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Dans le noir

Dans le noir

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Dans le noir

évaluations:
4/5 (1 évaluation)
Longueur:
131 pages
1 heure
Éditeur:
Sortie:
4 nov. 2018
ISBN:
9781386343653
Format:
Livre

Description

Cette œuvre, composée de quatre récits, marque les grands débuts de l’auteur.

Un consultant financier sans scrupules, pendant un de ses nombreux voyages de travail, rencontre un homme bizarre qui porte avec lui un objet d’art qu’il commencera à désirer.

Dans une joaillerie, l’après-midi de deux vendeuses est mouvementé par l’entrée d’un jeune homme qui veut acheter une bague à sa fiancée. Il semble être l’homme parfait… ou pas?

Un homme se réveille dans le noir, à l’intérieur d’une caisse, sans arriver à se souvenir quoi que ce soit sur lui ou de la façon dont il a fini là dedans. Sa course contre le temps vient de commencer, afin de récupérer sa mémoire et arriver à la vérité.

Un agent de sécurité doit effectuer un roulement de nuit dans l’ancien siège d’un organisme de prévoyance, dont les décorations doivent être déplacées le lendemain. Mais la nuit se révèle plus longue que prévu.

Éditeur:
Sortie:
4 nov. 2018
ISBN:
9781386343653
Format:
Livre

À propos de l'auteur


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Aperçu du livre

Dans le noir - Fabio Venosini

Introduction

Un récit est par nature une créature imparfaite, elle ne te semblera jamais prête pour faire face à un public.

Tu peux le lire, relire et arranger plusieurs fois mais chaque fois il y aura quelque chose qui te laissera perplexe.

Différents auteurs, avant moi, ont cristallisé cette sensation frustrante, en parlant de leurs œuvres.

Par exemple, John Dann MacDonald a écrit : « ...tu envoies tes livres autour du monde et tu n'arrives pas à les détacher de ton esprit. Ce sont des créatures maladroites, ils essayent de trouver la place malgré les handicaps que tu leur as imposé. Je ne sais pas ce que je pourrais donner pour les avoir à nouveau chez moi et pour leur donner un dernier coup de pouce. Page après page. En creusant et en réduisant, en brossant et en lustrant, en nettoyant ».

Même Stephen King, auteur extrêmement prolifique qu'on ne croirait pas avoir ce genre d'incertitudes, a donné son avis plusieurs fois, comme récemment par exemple dans l'introduction de son livre Le bazar de mauvais rêves , où il a déclaré : « ... Dans le passé j'ai lutté contre le sens d'inadéquation, avec la terreur aveugle de ne pas remplir l'écart entre une idée sensationnelle et la réalisation complète de son potentiel. Bref, le problème est que le produit fini semble toujours moins valide que la brillante intuition née un jour du subconscient... ».

Pour moi, qui écris par loisir et qui pour la première fois soumets le fruit de mon travail au jugement d'autres personnes, avec le même esprit d'un père qui laisse la main de son fils pour la première fois à son premier jour d'école, savoir que même des auteurs si importants et connus ont vécu et vivent encore aujourd'hui le début de leurs œuvres avec la même trépidation m'a réconforté.

Et c'est pour cela que, après des années à faire et refaire périodiquement ces récits comme la toile de Pénélope, toujours à la recherche d'un résultat acceptable et pas forcément parfait, enfin je me suis résigné à l'idée de vivre avec ce sens détestable d'incomplet et de laisser ces histoires libres de faire leurs premiers pas.

J'espère qu'elles seront appréciées.

Le puzzle

À chaque pulsation, il sentait le sang qui courait douloureusement, au niveau des tempes, tellement qu'il avait la sensation d'avoir la tête entourée avec un garrot trop serré.

En plus, des douleurs sporadiques s'alternaient derrière les globes oculaires, comme si quelqu'un était en train de lui enfiler les pouces dans les yeux, en poussant jusqu'au bout.

Il était tard désormais pour le faire là-bas, mais une fois arrivé à sa destination, Daniele devait absolument trouver une pharmacie ou en tout cas un médecin, pour qu'il lui donne quelque chose contre la douleur de ce mal à la tête, le pire dont il se souvenait.

Il passa sa carte d'embarquement sous le lecteur optique de la porte B24 et les barrières en plexiglas devant ses jambes s'ouvrirent, lui laissant le passage.

Les quinze dernières années, son travail l'avait amené à traverser des dizaines de portes comme celle-là, chaque semaine, partout, en Italie et en Europe.

Au début, cette vie lui semblait même amusante, mais tôt elle était devenue une routine ennuyante et lourde.

Les personnes avec lesquelles, de temps en temps, il se retrouvait à parler, n'arrêtaient pas de lui avouer, d'un air rêveur, à quel point elles l'enviaient pour ce travail qui lui permettait d'aller partout dans le monde entier, et il s'étonnait, à chaque fois, du fait que personne ne comprenait qu'il n'y avait rien de charmant à passer une grande partie de ses journées en vaguant d'un aéroport à un autre, comme un nomade.

Même ce jour-là il était en train de vivre sa journée typique, avec une migraine qui avait augmenté, en devenant insupportable.

Ce matin-là, il était parti tôt de Milan, pour Bruxelles où, une fois atterri, il avait pris le taxi habituel qui de l'aéroport le conduirait par le trajet le plus rapide vers le siège de la multinationale qui avait demandé sa consultation.

Après la réunion avec les dirigeants de l'entreprise, il avait gentiment refusé l'invitation à déjeuner pour revenir en taxi rapidement à l'aéroport, où il avait bu un café et mangé une pâtisserie sans en avoir envie, et maintenant il était là, prêt à partir avec un vol pour Londres, où ils l'attendaient pour le début de l'après-midi, pour une deuxième consultation dans une entreprise anglaise.

S'il avait de la chance, il serait rentré à Milan le soir, sinon il aurait dû dormir dans un hôtel et il ne savait pas quelle possibilité était la pire.

En toutes ces années il avait été dans des dizaines de villes, ou mieux, dans les aéroports de dizaines de villes.

Maison, taxi, aéroport, vol, réunion, taxi, vol, hôtel.

C'était la profession qu'il avait choisi et il était habitué à travailler à ces rythmes, malgré ça, parfois il se sentait usé.

Dans certaines occasions, il lui était arrivé de se réveiller sans savoir où il se trouvait.

Et c'était aliénant.

Passé la porte d'embarquement, il parcourut le tunnel qui amenait à l'entrée de l'avion en traînant son trolley, comme un petit chien paresseux, tandis qu’au dessus de sa tête il entendait le grondement de l'orage qui sévissait dehors. Cela touchait bruyamment le toit en plastique du passage couvert.

Ce temps rude ne l'aidait pas avec sa migraine.

Il montra à nouveau sa carte d'embarquement à l'hôtesse à l'entrée de l'avion, elle, en lui offrant une dose généreuse de sourires, lui indiqua la direction pour rejoindre sa place en classe business.

Il avait déjà volé avec cette compagnie et il s'était toujours bien senti, surtout pour le professionnalisme et l'attention du personnel de bord avec le client.

Quand tu dois voler plusieurs fois par mois, ce sont des détails qui font la différence, surtout en une journée comme celle-là, où il lui semblait avoir dans sa boîte crânienne un concert de Metallica.

De temps en temps, il lui arrivait d'avoir cet inconvénient, surtout dans les périodes où il devait faire plusieurs voyages rapprochés au cours de la même semaine, mais en général c'étaient des malaises d'intensité acceptable.

Il rejoignit sa place en sortant sa tablette de la valise, après quoi il la mit dans le compartiment à bagages au dessus des sièges et s'assit.

Il ne manquait pas beaucoup désormais avant le départ.

Il profita du temps qui restait pour regarder les informations. D'ici peu, le personnel passerait et l'inviterait, lui et les autres passagers, à désactiver les connexions internet, comme prévu par les normes de sécurité.

Sur le site du journal Il Sole 24 Ore il y avait un article intéressant sur les spéculations financières, qui renvoyait à un autre article apparu la semaine précédente sur le Financial  Times. Il trouva aussi ce dernier, en apprenant comment à Wall Street, après les désastres financiers et les scandales de 2010, beaucoup de spéculateurs faisaient des gros investissements à haut risque sur les junk bond, c'est-à-dire les titres de sociétés mourantes.

Tôt ou tard, l'avidité de ces gens donnerait lieu à une nouvelle crise financière, pensa-t-il. Dans le monde de la haute finance, la contribution de l'expérience est nulle. La nature humaine finit toujours par prendre le dessus.

Tandis qu’il était immergé dans la lecture, il sentit arriver le passager qui avait la place à côté de la sienne.

Normalement, il n'aurait pas prêté attention, mais il sentait une odeur aromatique et très étrange, douce et âpre au même temps, qui fit matérialiser dans sa tête un mélange de romarin sauvage, tabac, menthol et eau marine.

Ce n'était pas exactement une mauvaise odeur, mais on ne pouvait pas non plus la définir comme bonne. C'était quelque chose d'intense et pénétrant, qui frappait l'odorat comme un coup de poing.

L'impact de cette fragrance avec ses sens l'obligea à soulever les yeux et vérifier qui était son compagnon de voyage.

C'était un homme étranger bien soigné, dans la soixantaine, mais bien portée, avec une peau olivâtre qui était en contraste avec les cheveux et la barbe d'un blanc candide, coupés très soigneusement. Il portait un costume classique, de bonne qualité.

Sans doute était-ce un homme d'affaires ou un dirigeant d'une entreprise. Cet homme souleva le regard vers lui et, seulement à ce moment-là, Daniele se rendit compte de l'avoir fixé trop longtemps.

Il détourna son regard.

Cet instant d'embarras fut interrompu par le passage providentiel d'une hôtesse qui, en souriant, les invita tous les deux à boucler les ceintures et mettre les appareils en mode avion, pour le départ imminent.

Le bruit de moteurs qui montaient dans les tours remplit l'avion tandis que les hôtesses, en file dans le couloir, effectuaient les démonstrations rituelles de sécurité, en gesticulant comme dans une danse d'un groupe d'été.

La voix du capitaine, de l'interphone, invita l'équipage à se préparer pour le décollage.

Combien de fois avait-il déjà vu cette scène se répéter ce mois-là ? Et ces quinze dernières années ?

Désormais il ne le savait plus.

L'avion accéléra brutalement et, quelques minutes plus tard, ils traversaient déjà la couche de nuages orageux, entre des vibrations et des sursauts, dirigés vers l'altitude de croisière.

Ce maudit mal de tête ne semblait pas vouloir lui laisser une pause.

Il posa la tête contre le siège, en fermant les yeux, à la recherche d'un peu de soulagement, mais un violent

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