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Ciel de nuit blessé par balles
Ciel de nuit blessé par balles
Ciel de nuit blessé par balles
Livre électronique100 pages42 minutes

Ciel de nuit blessé par balles

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À propos de ce livre électronique

Recueil de poésie traduit en dix langues. Mémoire d’encrier détient les droits en langue française. Ciel de nuit blessé par balles est résolument un chef-d’œuvre qui peint la vie humaine dans toutes ses facettes : l’exil, l’amour, l’enfance, le sexe, la violence. La poésie américaine retrouve ses grandes obsessions avec ce poète vietnamien de 28 ans.
LangueFrançais
Date de sortie3 oct. 2017
ISBN9782897125080
Ciel de nuit blessé par balles
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Auteur

Ocean Vuong

Ocean Vuong (Ciudad Ho Chi Minh, antes Saigón, 1988) emigró a Estados Unidos con su familia en 1990, tras pasar un año en un campo de refugiados en Filipinas. En 2014 recibió la beca Ruth Lilly / Sargent Rosenberg de la Poetry Foundation y con el poemario Cielo nocturno con heridas de fuego ganó el Whiting Award y el Forward Prize en Estados Unidos y el Premio T. S. Eliot en Inglaterra. Sus textos se han publicado en medios como The Atlantic, Harper’s, The Nation, New Republic, The New Yorker y The New York Times. Es profesor en el Amherst College de Massachusetts. En la tierra somos fugazmente grandiosos es su primera novela.

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    Aperçu du livre

    Ciel de nuit blessé par balles - Ocean Vuong

    Ocean Vuong

    ciel de nuit blessé par balles

    Traduit de l’anglais par Marc Charron

    MÉMOIRE D’ENCRIER

    Mémoire d’encrier reconnaît l’aide financière

    du Gouvernement du Canada

    par l’entremise du Conseil des Arts du Canada,

    du Fonds du livre du Canada

    et du Gouvernement du Québec

    par le Programme de crédit d’impôt pour l’édition

    de livres, Gestion Sodec.

    Mise en page : Virginie Turcotte

    Couverture : Étienne Bienvenu

    Dépôt légal : 2e trimestre 2017

    © 2017 Mémoire d’encrier inc.

    © 2016 Ocean Vuong

    Édition originale : Night Sky with Exit Wounds, Copper Canyon Press, 2016.

    Tous droits réservés.

    ISBN 978-2-89712-507-3 (Papier)

    ISBN 978-2-89712-509-7 (PDF)

    ISBN 978-2-89712-508-0 (ePub)

    PS3622.U66N5314 2017      811’.6      C2017-941477-1

    MÉMOIRE D’ENCRIER

    1260, rue Bélanger, bur. 201 • Montréal • Québec • H2S 1H9

    Tél. : 514 989 1491

    info@memoiredencrier.com • www.memoiredencrier.com

    Fabrication du ePub : Stéphane Cormier

    préface

    Chers lecteurs,

    Dès les premiers mots, j’ai entendu sa voix. J’ai entendu Ocean et l’océan en moi. Soudainement, le vent s’est levé. Une tempête de larmes a secoué la mémoire. Et le présent. Le mouvement de ses images a soufflé sur mon cœur et l’a envoyé sur des vagues interdites dans le tourbillon des courants muets.

    Depuis Ocean Vuong, depuis ce livre, tout bouge non plus seulement autour de moi mais surtout, au fond de cette âme qui s’est dénudée.

    Ocean, Em,

    Après tes mots, j’ai couru jusqu’à ma mère; j’ai hurlé à ma famille entière – ces pétales de « milk flower » éparpillés aux quatre coins des continents. Je les ai rassemblés autour de toi. Autour de ta voix. Autour de ce Vietnam que nous avons en commun, ce pays qui nous entaille et nous propulse selon la marée des histoires anciennes.

    Tu ne le sais pas mais tu as une énorme famille qui te porte, aveuglément. Amoureusement.

    Thương nhiều.

    Kim Thuy

    tặng mẹ [và ba tôi]

    pour ma mère [et mon père]

    le paysage biffé par le pinceau

    ici réapparaît

    Bei Dao

    seuil

    En ce corps, où tout a un prix,

    j’étais un mendiant. À genoux,

    j’ai regardé par le trou de la serrure, non pas

    l’homme qui se douchait, mais la pluie

    qui le traversait : des cordes de guitare se brisant

    sur ses épaules galbées.

    Il chantait, c’est pourquoi

    je m’en souviens. Sa voix :

    elle m’a rempli jusqu’à la moelle

    comme un squelette. Même mon nom

    s’est agenouillé au fond de moi, demandant

    d’être épargné.

    Il chantait. C’est mon seul souvenir.

    Car en ce corps, où tout a un prix,

    j’étais vivant. J’ignorais

    qu’il existait une meilleure raison.

    Qu’un matin, mon père s’arrêterait

    (un poulain sombre, immobile sous l’averse)

    pour écouter ma respiration crispée

    derrière la porte. J’ignorais que le prix à payer,

    pour entrer dans une chanson, était de perdre

    le chemin du retour.

    Je suis entré. Et donc j’ai perdu.

    J’ai perdu tout, les yeux

    grand ouverts.

    télémaque

    Comme tout bon fils, je tire mon père

    hors de l’eau, par les cheveux,

    sur le sable blanc, ses jointures creusant un sentier

    que les vagues s’empressent d’effacer. Car la ville

    au-delà de la rive n’est plus

    là où nous l’avons laissée. Car la cathédrale

    bombardée est désormais une cathédrale

    faite d’arbres. Je m’agenouille à ses côtés

    pour voir jusqu’où je peux m’enfoncer. Sais-tu qui je suis,

    Ba? Mais la réponse ne vient jamais. La réponse

    est le trou de balle dans son dos, débordant

    d’eau de mer. Il est tellement immobile

    qu’il pourrait être le père de

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