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Meurtre à l'autel: Wedding planner, #4
Meurtre à l'autel: Wedding planner, #4
Meurtre à l'autel: Wedding planner, #4
Livre électronique288 pages5 heures

Meurtre à l'autel: Wedding planner, #4

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À propos de ce livre électronique

Lara est Wedding Planner et elle s'est vu confier l'organisation du mariage de l'année sur la Côte d'Azur : celui de la fille d'un riche homme d'affaires colombien. Lorsque la police la contacte pour lui demander un coup de main dans leur enquête sur le père la mariée, la grande fan de série policière qu'elle est se prend au jeu. Mais entre une mariée exigeante, un lieutenant de police grognon, une patronne enceinte jusqu'aux yeux et un cadavre sur les bras, Lara ne va pas s'ennuyer. Trouvera-t-elle le temps de se faire ravir son cœur ?

LangueFrançais
Date de sortie23 avr. 2019
ISBN9781386326298
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    Aperçu du livre

    Meurtre à l'autel - Tamara Balliana

    AVERTISSEMENT

    Ce livre est une œuvre de fiction. Toute homonymie, toute ressemblance, ou similitude avec des personnages ou des faits existants ou ayant existé ne sauraient être que coïncidence fortuite et ne pourraient en aucun cas engager la responsabilité de l’auteur.

    Table des matières

    TABLE DES MATIÈRES

    Chapitre 1 : Mariage en vue

    Chapitre 2 : Quand le feu rencontre la glace

    Chapitre 3 : Chocolat noir ou au lait ?

    Chapitre 4 : Un ravioli qui passe mal

    Chapitre 5 : Réveil surprenant

    Chapitre 6 : Rencontre musclée

    Chapitre 7 : Mode & technologie

    Chapitre 8 : Filature

    Chapitre 9 : Mariage imminent

    Chapitre 10 : Mariage en cours

    Chapitre 11 : Un cadavre sur les bras

    Chapitre 12 : Étincelles

    Chapitre 13 : Rapprochement

    Chapitre 14 : Faiblesses

    Chapitre 15 : À l’abordage

    Chapitre 16 : Surprise

    Chapitre 17 : Explosion

    Chapitre 18 : Douche froide

    Chapitre 19 : Toute seule

    Chapitre 20 : Coïncidence

    Chapitre 21 : Contretemps

    Chapitre 22 : Bienvenue Rose

    Chapitre 23 : Cassée

    Chapitre 24 : Révélations

    Épilogue

    Les règles de la Wedding Planner selon Lara

    En musique

    Mot de l’autrice

    Dans la même collection

    Meurtre à l’autel

    Mariage et Conséquences

    Chapitre 1

    Chapitre 2

    Chapitre 1 : Mariage en vue

    APRÈS AVOIR SONNÉ ET m’être annoncée auprès du gardien de la propriété, le majestueux portail s’ouvrit sur l’allée gravillonnée. Je m’engageai sur celle-ci et allai me garer sur l’aire réservée au stationnement. Ma petite Fiat 500 rouge, bien que récente, faisait pâle figure à côté des voitures de la famille Herrera. Les chevaux se cabrant sur fond jaune rivalisaient avec les jaguars bondissants sur les carrosseries rutilantes.

    Je quittai l’habitacle climatisé, et fus saisie par la chaleur déjà estivale de ce début de mois de juin. Il était tout juste dix heures, et la journée promettait d’être étouffante. Je me précipitai vers l’imposante villa, un superbe mas de pierre provençal recouvert de bougainvilliers violets, au seuil de laquelle m’attendait le majordome des Herrera. Il me salua d’un signe de tête poli, et m’indiqua de le suivre.

    — La señorita Herrera m’a demandé de vous installer sur la terrasse, m’apprit-il.

    Adriana Herrera était une de mes futures mariées.

    Fille unique d’un riche homme d’affaires colombien, elle allait épouser le fils du bras droit de son père dans quelques jours. Elle avait fait appel à « Paillettes et Pampilles » pour organiser ce qui allait être, sans nul doute, le mariage de l’année sur la Côte d’Azur. Il faut avouer que son riche papa n’avait refusé aucun caprice à sa petite fille adorée.

    Ma patronne Alice, qui est également ma meilleure amie, m’avait confié ce dossier important pour notre petite entreprise de Wedding Planner. Étant enceinte de 8 mois, elle avait préféré lever un peu le pied. Du moins, c’était ce qu’elle racontait à son mari Paul pour qu’il ne s’inquiète pas trop. Dans les faits, elle ne pouvait s’empêcher de mettre son grain de sel dans tout. Même si elle passait moins de temps sur le terrain, elle continuait de gérer depuis son bureau, ou depuis chez elle, un grand nombre de détails.

    Le mariage était prévu dans dix jours, et comme il se déroulerait dans la propriété des Herrera, j’étais là pour voir avec la mariée l’organisation de la cérémonie et de la réception.

    Le majordome me fit signe de prendre place sur un des fauteuils moelleux de la terrasse. Celle-ci, protégée par une large pergola de style méditerranéen, offrait une vue splendide sur la piscine et les jardins aux plantes exotiques, avec la mer pour toile de fond.

    Il était encore un peu trop tôt dans la saison, mais on pouvait déjà imaginer d’ici quelques semaines, le chant des cigales qui proviendrait des hauts pins parasols entourant la propriété. Tout dans cet espace invitait à la relaxation, et donnait envie de se prélasser à la manière des lézards au soleil. Mais je ne devais pas perdre de vue que j’étais là avant tout pour travailler. En fait, j’y étais habituée. Mon travail m’emmenait souvent dans des endroits féeriques, inaccessibles pour le commun des mortels, mais je n’étais qu’une employée comme une autre, au service de ceux qui avaient les moyens d’en profiter.

    Cela faisait déjà plus de dix minutes que j’attendais la princesse Adriana. Il n’y avait rien d’étonnant à cela. La ponctualité ne faisait pas partie de ses qualités, et je n’aurais pas été surprise qu’elle n’ait pas été levée au moment de mon arrivée. Alors, même si j’étais confortablement installée et que la citronnade que l’on m’avait servie était délicieuse, je décidai de mettre ce temps d’attente à profit en allant reprendre des mesures à l’endroit du jardin où se déroulerait la cérémonie.

    Je sortis de mon sac à main un mètre à enrouleur (règle n° 3 de la Wedding Planner : toujours être prête et équipée) et commençai à noter la distance entre les massifs de rosiers, au milieu desquels serait installée l’arche nuptiale. L’opération m’occupa une dizaine de minutes, mais une fois finie, Adriana n’avait toujours pas pointé le bout de son nez refait. Je décidai donc de m’aventurer plus loin dans le jardin, pour me rendre sur l’espace dédié au cocktail qui suivrait la cérémonie. Je voulais vérifier les lieux pour l’installation, et surtout le travail des jardiniers qui avaient promis de repenser l’endroit pour qu’il puisse accueillir plus de monde, le jour J.

    J’avançai vers le bout du jardin, lorsque je détectai un petit bosquet fraichement planté, qui n’était pas là lors de ma dernière visite. Ce serait l’emplacement idéal pour cacher un point de débarrassage pour le traiteur, si bien que je passai derrière le massif pour vérifier l’espace qu’il dissimulait, et voir s’il serait suffisant. À ma grande surprise, c’était parfait, je notai donc dans mon dossier ce nouvel aménagement. Alors que je me baissai pour trouver la présence éventuelle de prises de courant dans le muret, j’entendis des pas qui se rapprochaient de moi. Je me doutais que cela ne devait pas être Adriana, elle n’aurait pas risqué d’abîmer ses escarpins hors de prix dans la terre, même si celle-ci était couverte d’une pelouse qui pourrait rivaliser avec les meilleurs parcours de golf anglais.

    Je relevai la tête pour voir arriver deux hommes en costume, et à priori ils n’étaient pas en train de me chercher. Tout dans leur comportement indiquait qu’ils étaient à la recherche d’un coin tranquille pour discuter. Intriguée par leur attitude, et surtout poussée par ma curiosité sans limites, je l’avoue, je décidai de rester agenouillée et de ne pas signaler ma présence. À la place, je tendis l’oreille. Que pourrais-je bien apprendre ? Monsieur Herrera était à la tête d’un véritable empire, et bien qu’il ne l’ait pas renseignée sur son profil Linkedin, la rumeur courait que toutes ses affaires n’étaient pas claires comme de l’eau de roche. Les deux types travaillaient certainement pour lui. J’avais déjà aperçu l’un d’entre eux. De grande taille, et assez baraqué, il était reconnaissable grâce à la large cicatrice qui lui barrait une partie du visage, lui donnant l’aspect rude et peu engageant que son métier exigeait puisqu’il faisait partie du service de sécurité de monsieur Herrera. L’autre m’était inconnu, plus petit, et surtout de forte corpulence, sa peau olivâtre luisait au soleil, la courte marche depuis la maison semblant l’avoir épuisé. 

    Après avoir jeté un coup d’œil autour d’eux pour vérifier que personne ne les écoutait (à mon avis, pas assez soigneusement puisqu’ils ne m’avaient pas vue), celui à la balafre prit la parole :

    — Alors, dis-moi tout, quand est-ce que la livraison est prévue ?

    — Le mardi après le mariage, la cargaison arrivera par bateau directement au port de Nice.

    — Bien, j’aurais préféré que cela se passe avant le mariage au départ, mais c’est certainement idéal comme cela. Avec tout le remue-ménage qu’il va y avoir, c’est finalement mieux. Comment va-t-on faire pour décharger ça discrètement ?

    — Je pensais attendre la nuit pour que cela soit moins voyant, en plus ce sera plus facile pour toi de t’absenter sans éveiller les soupçons d’Herrera.

    — Tu ne lui as rien dit du projet, j’espère ?

    — Ne t’inquiète pas, je ne suis pas stupide, tu peux compter sur ma discrétion, s’indigna le petit gros.

    — Bien, je ne veux surtout pas qu’il l’apprenne, ni lui, ni aucun membre de sa famille. Tu sais comment ils sont.

    — Oui, je sais.

    Pendant toute leur conversation, j’essayai de faire le moins de bruit possible. La tournure de celle-ci me faisait penser que j’en avais entendu plus que je n’aurais dû, et qu’ils n’apprécieraient pas de découvrir qu’ils avaient été espionnés.

    Malheureusement, comme la chance n’est jamais totalement de mon côté, c’est le moment que choisit Adriana pour enfin daigner m’accorder du temps, et elle s’était mise à ma recherche. Enfin, recherche... Elle avait envoyé son pauvre majordome, qui m’appelait calmement, n’osant certainement pas hausser la voix.

    — Mademoiselle Rossi ! Mademoiselle Rossi !

    — Je suis là ! indiquai-je en me relevant.

    Je pris soin de prendre un air naturel, comme si ma position dans les bosquets était tout à fait légitime, après tout je n’avais pas eu comme première intention de les espionner. L’homme à la balafre me regarda d’un air mauvais et contrarié, et allait dire quelque chose lorsque le majordome lui coupa la parole :

    — Mon Dieu ! s’exclama-t-il. Mais que faites-vous derrière les lauriers ?

    — Je prenais des mesures pour le traiteur, répliquai-je à peine déstabilisée par mon demi-mensonge.

    — La señorita Herrera vous attend.

    — J’arrive tout de suite, dis-je en lissant des plis inexistants sur ma jupe.

    Je lui emboîtai le pas en direction de la maison, sans même un regard pour les deux compères. J’oubliai d’ailleurs bien vite leur conversation, après tout je ne savais pas trop si ce que j’avais entendu avait une réelle importance. Monsieur Herrera avait la réputation d’avoir quelques affaires douteuses, mais ce n’était pas à moi de m’en préoccuper. Même si, en grande fan de séries policières, j’adorais les intrigues, j’étais payée pour organiser le mariage de sa fille, pas pour mettre le nez dans ses affaires, fussent-elles louches. Et je n’avais certainement pas envie de savoir à quel point elles l’étaient.

    Adriana m’attendait sur la terrasse. Elle n’avait rien à envier aux mannequins des magazines. Sa grande silhouette longiligne et naturellement hâlée était mise en valeur par sa petite robe d’été vaporeuse, certainement signée d’un célèbre couturier. Ses longs cheveux bruns tombaient en cascade jusqu’au milieu de son dos, et ses maxi lunettes de soleil vissées sur son nez laissaient présager que la nuit avait été courte. Adriana était connue pour son goût de la fête, et passait son temps entre la Côte d’Azur, Ibiza, et toutes les destinations prisées de la Jet Set. Son fiancé Lorenzo n’était pas en reste. À priori, tous les deux avaient pour habitude de dépenser l’argent de leurs parents en magnums de Champagne, et je ne leur connaissais pas vraiment de professions, bien que Lorenzo semblât depuis quelque temps travailler un peu pour son futur beau-père. « Un peu » étant justifié vu qu’il m’avait l’air relativement disponible en journée. Tous deux étaient abonnés aux pages des tabloïds, qui relataient leurs escapades sur le yacht de papa, leurs soirées aux quatre coins du globe, et même leurs disputes.

    — Excusez-moi, Adriana, j’étais en train de prendre quelques mesures et je n’ai pas vu le temps passer.

    — Ce n’est pas grave, mais cela tombe bien que vous soyez là. Je dois vous communiquer une information capitale. J’ai beaucoup réfléchi et je crois que je ne veux pas d’orchidées pour le mariage. J’ai peur que ce soit, comment dire... trop vulgaire ? Après tout, on en voit partout maintenant, et je me suis dit : Adriana, tu es une fille exceptionnelle, il te faut des fleurs exceptionnelles. Pas celles que tu verrais chez n’importe qui.

    — Je vous assure, Adriana, que les orchidées sont loin d’être des fleurs banales, en plus il existe des variétés plutôt rares et...

    — Non ! me coupa-t-elle, je ne veux plus entendre parler d’orchidées. C’est tellement commun ! Je veux des marguerites.

    — Des marguerites ?

    De toutes les fleurs que j’aurais pu envisager, jamais je n’aurais pensé qu’elle choisirait celles-là. J’essayai de m’imaginer Adriana, en robe de coton et avec des nattes façon Heidi, gambadant dans les prés et ramassant des marguerites, mais quelque chose ne collait pas dans le tableau.

    — Vous êtes sûre ? Les marguerites sont un peu enfantines, et pas vraiment dans le style sophistiqué que vous souhaitiez donner au mariage, si je peux me permettre.

    — Débrouillez-vous pour que cela fasse sophistiqué. C’est pour cela qu’on vous paye, n’est-ce pas ? Je veux des marguerites, et mon bouquet sera uniquement composé de muguet.

    — Adriana, il est un peu trop tard dans la saison pour le muguet, d’ici le jour du mariage j’ai peur qu’il ne soit pas très beau...

    — Quand on veut, on peut, répondit-elle d’un ton sans appel.

    Je notai donc ses derniers désidératas en matière de fleurs, pensant déjà à la scène qu’allait me faire le fleuriste qui, à seulement quelques jours du mariage, allait devoir annuler ses commandes d’orchidées, et repenser toute la décoration à base de marguerites. Sans parler du muguet.

    — Concernant le gâteau, vous n’avez toujours pas choisi les parfums. Il va falloir se décider, car la pâtissière veut pouvoir préparer ses commandes. Voulez-vous que nous organisions une autre dégustation ?

    — Oui, je pense que c’est nécessaire, soupira Adriana. Je n’arrive pas à me décider entre la ganache au chocolat noir ou au lait, et mon père n’arrête pas de me rebattre les oreilles avec sa crème au citron. Mais c’est hors de question, je déteste ce parfum et Lorenzo également. Pensez-vous que nous pourrions organiser cela rapidement ?

    — Bien sûr, je peux organiser cela pour demain matin si vous êtes disponibles. Je vais appeler tout à l’heure la pâtissière pour voir si elle a le temps de vous refaire des échantillons, mais cela devrait être gérable, même sur un délai si court.

    — Merci Lara, vous êtes un ange. Je ne sais pas ce que je ferais sans vous.

    Je ne savais pas si sa réplique était vraiment sincère, mais elle me fit plaisir. Je passai encore une petite demi-heure avec elle pour parler de différents points du mariage, puis repris le chemin du bureau pour organiser ces différents changements, mais aussi m’occuper de mes autres clients. Le mois de juin étant le plus chargé de l’année en mariages, ce n’étaient pas ces jours-là qui étaient les plus reposants.

    L’après-midi passa comme un éclair. J’aimais particulièrement l’ambiance survoltée de la haute saison au bureau. Les journées étaient souvent très remplies, mais l’adrénaline procurée par l’organisation de beaux évènements m’aidait à tenir sans soucis. J’avais planifié ma dégustation de gâteaux pour Adriana et sa famille le lendemain, et géré le changement de fleurs sans trop de problèmes. Si ce n’est d’avoir écouté le fleuriste déblatérer pendant dix minutes sur le fait qu’avec tous ces changements incessants, j’allais l’user avant l’âge et que j’aurais bientôt sa mort sur la conscience. Comme vous l’aurez compris, l’homme a des réactions un peu disproportionnées quand il s’y met.

    Je rentrai chez moi en début de soirée avec le sentiment d’avoir eu une journée de travail productive. Après une douche bien méritée pour me relaxer, j’enfilai un short de pyjama et un t-shirt et m’installai dans mon canapé. Armée de la dernière saison des Experts, d’un paquet de chips au vinaigre et d’une part de tarte aux pommes de la boulangerie du quartier, j’étais prête pour une soirée aux antipodes de celles d’Adriana Herrera. Mais pour moi, elle avait un goût de paradis sur terre.

    Chapitre 2 : Quand le feu rencontre la glace

    PREMIÈRE SONNERIE. Mon bras, mû par une force toute matinale et propre à lui seul, s’écrasa sur mon réveil pour activer la fonction « snooze »[1].

    Deuxième sonnerie. Mon corps tout entier se rebella, pour émettre un grognement digne d’un grizzli que l’on aurait dérangé au beau milieu de son hibernation. 

    Troisième sonnerie. J’ouvris un œil paresseux et essayai de saisir l’information que me renvoya mon réveil. Deux bonnes secondes passèrent avant que la connexion œil/cerveau ne soit établie, et lorsqu’enfin elle se créa, je me redressai d’un coup dans mon lit comme si l’on m’avait électrocutée.

    J’étais en retard.

    Rectification : j’étais très en retard.

    Alors que je sautai hors du lit, tentant de dégager mes pieds enchevêtrés dans les draps, et réussissant à réveiller le chat un peu violemment, je filai vers la salle de bain.

    Pour être efficace, je réfléchis une minute à la situation.

    Douche : impossible de faire l’impasse, même à l’agonie je ne sortirais jamais de chez moi pas douchée du matin (remarquez qu’à l’agonie, on sort rarement de chez soi, mais vous voyez l’idée).

    Lavage de cheveux : heureusement, j’avais procédé à cette tâche la veille au soir, donc voilà du temps de sauvé. Surtout que je pouvais par la même occasion rayer le brushing de ma routine matinale.

    Habillage : la première chose propre ferait l’affaire... et non ! Zut ! J’avais la famille Herrera qui débarquait pour sa dégustation de gâteaux. La dégustation, oh, mon Dieu ! Il fallait encore que je passe à la pâtisserie !

    Bonne nouvelle, si je me rendais à la pâtisserie, je pouvais acheter mon petit-déjeuner sur place, et ainsi gagner un temps précieux.

    J’enfilai un pantalon blanc qui serait parfait pour une journée de boulot chargée..., ou pas... Une fois celui-ci fermé (avec peine), je m’aperçus qu’il donnait à mon ventre une jolie forme de bouée de sauvetage (alias le donut) impossible à camoufler. N’ayant plus que des t-shirts près du corps à ma disposition (c’est-à-dire propres et à peu près repassés), je devais abandonner l’idée du pantalon.

    Ne trouvant pas de tunique ample, je me rabattis sur une robe estivale, au moins celle-ci dissimulait plus habilement mes chips de la veille. Une paire de sandales enfilée plus tard, je me précipitai sur ma voiture, et en route direction le quartier du port, pour les gâteaux !

    — ALLEZ, ALLEZ, ALLEZ !

    Par ces incantations, j’essayai d’implorer les dieux du stationnement en ville pour qu’une place veuille bien se libérer près de la pâtisserie. Mais apparemment, ils restaient sourds à mes prières.

    Règle n° 4 de la Wedding Planner : avoir toujours une solution de secours.

    Là tout de suite, la solution de secours était un peu pitoyable. La rue où se trouvait la boutique avait deux voies, plus des stationnements de part et d’autre. L’idée était de se garer en double file (un grand sport niçois), laisser les warnings ainsi qu’un numéro de téléphone sur le pare-brise, au cas où le malheureux propriétaire de la voiture que vous bloquez veuille s’extraire de sa place.

    À moins d’une demi-heure de mon rendez-vous, c’était malheureusement ma seule option. Je me garai donc au niveau d’un SUV noir, tirai mon frein à main, et me propulsai à l’extérieur de la voiture aussi vite qu’Usain Bolt.

    Quelques secondes après, je passai le seuil de la pâtisserie et fus enveloppée par une douce odeur de pâte qui cuit au four. La vitrine était un véritable régal pour les yeux. Les cookies rivalisaient avec les éclairs, viennoiseries et chocolats. En bonne gourmande que j’étais, cet endroit était pour moi l’incarnation du paradis sur terre. Le St Graal de la gourmande. Mon ventre se rappela d’ailleurs à mon bon souvenir, par un gargouillis des plus disgracieux.

    — Ah, Lara, te voilà, s’exclama Lucette, la charmante propriétaire des lieux.

    Lucette, comme son prénom pouvait le laisser supposer, était un peu plus âgée que moi. À vrai dire, beaucoup plus âgée que moi. Ses cheveux blancs auréolaient son visage pâle, et ses yeux bleus pétillants. Constamment vêtue d’un tablier enfariné, elle me faisait penser à la grand-mère qui nous cuisine de bons petits plats, et en l’occurrence de succulentes pâtisseries. Son extrême gentillesse en faisait une de mes prestataires préférées. J’avoue que ses cookies chocolat et noix de pécan contribuaient également largement à l’obtention de ce titre.

    Elle me remit deux petits paquets entourés de rubans de Bolduc, dans lesquels elle avait disposé les cupcakes qui serviraient à la dégustation.

    — Je t’ai mis un échantillon

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