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Le Manipulé

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Le Manipulé

Longueur:
427 pages
10 heures
Sortie:
Jan 18, 2018
ISBN:
9782378460174
Format:
Livre

Description

Allan est un petit garçon normal. Pourtant, il va sombrer dans la folie et devenir le plus grand meurtrier des États-Unis. Sa vie bascule à la mort de sa mère où il fait la connaissance de son ami imaginaire qui va l'entraîner dans la désolation. Poussé par son ami imaginaire, Allan se transforme en véritable monstre sanguinaire. Folie meurtrière ? Délire schizophrénique ou paranoïde ? Possession démoniaque ? Rien de l'arrêtera sauf la mort.
Histoire inspirée d'un fait réel.

Sortie:
Jan 18, 2018
ISBN:
9782378460174
Format:
Livre

À propos de l'auteur

Passionnée par l'écriture et la démonologie, Marie d’Ange se lance dans la publication d'un blog sur le même thème pour ensuite s’adonner à l’écriture de nouvelles et de romans. Son univers c'est le psychologique, le psychiatrique, les démons, les comportements déviants et détraqués. Elle est attirée par le surnaturel et le paranormal. Ses livres sont tirés d'histoires réelles et nous entraînent dans un univers glauque où la réalité se mélange à l'irréel et surtout à l'impensable. Marie d'Ange s'amuse à décortiquer des personnages psychotiques, à les humaniser pour mieux les comprendre. Elle décrit les mécanismes et les faits qui poussent un homme à sombrer dans la folie meurtrière. Ses histoires mêlent démons et phénomènes paranormaux pour mieux nous faire peur.


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Aperçu du livre

Le Manipulé - Marie d'Ange

Le Manipulé

By Marie d’Ange

***

Published by:

Les Éditions la Rose du Soir

Copyright (c) 2017 by La Rose du Soir

ISBN :  978-2-37846-017-4

****

All rights reserved. Without limiting the rights under copyright reserved above, no part of this publication may be reproduced, stored in or introduced into a retrieval system, or transmitted, in any form, or by any means (electronic, mechanical, photocopying, recording, or otherwise) without the prior written permission of both the copyright owner and the above publisher of this book.

This is a work of fiction. Names, characters, places, brands, media, and incidents are either the product of the author’s imagination or are used fictitiously. The author acknowledges the trademarked status and trademark owners of various products referenced in this work of fiction, which have been used without permission. The publication/use of these trademarks is not authorized, associated with, or sponsored by the trademark owners.

Éditions la Rose du Soir Licence Notes

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Marie d’Ange

Le Manipulé

Blog de l’auteur : Journal d’une démonologue

Le mal est notre ennemi. Mais, ne serait-il pas pire qu’il fût notre ami ?

Léonard de Vinci

Un fait divers a inspiré ce livre, celui de l’attentat de Bath Consolidated School. Voici un extrait de ce qu’on a pu lire dans les journaux du pire massacre jamais perpétré dans une école américaine :

« Le 18 mai 1927, Andrew Kehoe, 55 ans, fermier de son état, fait exploser l’école de Bath (Michigan, mid-ouest) dont il était également le gardien. Bilan : 45 morts, dont 38 enfants âgés de 6 à 12 ans. Motif : il en avait assez de payer des impôts pour financer des établissements scolaires.

Il est à peine 9 heures lorsque l’explosion retentit ce matin-là dans l’enceinte de la Bath Consolidated School, alors qu’enfants et professeurs font cours. Kehoe vient d’appuyer sur le détonateur depuis l’extérieur de l’établissement, faisant sauter environ 200 kilos d’explosifs qu’il a minutieusement placés dans le sous-sol de l’école, dont il a la clef. Lorsque les secours arrivent, les murs sont détruits, le toit est démoli et des cadavres gisent sous les débris. »

Ce geste terrible a suscité l’effroi dans toute l’Amérique. 

Bien sûr, pour les besoins de l’histoire, j'ai modifié les lieux, les dates, les évènements... Et surtout, cela reste une fiction. Tous les personnages sont fictifs. Ce livre n’a pas pour vocation d’expliquer le geste d’Andrew Kehoe.

Bonne lecture.

Prologue

Un ami imaginaire

Du haut de ses 6 ans, Allan Kiet contenait avec peine une douleur et une colère d’adulte. Il fixait la statue de l’imposant Jésus crucifié de la petite église de Constantine sans pouvoir en détourner son regard, tout en se frottant la bouche avec la main, geste qu’il faisait sans s’en rendre compte lorsqu’il réfléchissait ou était en colère. Aujourd’hui, il était en colère. Cette croix le révulsait. Comment Dieu avait-il permis qu’un tel drame arrive ? « Espèce de fils de pute, pourquoi tu m’as pris ma mère ? Pourquoi tu l’as laissée mourir ? Jamais je pourrais te pardonner ! T’es plus mon Dieu ! » Et plus le jeune garçon pensait à sa mère, plus il se sentait mal et plus il frottait sa bouche avec sa main, au point de s’irriter la peau. À moitié conscient de ce qui se passait autour de lui, il entendait vaguement la voix monocorde du père MacNeil qui officiait à l’enterrement de sa mère, les pleurs de son père et de ses deux sœurs. C’était atroce. Tout tanguait autour de lui. Les vitraux paraissaient s’éteindre et s’étendre. Ils paraissaient vouloir l’engloutir. L’enfant était au bord de l’évanouissement. Il tourna son regard pour ne plus fixer la croix catholique et croisa celui de Johanna qui le matait avec ses yeux bigleux. Et là, il ne put retenir sa colère. D’un bond, il se leva et se jeta sur elle en hurlant. Il la frappa. Il fit voler ses poings partout, sans pouvoir s’arrêter. Il exultait sa rage auprès de cette femme qu’il avait toujours détestée.

─ Espèce de salope, c’est à cause de toi tout ça, cria Allan tout en frappant la nourrice. 

D’abord surprise par la force de l’assaut, Johanna reçut quelques coups au visage avant de chercher à les éviter. Devant son impuissance à contrôler cet enfant enragé, elle appela de l’aide en hurlant. L’assemblée tout entière regardait la scène, pétrifiée. Personne ne bougeait, tant ce qui se passait dans cette petite église de village était surréaliste. Seul Charles Kiet réagit et attrapa son petit-fils qui se convulsait sous la colère.

Le grand-père transporta l’enfant, qui se débattait encore en criant, à l’extérieur de l’église et lui ordonna de se calmer. Le vieil homme s’était pris, au passage, quelques coups dans le dos. Le garçon n’arrivait pas à décolérer, et cela malgré l’ordre de son grand-père. Il avait tellement de rage en lui.

Dépité, ne sachant quoi faire pour calmer son premier petit-fils, Charles Kiet lui flanqua une gifle. Jamais il n’avait corrigé un de ses enfants, alors frapper un de ses petits-enfants était inconcevable. Sauf aujourd’hui. Allan ne lui avait pas donné le choix. Il comprenait la douleur de l’enfant. Il ne pouvait pas avoir de douleur plus grande pour un fils que celle de perdre sa mère.

La gifle surprit Allan qui arrêta net de crier et porta la main à sa joue qui rougissait déjà.

─ Reste dehors, dit Charles. Ne retourne pas dans l’église. Attends que la cérémonie se termine et réfléchis à ton acte.

Le grand-père peinait à retenir ses larmes. Il était en colère contre Allan.

─ Ta maman, que Dieu ait son âme, ne doit pas être très contente de ton comportement mon petit.

Puis, il s’engouffra dans l’église et disparut.

Resté seul, Allan voulut fuir ce monde injuste et se mit à courir en hurlant. 

─ C’est pas ma faute, pardon maman. C’est la faute de Dieu, c’est lui qui t’a fait mourir ! Pardon maman ! Pardon maman !

À bout de forces, il arrêta enfin sa course effrénée et s’appuya contre un chêne pour reprendre son souffle. De là où il était, il pouvait voir la minuscule église se dresser au loin et entendit les cloches sonner, signant la fin de la cérémonie. En pleurant, il déversa toute sa haine contre l’arbre. Il frappa avec ses petits poings le bois dur en hurlant.

─ Pourquoi Dieu ? Maman t’a toujours servi ! T’avais pas le droit de faire cela ! Pourquoi t’as pas pris cette bigleuse de Johanna à sa place ? J’te prierai plus jamais ! Jamais ! Tu m’entends toi là-haut qui ne fais que le malheur ? J’veux plus de toi ! Ma maman ! Non ma maman !

Allan avait toujours aimé sa mère. Elle ressemblait à un ange, avec ses yeux bleus et ses cheveux blonds. Elle était magnifique et si gentille. Tous les soirs, elle le berçait pour l’endormir en récitant ses prières. Et pourtant, Dieu avait jugé utile de la rappeler près de lui. Allan ne comprenait pas cette injustice. Bientôt, ses mains furent en sang à force de taper le bois dur.

Occupé à déverser sa rage sur l’arbre, l’enfant ne s’aperçut pas de l’homme habillé en noir qui s’approchait de lui.

─ Qu’est-ce qu’il se passe gamin ? Pourquoi hurles-tu autant ? Pourquoi t’acharner contre cet arbre ? Que t’a-t-il fait pour mériter ces faveurs ?

Allan arrêta net de frapper l’écorce du chêne et dévisagea l’inconnu. Une longue capuche noire cachait son visage. Pourtant, il semblait sourire.

─ Ma mère est morte !

─ Aie. Ce sont des choses qui arrivent malheureusement. Ta plainte est une révolte, mais comprime ton gémissement. Viens avec moi, je vais te raconter comment j’ai perdu ma mère alors que j’avais ton âge. Après, tu me raconteras ton histoire. On deviendra peut-être de grands amis, des amis orphelins. 

Allan essuya son nez avec le revers de la manche de son veston et se frotta la bouche avec sa main. Un long filet de morve coula le long de sa veste et resta quelques minutes en suspens avant de s’écraser à terre. L’homme s’accroupit devant lui.

─ On pourrait devenir ami gamin et je t’aiderai à te venger de Johanna. Je connais cette Bigleuse qui a tué ta mère. Viens, viens avec moi. Je l’humilierai devant toi. Patiente un peu gamin et laisse-moi t’instruire, laisse-moi te montrer le chemin de la vengeance, car je rends justice aux opprimés.

L’homme lui tendit la main. Allan continuait à se frotter la bouche. Il la ponçait avec sa main. Comment cet inconnu connaissait-il Johanna ? Peu lui importait, il allait l’aider à se venger et cela lui suffisait. Il prit la main de ce nouvel ami, de ce nouvel ami orphelin comme lui. Sa main était glaciale. Autour de lui, une mouche volait et se posa sur sa joue. L’homme la fit partir d’un geste de la main. Au loin, les cloches résonnaient encore. Sa mère allait être mise sous terre. Il ne pouvait même pas lui faire ses adieux, on l’avait chassé. Tous étaient complices de Johanna.

─ Oui gamin. Ta nourrice a ligué tout le monde contre toi. Mais à nous allons nous venger. Je te le promets. La voilà déjà à terre sans pouvoir se relever.

À nouveau la mouche se posa sur la joue d’Allan. Elle était énorme, noire, impressionnante. D’une caresse, l’homme la fit déguerpir.

Allan partit avec son nouvel ami qui lui narra comment il avait perdu sa mère. Allan lui raconta combien il souffrait. Bizarrement, il se sentait bien avec son nouvel ami. Et en sécurité.

Chapitre 1

Retour dans le passé

Quelques mois avant cet évènement, la famille Kiet était encore une famille heureuse. Marbella était une mère au foyer qui élevait ses trois enfants avec beaucoup de plaisir et Paxton était un mari comblé.

Paxton et Marbella s’étaient connus sur les bancs de la petite école de Constantine et s’étaient toujours aimés. Le premier jour où Paxton avait vu Marbella, il sut qu’elle serait la femme de sa vie. Elle était magnifique et il la comparait souvent à un ange, tant elle était douce et fragile. Dès qu’il eut 18 ans, il demanda sa belle en mariage, ce qu’elle avait accepté avec beaucoup de joie.

L'annonce de ce mariage n'avait pas surpris les parents des tourtereaux qui avaient su, bien avant eux, que les amoureux étaient faits l’un pour l’autre. Tous deux natifs de Constantine dans le Michigan, ils ne se lâchaient pas d’une semelle depuis l’école. Ils avaient grandi ensemble. Ils s’étaient aimés dès le berceau. Tous deux venaient du même milieu modeste et partageaient l’envie de fonder une grande famille.

Ils se dirent oui dans la petite église du village, alors que Paxton venait à peine de souffler ses 19 bougies et Marbella affichait le bel âge de 16 ans, cette même église qui baptisera leurs enfants et qui accueillera la dépouille de Marbella quelques années plus tard. Ce fut le Père Martin MacNeil qui les maria devant une assemblée émue.

Fraîchement arrivé à Constantine, le prêtre n’avait encore jamais célébré de mariages. Paxton et Marbella furent les premiers promis qu’on lui confiait. C’est dire s’il était anxieux. Il avait voulu trop en faire et ne fit que d’énormes gourdes. Il bégaya, fit tomber la Bible et mit du temps à retrouver le psaume qu’il lisait, se cogna contre l’autel et reversa les hosties consacrées. Il faillit même oublier le chapitre des Consentements mutuels.

Personne ne lui en tint rigueur. Surtout pas Marbella. Tout au long de la cérémonie et même si ce grand jour l'émouvait, elle avait essayé de le rassurer et de le guider, pendant que Paxton la mangeait du regard tant il la trouvait belle. Autant vous dire, chers lecteurs, que le prêtre nourrissait beaucoup d’affection pour ce couple si discret et si gentil.

Marbella était une jeune femme blonde, aux yeux bleus clairs, très frêle et menue. Lorsqu’elle marchait, elle dégageait une impression de fragilité augmentée par le teint pâle de sa peau que la blondeur de ses cheveux accentuait. C’était un des aspects de sa personne qui avait attiré Paxton en plus de son magnifique sourire et de sa gaité permanente. Marbella était une femme très pieuse. Elle se rendait à la messe tous les dimanches et participait à la chorale. Elle tenait une place importante au sein de la communauté religieuse catholique. Souvent, elle évoquait les souvenirs de son mariage avec le Père MacNeil et les deux amis riaient aux éclats. Marbella était d’un caractère très jovial. Elle chantait souvent et souriait tout le temps. Sa plus grande force résidait dans le fait qu’elle arrivait à communiquer sa joie de vivre à ceux qui l’entouraient. Tout le monde aimait Marbella pour sa gentillesse, sa simplicité, son sourire.

Son mari, Paxton était un fermier comme son père avant lui et son grand-père, un travailleur droit et honnête qui n’hésitait jamais à aider son prochain. Grand, brun et trapu, il se démenait dans les travaux de la ferme pour nourrir sa famille. Plus encore lorsqu’il devint père. Paxton cultivait des asperges et des carottes qu’il vendait au marché. Il possédait aussi une vache, un cheval et des poules.

Depuis son plus jeune âge, Marbella avait rêvé devenir mère et Dieu exauça ses prières en lui offrant d’abord un fils, Allan.

L’enfant était né avec des yeux noirs, ce qui était plutôt surprenant pour un nourrisson.

Trois ans après la naissance d’Allan, la famille accueillit Brenda puis Mary-Sue. Les deux filles ressemblaient beaucoup à leur maman : blondes aux yeux bleus. Au contraire d’Allan qui ressemblait à son père, avec sa tignasse brune et son corps trapu.

Ce fut Johanna qui joua le rôle de sage-femme pour les accouchements des enfants Kiet. Marbella l’avait choisie, car Johanna, qu'Allan rebaptisera plus tard la Bigleuse, était sa meilleure amie. Johanna était aussi native de Constantine. C’était une femme douce, pieuse, mais qui ne trouvait pas de mari à cause de sa grande taille, de son strabisme et de son physique ingrat. N’ayant pas de conjoint, elle gagnait sa vie en étant institutrice dans l’école de Constantine. Son temps libre, elle le passait à l’église. C’était une femme effacée, qui était devenue, au fil des années et à force de ne pas trouver de mari, une personne triste et mélancolique. Elle ne souriait jamais et parlait très peu. Pourtant, son âme était douce, sans aucune once de méchanceté. C’était pour cela que Marbella l’aimait.

Mais, ce qu’elle ne savait pas, c’est que toute petite déjà, Johanna était tombée amoureuse de Paxton. La jeune femme n’avait jamais rien dit à son amie et avait préféré garder ce secret enfoui au fond de son cœur.

À cette époque, une coutume voulait que la jeune maman fût assistée d’une dame pour l’aider dans les tâches quotidiennes pendant un mois après chaque accouchement. Encore une fois, Marbella avait choisi Johanna pour la seconder.

Allan n’aimait pas Johanna. Il avait peur de son strabisme. Il ne supportait pas ce regard louche. Du coup, lorsqu’elle avait secondé sa maman après la naissance de ses sœurs, il passa le plus clair de son temps à côté d’elle.

Pour nourrir sa famille qui s’agrandissait, Paxton travaillait dur aux champs et n’était pas souvent à la maison. Il s’occupait très peu des enfants. Cette tâche était celle de Marbella qui avait été une mère attentive et attentionnée. Elle avait donné beaucoup d’amour à ses enfants, surtout à Allan. Un lien fort unissait la mère et le fils. Le petit vouait une adoration sans limites pour la femme qui lui avait donnée la vie. Il aimait lorsqu’elle le câlinait en le berçant et en chantant. Il aimait lorsqu’elle lui racontait des histoires le soir pour l’endormir.

La petite famille n’était pas bien riche et avait vécu des moments rudes, surtout l’hiver où la nourriture avait tendance à manquer. La vache donnait le lait nécessaire pour nourrir les enfants, le cheval aidait à cultiver les terres et les poules donnaient des œufs que Marbella troquait à l’unique épicerie de la ville contre des denrées de première nécessité ou du tissu. Mais, malgré les problèmes d’argent, Marbella et Paxton étaient un couple uni, et l’amour était omniprésent à la ferme Kiet. Comme avait toujours dit Marbella : « Du moment que nous sommes tous ensemble tout va bien ».

C’était dans cette atmosphère remplie d’amour qu’Allan avait grandi avant la mort de sa mère. Parfois, il accompagnait son père au poulailler, l’aidait à nourrir les poules et à ramasser les œufs. C’était même devenu son travail, le « travail du p’tit d’hom » comme aimait l’appeler son père.

Allan était un garçon intelligent et très imaginatif. Pour améliorer le quotidien de ses parents, il inventait des objets utiles, comme, par exemple, un seau doté d’un mécanisme mécanique d’essorage, pour permettre à sa maman de sécher plus rapidement le linge. Serviable, il aimait jouer avec ses sœurs et leur apprendre de nouvelles choses lorsque leur mère était occupée. Très observateur, il s’aperçut très vite qu’elle tombait malade.

La maladie frappa Marbella alors qu’Allan n’avait pas encore soufflé ses 6 bougies. Il l’entendait tousser à se rompre les poumons, il la voyait se fatiguer vite, il s’aperçut qu’elle était pâle et tenait à peine debout. La jeune femme était à bout de forces. Pour l’aider au quotidien et avec les enfants, la mère de Paxton, Marge Kiet, et Johanna se relayèrent à la maison. Le Père MacNeil passait régulièrement voir la malade pour prier avec elle. Derrière la porte de la chambre, Allan les entendait réciter des psaumes de la Bible. Il connaissait par cœur celui de la « Grandeur de Dieu » et il le récitait tous les soirs avant de dormir en demandant à Dieu de guérir sa maman.

Paxton fut contraint d’appeler le médecin du village, le Docteur Grey. Ce dernier ausculta la pauvre femme qui brûlait de fièvre dans son lit. Allan se souvenait clairement de ce jour. Le Docteur Grey était sorti de la chambre avec une mine déconfite. Son père et lui s’étaient enfermés dans la cuisine pour discuter. Allan ressentait que sa maman ne guérirait pas, la maladie qui la rongeait était grave. Après le départ du médecin, il avait ouvert la porte de la chambre de sa mère et s’était assis sur le lit, pendant que Marbella dormait. Elle avait l’air si calme. Mais, il avait vu les taches de sang qui maculaient le drap blanc. Allan savait ce que c’était. Il avait vu sa maman cracher du sang après une quinte de toux. Marbella avait essayé de dissimuler dans sa poche le mouchoir, trop tard, Allan avait vu. Dans sa petite tête d’enfant, il s’imaginait qu’une petite bête comme un ver rongeait sa maman de l’intérieur, que c’était son estomac qui saignait et qu’il fallait lui mettre un pansement pour qu’elle guérisse.

La même nuit, il fit un cauchemar terrible : sa mère toussait tellement qu’elle en cracha son estomac. À côté d’elle se tenait Johanna qui riait aux éclats. Il comprit que c’était la Bigleuse qui avait donné le ver à sa maman en lui faisant manger une pomme, comme dans le conte de Blanche-Neige. L’enfant tenta de le dire à son père. Mais, la santé de sa femme ainsi que son propre chagrin le préoccupaient tellement qu'il ne l'écouta pas. Allan se sentit délaissé, incompris.

Les choses s’enchaînèrent rapidement. Marbella n’eut plus la force de quitter son lit et Paxton fit appel à Johanna pour s’occuper de la maison et des enfants à plein temps. Johanna accepta la demande de son ami — et amoureux secret —  et quitta son poste d’institutrice. En échange, Paxton la rémunéra pour son activité de nourrice.

Allan ne vit pas cette arrivée d’un très bon œil et se renferma sur lui-même. Tous les soirs, il pleurait seul dans son lit. L’enfant avait très mal vécu cette période, mais le pire était encore à venir. Dans sa petite tête de gosse, une idée commençait à s’insinuer : Johanna voulait prendre la place de sa maman, car elle n’avait ni enfants ni mari.

Ce qu’Allan ne vit pas était que Johanna priait chaque soir pour le rétablissement de son amie. Elle faisait aussi prier Brenda et Mary-Sue. Jamais Allan n’avait voulu se joindre à elles. Il continuait de penser que la nourrice priait pour que Dieu emporte sa maman et la mène au ciel. Allan acceptait de prier avec le Père MacNeil qui passait tous les jours voir Marbella.

Un jour, l’enfant se confia au prêtre, lui révélant ses peurs. Le prêtre ne le prit pas au sérieux et lui dit simplement :

─ Dieu ne sera pas content si tu accuses une personne innocente. Prie avec moi pour la guérison de ta maman et ne parlons plus de cette histoire. Il n’est pas bon de mettre le juste à l’amende. Viens mon enfant, repens-toi et prie avec moi.

Quelques semaines après cet évènement, Allan eut six ans. Tout le monde oublia son anniversaire. Sauf Johanna qui fit un gâteau et que l’enfant refusa de manger croyant que la nourrice y avait mis un ver. Ce même jour, le Docteur Grey vint à la maison accompagné d’un confrère de Détroit. Pendant un long moment, les deux médecins restèrent enfermés dans la chambre où agonisait Marbella. Lorsqu’ils en ressortirent, Allan avait tout de suite senti que quelque chose n’allait pas. Son père avait les larmes aux yeux. Les trois hommes s’enfermèrent dans la cuisine pour discuter. Ils ne savaient pas qu’Allan avait l’oreille collée à la porte.

Allan ne comprit pas tout ce que disaient les médecins et son père. Il entendit les mots « sanatorium » et « tuberculose », mais ne savait pas leurs significations. Il comprit simplement que sa maman était très malade et mourante. Il entendit son père pleurer. Jamais il ne l’avait vu ou entendu pleurer. Il sanglota à son tour. Le petit garçon eut peur de perdre sa douce maman. La tête lui tournait tellement il était terrorisé. 

Plus tard, Paxton convoqua son fils. Allan remarqua qu’il avait une mine fatiguée, des yeux enflés à force d’avoir trop pleuré. Il faisait tourner une cuillère à café dans une tasse contenant du thé froid. Le gling gling de la cuillère contre la tasse, ce simple bruit dans cette pièce silencieuse, résonna comme un signal d’alarme pour l’enfant. Il prit place sur une chaise en face de son père et regarda, comme hypnotisé, la cuillère tourner dans la tasse, sans oser bouger. Enfin, son père releva la tête et le regarda. Il esquissa un sourire et des larmes envahirent ses yeux.

─ Il va falloir être fort p’tit d’hom. J’ai besoin de toi pour réconforter tes sœurs. Ta maman est très malade et devra aller dans un hôpital loin de nous. Là-bas, il y a plein de médecins et d’infirmières qui pourront la guérir. Il faut prier pour sa guérison mon fils.

Allan repensa au mot « sanatorium ». C’était peut-être un hôpital dans le jargon médical. Seulement, l’enfant n’avait pas envie que sa maman parte loin de lui. En larmes, il se jeta dans les bras de son père. Paxton le consola et lui promit que sa maman reviendra vite guérie. Il savait qu’il ne pourrait tenir cette promesse. Ce qu’il ne savait pas, était que son fils ne lui pardonnerait jamais ce mensonge.

Le lendemain, Marbella fut emportée au sanatorium de l’État d’Ohio, le plus proche de Constantine, par deux hommes en combinaison blanche. Les enfants, à qui l’on avait interdit d’approcher la malade, durent lui faire leurs adieux de loin. Allan ne le supporta pas et hurla, bientôt suivi de ses sœurs. Entendant les cris, Marbella réussit à esquisser un sourire et à marmonner un inaudible « je vous aime ». Ce qui calma Allan. Ce fut la dernière fois qu’il vit sa mère vivante.

Allan était trop petit pour imaginer la mort. Pour lui, sa maman reviendra guérie de l’hôpital. Elle reviendra pour lui cuisiner son gâteau au chocolat préféré ou des cookies, pour le bercer, pour lui chanter des chansons… Il suffisait d’attendre. Mais, la souffrance l’emporta sur la raison et Allan perdit pied. Il entra dans une rage folle et destructrice. Lui qui arrivait d’habitude à cacher sa peine et ses sentiments, était furieux et eut du mal à contenir sa rage. Il détesta sa vie. Il détesta Dieu qui avait permis que sa mère tombe malade, les médecins qui n’arrivaient pas à la guérir, son père, trop faible, qui l’avait laissée partir, Johanna qui lui avait donnée le ver, ses sœurs… Il s’enferma dans sa chambre où il se cogna plusieurs fois la tête contre les murs pour faire taire sa colère. Finalement, épuisé et assommé, il s’écroula sur son lit. Son crâne, ouvert à plusieurs endroits, le faisait souffrir, mais se maltraiter lui avait fait du bien. Les jours suivants, personne ne remarqua son énorme bosse sur son front. Seule Johanna la vit. Elle pria pour l’enfant. 

En l’absence de Marbella, Johanna continua son rôle de nourrice au sein de la famille Kiet. Elle aimait les enfants de son amie qu’elle avait vus naître. Elle s’occupait d’eux comme une mère et régissait la maison avec beaucoup de professionnalisme allant même jusqu’à éviter Paxton pour ne pas se laisser détourner de son travail par des pensées charnelles. Tous les soirs, elle priait pour la guérison de son amie et pour que Dieu lui pardonne d’aimer Paxton. Ce dernier remarqua cette attitude un peu curieuse, mais cette situation lui convenait. Il avait besoin de solitude pour souffrir à son aise. Après tout, il ne payait pas Johanna pour lui faire la conversation.

Johanna prenait son rôle de nounou à cœur, trop au goût d’Allan qui la suspectait de vouloir prendre la place de sa mère. L’enfant avait vu les regards qu’elle portait sur son père. Des regards remplis d’amour. Il la détesta pour cela et pour tout le reste.

Les semaines défilèrent ainsi et Marbella ne rentrait toujours pas à la maison. Malgré les questions incessantes d’Allan à ce sujet, Paxton évitait la discussion et préférait fuir son fils. Il s’enfermait dans l’écurie, où il pouvait laisser jaillir ses larmes.

À plusieurs reprises, Allan avait demandé d’aller voir sa mère à l’hôpital. Paxton lui expliqua que le sanatorium se trouvait dans l’État d’Ohio et qu’il n’avait pas les moyens de s’y rendre. En réalité, les visites étaient interdites.

Le « p’tit d’om » souffrait de l’absence de sa mère. Il faisait bonne figure devant ses sœurs et s’efforçait de ne pas laisser paraître son angoisse. Au fond de lui, une rage sourde grondait, surtout lorsqu’il était en présence de Johanna. Tous les soirs, il priait un autre dieu pour contrer le Dieu des catholiques, car il ne voulait pas prier le même Dieu que Johanna. Il demandait à sa divinité de mettre « la Bigleuse » à la place de sa maman dans ce lit d’hôpital.

Johanna s’évertuait à apaiser la peine des enfants. Elle leur confectionnait des gâteaux, les faisait jouer, les emmenait se promener et parfois arrivait à faire sourire les deux filles. Pour cela, elle remerciait Dieu. Entre Johanna et Allan, les échanges étaient plus rares, et cela malgré toutes les bonnes intentions de la nounou. Allan l’évitait et ne cherchait pas à cacher son aversion pour elle.

Un jour, Grey Walter vint voir Paxton qu’il trouva dans son établi, occupé à réparer une hache. Ce dernier leva la tête et comprit de suite de quoi il en retournait en voyant le visage fermé et livide du médecin.

─ Bonjour Paxton. Je viens d’avoir des nouvelles du sanatorium de l’Ohio et elles ne sont pas très bonnes. Marbella ne réagit à aucun traitement et la maladie gagne du terrain. Je pense qu’il faut s’attendre au pire.

Cette déclaration anéantie Paxton. Il se sentit fatigué et furieux. Furieux contre la vie, contre le destin et contre cette terrible maladie qui allait emporter son unique amour. Et fatigué d’attendre une guérison qui ne viendra jamais.

Il ressentit le besoin de parler à quelqu’un, pour se confier et soulager sa peine. Il trouva Johanna dans la cuisine, affairée à préparer le dîner. Il s’écroula dans ses bras, pour le plus grand bonheur de la jeune femme qui en profita pour le serrer contre son cœur. Paxton lui raconta ce que le médecin lui avait dit. À la fin de son discours, ne pouvant plus se retenir, le pauvre homme pleura à nouveau et Johanna en profita pour le cajoler. Les larmes aux yeux, elle le réconforta avec de douces paroles apaisantes et des caresses. Et là, dans ses bras, elle se prit un instant à rêver être sa femme.

Ce fut ce moment qu’Allan choisit pour entrer dans la cuisine en tenant un panier rempli d’œufs fraîchement ramassés. En voyant son père pleurer, blotti dans les bras de la « Bigleuse » et elle le serrant, il n’en crut pas ses yeux. De rage, il jeta son panier à terre. Les œufs explosèrent au contact du sol. À cet instant, tout devint clair dans son esprit : Johanna voulait prendre la place de sa mère ! C’était à cause d’elle que sa mère était tombée malade ! C’était de sa faute, car elle priait tous les soirs pour qu’elle meure.

─ T’as pas le droit, cria Allan en s’adressant à Johanna. Papa est à maman et pas à toi !

Johanna s’écarta très vite de Paxton. Avant même que les deux puissent reprendre leurs esprits, Allan courait déjà en direction de la forêt. Paxton voulut le rattraper, mais trop las, il renonça à le poursuivre. Il attendra son retour pour le battre et lui ordonner de ne plus jamais manquer de respect à Johanna.

Le soir venu, Paxton administra la punition qui n’eut pour conséquence que de mettre davantage l’enfant en colère et attiser la haine qu’il portait à la nourrice. À chaque coup de martinet reçu, l’enfant pensa à le rendre à la Bigleuse. Il l’imagina hurlant de douleur à sa place. Cela lui permit de ne pas ressentir sa souffrance à lui. Un jour, il la fera souffrir. Un jour, elle crachera du sang et agonisera. Il s’en fit la promesse.

Après cet évènement, et sur les conseils de Johanna, Paxton décida d’inscrire Allan à l’école. Johanna pensait que cela lui occuperait l’esprit et apaisera sa peine d’être éloigné de sa mère. C’est ainsi que l’enfant intégra le groupe scolaire élémentaire du village. Très doué, il apprit à lire, à écrire et à calculer. Il s’appliquait, car il voulait montrer toutes ses bonnes notes à sa maman quand elle rentrera à la maison. Elle sera tellement fière de lui ! Allan se révéla être un excellent élève en arithmétiques et en sciences. Son institutrice ne tarissait pas d’éloges à son sujet.

Durant les récréations, Allan jouait avec ses camarades au ballon ou aux billes. Enfin, il réapprit à sourire et oubliait, l’instant d’une récréation, la maladie qui rongeait sa maman. C’était pour lui comme une échappatoire. Et ici, il ne voyait pas Johanna et son regard en biais.

Cela faisait maintenant plus de deux mois qu’Allan n’avait pas revu sa mère. À l’école, en posant la question à son institutrice, Allan sut ce qu’était un sanatorium. Maintenant, il comprenait mieux le mal qui allait emporter sa maman.

Chapitre 2

Mort de Marbella

Trois mois après son internement au sanatorium de l’État d’Ohio, Marbella rendit son dernier souffle par une belle journée de printemps, entourée d’autres malades agonisants et gémissants. L’équipe médicale, après avoir transporté le corps au crématorium, prévint le docteur Grey Walter grâce à l’unique téléphone de la ville de Constantine. Le médecin les pria d’envoyer les cendres pour la famille afin qu’elle puisse se recueillir. Il en fut convenu ainsi.

Ce dernier se rendit immédiatement au domicile des Kiet pour leur annoncer la terrible nouvelle. Cette tâche n’était pas facile pour lui, d’autant plus qu’il s’était pris d’amitié pour la famille. Il demanda au Père MacNeil de l’accompagner.

Les voyant tous deux arriver à la ferme, Paxton sut de suite de quoi il en retournait. Les deux hommes puaient la mauvaise nouvelle à plein nez avec leurs mines déconfites et leurs visages blafards. Pendant un bref instant, son cœur cessa de battre. Paxton s’attendait que Marbella meure, il savait que ses amis venaient pour lui annoncer ce drame, mais redoutait ce moment. Cela faisait longtemps qu’il se préparait à le vivre, mais même s’il s’y était préparé, il savait qu’il n’allait tenir le coup.

Ce fut le Walter qui se chargea d’annoncer la terrible nouvelle. Paxton l’écouta et essaya de contrôler sa tristesse et sa colère. Le pauvre homme avait toujours gardé un espoir de voir sa femme guérir un jour. Cet espoir s’évanouit en même temps que le médecin débitait son discours. Et être mis devant l’évidence de la mort de sa femme lui faisait mal dans tout le corps. « Ne rien laisser paraître, rester digne », voilà ce que se disait Paxton. Sa peine était immense. Sa colère contre Dieu aussi. Mais, aucun sentiment ne transparaissait sur son visage.

Il se retira dans sa chambre où il donna libre cours à sa tristesse qui s’exprima dans un torrent de larmes. Il pleura en serrant contre lui la robe du dimanche de sa femme. Il prit les rubans bleus qu’elle mettait souvent dans ses cheveux, et les baisa tout en pleurant. Paxton avait besoin de gémir en paix, avant de faire face à ses enfants.

Les cendres de la défunte devaient arriver le lendemain et le Père MacNeil avait promis de s’occuper de l’enterrement. Heureusement, car Paxton ne se sentait pas la force de le faire. Il pria le prêtre de faire une belle cérémonie et de prévoir une place au cimetière pour enterrer les cendres.

Marge et Charles Kiet, mis au courant de la situation par le jeune prêtre, arrivèrent le jour même auprès de leur fils pour l’épauler dans cette terrible épreuve. Ils le trouvèrent ébranlé par le chagrin, n’ayant pas le courage de sortir de sa chambre et d’affronter ses enfants. D’ailleurs, la pauvre Johanna ne savait plus quoi leur dire, surtout qu’ils avaient vu Paxton s’enfermer dans sa chambre et qu’ils entendaient ses lamentations.

Charles décida de prendre la situation en main. Il appela les enfants et les fit asseoir au salon. Cette tâche pénible lui incombait, lui le doyen de la famille. Allan entra au salon et devant la mine triste de son grand-père, se mit à trembler. Il frotta frénétiquement sa main contre sa bouche, au point de l’insensibiliser. Il devina que sa maman venait de mourir loin des siens, seule, entourée d’inconnus, dans un grand hôpital. Et lorsque le grand-père parla, le chagrin submergea Allan. Depuis ce jour, il ne sera jamais plus le même. 

Les paroles du grand-père résonnèrent longtemps dans la tête du jeune garçon.

─ Les enfants, il va falloir être très forts. Les docteurs n’ont pas pu guérir votre maman. Maintenant, elle est au ciel, à côté de Dieu et des anges. Elle est en paix et ne souffre plus.

Allan pleura, cria et se tapa la tête contre les murs. Rien n’y fit. Il ne parvint pas à retirer ces mots de sa tête. Le chagrin l’anéantissait. L’enfant était en colère contre lui, contre son père, contre Dieu, mais surtout contre Johanna. C’était elle l’instigatrice de ce malheur. Il prit conscience qu’à partir de maintenant, il sera seul face aux

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