reagan a confessé qu’il était conscient qu’il aurait toujours, quoi qu’il arrive, une issue : « Je savais que, quoi que je fasse, je pourrais m’en sortir. Mes parents nettoieraient derrière moi. »

Robert Todd Lincoln, le fils d’Abraham, a échoué à quinze examens d’entrée à Harvard. Le comble a été atteint avec les enfants de Mouammar Kadhafi, qui ont vécu dans le luxe et parfois aussi dans la débauche, quitte à s’autoriser des comportements inhumains envers le personnel de maison.

Quand on est un fils ou une fille de président, l’amitié véritable peut-elle exister ? Il faut plutôt compter avec une avalanche de faux amis. Par principe, une personnalité de pouvoir voit s’agglutiner un grand nombre de courtisans. Il n’est pas facile de résister aux avis de cet aréopage de flagorneurs ayant tendance à valider le moindre des actes et à empêcher que l’on puisse prendre du recul. De même, lorsqu’il apparaît qu’on fait partie de la famille d’un membre du pouvoir, de vagues relations qui ne s’étaient nullement manifestées auparavant viennent souligner combien elles ont toujours été là quand il le fallait.

À partir de 1981, Anne-Marie Mitterrand raconte que des gens qu’elle connaissait à peine lui ont soudain demandé d’intercéder auprès du président de la république pour qu’il aide à résoudre leurs petits problèmes. À l’en croire, il en tombait de partout !

« Je devais répondre à des appels jusqu’à onze heures du soir ! Le solliciteur croyait me faire plaisir en jurant qu’il avait toujours voté comme il fallait, pour mon parti ! »

Cette proximité circonstancielle est pourtant aussi fragile qu’une plume. Claude Chirac l’a constaté alors qu’elle était au collège, en 1976, le jour où son père n’a plus été Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing. Soudain, la plupart de ceux qui se prétendaient ses amis avaient disparu. Claude Chirac a eu pour réaction de se fermer aux amitiés trop faciles en apparence et de n’accorder sa confiance qu’à un cercle très restreint de proches. Le recul qu’elle a su prendre assez vite lui a permis de demeurer tranquille quant à sa position, de se consacrer à son œuvre sans manifester une once d’ego personnelle.

Lorsqu’on porte un nom célèbre, on peut aussi s’attendre, dans certaines circonstances, à être traité avec des égards excessifs, alors qu’on ne le souhaite aucunement. Il a ainsi été reproché à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, que ses services aient été aussi efficaces pour retrouver la moto volée de son fils Jean. Comment éviter que les fonctionnaires fassent preuve d’une grande ardeur à régler les affaires des enfants du prince ?

Il n’est pas rare qu’un président ait connu une vie amoureuse dissolue, la frénésie du pouvoir pouvant favoriser des situations hors norme. Les enfants de lady Di vivaient douloureusement les révélations d’adultère que dévoilaient régulièrement les médias britanniques. Caroline Kennedy, pour sa part, pouvait entendre ses copains d’école faire des gorges chaudes des liaisons supposées de John, le play-boy insatiable. De là à ce que cela puisse déteindre sur les petits, il n’y a parfois qu’un pas. Les quatre fils de Franklin Delano Roosevelt se sont remariés si souvent que les historiens américains n’ont pas semblé pouvoir se mettre d’accord sur la question. Treize ? Quatorze ? Dix-huit fois ? Le débat est demeuré ouvert.

Enfin, un président affronte un lot de critiques hors du commun de la part de ses contemporains. Or, là où l’intéressé peut avoir développé une carapace épaisse qui le met à l’abri de la superficialité d’une époque, un enfant peut vivre bien moins aisément ces fléchettes dardées sur son paternel.

Mazarine a confié combien cette situation n’était pas facile à vivre tous les jours :

« Cette haine, j'en ai un peu hérité. Je reçois des lettres anonymes. Dans la rue, parfois, on m'apostrophe, on m'insulte. Heureusement, il y a aussi des gens très sympas. »

Tel est le lot de ces happy few, qui portent malgré eux un nom célèbre, un nom synonyme de pouvoir, d’influence, de position suprême. Tout au long de ce livre, nous avons voulu suivre le parcours de celles et ceux qui ont l’heur ou le malheur de porter ainsi un patronyme connu de tous, attaché à un visage familier, une position mythique à laquelle la plupart n’oseraient même pas rêver.

Un nom qui suscite les passions, les débordements, les haines comme la dévotion.

Un nom à même de faire pleuvoir les critiques amères, des ressentiments de longue date, des frustrations liées à l’intime conviction que si eux-mêmes avaient pu peser sur le cours du destin les choses se seraient passées tout autrement.

La vie d’un enfant de président, cela ressemble à quoi au juste ?…

La tragédie des enfants Kennedy

C’est sous la présidence de John Kennedy que les enfants de président sont devenus davantage qu’une simple progéniture. Outils de promotion à part entière, la petite Caroline et son frère John John, entourés de ces cousins et cousines dont ils semblaient inséparables, ont été les symboles d’une Amérique qui tournait une page. Glorieuse, détendue, florissante, synonyme de joie de vivre, de plages sablonneuses pour les surfeurs casse-cou et de virées au bord de l’Océan.

Les images de John John et de Caroline dans le bureau Ovale ont participé à l’édification d’une légende, celle du plus mythologique des dirigeants qu’ont connus les États-Unis. Plus tard, Bobby, celui qui va tenter de reprendre le flambeau, exhibera lui aussi ses propres enfants lors de sa propre campagne. Comme ils sont jeunes, comme ils sont attendrissants…

Durant les trois années de son règne fugace, John et son épouse, Jackie, d'origine française, ont véhiculé l’image d’une contrée de rêve, avec ses Cadillac, ses drinks gazéifiés, ses chewing-gums, ses chevauchées fantastiques dans les plaines, son Elvis gominé revenu assagi de la caserne, ses actrices blonde platine… L’Amérique s’était métamorphosée en un Hollywood géant dont les enfants de président jouaient le rôle de figurants, essentiels à la propagation du mythe d’une civilisation modèle. Un pays victorieux, qui arborait fièrement son mode de vie, ses valeurs, sa corne d’abondance.

Et pourtant, il n’y avait là qu’un spectacle, un show on the road… Dans les coulisses, la CIA et autres forces obscures étaient à l’œuvre. Au FBI, Edgard Hoover accumulait les clichés compromettants sur les personnages publics pour mieux les mettre au pas. John Kennedy était une proie facile, tant il flirtait allègrement avec Marlene Dietrich comme avec de vulgaires pimbêches. En parallèle, les chefs militaires, épatés par les nouveaux jouets dont ils disposaient, voulaient à tout prix les essayer sur le terrain.

Lorsque le soufflé est retombé, Jackie Kennedy et ses enfants, John John, Caroline mais aussi leurs cousins, ont payé cher ce flirt excessif avec l’illusoire.

Au début des années 1960, les enfants Kennedy vivent leur propre version de La Mélodie du bonheur. Inséparables, que ce soit entre frères et sœurs ou avec les autres enfants du clan, ils jouissent d’une existence privilégiée. Beaux, souriants, aussi idylliques en surface que John et Jackie, ils sont constamment ensemble, que ce soit sur le bateau ancré au large de la résidence estivale de Hyannis Port, dans le Massachusetts — achetée par la grand-mère Rose en 1928 —, ou dans l’une des salles de cinéma que possède le grand-père, le trouble Joe. Lorsqu’ils apparaissent devant les caméras de la télévision, à l’instar de papa et maman, les enfants de John mais aussi ceux de son frère Bobby sont des gravures de mode au naturel, ils sont aussi parfaits que certains personnages de Walt Disney. Qui plus est, jamais l’Amérique n’aura connu un aussi beau couple. John est un play-boy né, Jackie est la plus glamour des femmes — et la plus admirée du pays. Dans la vieille Europe, on découvre ces images avec ravissement, et bien des jeunes rêvent de migrer vers cette nouvelle Terre promise.

Pourtant, dès l’origine, les Kennedy n’ont été qu’une façade, un simulacre, un mensonge maquillé. Celui qui a bâti la légende est le grand-père, le terrible Joseph dit « Joe ». Ce fils d’un immigrant d’Irlande a fait fortune avec la spéculation, l’usage illicite d’informations confidentielles sur des entreprises, le cinéma de série B… Il est allé jusqu’à importer de l’alcool à Chicago au temps de la prohibition et disposait de ses entrées à la mafia. Étant l’ami de magnats de la presse comme Randolph Hearst, il a été en mesure de manipuler les médias à son avantage.

Chez Joe Kennedy, la perversité financière allait de pair avec un esprit de famille marqué, sans doute aiguillonné par Rose, une catholique convaincue. Vers le début des années 1930, il a établi des fonds destinés à rendre ses enfants indépendants financièrement — avec plus de 20 millions de dollars chacun. Tout était prêt

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