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Charles Gleyre

Charles Gleyre

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Charles Gleyre

Longueur:
215 pages
1 heure
Sortie:
11 avr. 2018
ISBN:
9781683254553
Format:
Livre

Description

Charles Gleyre, né 1806, mort le 5 mai 1874 à Paris, est un peintre suisse, qui exerça son art à Paris, puis à Rome. En 1834, il voyage pour un long voyage vers la Sicile, la Grèce, l'Égypte et le Soudan, puis au Proche-Orient. Plusieurs de ses tableaux orientalistes sont détruits lors d'un incendie au Caire en 1837.Il est nommé professeur à l'École des beaux-arts de Paris en 1843.. Il formera dans son atelier certains de ceux qui deviendront les peintres impressionnistes, Alfred Sisley, Claude Monet, Frédéric Bazille, James Abbott McNeillWhistler et Auguste Renoir. Ses œuvres les plus connues sont : Femme turque (DudoNarikos), Smyrne,Étude pour la danse des bacchantes , Trois Fellahs, 1835,La Danse des bacchantes, 1849, Le Déluge, 1856, Les Romains passant sous le joug, 1858, Le Coucher de Sapho, 1867, Le Matin (le Paradis terrestre), 1869-1874, esquisse, Le Retour de l'Enfant prodigue, 1873,Minerve et les Grâces, 1866.
Sortie:
11 avr. 2018
ISBN:
9781683254553
Format:
Livre

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Notes

La Jeunesse de Charles Gleyre

(1806 à 1837)

Marc Charles Gabriel Gleyre naquit le 2 mai 1806 à Chevilly, petit village du canton de Vaud, situé près de La Sarraz, au pied du Jura. Il était le cadet de deux frères qui se nommaient Samuel et Henry. Son père, Charles-Alexandre, simple paysan, avait de l’aisance et de l’instruction. C’était un homme énergique, maître chez lui, d’une mâle beauté et d’une force peu commune. Très doué, apte à tout, il avait des dispositions particulières pour les arts, et on raconte que le soir, le souper terminé, il relevait la nappe et dessinait avec la pointe de son couteau sur la table de sapin. Son extraordinaire vigueur lui fut fatale, et il mourut encore jeune, vers 1814, d’un effort qu’il fit en voulant soulever à lui seul un char de blé dont l’essieu s’était rompu. Sa femme, Suzanne Huguenin, frappée au cœur par cette mort imprévue, ne lui survécut que peu de temps. Par son caractère aussi bien que par sa nature physique, elle faisait avec son mari le contraste le plus frappant.

Frêle, d’une humeur égale et douce, rêveuse, elle avait une distinction dans les manières et dans l’esprit que l’on rencontre souvent chez les paysannes de la Suisse romande et qui les met au-dessus de leur classe. Gleyre en avait gardé un souvenir très vif et très attendri. Il se rappelait son père avec un sentiment d’admiration mêlé d’une sorte de terreur, car il n’avait pas oublié sa rudesse ; et celui-ci devait avoir peu de sympathie pour son dernier enfant, dont le tempérament fin, délicat, nerveux, différait absolument du sien. Mais il adorait sa mère. Ses seuls plaisirs alors, disait-il, étaient de la suivre partout, pendu à sa jupe, et, plus tard, de conduire aux champs les vaches et surtout sa nourrice la chèvre, qui la lui rappelait.

Après la mort de leur tendre mère, en 1814 ou 1815, François Gleyre, l’oncle des trois orphelins, courtier d’affaires et commissionnaire en marchandises à Lyon, marié et sans enfant, vint les chercher pour les élever chez lui, sans doute avec le produit de leur héritage qui était assez considérable, car sa propre fortune était médiocre à cette époque, et il ne passait pas pour désintéressé. Des trois jeunes gens, écrit Mme Cornu, Samuel, l’aîné, était un brave garçon qui devint plus tard un honnête marchand de Lyon ; il avait beaucoup d’affection pour son frère Charles et en était fier. Le second, Henri, était plus doué, mais d’un esprit caustique et mordant, qui n’était pas sans rapports avec celui de son cadet. C’était le favori de la tante, parce qu’il « aimait le linge », disait-elle. Aimer le linge était le critérium de cette petite bourgeoise, regardante et méticuleuse.

Voilà le milieu étroit, un peu mesquin, absolument fermé aux idées et aux choses de l’art d’où sortit Gleyre. Il n’avait reçu que l’éducation primaire, d’abord à l’école de son village, puis à Lyon. Gleyre avait montré de très bonne heure des dispositions pour les arts. On raconte qu’avant de quitter son village, et sans avoir reçu la moindre leçon, il avait copié une gravure avec une précision et un soin étonnants chez un enfant de cet âge. Son oncle le destinait à être dessinateur de fabrique. Il entra à l’atelier de Bonnefond et à l’école Saint-Pierre. Son talent se révéla bien vite ; il sentit sa force et voulut être peintre. Ce ne fut pas sans difficultés qu’il obtint l’autorisation de suivre cette carrière et les subsides nécessaires pour les longues études qu’elle exige. Peu de temps après son arrivée à Lyon, il s’était lié, d’une de ces amitiés que la mort seule peut rompre, avec un enfant un peu plus âgé que lui, nommé Sébastien Cornu.

Gleyre à Paris, premières études

Les deux amis partirent pour Paris vers la même époque, c’est-à-dire peut-être dès 1823, mais plus probablement en 1825. Cornu entra chez Ingres et Gleyre chez Hersent, où il se trouva avec MM. Chenavard, Jadin, Lelièvre, Dauphin, Amédée Faure et Jourdain, fils naturel de Fontaine, qui devint l’un de ses plus intimes amis et mourut, si je ne me trompe, en 1849 ou 1850, architecte du palais de Fontainebleau. C’est ce Jourdain qui fit faire à Gleyre la connaissance de Gustave Planche.

L’artiste ne tarda pas à se faire remarquer, et Hersent lui prédit un brillant avenir. Cependant, soit qu’il se sentît maître du métier et capable de voler de ses propres ailes, ou qu’il se fût aperçu que l’enseignement du maître qu’il avait choisi ne répondait pas complètement à ses aptitudes, soit plutôt par raison d’économie, il ne resta que onze mois à l’atelier et se mit à étudier librement. Il suivait les cours de l’École des Beaux-Arts et dans l’après-midi allait peindre à l’aquarelle chez Bonington ; il travaillait le soir à l’Académie de Suisse, faisait de l’anatomie à Clamart et fréquentait beaucoup la Morgue. Il habitait alors une mansarde, vis-à-vis du petit pont Saint-Michel. Sa pénurie était extrême. L’argent que son oncle lui envoyait par petites sommes à époques irrégulières suffisait à peine aux plus stricts besoins et il fallait chaque fois l’arracher pour ainsi dire.

Autoportrait, 1827. Huile sur toile, 60 x 49 cm. Musée cantonal des beaux-arts, Lausanne.

Portrait de Léon Vaudoyer, 1832. Crayon, aquarelle et gouache sur papier, 55 x 48 cm. Collection particulière.

Gleyre a beaucoup travaillé pendant ce séjour à Paris, où il fit d’excellentes études, sérieuses et régulières, à peine entravées par la gêne où le tenait l’exiguïté de ses ressources. À l’École des Beaux-Arts, au Louvre où il exécuta de nombreuses copies, à l’Académie du soir tenue par Suisse, il se rompit au métier, et c’est sans doute pendant ces années consacrées à des travaux humbles et assidus qu’il acquit cette habileté de main merveilleuse qui lui permit plus tard de se jouer des plus grandes difficultés de l’art. Dans l’un de ses carnets où se trouvent aussi des dessins faits en Italie et en Orient, je lis ces trois ou quatre lignes qui semblent être un programme des études que le jeune artiste s’était tracé : « Voir les œuvres de Prud’hon, Owerbeck, Robert, Rembrandt, Fiesole, Schnorr, les portes du Baptistère, le Parthénon, Flaxmann, palais de Florence. » Je ne sais si l’on doit sérieusement déplorer la perte de cette foule de travaux où Gleyre avait mis sans doute son savoir et son goût, mais où sa personnalité n’était probablement pas empreinte en traits bien marqués.

Voyage en Italie

En 1828, il retourna à Lyon avec Sébastien Cornu. Après un assez court séjour, les deux amis partirent pédestrement pour l’Italie, en compagnie d’un de leurs camarades de l’École de Saint-Pierre, le paysagiste Fonville. Ils visitèrent Milan, Parme, Bologne, s’arrêtèrent longtemps à Florence où Gleyre fit, d’après les maîtres, d’admirables dessins qu’on a retrouvés, et arrivèrent à Rome à la fin de l’année.

Portrait de Jean-Louis Knébel, 1831. Huile sur toile, 26 x 20 cm. Société des Amis du Château de La Sarraz-Musée romand, La Sarraz.

Portrait de Charles-François Knébel, 1833. Huile sur toile, 62,5 x 49 cm. Société des Amis du château de La Sarraz-Musée romand, La Sarraz.

Gleyre demeura quatre ans presque continuellement à Rome, regardant et rêvant beaucoup, travaillant peu, et si on lui avait demandé ce qu’il avait fait pendant ce long séjour il aurait pu répondre comme Prud’hon à Bruun-Neergaard : « Je m’occupais à admirer les chefs-d’œuvre. » L’un de ses contemporains dit que la vue des aspects et des œuvres de l’Italie avait fait une vive impression sur lui et n’avait pas d’abord éteint son goût pour le travail, mais que le séjour prolongé qu’il fit à Rome eut une toute autre influence. Il éveilla ou plutôt il développa dans son esprit, par la comparaison qu’il faisait entre sa faiblesse et la puissance des grands artistes de la Renaissance, une timidité et une méfiance de lui-même qu’il ne surmonta jamais.

Ce temps passé dans la capitale italienne, dans une apparente oisiveté, représente pour Gleyre cette période d’incubation, pour ainsi dire, si nécessaire à un grand nombre d’artistes. Son esprit aussi se développait et son éducation générale se complétait au contact des hommes distingués qu’il fréquentait à Rome. Il s’était lié avec la plupart des artistes de la colonie française et voyait habituellement Orsel, Perrin, Horace Vernet, Schnetz, Berlioz, le jeune Louis Bonaparte, avec qui il faisait des armes dans l’atelier de Cornu. MM. Chenavard et Nanteuil ainsi que quelques artistes allemands.

Léopold Robert s’était beaucoup attaché à lui et disait que de tous les jeunes peintres de cette génération, c’était Gleyre qui donnait le plus d’espérances. Il avait entrepris de le faire travailler et ne cessait de le gourmander sur sa paresse. Mais le jeune et indépendant artiste n’aimait guère les réprimandes, et dès qu’il apercevait Robert tous les moyens lui étaient bons pour échapper à ses bienveillantes semonces.

Cependant il fallait vivre, et lorsque les réclamations du restaurateur Lepri devenaient trop pressantes, Gleyre s’exécutait et faisait quelques dessins, dont le prix acquittait l’arriéré. Il donnait aussi des leçons. Mme Cornu l’avait proposé à l’impératrice de Russie, qui cherchait un maître de dessin pour sa fille. On l’avait agréé.

Les Brigands romains, 1831. Huile sur toile, 100 x 126 cm. Musée du

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