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Le Grand Meaulnes: édition intégrale de 1913 revue par Alain-Fournier

Le Grand Meaulnes: édition intégrale de 1913 revue par Alain-Fournier

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Le Grand Meaulnes: édition intégrale de 1913 revue par Alain-Fournier

évaluations:
4/5 (28 évaluations)
Longueur:
260 pages
4 heures
Sortie:
11 févr. 2019
ISBN:
9782322135707
Format:
Livre

Description

À la fin du XIXe siècle, par un froid dimanche de novembre, un garçon de quinze ans, François Seurel, qui habite auprès de ses parents instituteurs une longue maison rouge - l'école du village -, attend la venue d'Augustin que sa mère a décidé de mettre ici en pension pour qu'il suive le cours supérieur : l'arrivée du grand Meaulnes à Sainte-Agathe va bouleverser l'existence de François...
Sortie:
11 févr. 2019
ISBN:
9782322135707
Format:
Livre

À propos de l'auteur

Alain-Fournier, pseudonyme d'Henri-Alban Fournier, né le 3 octobre 1886 à La Chapelle-d'Angillon dans le Cher et tué au combat le 22 septembre 1914 à Saint-Remy-la-Calonne, est un écrivain français, dont l'oeuvre la plus célèbre est Le Grand Meaulnes.


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Aperçu du livre

Le Grand Meaulnes - Henri-Alban Alain-Fournier

Sommaire

Partie 1

Chapitre 1 : Le Pensionnaire

Chapitre 2 : Après quatre heures

Chapitre 3 : Je fréquentais la boutique d’un Vannier

Chapitre 4 : L’évasion

Chapitre 5 : La Voiture qui revient

Chapitre 6 : On Frappe au carreau

Chapitre 7 : Le Gilet de soie

Chapitre 8 : L’Aventure

Chapitre 9 : Une Halte

Chapitre 10 : La Bergerie

Chapitre 11 : Le Domaine mystérieux

Chapitre 12 : La Chambre de Wellington

Chapitre 13 : La Fête étrange

Chapitre 14 : La Fête étrange (Suite)

Chapitre 15 : La Rencontre

Chapitre 16 : Frantz de Galais

Chapitre 17 : La Fête étrange (Fin)

Partie 2

Chapitre 1 : Le Grand jeu

Chapitre 2 : Nous tombons dans une embuscade

Chapitre 3 : Le Bohémien à l’école

Chapitre 4 : Où il est question du domaine mystérieux

Chapitre 5 : L’homme aux espadrilles

Chapitre 6 : Une Dispute dans la coulisse

Chapitre 7 : Le Bohémien enlève son bandeau

Chapitre 8 : Les Gendarmes !

Chapitre 9 : À la recherche du sentier perdu

Chapitre 10 : La Lessive

Chapitre 11 : Je trahis…

Chapitre 12 : Les Trois lettes de Meaulnes

Partie 3

Chapitre 1 : La Baignade

Chapitre 2 : Chez Florentin

Chapitre 3 : Une Apparition

Chapitre 4 : La Grande nouvelle

Chapitre 5 : La Partie de plaisir

Chapitre 6 : La Partie de plaisir (Fin)

Chapitre 7 : Le Jour des noces

Chapitre 8 : L’appel de Frantz

Chapitre 9 : Les Gens heureux

Chapitre 10 : La Maison de Frantz

Chapitre 11 : Conversation sous la pluie

Chapitre 12 : Le Fardeau

Chapitre 13 : Le Cahier des devoirs mensuels

Chapitre 14 : Le Secret

Chapitre 15 : Le Secret (Suite)

Chapitre 16 : Le Secret (Fin)

Chapitre 17 : Epilogue

Partie 1

Chapitre 1 Le Pensionnaire

Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189…

Je continue à dire « chez nous », bien que la maison ne nous appartienne plus. Nous avons quitté le pays depuis bientôt quinze ans et nous n’y reviendrons certainement jamais.

Nous habitions les bâtiments du Cours Supérieur de Sainte-Agathe. Mon père, que j’appelais M. Seurel, comme les autres élèves, y dirigeait à la fois le Cours Supérieur, où l’on préparait le brevet d’instituteur, et le Cours Moyen. Ma mère faisait la petite classe.

Une longue maison rouge, avec cinq portes vitrées, sous des vignes vierges, à l’extrémité du bourg ; une cour immense avec préaux et buanderie, qui ouvrait en avant sur le village par un grand portail ; sur le côté nord, la route où donnait une petite grille et qui menait vers La Gare, à trois kilomètres ; au sud et par derrière, des champs, des jardins et des près qui rejoignaient les faubourgs… tel est le plan sommaire de cette demeure où s’écoulèrent les jours les plus tourmentés et les plus chers de ma vie – demeure d’où partirent et où revinrent se briser, comme des vagues sur un rocher désert, nos aventures.

Le hasard des « changements », une décision d’inspecteur ou de préfet nous avaient conduits là.

Vers la fin des vacances, il y a bien longtemps, une voiture de paysan, qui précédait notre ménage, nous avait déposés, ma mère et moi, devant la petite grille rouillée. Des gamins qui volaient des pêches dans le jardin s’étaient enfuis silencieusement par les trous de la haie… Ma mère, que nous appelions Millie, et qui était bien la ménagère la plus méthodique que j’aie jamais connue, était entrée aussitôt dans les pièces remplies de paille poussiéreuse, et tout de suite elle avait constaté avec désespoir, comme à chaque « déplacement », que nos meubles ne tiendraient jamais dans une maison si mal construite… Elle était sortie pour me confier sa détresse. Tout en me parlant, elle avait essuyé doucement avec son mouchoir ma figure d’enfant noircie par le voyage. Puis elle était rentrée faire le compte de toutes les ouvertures qu’il allait falloir condamner pour rendre le logement habitable… Quant à moi, coiffé d’un grand chapeau de paille à rubans, j’étais resté là, sur le gravier de cette cour étrangère, à attendre, à fureter petitement autour du puits et sous le hangar.

C’est ainsi, du moins, que j’imagine aujourd’hui notre arrivée. Car aussitôt que je veux retrouver le lointain souvenir de cette première soirée d’attente dans notre cour de Sainte-Agathe, déjà ce sont d’autres attentes que je me rappelle ; déjà, les deux mains appuyées aux barreaux du portail, je me vois épiant avec anxiété quelqu’un qui va descendre la grand’rue. Et si j’essaie d’imaginer la première nuit que je dus passer dans ma mansarde, au milieu des greniers du premier étage, déjà ce sont d’autres nuits que je me rappelle ; je ne suis plus seul dans cette chambre ; une grande ombre inquiète et amie passe le long des murs et se promène. Tout ce paysage paisible – l’école, le champ du père Martin, avec ses trois noyers, le jardin dès quatre heures envahi chaque jour par des femmes en visite – est à jamais, dans ma mémoire, agité transformé par la présence de celui qui bouleversa toute notre adolescence et dont la fuite même ne nous a pas laissé de repos.

Nous étions pourtant depuis dix ans dans ce pays lorsque Meaulnes arriva.

J’avais quinze ans. C’était un froid dimanche de novembre, le premier jour d’automne qui fit songer à l’hiver. Toute la journée, Millie avait attendu une voiture de La Gare qui devait lui apporter un chapeau pour la mauvaise saison. Le matin, elle avait manqué la messe ; et jusqu’au sermon, assis dans le chœur avec les autres enfants, j’avais regardé anxieusement du côté des cloches, pour la voir entrer avec son chapeau neuf. Après midi, je dus partir seul à vêpres.

« D’ailleurs, me dit-elle, pour me consoler, en brossant de sa main mon costume d’enfant, même s’il était arrivé, ce chapeau, il aurait bien fallu, sans doute, que je passe mon dimanche à le refaire. »

Souvent nos dimanches d’hiver se passaient ainsi.

Dès le matin, mon père s’en allait au loin, sur le bord de quelque étang couvert de brume, pêcher le brochet dans une barque ; et ma mère, retirée jusqu’à la nuit dans sa chambre obscure, rafistolait d’humbles toilettes. Elle s’enfermait ainsi de crainte qu’une dame de ses amies, aussi pauvre qu’elle mais aussi fière, vînt la surprendre. Et moi, les vêpres finies, j’attendais, en lisant dans la froide salle à manger, qu’elle ouvrit la porte pour me montrer comment ça lui allait.

Ce dimanche-là, quelque animation devant l’église me retint dehors après vêpres. Un baptême, sous le porche, avait attroupé des gamins. Sur la place, plusieurs hommes du bourg avaient revêtu leurs vareuses de pompiers ; et, les faisceaux formés, transis et battant la semelle, ils écoutaient Boujardon, le brigadier, s’embrouiller dans la théorie…

Le carillon du baptême s’arrêta soudain comme une sonnerie de fête, qui se serait trompée de jour et d’endroit ; Boujardon et ses hommes, l’arme en bandoulière, emmenèrent la pompe au petit trot ; et je les vis disparaître au premier tournant, suivis de quatre gamins silencieux, écrasant de leurs grosses semelles les brindilles de la route givrée où je n’osais pas les suivre.

Dans le bourg, il n’y eut plus alors de vivant que le café Daniel, où j’entendais sourdement monter puis s’apaiser les discussions des buveurs. Et, frôlant le mur bas de la grande cour qui isolait notre maison du visage, j’arrivai, un peu anxieux de mon retard, à la petite grille.

Elle était entre ouverte et je vis aussitôt qu’il se passait quelque chose d’insolite.

En effet, à la porte de la salle à manger – la plus rapprochée des cinq portes vitrées qui donnaient sur la cour – une femme aux cheveux gris, penchée, cherchait à voir au travers des rideaux. Elle était petite, coiffée d’une capote de velours noir à l’ancienne mode. Elle avait un visage maigre et fin, mais ravagé par l’inquiétude ; et je ne sais quelle appréhension, à sa vue, m’arrêta sur la première marche, devant la grille.

« Où est-tu passé ? mon Dieu ! disait-elle à mi-voix. Il était avec moi tout à l’heure. Il a déjà fait le tour de la maison. Il s’est peut-être sauvé… »

Et, entre chaque phrase, elle frappait au carreau trois petits coups à peine perceptibles.

Personne ne venait ouvrir à la visiteuse inconnue.

Millie, sans doute, avait reçu le chapeau de La Gare, et sans rien entendre, au fond de la chambre rouge, devant un lit semé de vieux rubans et de plumes défrisées, elle cousait, décousait, rebâtissait sa médiocre coiffure… En effet, lorsque j’eus pénétré dans la salle à manger, immédiatement suivi de la visiteuse, ma mère apparut tenant à deux mains sur sa tête des fils de laiton, des rubans et des plumes, qui n’étaient pas encore parfaitement équilibrés…

Elle me sourit, de ses yeux bleus fatigués d’avoir travaillé à la chute du jour, et s’écria :

« Regarde ! Je t’attendais pour te montrer… »

Mais, apercevant cette femme assise dans le grand fauteuil, au fond de la salle, elle s’arrêta, déconcertée. Bien vite, elle enleva sa coiffure, et, durant toute la scène qui suivit, elle la tint contre sa poitrine, renversée comme un nid dans son bras droit replié.

La femme à la capote, qui gardait, entre ses genoux, un parapluie et un sac de cuir, avait commencé de s’expliquer, en balançant légèrement la tête et en faisant claquer sa langue comme une femme en visite. Elle avait repris tout son aplomb.

Elle eut même, dès qu’elle parla de son fils, un air supérieur et mystérieux qui nous intrigua.

Ils étaient venus tous les deux, en voiture, de La Ferté-d’Angillon, à quatorze kilomètres de Sainte-Agathe. Veuve – et fort riche, à ce qu’elle nous fit comprendre –, elle avait perdu le cadet de ses deux enfants, Antoine, qui était mort un soir au retour de l’école, pour s’être baigné avec son frère dans un étang malsain. Elle avait décidé de mettre l’aîné, Augustin, en pension chez nous pour qu’il pût suivre le Cours Supérieur.

Et aussitôt elle fit l’éloge de ce pensionnaire qu’elle nous amenait. Je ne reconnaissais plus la femme aux cheveux gris, que j’avais vue courbée devant la porte, une minute auparavant, avec cet air suppliant et hagard de poule qui aurait perdu l’oiseau sauvage de sa couvée.

Ce qu’elle contait de son fils avec admiration était fort surprenant : il aimait à lui faire plaisir, et parfois il suivait le bord de la rivière, jambes filles, pendant des kilomètres, pour lui rapporter des œufs de poules d’eau, de canards sauvages, perdus dans les ajoncs…

Il tendait aussi des nasses… L’autre nuit, il avait découvert dans le bois une faisane prise au collet…

Moi qui n’osais plus rentrer à la maison quand j’avais un accroc à ma blouse, je regardais Millie avec étonnement.

Mais ma mère n’écoutait plus. Elle fit même signe à la dame de se taire, et déposant avec précaution son « nid » sur la table, elle se leva silencieusement comme pour aller surprendre quelqu’un…

Au-dessus de nous, en effet, dans un réduit où s’entassaient les pièces d’artifice noircies du dernier Quatorze Juillet, un pas inconnu, assuré, allait et venait, ébranlant le plafond, traversait les immenses greniers ténébreux du premier étage, et se perdait enfin vers les chambres d’adjoints abandonnées où l’on mettait sécher le tilleul et mûrir les pommes.

« Déjà, tout à l’heure, j’avais entendu ce bruit dans les chambres du bas, dit Millie à mi-voix, et je croyais que c’était toi, François, qui étais rentré… »

Personne ne répondit. Nous étions debout tous les trois, le cœur battant, lorsque la porte des greniers qui donnait sur l’escalier de la cuisine s’ouvrit ; quelqu’un descendit les marches, traversa la cuisine, et se présenta dans l’entrée obscure de la salle à manger.

« C’est toi, Augustin ? » dit la dame.

C’était un grand garçon de dix-sept ans environ. Je ne vis d’abord de lui, dans la nuit tombante, que son chapeau de feutre paysan coiffé en arrière et sa blouse noire sanglée d’une ceinture comme en portent les écoliers. Je pus distinguer aussi qu’il souriait…

Il m’aperçut, et, avant que personne eût pu lui demander aucune explication :

« Viens-tu dans la cour ? » dit-il.

J’hésitai une seconde. Puis, comme Millie ne me retenait pas, je pris ma casquette et j’allai vers lui.

Nous sortîmes par la porte de la cuisine et nous allâmes au préau, que l’obscurité envahissait déjà. À la lueur de la fin du jour, je regardais, en marchant, sa face anguleuse au nez droit, à la lèvre duvetée.

« Tiens, dit-il, j’ai trouvé ça dans ton grenier. Tu n’y avais donc jamais regardé. »

Il tenait à la main une petite roue en bois noirci ; un cordon de fusées déchiquetées courait tout autour ; ç’avait dû être le soleil ou la lune au feu d’artifice du Quatorze Juillet.

« Il y en a deux qui ne sont pas parties : nous allons toujours les allumer », dit-il d’un ton tranquille et de l’air de quelqu’un qui espère bien trouver mieux par la suite.

Il jeta son chapeau par terre et je vis qu’il avait les cheveux complètement ras comme un paysan. Il me montra les deux fusées avec leurs bouts de mèche en papier que la flamme avait coupés, noircis, puis abandonnés. Il planta dans le sable le moyeu de la roue, tira de sa poche – à mon grand étonnement, car cela nous était formellement interdit – une boîte d’allumettes. Se baissant avec précaution, il mit le feu à la mèche. Puis, me prenant par la main, il m’entraîna vivement en arrière.

Un instant après, ma mère qui sortait sur le pas de la porte, avec la mère de Meaulnes, après avoir débattu et fixé le prix de pension, vit jaillir sous le préau, avec un bruit de soufflet, deux gerbes d’étoffes rouges et blanches ; et elle put m’apercevoir, l’espace d’une seconde, dressé dans la lueur magique, tenant par la main le grand gars nouveau venu et ne bronchant pas…

Cette fois encore elle n’osa rien dire.

Et le soir, au dîner, il y eut, à la table de famille, un compagnon silencieux, qui mangeait, la tête basse, sans se soucier de nos trois regards fixés sur lui.

Chapitre 2 Après quatre heures

Je n’avais guère été, jusqu’alors, courir dans les rues avec les gamins du bourg. Une coxalgie, dont j’ai souffert jusque vers cette année 189…, m’avait rendu craintif et malheureux. Je me vois encore poursuivant les écoliers alertes dans les ruelles qui entouraient la maison, en sautillant misérablement sur une jambe…

Aussi ne me laissait-on guère sortir. Et je me rappelle que Millie, qui était très fière de moi, me ramena plus d’une fois à la maison, avec force taloches, pour m’avoir ainsi rencontré, sautant à cloche-pied, avec les garnements du village.

L’arrivée d’Augustin Meaulnes, qui coïncida avec ma guérison, fut le commencement d’une vie nouvelle.

Avant sa venue, lorsque le cours était fini, à quatre heures, une longue soirée de solitude commençait pour moi. Mon père transportait le feu du poêle de la classe dans la cheminée de notre salle à manger ; et peu à peu les derniers gamins attardés abandonnaient l’école refroidie où roulaient des tourbillons de fumée. Il y avait encore quelques jeux, des galopades dans la cour ; puis la nuit venait ; les deux élèves qui avaient balayé la classe cherchaient sous le hangar leurs capuchons et leurs pèlerines, et ils partaient bien vite, leur panier au bras, en laissant le grand portail ouvert…

Alors, tant qu’il y avait une lueur de jour, je restais au fond de la Mairie, enfermé dans le Cabinet des Archives plein de mouches mortes, d’affiches battant au vent, et je lisais assis sur une vieille bascule, auprès d’une fenêtre qui donnait sur le jardin.

Lorsqu’il faisait noir, que les chiens de la ferme voisine commençaient à hurler et que le carreau de notre petite cuisine s’illuminait, je rentrais enfin. Ma mère avait commencé de préparer le repas. Je montais trois marches de l’escalier du grenier ; je m’asseyais sans rien dire et, la tête appuyée aux barreaux froids de la rampe, je la regardais allumer son feu dans l’étroite cuisine où vacillait la flamme d’une bougie.

Mais quelqu’un est venu qui m’a enlevé à tous ces plaisirs d’enfant paisible. Quelqu’un a soufflé la bougie qui éclairait pour moi le doux visage maternel penché sur le repas du soir. Quelqu’un a éteint la lampe autour de laquelle nous étions une famille heureuse, à la nuit, lorsque mon père avait accroché les volets de bois aux portes vitrées. Et celui-là, ce fut Augustin Meaulnes, que les autres élèves appelèrent bientôt le grand Meaulnes. Dès qu’il fut pensionnaire chez nous, c’est-à-dire dès les premiers jours de décembre, l’école cessa d’être désertée le soir, après quatre heures. Malgré le froid de la porte battante, les cris des balayeurs et leurs seaux d’eau, il y avait toujours, après le cours, dans la classe, une vingtaine de grands élèves, tant de la campagne que du bourg, serrés autour de Meaulnes. Et c’étaient de longues discussions, des disputes interminables, au milieu desquelles je me glissais avec inquiétude et plaisir.

Meaulnes ne disait rien, mais c’était pour lui qu’à chaque instant l’un des plus bavards s’avançait au milieu du groupe, et, prenant à témoin tour à tour chacun de ses compagnons, qui l’approuvaient bruyamment, racontait quelque longue histoire de maraude, que tous les autres suivaient, le bec ouvert, en riant silencieusement.

Assis sur un pupitre, en balançant les jambes, Meaulnes réfléchissait. Aux bons moments, il riait aussi, mais doucement, comme s’il eût réservé ses éclats de rire pour quelque meilleure histoire, connue de lui seul. Puis, à la nuit tombante, lorsque la lueur des carreaux de la classe n’éclairait plus le groupe confus des jeunes gens, Meaulnes se levait soudain et, traversant le cercle pressé :

« Allons, en route ! » criait-il.

Alors tous le suivaient et l’on entendait leurs cris jusqu’à la nuit noire, dans le haut du bourg…

Il m’arrivait maintenant de les accompagner. Avec Meaulnes, j’allais à la porte des écuries des faubourgs, à l’heure où l’on trait les vaches… Nous entrions dans les boutiques, et, du fond de l’obscurité, entre deux craquements de son métier, le tisserand disait :

« Voilà les étudiants ! »

Généralement, à l’heure du dîner, nous nous trouvions tout près du Cours, chez Desnoues, le charron, qui était aussi maréchal. Sa boutique était une ancienne auberge, avec de grandes portes à deux battants qu’on laissait ouvertes. De la rue on entendait grincer le soufflet de la forge et l’on apercevait à la lueur du brasier, dans ce lieu obscur et tintant, parfois des gens de campagne qui avaient arrêté leur voiture pour causer un instant, parfois un écolier comme nous, adossé à une porte, qui regardait sans rien dire.

Et c’est là que tout commença, environ huit jours avant Noël.

Chapitre 3 "Je fréquentais la boutique d’un

Vannier"

La pluie était tombée tout le jour, pour ne cesser qu’au soir. La journée avait été mortellement ennuyeuse. Aux récréations, personne ne sortait. Et l’on entendait mon père, M. Seurel, crier à chaque minute, dans la classe :

« Ne sabotez donc pas comme ça les gamins ! »

Après la dernière récréation de la journée, ou comme nous disions, après le dernier « quart d’heure », M. Seurel, qui depuis un instant marchait de long en large pensivement, s’arrêta, frappa un grand

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Avis

Ce que les gens pensent de Le Grand Meaulnes

3.8
28 évaluations / 27 Avis
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Avis des lecteurs

  • (4/5)
    I read this book in 2013 and fell in love with it.

    It has a sense of nostalgia that is almost tangible. It's sort of like what would happen if Nick and Jay Gatsby were young boys, growing up in the French countryside, but it's also a lot more than that.

    It's very emotive. The tension is really well-written and rife throughout the book. The reason I love this novel is because it introduces love and chemistry and romanticism without necessarily involving a romantic relationship.

    It's a wonderful coming-of-age story, and I don't hear people talk about it very much, so I thought I would review it. It's sad, it's sweet, it's sentimental and left a really lasting impression with me.

    I wish he had written more books - some of his work is published posthumously, but this is one of his only novels. Alain-Fournier died a month after he was drafted into the army in 1914. He wasn't identified until 1991.

    This book, and some others that I'd love to read, are his legacy, though, and I'm glad this book in particular is considered a classic.
  • (5/5)
    I was really enjoying the feel of this book until the last twenty-or-so pages, when Alain-Fournier gathered together the strands he'd carefully laid in the preceding 180 pages and wove a cloth of infinitely finer emotional texture. Despite the revelation of "The Secret" having a certain melodramatic inevitability about it, the intensity of feeling is breathtakingly honest.The tone of adolescent gaucheness is entirely in keeping with both the characters and the author, and what could have been an early example of a YA potboiler is raised to the level of genuine literature. The first section of Meaulnes at the wedding fête had a surrealistic air, the middle section a kind of fevered languor, the final section melancholic tragedy, all of it overlaid with a shimmering golden light. Instantly a favourite!
  • (5/5)
    A Quoi bon; (whats the point) is what the woman said to Alain Fournier, when he finally plucked up the courage to speak to her, after following her around Paris for days as a very young man. She later added on another occasion "Nous sommes deux enfants, nous avons fait une folie." Alain Fournier never gave up on Yvonne de Quièvrecourt who unwittingly became the inspiration for his first novel which is a classic of French literature. This moment when the young author discovered the pangs of an unrequited love is translated into a novel that captures the wonder, the fantasy, the childlike innocence of adolescent love. The Grand Meaulnes took Fournier eight years to complete and it was first published in serial form in 1913. Le Grand Meaulnes is actually the leading character in the novel: Augustine Meaulnes. He is 17 years old when he is enrolled in a school of mixed age groups in a small provincial town. He is bigger and older than the other boys and soon becomes the boy who everyone wants to know, including Francois who is the son of the head teacher and who tells the story. Meaulnes is disappointed when he is not selected to accompany the head teacher on a trip to the local station to pick up the grand parents. He finds another horse and carriage in town and embarks on a race to get to the station. He gets lost in the winter fog and eventually deep in the countryside sees a light through the trees. He stumbles across fields to find a tumble down chateau which is playing host to a wedding party. There are adults and children dressed in clothes from a previous century and Meaulnes is invited to join in. The bride never arrives but Meaulnes sees and falls in love with Yvonne the bridegrooms (Frantz) sister. Altogether he is away from school for three days and when he finally returns he seems a disturbed young man, obsessed with trying to locate the mysterious chateau in the woods. He eventually takes Francois into his confidence and together they plan to solve the mystery and find Yvonne. This completes the first of the three parts to the romance and the story continues with Meaulnes and Francois search for Yvonne with the added complication of Frantz still in love with the woman who jilted him.Fournier based his novel very much on his own upbringing. His father was the head teacher at a small school and the sights and sounds of the life of the pupils in a small provincial town are atmospherically portrayed and then suddenly the reader is plunged headlong into Meaulnes adventure and we are in the land of mystery and fantasy and a bit like Meaulnes we do not want it to end. The wedding party seems full of young adults and children and there is magic in the air, there is also romance and there is innocence, but this must change when Meaulnes finally finds his way back to school. He is determined to chase his dreams but as he grows up and searches for love innocence is left behind and choices must be made. The final part of the book which tells the story of Meaulnes relationship with Yvonne is steeped in melancholia, the characters are searching for things lost or for what they never had and the melancholia turns to sadness and sorrow. I found it a deeply affecting book. Why this novel works so well is that even when Fournier is working through the machinations of his plot he still manages to turn the readers attention back to the magical scenes of the first part: for example there is a party thrown to bring Meaulnes, Yvonne and Frantz back together, it is held in a country estate beside the river and the woods and an atmosphere is created similar to the wedding party and Meaulnes even plunges into the woods, but this time he is angered by the actions of Yvonne and her family and the magic is dissipated: it is if his more childlike self was for a moment within reach. The novel is by no means faultless, there are coincidences that serve to hold the plot together and people appear and disappear it seems at the whim of the author, but nothing can take away the sense of wonder that Fournier creates with his beautiful text, his character may be innocent even puerile, but they live and breathe in Fournier lovely book. A romance, but lodged in realism, an innocence that clings to the characters, a purity that negates the need for any talk about sex. That Fournier manages to pull this off and make it a pleasure for adults to read and read again is a triumph and so five stars.
  • (5/5)
    a marvellous book, a classic evocation of the magic of youth and the power of friendship
  • (3/5)
    Set in the late 1800s to early 1900s, this story evokes images of life in a very different sort of era. The interwoven tale of the 3 main male protagonists is a bit too wistful for my taste. However, it had a definite effect on me.
  • (3/5)
    Maybe it's just the translations i've been reading...definitely hitting us on several levels, this is one of those books like Farina's _been down so long looks like up to me_, that will haunt your life long after you read it...and yet to pick it up again is to once again fall under its spell and unique take on life.
  • (3/5)
    Blah, melodramatic and boring. I can't see what's so great about the Great Meaulnes.
  • (4/5)
    This book was a wonderful read ! It's a heartbreaking coming of age story with a combination of a mysterious search for a long lost love with great friendships.
    It does have a very anti-climactic ending which makes for feel sorry for the narrating character.
  • (3/5)
    Alain-Fournier is a sort of French Rupert Brooke, a rising literary star who was killed in World War One; in Fournier's case he was one of the third of a million casualties France suffered in the first three months of the war. And, like some of Brooke's more memorable work, such as The Old Vicarage, Grantchester, Le Grand Meaulnes is steeped with nostalgia and an overwhelming sense of loss of place and time. It is striking that both writers, on the eve of the conflagration which would claim their lives, already felt, in fact, as though a world they knew was drifting away.
  • (2/5)
    This obviously slots into the 'either love it or hate it' category, and I wonder if the translator's to blame? I assume at least in part, since this is meant to be enchanting, but reads more like a science text-book. In part it might be the French/English divide, since you just can't get away with random tense changes in English- it comes off as confused or maddening; the endless ellipses and rhetorical questions and descriptive passages which for all I know are beautiful and haunting in French are stilted in English. Finally, the cover must share the blame. My edition has a Sisley impressionist get-up. Really the book needs something far more ambiguous. Maybe de Chavannes would be better: a symbolist with a romantic heritage.
    Anyway, I clearly came to this with the wrong expectations. And in English, the back cover's claim that this is "a classic of immaturity" is a little less like praise, and a little more like a damning description. It pales next to The Go-Between, or even Bassani's Behind the Door.
  • (5/5)
    Three-quarters of the way through this book I thought it was more for children or at a pinch, YA fiction. But the last score pages had me racing to the finish in happy-joy-sad-nostalgia in that the novel captures the feeling of saudade, enveloping me as the third-party observer yet bringing me in close. I could not help several instances of déjà vu but I am not sure whether I have read parts of this before (as I had done with Steinbeck's Red Pony in an abridged version in primary school) or otherwise the imaginations of the older boys' recalls my own thoughts during those times when teenage boys are physically present but otherwise not there. I wonder, too, whether a feminist critique of the moral "rightness" of our hero's actions would not reveal a whole bunch of anti-morality should one shine a contemporary light on this, the third tale of the Belle Époque I have read in the last few weeks. I was fortunate enough to read most of this book while sitting on a cane chair on the grass in the warm autumn sunshine of the Southern Tablelands, creating a dreamy ambience that made the digesting of this novel all the more enchanting.
  • (3/5)
    Goed geschreven; opvallend accent op de natuurbeschrijvingen, streek van de Cher. Maar het verhaaltje is opgeklopt: melancholische saus, voortdurend zuchten naar vervlogen tijden, naar voorbije herinneringen en ervaringen; soms ongeloofwaardige overgangen en episodes; duidelijk pseudoromantiek.DromerigCentraal thema: vriendschap tussen grote en kleine jongen, onrust en avontuur, verlangen naar gelukkig verleden, trouwCruciale episode doet sterk denken aan Graal-scene bij Chretien de Troyes’ Perceval
  • (4/5)
    Le Grand Meaulnes is a romantic coming-of-age tale, a story of friendship, love, and loss. When Augustin Meaulnes arrives at a small French school, he is befriended by François Seurel, the 15-year-old son of the headmaster. François looks up to Meaulnes, who is two years older and both a dreamer and a rebel. The boys nickname him "Le Grande Meaulnes" which the translator explains is similar to the English phrase, "good old Meaulnes." One day, in an act of bravado, Meaulnes gets hold of a carriage, heads off on his own, gets lost, and ultimately finds himself at a very strange wedding feast. There he encounters the most beautiful woman he's ever seen: Yvonne de Galais. The feast breaks up rather abruptly when the groom's fiancee decides not to go through with the wedding. In the confusion, Meaulnes is separated from Yvonne, and he vows to find her again. He embarks on a quest of sorts, leaving François behind to finish his studies. The search for Yvonne takes a circuitous path involving François, a number of other colorful characters, and unexpected connections with the groom from the wedding feast.Le Grand Meaulnes was Alain-Fournier's first novel. Sadly, he was killed in World War I in 1914, just two years after publication. His writing is beautiful; I was instantly transported back to 1890s rural France, where women dried their linen by draping it over the bushes, and men engaged in vigorous debate in the local cafe. The weather and scenery were described in vivid detail, further immersing me in the world of François and his friend Meaulnes:And now, to swoop down from a hill-top into the hollows as if on wings; to see a blurred landscape far ahead divide and make an aisle for you and burst into leaf as you passed; to slip through a village taking everything in at a glance ... Only in dreams had I been wafted on such delightful flights. (p. 139)While there were parts of this book I found a bit bizarre, and others that were slow-moving, overall the writing was so wonderful that I enjoyed it a great deal.
  • (5/5)
    One of my all time favourites - wonderful & haunting book
  • (3/5)
    This must be the ultimate adolescent novel.
  • (5/5)
    My husband to be recommended this when I was nineteen. His recommendations were always perfect, unlike me he only read the best! It had a huge and lasting impact on me. Pity about the film "The Wanderer" but then it is often difficult to translate the page to the screen.
  • (5/5)
    One of the best novels I have ever read. A true masterpiece. A novel about love, dreams, finding love and the dream and realities that come with them.
  • (4/5)
    The French was difficult, I read it bit by bit very slowly, I needed to have seen the film to help to give me the atmosphere, sense of location, given that, I was eventually caught up in it, wanting to get the story, and having a distant and hazy sense of the quality of the writing, and a somewhat less distant sense of the youthful romanticism, which I seem now to be capable of enjoying. At least, I enjoyed it in this context. Enjoyed? Appreciated, rather, or acknowledged as a serious state of mind, rather than one to be cynically dismissed.
  • (4/5)
    In truth, before tackling this book I was expecting something better than I found when I came to the end.Disapointed would be a good description. However, the final part of the book was very intense and sad - a redeeming factor.
  • (5/5)
    One of the few books to which I have given 5 stars in a long while, Le Grand Meaulnes is likely one of the best books I've read in a very, very long time. Set in France of last century, the story is narrated by one Francois Seurel, the son of the local schoolmaster. Seurel's father takes in a new boy, Augustin Meaulnes, who is also known as "le grand Meaulnes." He's the kid in every group who is fearless and who is looked up to by all of the other kids, and he and Francois become very close friends. On one occasion, he becomes lost, and wandering around in the forest, comes across a very strange scene: in front of a neglected-looking, rather large house, he finds children of all sorts, dressed up in finery of bygone times. It is here that he meets a mysterious girl and falls in love. The festivities end somewhat abruptly; Augustin is given a ride home and once back at the school, he cannot put together where he had just been. He becomes obsessed with finding not only the house, but the girl as well, and this quest lasts into his adulthood. An amazing piece of writing, it is a book to be read and re-read. The characters are alive and vivid, and you can feel what they feel throughout the novel. It is humorous at times, sometimes tragic, but has something that will most likely resonate with anyone with a soul or a memory of your first love.HIGHLY recommended; an incredible book.
  • (5/5)
    I was moved to read this book by an article I read on it in The Commonweal. I was very much impressed by the book, and it is sad to know that the author's life was lost in the first World War.
  • (2/5)
    Dear Henri Alain-Fournier,

    Some people claim you had great talent as a novelist. Many more would claim I don't. Is it fair that you died in World War I while I live, free to write this review and feeling like I'm having a bad morning because I didn't have all the usual ingredients for my breakfast shake? Your remains weren't identified until 1991, true, but do you know that without yogurt, steel cut oatmeal, goji berries and banana congeal like pond scum when blended with almond milk? I guess in a way translated works of fiction are like that, lacking an ingredient. Not really fair of me to judge you then, is it? And on top of that, I read somewhere that the Robin Buss translation I have isn't the best.

    I don't know. Maybe I've been prejudiced against anything French because there's been a creepy mime wandering around the farmers' market on Saturdays. With the summer heat, its face make-up starts to melt and peel and it scares my kid and me. Or maybe, having discovered Woody Allen before James Dean, it's because I'm sentimental for my own sort of coming-of-age story. But the truth is, I found your novel sappy. Sappy to the nth degree.

    "And that evening, sobbing, he asked Mademoiselle de Galais for her hand in marriage."

    Barf.

    Some folks describe it as dream-like. Well, I'll meet them halfway and say that it is conducive to a dream-like state, in as much as I found myself wanting to fall asleep as I read it. God! Germany probably invaded France so often to keep from nodding off. Can you blame them? They had all those big philosophical treatises to write, but then kept getting distracted by the latest Twilight prequel. And they would've even read it in the original French because all you Continentals speak five languages!

    I tried to make excuses for you, thinking, "Look at it this way: it's a parable for post-colonial France. They were just coming off that Napoleonic high and had to simultaneously deal with the onset of modernity. It's a simple case of British/penis envy." But even my credulity can only stretch so far.

    Goodbye, Alain-Fournier. Sorry your life was cut short by one of history's celebrated mistakes. Maybe this book will mean something to somebody else. It's going to have the opportunity, because I'm donating it to my library.
  • (3/5)
    Did not measure up to the French Classic is was/is purported to be. Maybe you have to be French to understand it well. Much of the story was confusing and the characters were poorly developed. It had a lyric quality which was kind of nice, but not enough for me.
  • (5/5)
    One of my favourites. A classic, so haunting and evocative of French provincial life.
  • (2/5)
    I had long heard of this French classic, often described as a coming of age novel. It is frequently required reading in French schools. Many people love it, but I did not have that reaction to it.The plot is brief and simple. The narrator is the son of a rural schoolmaster who befriends a new student, Augustin Meaulnes, also known as "The Great Meaulnes." Meaulnes disappears for a few days, and we learn that during his absence he wandered into a surealistic fairy tale estate where preparations are underway for a grand marriage celebration, all being orchestrated by children. He experiences magical and mystical events, and sees a young woman with whom he instantly falls in love. When the wedding is abruptly cancelled, Meaulnes finds himself back in the "real world," and spends much of the rest of his life seeking the "lost estate" and this perfect woman.Unfortunately, the plot evolves into a series of improbable coincidences and unbelievable characters and events. For all the magic of the beginning, I found little to like in the remainder of the book. I'm at a loss to explain the appeal of this book, so I'll quote extensively from the forward:"What readers have recalled, and cherished for a century, is the force and simplicity of the fable--the lost domain of happiness, the abandoned chateau brought to life again by the presence of children, the perfect fairy princess found within it and then pursued at the cost of common sense and grown-up sexuality--and the way in which the fable is made credible by what Fournier called his "nervous, voluptuous" prose surrounding the dream. By placing what is essentially a medieval allegory of love in the terms of the late-nineteenth century realistic novel, Fournier, in his one completed book, created a story whose elements--the great, grand place glimpsed in the snow; the girl glimpsed once at a distance after which life becomes simply an attempt to seek her out again--are part of the way we see and the way we sing now; part of pop culture." Maybe. But that still didn't make it a good book for me.
  • (4/5)
    Le Grand MeaulnesAlain-FournierFirst published in 1913, this novel is set in rural France in the last decade of the 19th century. It is a love story and a story of adolescent development, full of irrational and romantic behavior. The narrator is M. Seurel, a student in the upper form, in a rural school headmastered by his father. They accept a boarding student, Meaulnes, soon to be known as Le Grand because of his commanding behavior. He takes the initiative to drive to a rail station to pick up visitors, gets lost in a wood, stumbles across an elaborate wedding party, where he meets the girl of his dreams, and the bridegroom, who is jilted. He cannot find his way back to the setting of the wedding, and it becomes an obsession. After he leaves the school he goes to Paris, unwittingly falls in love with the bride of the jilted bridegroom, but later Seurel solves the mystery of the party, and re-introduces Meaulnes to his original love, whom he marries, then abandons to make amends to the bridegroom. The characters are romantic, the settings are atmospheric, and the story compelling.
  • (4/5)
    A unique and dream-like book about youthful ardour and longing. The story of Meaulnes and his search for his lost love is unforgettable. Impulsive, reckless and heroic, Meaulnes embodies both romanticism and a search for the elusiveness of the world between childhood and adulthood.(apologies and thanks to James.)