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Le Spleen de Paris (Petits poèmes en prose): Un recueil posthume de poésies de Charles Baudelaire

Le Spleen de Paris (Petits poèmes en prose): Un recueil posthume de poésies de Charles Baudelaire

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Le Spleen de Paris (Petits poèmes en prose): Un recueil posthume de poésies de Charles Baudelaire

évaluations:
4/5 (271 évaluations)
Longueur:
142 pages
1 heure
Sortie:
12 févr. 2019
ISBN:
9782322135769
Format:
Livre

Description

Le Spleen de Paris, également connu sous le titre Petits poèmes en prose, est un recueil posthume de poésies en prose de Charles Baudelaire, établi par Charles Asselineau et Théodore de Banville. Il a été publié pour la première fois en 1869 dans le quatrième volume des oeuvres complètes de Baudelaire publié par l'éditeur Michel Levy après la mort du poète. Ce recueil fut conçu comme un « pendant » aux Fleurs du Mal. Baudelaire y fait l'expérience d'une « prose poétique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s'adapter aux mouvements lyriques de l'âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience ». Le recueil de Baudelaire comprend les poèmes suivants :
À Arsène Houssaye
I. L'Étranger
II. Le Désespoir de la vieille
III. Le Confiteor de l'artiste
IV. Un plaisant
V. La Chambre double
VI. Chacun sa chimère
VII. Le Fou et la Vénus
VIII. Le Chien et le Flacon
IX. Le Mauvais Vitrier
X. À une heure du matin
XI. La Femme sauvage et la Petite-maîtresse
XII. Les Foules
XIII. Les Veuves
XIV. Le Vieux Saltimbanque
XV. Le Gâteau
XVI. L'Horloge
XVII. Un hémisphère dans une chevelure
XVIII. L'Invitation au voyage (2e version)
XIX. Le Joujou du pauvre
XX. Les Dons des fées
XXI. Les Tentations ou Eros, Plutus et la Gloire
XXII. Le Crépuscule du soir
XXIII. La Solitude
XXIV. Les Projets
XXV. La Belle Dorothée
XXVI. Les Yeux des pauvres
XXVII. Une mort héroïque
XXVIII. La Fausse Monnaie
XXIX. Le Joueur généreux
XXX. La Corde
XXXI. Les Vocations
XXXII. Le Thyrse
XXXIII. Enivrez-vous
XXXIV. Déjà !
XXXV. Les Fenêtres
XXXVI. Le Désir de peindre
XXXVII. Les Bienfaits de la lune
XXXVIII. Laquelle est la vraie ?
XXXIX. Un cheval de race
XL. Le Miroir
XLI. Le Port
XLII. Portraits de maîtresses
XLIII. Le Galant Tireur
XLIV. La Soupe et les Nuages
XLV. Le Tir et le Cimetière
XLVI. Perte d'auréole
XLVII. Mademoiselle Bistouri
XLVIII. Anywhere out of the World
XLIX. Assommons les Pauvres !
L. Les Bons Chiens
Épilogue.
Sortie:
12 févr. 2019
ISBN:
9782322135769
Format:
Livre

À propos de l'auteur

Richard Howard was one of the most prolific and respected twentieth-century literary critics and translators. He won a Pulitzer Prize, a PEN Translation Prize, a National Book Award (for Les Fleurs Du Mal (The Flowers of Evil)), a Literary Award from the Academy of Arts and Letters, a MacArthur Fellowship, the title of Chevalier from France’s L’Ordre National du Merite, and the position of Poet Laureate of New York. Richard Howard was one of the most prolific and respected twentieth-century literary critics and translators. He won a Pulitzer Prize, a PEN Translation Prize, a National Book Award (for Les Fleurs Du Mal (The Flowers of Evil)), a Literary Award from the Academy of Arts and Letters, a MacArthur Fellowship, the title of Chevalier from France’s L’Ordre National du Merite, and the position of Poet Laureate of New York. Charles Baudelaire was a French poet whose work explored taboo areas of sensuality and sexuality. His highly original style of prose-poetry influenced a whole generation of poets including Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, and Stéphane Mallarmé, among many others. He is credited with coining the term “modernity” (modernité) to designate the fleeting, ephemeral experience of life in an urban metropolis (such as mid-19th century Paris), and the responsibility of artistic expression to capture that experience.


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Aperçu du livre

Le Spleen de Paris (Petits poèmes en prose) - Charles Baudelaire

Le Spleen de Paris parut en 1869, deux ans après la mort de son auteur. Baudelaire avait conçu d’écrire un volume de poèmes en prose dès 1857. Il peina jusqu’à la fin de sa vie pour terminer ce livre. La presque totalité des textes fut cependant publié dans diverses revues. Baudelaire mentionne successivement plusieurs titres pour ce futur recueil ; finalement, il hésita entre Le Spleen de Paris et Petits poèmes en prose ; aujourd’hui on emploie l’un ou l’autre de ces titres.

Édition de référence :

Les Fleurs du mal suivies du Spleen de Paris,

Éditions de Clairefontaine, 1947, La

Guilde du Livre, Lausanne. Introduction,

éclaircissements et notes de Blaise Allan.

À Arsène Houssaye¹

Mon cher ami, je vous envoie un petit ouvrage dont on ne pourrait pas dire, sans injustice, qu’il n’a ni queue ni tête, puisque tout, au contraire, y est à la fois tête et queue, alternativement et réciproquement. Considérez, je vous prie, quelles admirables commodités cette combinaison nous offre à tous, à vous, à moi et au lecteur. Nous pouvons couper où nous voulons, moi ma rêverie, vous le manuscrit, le lecteur sa lecture ; car je ne suspends pas la volonté rétive de celui-ci au fil interminable d’une intrigue superflue. Enlevez une vertèbre, et les deux morceaux de cette tortueuse fantaisie se rejoindront sans peine. Hachez-la en nombreux fragments, et vous verrez que chacun peut exister à part. Dans l’espérance que quelques-uns de ces tronçons seront assez vivants pour vous plaire et vous amuser, j’ose vous dédier le serpent tout entier.

J’ai une petite confession à vous faire. C’est en feuilletant, pour la vingtième fois au moins, le fameux Gaspard de la Nuit, d’Aloysius Bertrand² (un livre connu de vous, de moi et de quelques-uns de nos amis, n’a-t-il pas tous les droits à être appelé fameux ?) que l’idée m’est venue de tenter quelque chose d’analogue, et d’appliquer à la description de la vie moderne, ou plutôt d’une vie moderne et plus abstraite, le procédé qu’il avait appliqué à la peinture de la vie ancienne, si étrangement pittoresque.

Quel est celui de nous qui n’a pas, dans ses jours d’ambition, rêvé le miracle d’une prose poétique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s’adapter aux mouvements lyriques de l’âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience ?

C’est surtout de la fréquentation des villes énormes, c’est du croisement de leurs innombrables rapports que naît cet idéal obsédant. Vous-même, mon cher ami, n’avez-vous pas tenté de traduire en une chanson le cri strident du Vitrier, et d’exprimer dans une prose lyrique toutes les désolantes suggestions que ce cri envoie jusqu’aux mansardes, à travers les plus hautes brumes de la rue ?

Mais, pour dire le vrai, je crains que ma jalousie ne m’ait pas porté bonheur. Sitôt que j’eus commencé le travail, je m’aperçus que non seulement je restais bien loin de mon mystérieux et brillant modèle, mais encore que je faisais quelque chose (si cela peut s’appeler quelque chose) de singulièrement différent, accident dont tout autre que moi s’enorgueillirait sans doute, mais qui ne peut qu’humilier profondément un esprit qui regarde comme le plus grand honneur du poète d’accomplir juste ce qu’il a projeté de faire.

Votre bien affectionné,

C. B.


¹ Arsène Housset, dit Arsène Houssaye (1815-1896), écrivain, administrateur de la Comédie-Française, directeur de L’Article et de La Presse ; dans cette publication parurent, en 1862, vingt poèmes en prose, avec cette dédicace.

² Louis Bertrand, dit Aloysus Bertrand, né en 1807 et mort dans la misère, à l’hôpital Necker, à Paris, en 1841 ; il n’écrivit qu’un livre, Gaspard de la Nuit, publié en décembre 1842.

Table

L’étranger

Le désespoir de la vieille

Le Confiteor de l’artiste

Un plaisant

La chambre double

Chacun sa chimère

Le fou et la Vénus

Le chien et le flacon

Le mauvais vitrier

À une heure du matin

La femme sauvage et la petite-maîtresse

Les foules

Les veuves

Le vieux saltimbanque

Le gâteau

L’horloge

Un hémisphère dans une chevelure

L’invitation au voyage

Le joujou du pauvre

Les dons des Fées

Les tentations

Le crépuscule du soir

La solitude

Les projets

La belle Dorothée

Les yeux des pauvres

Une mort héroïque

La fausse monnaie

Le joueur généreux

La corde

Les vocations

Le thyrse

Enivrez-vous

Déjà !

Les fenêtres

Le désir de peindre

Les bienfaits de la Lune

Laquelle est la vraie ?

Un cheval de race

Le miroir

Le port

Portraits de maîtresses

Le galant tireur

La soupe et les nuages

Le tir et le cimetière

Perte d’auréole

Mademoiselle Bistouri

Any where out of the world

Assommons les pauvres !

Les bons chiens

I

L’étranger

– Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?

– Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.

– Tes amis ?

– Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.

– Ta patrie ?

– J’ignore sous quelle latitude elle est située.

– La beauté ?

– Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.

– L’or ?

– Je le hais comme vous haïssez Dieu.

– Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?

– J’aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages !

II

Le désespoir de la vieille

La petite vieille ratatinée se sentit toute réjouie en voyant ce joli enfant à qui chacun faisait fête, à qui tout le monde voulait plaire ; ce joli être, si fragile comme elle, la petite vieille, et, comme elle aussi, sans dents et sans cheveux.

Et elle s’approcha de lui, voulant lui faire des risettes et des mines agréables.

Mais l’enfant épouvanté se débattait sous les caresses de la bonne femme décrépite, et remplissait la maison de ses glapissements.

Alors la bonne vieille se retira dans sa solitude éternelle, et elle pleurait dans un coin, se disant : – « Ah ! pour nous, malheureuses vieilles femelles, l’âge est passé de plaire, même aux innocents ; et nous faisons horreur aux petits enfants que nous voulons aimer ! »

III

Le Confiteor de l’artiste

Que les fins de journées d’automne sont pénétrantes ! Ah ! pénétrantes jusqu’à la douleur ! car il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n’exclut pas l’intensité ; et il n’est pas de pointe plus acérée que celle de l’infini.

Grand délice que celui de noyer son regard dans l’immensité du ciel et de la mer ! Solitude, silence, incomparable chasteté de l’azur ! une petite voile frissonnante à l’horizon, et qui par sa petitesse et son isolement imite mon irrémédiable existence, mélodie monotone de la houle, toutes ces choses pensent par moi, ou je pense par elles (car dans la grandeur de la rêverie, le moi se perd vite !) ; elles pensent, dis-je, mais musicalement et pittoresquement, sans arguties, sans syllogismes, sans déductions.

Toutefois, ces pensées, qu’elles sortent de moi ou s’élancent des choses, deviennent bientôt trop intenses. L’énergie dans la volupté crée un malaise et une souffrance positive. Mes nerfs trop tendus ne donnent plus que des vibrations criardes et douloureuses.

Et maintenant la profondeur du ciel me consterne ; sa limpidité m’exaspère. L’insensibilité de la mer, l’immuabilité du spectacle, me révoltent... Ah ! faut-il éternellement souffrir, ou fuir éternellement le beau ? Nature enchanteresse sans pitié, rivale toujours victorieuse, laisse-moi ! Cesse de tenter mes désirs et mon orgueil ! L’étude du beau est un duel où l’artiste crie de frayeur avant d’être vaincu.

IV

Un plaisant

C’était l’explosion du nouvel-an : chaos de boue et de neige, traversé de mille carrosses, étincelant de joujoux et de bonbons, grouillant de cupidités et de désespoirs, délire officiel d’une grande ville fait pour troubler le cerveau du solitaire le plus fort.

Au milieu de ce tohu-bohu et de ce vacarme, un âne trottait vivement, harcelé par un malotru armé d’un fouet.

Comme l’âne allait tourner l’angle d’un trottoir, un beau monsieur ganté, verni, cruellement cravaté et emprisonné dans des habits tout neufs, s’inclina cérémonieusement devant l’humble bête, et lui dit, en ôtant son chapeau : « Je vous la souhaite bonne et heureuse ! » puis se retourna vers je ne sais quels camarades avec un air de fatuité, comme pour les prier d’ajouter leur approbation à son contentement.

L’âne ne vit pas ce beau plaisant, et continua de courir avec zèle où l’appelait son devoir.

Pour moi, je fus pris subitement d’une incommensurable rage contre ce magnifique imbécile, qui

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Ce que les gens pensent de Le Spleen de Paris (Petits poèmes en prose)

4.0
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Avis des lecteurs

  • (5/5)
    Who among us has not dreamt, in moments of ambition, of the miracle of a poetic prose, musical without rhythm and rhyme, supple and staccato enough to adapt to the lyrical stirrings of the soul, the undulations of dreams, and sudden leaps of consciousness.

    Contrary to popular belief, I had never read Baudelaire until now. I've trusted Walter Benjamin and lately Calasso to provide me with a well informed ethos about this central figure. There are many concerns that this is the literature of the young, to which I shout, absurd. This is the lettres of the Absolute, the eternally curious.

    Below the bile, there is a hum of sensitivity. Behind the debris are the tears of the sensitive. Is it forgiving, likely not? There is a buzzing pulse at play, a hum and a forgiving glance.
  • (3/5)
    Korte schetsen, over eenzaamheid, oudworden. Soms sterk gelijkend op Poemeesterlijk observatievermogen, voorafspiegeling van de Maupassant, soms fijn, soms grof. Techniek van de onverwachte wending die het voorafgaande in een heel ander perspectief plaatst. Op het geniale af
  • (5/5)
    One of the the earliest examples of prose poetry, Baudelaire's Paris Spleen is a tribute to the city of Paris and its pleasures: poetry, wine, women and the drunkenness brought about by these pursuits. Let's not forget Baudelaire's old pal Satan, he rears his head here more than once. Also present here is Baudelaire's witty political commentaries, presented in perhaps a more discernible form here than in The Flowers of Evil.Paris Spleen is not as consistent in regards to 'quality' (Rather a bad choice of words here, I do not want to mislead any ignorant reader into thinking Baudelaire is any less than great) or as urgent in tone as its more wide read predecessor. Overall though, this an indispensable for all students of poetry as well as those "moon-mad men." We couldn't forget them, now could we?
  • (5/5)
    heavy and elastic honeybrown hair. you can almost hear it?!
  • (4/5)
    Inspired by Bertrand's Gaspard de la Nuit Baudelaire borrowed the idea of turning french poetry on its head by releasing this collection of prose poems. The real virtues of the poetry, the play with language, internal rhyme, and grammar, don't come through very strongly in translation. Luckily for Baudelaire's english speaking audience, the subjects of his poems were so rich and his imagery was so vivid that even after all of those elements are lost, his poetry still stands up under scrutiny. The only downside of this collection is that it's not a dual language version-- even if you don't speak a foreign language you can still get a sense for its rythym by comparing the original and the translation side by side. The prose poems in this collection (and the ones in Les Fleurs du Mal) focus on the internal life of the city. Ina time when Paris was being systematically destroyed and rebuilt, Baudelaire looks past the veneer of the city to the heart of its citizens. While British poets from the same time lose themselves in the architecture of the city and in the city's natural elements, Baudelaire and his contemporaries focused specifically on the people that make up the city. Paris Spleen gives you an outsider's look into Parisian life. As the narrator of these pieces moves through the city, he shares his assumptions about life as seen through windows, as passed on corners, as watched but not necessarily participated in. When the narrator actually does take part in the world around him, he does so with gestures so grand that they exist only for the sake of metaphor. In one instance, the narrator berates a glass dealer for harassing the poor and tosses a flower pot at him. In another, men are described as carrying chimeras on their backs as they go through their daily routines.Although at times the narrative leans towards the surreal, the images are accessable and each poem flows quickly. If you can't read the poems in their original language, this is a great translation to pick up.
  • (4/5)
    I never really understood the appeal of Les Fleurs du Mal, but so many people love it that I started to feel bad. What was I missing? Along comes this book, Paris Spleen, which is full of prose poems made of equal parts humor, cynicism, and insight (and often all three within a paragraph). I like these poems because reading it, I feel like I have a sense of who Baudelaire might have been as a person...Plus, his humor is so odd: Soup and Clouds My adorable little minx was serving me supper; through the dining room's open window I was contemplating the shifting architectures God creates from vapour, those marvellous constructions of the evanescent. As I watched, I thought: "Those apparitions are nearly as beautiful as my sweet lady's eyes, the mad little green-eyed monster." Suddenly a violent fist landed in my back and I heard a charming, raw voice hysterical and brandy-damaged, the voice of my little darling, saying: "Get on with your bloody soup, cloud merchant."
  • (5/5)
    This is a good book for anyone new to Baudelaire or prose poems. Several great poems are included.