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La Vierge dans l'art
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Livre électronique381 pages2 heures

La Vierge dans l'art

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À propos de ce livre électronique

Le monde de l’art est rempli de la présence de la Vierge - symbole fondamental de la maternité qui irradie de jeunesse, de tendresse et de compassion depuis plus de deux mille ans. Trouvant en elle une inépuisable source d’inspiration, les artistes ont constamment utilisé l’image de Marie pour y refléter leurs propres peines et joies. L’auteur, Kyra Belán, analyse le sens profond des images de la Vierge, des interprétations personnelles aux réflexions spirituelles de portée universelle. Les oeuvres d’art reproduites dans ce livre sont un fascinant commentaire visuel sur l’évolution de l’art occidental, tout autant qu’un compte-rendu saisissant de la progression du statut de la femme dans la société.
LangueFrançais
Date de sortie11 avr. 2018
ISBN9781683255932
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    Aperçu du livre

    La Vierge dans l'art - Kyra Belán

    Kyra Belán

    La Vierge dans l’art

    Remerciements

    Je suis profondément reconnaissante envers les artistes qui ont créé ces merveilleuses images de la Madone, et sans la contribution desquels ce livre n’existerait pas. Je remercie aussi Charles Martin, dont la considération et la patience m’ont été d’une grande aide, et Betty Owen, qui a lu le manuscrit original et dont j’ai apprécié les commentaires éditoriaux à leur juste valeur. Mes remerciements vont en particulier à Aurélia Hardy qui m’a aidée dans ma recherche, ainsi qu’à Emily Nangle, Cornelia Sontag et Jean-Paul Manzo.

    « Pour Notre-Dame de Guadalupe, Madone de l’Ancien et du Nouveau Monde, avec gratitude »

    Auteurs :

    Kyra Belán

    Ernest Renan

    Mise en page :

    Baseline Co. Ltd

    Hô Chi Minh-Ville, Vietnam

    © Confidential Concepts, worldwide, USA

    © Parkstone Press International, New York, USA

    © Image Bar www.image-bar.com

    © Artists Rights Society (ARS), New York / ADAGP, Paris

    © Artists Rights Society (ARS), New York / VEGAP, Madrid

    © Kingdom of Spain, Gala-Salvador Dali Foundation / Artists Rights Society (ARS), New York

    © Kyra Belán

    © Banco de México Diego Rivera & Frida Kahlo Museums Trust. Av, Cinco de Mayo No. 2, Col. Centro, Del. Cuauhtémoc 06059, México, D.F. / Instituto Nacional de Bellas Artes y Literatura, México

    © Estate of Alice Neel.Courtesy Robert Miller Gallery

    © Helen Chadwick and Edward Woodman. The Helen Chadwick Estate / V. & A. picture library sont reproduites par courtoisie de la Henry Moore Foundation.

    Directeur d’édition : Jean-Paul Manzo

    Texte : Kyra Belán

    Editeur : Aurélia Hardy

    Traduction vers le français : Donatienne Du Jeu

    Mise en page et couverture : Julien Depaulis

    Tous nos remerciements à Mike Darton.

    Tous droits d’adaptation et de reproduction réservés pour tous pays. Sauf mentions contraires, le copyright des oeuvres reproduites appartient aux photographes, aux artistes qui en sont les auteurs ou à leurs ayants droit. En dépit de nos recherches, il nous a été impossible d’établir les droits d’auteur dans certains cas. En cas de réclamation, nous vous prions de bien vouloir vous adresser à la maison d’édition.

    ISBN : 978-1-68325-593-2

    Notre-Dame de Vladimir, premier tiers du XIIe siècle. Tempera sur bois, 104 x 69 cm. Galerie d’État Trétiakov, Moscou.

    Sommaire

    La Vierge dans l’art

    Introduction

    La Période médiévale

    La Renaissance

    L’Ère baroque

    Le XVIIIe et le XIXe siècles

    Le XXe siècle : Modernisme et Postmodernisme

    Conclusion

    Bibliographie

    Liste des illustrations

    Notes

    La Vierge dans l’art

    Marie en Sophie sur le trône au lion, vers 1150. Manuscrit enluminé. Bodleian Librabry, Oxford, Angleterre.

    Introduction

    L’image de la Madone s’est fixée dans les arts occidentaux depuis bientôt deux mille ans. Dans toutes ces cultures euro-centrées, elle incarne la forme la plus pure de l’amour inconditionnel, la mère bienveillante et pleine de compassion de tout le peuple chrétien. La Madone est aussi l’image de la mère aimante, protectrice de l’humanité tout entière. Ses fidèles croient qu’elle seule peut comprendre la douleur des hommes, leurs passions et leur bonheur ; elle pardonne, intercède et console, car c’est elle qui fait le lien entre les êtres humains et leur Dieu. On l’a vénérée comme Reine des Cieux, Mère des Hommes et comme l’incarnation de la compassion. Désintéressée, humble et bienveillante, elle représente la spiritualité féminine au sein du christianisme. On la connaît aussi sous les noms de Vierge Marie, Notre-Dame, Reine des Cieux et Mère Bénie de Dieu.

    Pendant bien des siècles, la Madone a inspiré des milliers d’artistes qui ont travaillé sans trêve pour faire surgir son image, utilisant des styles, des matériaux et des techniques variés. Ce corps massif de productions artistiques, héritage culturel d’importance inégalable, est le fruit d’un système social qui domine encore le monde. Musées d’art, galeries, châteaux et collections privées abondent de ces images mariales. Celles-ci furent créées au cours des siècles selon les interprétations religieuses des croyances, les mythes, l’iconographie et le symbolisme dominants de l’époque. Aujourd’hui, Marie représente des choses différentes selon les individus, même si son message universel d’amour inconditionnel demeure accessible à tous. La preuve de la dévotion mariale contemporaine peut se faire à travers la fréquence de ses apparitions dans toutes les parties du globe, ainsi que par sa présence frappante sur Internet.

    La plupart des gens sur cette planète sont familiers des images de Marie. Les siècles passant, et donnant lieu à un accroissement ou une diminution du rôle des femmes dans la société, le rôle de la Madone fut régulièrement interprété de façon nouvelle. Aujourd’hui encore, théologiens, philosophes et sociologues du nouveau millénaire alimentent la controverse liée à la nature divine de Marie, aux éléments dogmatiques et aux symboles, conventionnels ou occultes, qui lui sont rattachés, et enfin à ses origines.

    Bien que les artistes modernes ne soient plus obligés de produire des images religieuses, bon nombre d’entre eux – et en particulier les femmes – sont souvent inspirés par son rôle traditionnel et toujours mouvant. Pour exploiter son image, ces créateurs choisissent souvent de nouvelles formes d’expression artistique.

    Professeur et élèves, orant et enfant, IIIe siècle. Peinture murale dans une lunette. Catacombe de Priscilla, Rome.

    La présence de Marie au cœur de la civilisation occidentale possède une longue histoire théologique, particulièrement mouvementée. Les érudits s’accordent sur le fait qu’aux premières heures du christianisme existaient d’autres figures féminines de la spiritualité particulièrement importantes, telles que Sophie, qui était reconnue comme la face féminine du Dieu chrétien. Hagia Sophia représentait la sagesse divine et on la célébrait à l’égal du créateur, avec le Père, le Fils et l’Esprit. Au début du christianisme, particulièrement en Europe orientale, l’Esprit Saint était perçu comme un principe féminin. Cependant, c’était généralement Sophie qu’on célébrait comme l’élément féminin du divin.[1] La popularité de Sophie disparut progressivement à l’époque où le clergé mit en place les dogmes chrétiens. La figure de la Vierge Marie, Mère de Dieu, lui succéda.

    Une des premières images de Marie, qui subsiste toujours, fut peinte aux IIe ou IIIe siècles, et se trouve dans la crypte de la Vierge au Voile, dans les catacombes de Priscilla, à Rome. Cette image la représente en compagnie d’une autre femme, en prière, et dont la position centrale peut faire penser à une des premières images de Sophie. Un autre personnage, probablement Jésus, accompagné d’un groupe d’élèves, est placé à droite de la figure centrale en prière. La Vierge Marie, tenant son enfant, se tient à la gauche de cette dernière.

    Au cours du VIe siècle, l’existence de la Mère de Dieu fut réaffirmée par le dogme religieux chrétien dans toute l’Europe, hormis l’Empire Byzantin. Cette affirmation neutralisait la menace d’une religion concurrente, celle de la Grande Déesse Isis d’Égypte. Au cours des premiers siècles après J.C., l’image de Marie était mal distinguée de celle de la Déesse Isis, dont la religion existait depuis quelques milliers d’années.

    Comme la Madone, la Déesse Isis avait un fils divin, Horus, et les artistes la représentaient souvent en compagnie de son précieux enfant qu’elle tenait sur ses genoux pour l’allaiter. Une de ses principales caractéristiques était celle de la mère nourricière. Elle constituait, à l’instar de Marie, une divinité clémente et aimante, entièrement consacrée au bien-être de son peuple.[2]

    Il existe de nombreux points communs entre les mythes de Marie et ceux d’Isis. Les deux femmes conçurent leur fils dans des circonstances inhabituelles et furent tenues pour des êtres extrêmement aimants, à l’écoute des difficultés et des prières de leurs fidèles. On vit en chacune d’elle la protectrice des enfants et des femmes en détresse, et chacune fut à l’origine d’un ensemble impressionnant de miracles. De nombreux temples en l’honneur de Marie furent bâtis sur les sites d’autres temples, anciennement dédiés à Isis. La plupart des gens virent peu de différences entre ces deux figures féminines du divin. Les premiers fidèles chrétiens perçurent leur Madone comme la nouvelle interprétation de l’ancienne Grande Déesse Isis.

    La religion de la déesse Isis dura au moins quatre mille ans. Cependant, de nouvelles recherches tendent à montrer que le culte de la déesse perdura pendant plus de six millénaires. Bien qu’étant originellement une déesse égyptienne, Isis fut vénérée presque à travers l’ensemble du monde antique, touchant une partie substantielle de l’Europe. Elle était la fille d’une divinité égyptienne plus ancienne, la déesse du ciel Nut. On prenait aussi Isis pour la version plus récente de deux déesses égyptiennes qui la précédaient chronologiquement, Hathor et Sekhmet. Comme la Grande Sekhmet, Isis était une déesse du soleil, et comme Hathor, elle possédait des pouvoirs lunaires. De nombreux symboles, parmi lesquels des plantes et des animaux, furent utilisés par les artistes pour représenter ses nombreuses facettes.

    Nombre de ces symboles furent plus tard incorporés dans l’iconographie de la Vierge Marie. En 431, le concile chrétien d’Éphèse, au cœur de l’Empire Byzantin, déclara la Vierge Marie Theotokos, c’est-à-dire Porteuse de Dieu. Cet événement fut suivi d’un accroissement de la production artistique autour de ses représentations. Même si un grand nombre d’icônes de Marie fut plus tard détruit en raison de la lutte théologique qui bouleversa le christianisme aux VIIe et VIIIe siècles, quelques-unes furent miraculeusement épargnées. Le clergé d’Europe orientale reconnaissait à ses empereurs le statut de chef de l’Église, et en 726, Léon III, un empereur byzantin, engagea un mouvement appelé Iconoclasme. Ceux qui étaient à l’origine du mouvement craignaient en effet que la population ne vénérât les icônes de personnages religieux plutôt que les concepts qu’ils représentaient.

    Au VIIIe siècle, le mouvement iconoclaste bannit toutes les images sacrées de l’Empire Byzantin, alléguant que les fidèles adoraient des images concrètes au lieu de vénérer des êtres spirituels. Cependant, cette décision fut annulée définitivement au cours du siècle suivant, et la création d’icônes dédiées à la Vierge Marie reprit avec ferveur.[3]

    Isis et Horus, 200-100 avant J.-C. Alliage de cuivre et de bronze, hauteur : 27 cm. The Fitzwilliam Museum, University of Cambridge, Cambridge.

    Vierge à l’Enfant, IXe siècle. Mosaïque. Basilique Hagia Sophia, Istanbul.

    À côté de la déesse Isis, des statues ou des icônes d’autres déesses païennes furent souvent, au début du christianisme, interprétées comme des images de Marie. L’une de ces déesses était l’ancienne figure grecque du nom de Déméter, qui avait elle-même une enfant, appelée Perséphone ou Coré, déesse du printemps revenue de morts. Une autre déesse semblable était Artémis/Diane du monde gréco-romain. Cybèle, originaire du Proche-Orient, était aussi souvent vue comme une version primitive de Marie. Chacune de ces déesses possédait un long passé de vénération. Des rituels complexes étaient mis en œuvre pour les célébrer, et de nombreux temples furent construits, dans lesquels on pouvait les adorer. Le plus intéressant de ces temples est peut-être celui qui fut dédié à la déesse Artémis et qui se trouvait à Éphèse. Aujourd’hui encore, ses ruines sont profondément admirées et reflètent le très grand amour et le respect que la déesse reçut de ses sujets à travers les millénaires. Son extraordinaire statue, qui fait d’elle la Mère Suprême, son corps couvert de fruits et d’animaux qu’on pensait être ses attributs, attestent de son rôle de Nourricière de l’Humanité pendant l’Antiquité, dans toute l’Europe et le Proche-Orient.

    Importée d’Anatolie jusque vers l’Empire Romain, la déesse Cybèle – vénérée comme déesse-créarice – inspira un temple localisé sur le site de l’actuelle basilique San Pietro in Vaticano à Rome. À cette époque, les sociétés patriarcales récemment établies comportaient encore des éléments fortement matriarcaux, toujours visibles dans les structures de ces sociétés. C’est pourquoi les femmes possédaient souvent des droits et des pouvoirs considérables. Par conséquent, les pouvoirs spirituels féminins avaient aussi leur place dans les structures religieuses. Les divinités des deux sexes étaient vénérées avec une ardeur et un respect

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