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Pax Europæ: Si tu veux la paix...
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Pax Europæ: Si tu veux la paix...
Livre électronique121 pages1 heure

Pax Europæ: Si tu veux la paix...

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À propos de ce livre électronique

2033, quelque part en Europe.

Swen fait face à la guerre. Jeune soldat engagé contre les forces russes, il lutte pour survivre dans les décombres d'une ville en ruine. Pourtant, le danger est partout.
Le hasard le conduit sur le chemin de Joffrey, le médic d’un célèbre bataillon de propagande.
Réunis un bref instant devant le canon de l’ennemi, dans le sang du champ de bataille, les deux hommes doivent pourtant rapidement retrouver leur place dans le rang. Mais ce rendez-vous manqué avec la mort ne les aura pas laissés indemnes. Déjà s’insinue en chacun d’eux le doute sur leurs convictions et leur détermination :

Pourquoi se battre sous les couleurs des États-Unis d’Europe ?

LangueFrançais
Date de sortie26 avr. 2019
ISBN9789198544008
Pax Europæ: Si tu veux la paix...
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Auteur

Florent Lenhardt

Florent Lenhardt est un Franco-Allemand vivant en Suède. Il s'est attelé pendant plus d'une décennie à l'écriture d'un cycle d'anticipation uchronique sur l'avenir de l'Europe (entre autres), appelé PAX EUROPÆ. Et maintenant il le publie.

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    Aperçu du livre

    Pax Europæ - Florent Lenhardt

    Chapitre 1

    Valka, Région Lettone. 29 novembre 2033

    Les quartiers résidentiels de la ville se ressemblaient tous. Des barres d’immeubles tout en longueur, de quelques étages seulement, et de larges rues décorées d’arbres et de trottoirs gravillonnés. Le paradis des tireurs d’élite qui pouvaient se poster à l’un des innombrables balcons pour couvrir des centaines de mètres d’avenue.

    Sachant cela, les deux fantassins de l’Eurocorps se glissaient dans les gravats, courbés pour éviter les balles qui claquaient de tous côtés. Le Famas à bout de bras, complètement exténués, ils zigzaguaient d’épave en épave pour finalement se mettre à couvert derrière la carcasse fumante d’une berline.

    « Comment ça se présente ?

    — Deux mitrailleuses lourdes et un lance-roquettes, répondit l’autre dans un souffle. On a un contact avec les autres du C-32 ?

    — Négatif, pas depuis trois quarts d’heure. »

    Par-dessus le lointain fracas d’artilleries et de blindés, le bourdonnement des hélicoptères de combat se répercutait entre les buildings. Selon toute vraisemblance, le plus gros des bombardements visait les positions russes à Valga, la jumelle de Valka. En effet, l’ancienne ville de Walk avait été coupée en deux lorsque la frontière entre l’Estonie et la Lettonie avait été tracée, il y avait plus d’un siècle déjà. La partie estonienne se nommait Valga, et la section lettone Valka. Et puis l’Europe s’était fédérée et cette frontière avait virtuellement disparu. Mais les deux villes étaient restées absurdement divisées. Aujourd’hui, la guerre en avait fait un seul et même champ de ruines.

    Les deux soldats jetèrent des regards anxieux au ciel gris sombre d’où s’abattaient des trombes d’eau glacée.

    « Pas de Furie… déplora le premier sans cacher sa déception.

    — On devra bien apprendre à faire sans, grogna l’autre en redressant son casque. Allez, on ne reste pas statique, on se bouge ! »

    Il se redressa vivement, entraînant son partenaire par le bras. Ils se précipitèrent vers le hall d’un immeuble à la façade imitant des briques rouges rustiques, trébuchant sur les débris d’engins et les gravats des bâtiments détruits. La route ne ressemblait à plus rien d’autre qu’une plaine lunaire, mais avec des voitures enflammées, un bus défoncé, des épaves d’hélicoptères russes et de Furies européennes qui rappelaient à chaque instant la férocité des deux adversaires en présence. Et leur volonté affichée de ne vouloir céder à aucun prix.

    « … m’entendez le B-74 vient de débarquer… appui sur… 1-2 | 0-0. »

    L’un des deux hommes colla son talkie à ses lèvres.

    « Répétez ! »

    Tout à coup, une explosion ravagea le rez-de-chaussée du building d’en face, projetant des shrapnels de béton à de dizaines de mètres à la ronde. Deux chars européens déboulaient vivement du coin de la rue en rugissant, tandis que face à eux les lance-roquettes russes surgissaient des barricades.

    « Le bataillon B-74 !

    — Crie pas victoire trop tôt, on n’en est pas encore sorti ! »

    Cela faisait bien dix minutes qu’ils avaient perdu contact avec leur groupe, et presque deux heures qu’ils s’étaient séparés du reste du bataillon C-32. Le premier des deux hommes prit fébrilement le talkie des mains de son camarade.

    « Ici Swen Meyer du C-32, je répète Swen Meyer C-32, sommes deux unités bloquées à 4-3 | 4-9 | 0-0 ! Deux chars en visuel à huit cents mètres, demandons couverture ! »

    Après un court instant de parasites, une voix grésillante lui répondit.

    « Les deux unités blindées c’est nous, nous arrivons avec des VAB et nous nous préparons à déloger la barricade, gardez votre position, E-1 terminé. »

    Les deux hommes se regardèrent les yeux écarquillés.

    « Le Bataillon Furie… »

    Dans l’exiguïté du transport blindé, Floyd Gallagher regardait ses rangers depuis deux bonnes minutes, le visage blême. À chaque cahot, son malaise semblait augmenter comme la pression d’une cocotte minute, et ses mains s’agitaient sur les poches à munitions de ses cuisses. Son camarade Efthimios « Zeus » Zaratis lui donna une bourrade à l’épaule et lui glissa gentiment :

    « Tu te sens mal, Malaka ?

    — C’est notre première opération officielle… »

    Le VAB dans lequel ils étaient assis fit une embardée avant de poursuivre sa route. Les fantassins embarqués échangèrent ce regard devenu si commun qui signifiait à la fois que la fête allait bientôt commencer et qu’ils avaient intérêt à profiter du calme avant la tempête.

    « Ce n’est pas différent de d’habitude… Tu sais, officiel n’est qu’un mot politique pour dire légal, pas plus dangereux

    — Sauf que d’habitude on n’est pas à deux doigts de perdre une ville importante comme Valka », cingla Joffrey Fagotier, le médecin de guerre du groupe.

    Efthimios lui jeta un regard noir. Des fois, il manquait cruellement de tact, pour un médic. Floyd, avec ses traits de jeunot à peine sorti de la puberté et ses yeux verts remplis d’anxiété, paraissait plus enclin à prêter l’oreille à l’humeur maussade du toubib. Évidemment. À lui, le vieux, de se charger une fois de plus de maintenir le moral à flot.

    « Perdre ? gronda Zeus pour compenser le défaitisme ambiant. Perdre ! C’est une contre-offensive, mon vieux, on va leur reprendre définitivement cette ville, aux Russkoffs ! »

    Le VAB fut fortement secoué quand une explosion leur déchira les tympans. La lampe d’urgence s’enclencha et la voix du copilote leur ordonna de sortir tout de suite. L’un des soldats déverrouilla le sas et les deux portes blindées à l’arrière du véhicule s’ouvrirent…

    … sur la ligne de mire d’une mitrailleuse automatique.

    « À couvert ! » hurla Joffrey alors que les premières unités se faisaient déjà massacrer comme du bétail à l’abattoir. Le sang gicla sur les survivants qui se jetaient du VAB ventre à terre pour se mettre à l’abri.

    Le calme relatif de la soute s’était mué en chaos infernal. Floyd, terrifié et traîné au col par un Zaratis rubicond, se retrouva sans s’en rendre compte derrière une plaque de béton effondrée. Efthimios serrait les dents, se retenant de hurler sa rage contre l’abruti qui les avait fait débarquer dans le pire endroit possible. Un coup d’œil lui permit d’apercevoir les barricades mobiles que les Russes venaient de placer pour entraver le convoi, et les choses devinrent claires. C’était un guet-apens.

    Un coupe-gorge.

    « Joffrey ! Telmo pisse le sang !

    — Jof, j’en ai pris une dans la cuisse, bordel ! »

    Le jeune Gallagher tremblait comme une feuille morte. Son regard terrifié passait d’un corps à l’autre, d’une flaque de sang à l’autre… Des gens qu’il n’avait pas eu le temps de connaître, pour la plupart. Le bataillon Furie officialisé était un panaché de centaines de bataillons européens, et il ne connaissait que les anciens. Les Commandos Furie, comme ils se surnommaient eux-mêmes, ceux qui avaient formé cette troupe hétéroclite appelée à devenir l’unité la plus célèbre de l’Eurocorps… Des soldats qui s’étaient retrouvés embarqués dans la tourmente au début de la guerre et que la presse n’avait pas tardé à remarquer. Rançon de la gloire, ce petit groupe d’amis s’était transformé en véritable bataillon officiel, et la poignée initiale avait fini noyée dans des centaines d’anonymes. Ceux qui se lamentaient dans leur propre sang étaient pour la plupart des inconnus. Et à bien y réfléchir, en cet instant précis où tous ces visages grimaçaient de douleur et de terreur, c’était tant mieux.

    « Zeus ! Qu’est-ce qu’on fait ? »

    Efthimios avait épaulé son Famas et tirait sur sa gauche, vraisemblablement pour couvrir Joffrey qui sautait entre les décombres comme s’il avait la mort aux trousses. Et en réalité, c’était bel et bien le cas.

    « Zeus ! » hurla Floyd à nouveau en se recroquevillant derrière la plaque de béton.

    Le Grec se rabattit à l’abri pour recharger. Son visage dégoulinant de pluie était rouge feu, il respirait mal. Floyd, les yeux fermement scellés par la peur, ne voyait pas le filet de sang qui ruisselait sur la jambe de son ami.

    « Merde », jura Zeus entre ses dents.

    L’adrénaline avait-elle étouffé la douleur ? Quoi qu’il en soit, il saignait. Mais Joffrey avait besoin de lui. Il grimaça en reprenant position et vida son chargeur. Les autres se déployaient déjà. Leur VAB, touché par une roquette antichar, brûlait sous la pluie, tandis qu’un blindé d’assaut traversait les flammes d’une carcasse d’hélicoptère et tirait déjà vers la barricade nord-ouest. Tout était en mouvement, tout allait si vite…

    « Floyd, donne-moi un de tes chargeurs ! »

    Le jeune homme, les genoux ramenés sous le menton, ne répondit que par un cri terrorisé. Ses yeux étaient grands ouverts, sans rien voir. Zaratis aurait bien voulu être compatissant, mais sous la pression de la mitraille ennemie, la seule chose qu’il ressentait, c’était de l’agacement. Il fallait qu’il lui fasse ce coup-là maintenant ! Sa barbe blanche déjà noircie par la fumée ambiante, il foudroya son camarade du regard.

    « Merde, Floyd, t’en as vu d’autres ! Passe-moi un putain de chargeur ! »

    Les rafales claquaient de partout, des hommes s’écroulaient dans la boue et le sang, mais tout semblait maintenant se dérouler au

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