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Mamilou et Grand-père en short autour du monde 1: Du bonheur en Atlantique
Mamilou et Grand-père en short autour du monde 1: Du bonheur en Atlantique
Mamilou et Grand-père en short autour du monde 1: Du bonheur en Atlantique
Livre électronique341 pages3 heures

Mamilou et Grand-père en short autour du monde 1: Du bonheur en Atlantique

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À propos de ce livre électronique

Domi Montesinos vous propose « Mamilou et grand-père en short autour du monde 1 ».

Émotion et humour sont au programme de ce premier tome d'un récit d’aventure vécue.

Quelques extraits de commentaires :


« Voilà un excellent bouquin, bien amariné qui donne envie… de prendre le large ! » client Amazon

« Un livre plein d’humour qui se lit d’une traite....Quand on commence ce livre on ne le referme qu’une fois terminé. J’ai adoré son humour et sa fraîcheur. Incontournable… » client Amazon (Mimi)

« Résolument drôle, parfois même truculent, ce récit de voile et voyage tourdumondiste sort des sentiers battus. L’auteur cultive l’anecdote, l’insolite, le goût du verbe. » client Amazon (Baraud)

« La plume est à Dominique ce que le Trident est à Neptune, à savoir, plus qu’un accessoire, un vrai prolongement de son bras et de son cerveau ! On se régale de tout, autant des anecdotes et des péripéties que de la façon de les raconter. » Client Amazon



« Sympa, supersympa, je me suis régalée. J’ai vraiment eu l’impression d’y être. » Sophie



Enzo vient de souffler sa première bougie lorsqu’il quitte Saint-Nazaire en compagnie de ses parents et grands-parents.

Leur objectif : accomplir le tour du monde, en voilier, à bord du catamaran qu’ils viennent de préparer laborieusement.

Ambitieux et inhabituel !

Ils ont tout largué pour ça ; boulots, maison, bagnoles et vogue la galère.

Trois générations à bord… Parviendront-ils à vivre en harmonie ?

Sauront-ils mener finement cet immense catamaran de vingt mètres de long ?

Et le budget de fonctionnement… il va falloir être sacrément judicieux dans les décisions, car l’équipe ne roule pas sur l’or et les erreurs se paieront cash.

Les moments de joie et de bonheur intense seront-ils à la hauteur des déconvenues et des difficultés ?

Le voyage vous tente ?

Installez-vous dans votre canapé et invitez-vous à bord de « Catafjord » pour une aventure hors du commun.

Éclats de rire et bonne humeur vous rendront bientôt complices de ce sympathique équipage.
LangueFrançais
Date de sortie10 juil. 2019
ISBN9782322154913
Mamilou et Grand-père en short autour du monde 1: Du bonheur en Atlantique
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Auteur

Domi Montesinos

Domi Montésinos est né à Saint Pierre et Miquelon en 1953. La mer, amante exclusive et possessive l'avait ensorcelé avant même qu'il ne sache se déplacer sur ses gambettes. Enrôlé de force dans son monde fascinant, il n'eût d'autre choix que d'apprendre à la côtoyer sans s'y faire engloutir. C'est probablement là que se trouve l'origine de sa passion dévorante pour les bateaux et le monde maritime. Le goût de l'écriture lui est venu lors d'un tour du monde réalisé en sept ans à bord d'un grand catamaran à voiles et raconté dans la trilogie "Mamilou en short", suivie d'un ouvrage plus technique "La belle et le bouchon gras"

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    Aperçu du livre

    Mamilou et Grand-père en short autour du monde 1 - Domi Montesinos

    Du même auteur

    Mamilou et Grand-père en short autour du monde - 2

    Mamilou et Grand-père en short autour du monde - 3

    La belle et le bouchon gras

    A Malou

    PREAMBULE

    Cet ouvrage a pour ambition d’offrir au lecteur un peu de cette joie particulière que procure le voyage en lui faisant partager des situations cocasses, des rencontres émouvantes et des moments de franche rigolade, ainsi, bien sûr, que quelques tranches de vie aux goûts plus amers, ou plus tendres, ou plus poétiques.

    Les termes nautiques employés sont clairs, précis et largement explicités à l’attention des lecteurs plus amateurs de jardins que de bourlingues.

    Quand aux nombreux « traits d’humour », ils se veulent largement « tout public » et rarement du premier degré…

    Départ imminent

    Après dix mois de lourds travaux accomplis dans le chantier d’un ami, en bord de Loire, Catafjord, quelques jours après avoir été jugé apte par son équipage, entre dans le bassin de St Nazaire par le grand sas pour y célébrer sa fête de départ.

    Nous avons quitté Couëron hier, à la faveur du jusant¹, un an jour pour jour après notre atterrissage à Montréal pour concrétiser son acquisition.

    Le bousbir n’est pas fin prêt, loin s’en faut. Mais l’essentiel est en place et vient d’être validé par deux mois de vie à bord, agrémentés d’une petite virée à Brest histoire de vérifier si la météo y est toujours aussi clémente… De ce coté, rien de nouveau.

    Ce vingt juin 2007, avec nos amis Pierrette et André dans le rôle des lamaneurs, nous avons la chance de sasser ² à couple d’un merveilleux bateau : le Charles Babin, magnifique baliseur en tôles rivetées, lancé en 1946, et propulsé par deux moteurs électriques alimentés en 400 volts continus par deux groupes électrogènes de 600 chevaux (je le précise pour les incrédules qui se demandent s’il est bien raisonnable de tenter de faire avancer des yachts modernes en se servant de l’électricité).

    L’équipage nous régale d’une passionnante visite guidée, inaugurant ainsi la longue liste de ces rencontres de voyage qui constituent un des intérêts majeurs de notre périple naissant.

    Le bassin principal du port de Saint–Nazaire accueille ces jours-ci le gratin de la course au large à l’occasion du trophée SNSM. Pas de place pour nous donc. Nous sommes relégués au quai oblique. Un clin d’œil du destin, qui nous ravit, car nous avons vécu à cet endroit précis plusieurs années durant dans la décennie soixante-dix à bord de Ti moun, le ketch en acier de onze mètres que nous avions entièrement construit de nos mains, et qui a hébergé notre petite Claire dès sa sortie de la maternité.

    Délicieuse et troublante coïncidence, car nous avions construit ce bateau dans le but de faire le tour du monde, avant que le démon de la compétition ne nous attire de ses griffes de carbone dans une toute autre direction. En définitive, notre brave Ti Moun aura dû se contenter d’un sprint Lorient-Les Bermudes-Lorient accompli en cinquante-sept jours, avant de se voir remplacer par un canote un peu plus véloce.


    ¹ Marée descendante

    ² Action de franchir un sas

    TABLE DES MATIÈRES

    ESPAGNE ET PORTUGAL

    LES AÇORES

    ILES CANARIES

    AFRIQUE

    ILES DU CAP-VERT

    LE BRESIL

    GUYANE

    SURINAM

    L’ARC ANTILLAIS

    GUADELOUPE

    LE GRAND DEPART

    LOS ROQUES

    L’ABC DES CARAIBES

    COLOMBIE

    SAN BLAS

    PANAMA

    GRAND-PERE

    À PROPOS DE L’AUTEUR

    ESPAGNE ET PORTUGAL

    Golfe de Gascogne

    La traversée, qui avait débuté vigoureusement hier avec brise fraiche et une mer agitée, s'achève dans la pétole3, au moteur.

    Franchir le golfe de Gascogne s’apparente parfois à une vraie traversée, mais en accéléré. Un peu comme un clip par rapport à un long métrage. A peine partis, nous arrivons déjà, après avoir vécu à toute vitesse toutes les phases d’une croisière hauturière.

    La teuf d'avant de partir était très réussie. Un moment fort, apprécié par tout l'équipage. Les amis et la famille nous ont offert une super escale nazairienne, pleine de manifestations de sympathie et de gentillesse.

    Et puis la météo nous a fait son sketch, et il a fallu différer l’appareillage d’une journée… à la grande déception de Maxou avec son Spirit et de Christophe avec son Porstrain, venus chacun avec leur canote… en vue de chahuter un peu les estomacs des candidats au pèlerinage accompagnateur. Ils en ont été quittes pour repartir direct sur Nantes, car nous appareillons non plus un dimanche, mais un lundi.

    Cette première navigation sans incident, malgré une surcharge pondérable certaine, nous rassure sur les qualités marines acquises par Catafjord, au prix de nos efforts de ces derniers mois.

    A Gijón, cidre y a…

    Prononcez rirone, (et non pas chichon).

    Catafjord y entre en pleine nuit et s’amarre sagement à un des nombreux pontons vacants. A cent deux euros par jour le poste d’amarrage dans cette nouvelle marina, la décision est urgemment prise de se limiter aux curiosités locales significatives exclusivement.

    En définitive, une seule nous motive : la sidria !!!!

    C’est surtout le rituel de consommation de ce breuvage pommelé, sorte de cidre sans bulle, qui mérite le détour.

    Donc, pour servir une bonne sidria des familles, il faut commencer par se tenir bien droit, altier même, fermement campé sur ses deux pattes de derrière, le regard perdu au loin, très loin, genre mec bourré qui prétend qu’il médite

    Tenir la bouteille dans la main droite le plus haut qu'on peut et le verre dans la main gauche le plus bas qu'on peut. Pencher la bouteille jusqu’à déversement du liquide, et tenter d’en réceptionner un maximum avec le verre... Pas commode !

    On a plus vite fait de passer pour un gogol et de se maculer les godasses que de parvenir à étancher une soif estivale ordinaire.

    Si, par bonheur, une habileté hors du commun vous a permis de recueillir quelques gouttes pommées, mais pas paumées pour tout le monde…elles auront probablement acquis en chemin un petit semblant de bullage qu’il est judicieux d’avaler sans perdre une seconde, car la sidria est particulièrement éphémère de la gazéification…

    Pour vous donner une idée, le brouet aurait un peu le goût d’un bon cidre normand dont on aurait laissé la moitié de la bouteille ouverte au soleil pendant deux jours… ce qui serait plutôt délicat à réaliser dans nos belles régions ouest, j’en conviens, mais c’est pour expliquer…

    Si le Breton est capable d’affection pour les bulles, certains Ibériques pencheraient plus volontiers pour le bullage…une différence que l’on retrouve un peu dans leur manière de consommer le jus de pomme.

    Santa Marta de Ortiguera et musique celtique

    Modeste bourgade regroupant habituellement dans les mille cinq cents habitants, Santa Marta connait chaque année une poussée démographique bourgeonnante à l’occasion de son Festival Inter celtique, qui draine quelques cent mille pèlerins amateurs de binious, cornemuses, bombardes et toute cette sorte de flûtes…

    C’est en ce moment ! Impossible de louper ça !

    Catafjord a trouvé refuge à proximité de Carino, joli village de pêcheurs au pied d’une colline boisée avec une plage de carte postale devant. Le carillon de l’église entonne l’Ave Maria de Gounod à chaque heure ronde… et c’est beau ! Mais, à force, ça lasse un peu aussi.

    Une belle piste cyclable longe le port et la plage, et invite à un agréable trainingen roller.

    Les bâbordais sont d’humeur casanière ce soir. Nous en profitons, Malou et moi, pour nous rendre au festival par la voie maritime. Avec moins de la moitié de son équipage habituel, le Newmatic se sent des ailes et nous mène à vive allure jusqu’à l’entrée de la rivière, dont la passe étroite et sinueuse limite considérablement l’accès. Tout se passe à merveille et nous parvenons à Ortigueira vers vingt et une heure. La foule est déjà bien compacte. Nous nous positionnons quelques mètres devant la scène pour le premier concert. Des Bretons! Un excellent bagad de Quimper… ça démarre bien.

    Puis, la pression populacière devenant pesante, nous opérons un repli stratégique en direction de notre annexe. Mouillés à quelques dizaines de mètres seulement de la scène, assis sur les brassières de sauvetage, notre confort est au maxi ! Ce n’est pas nous vanter, mais qui c’est qu’est mieux que nous ? Je ne vois pas…

    La marée descend au fur et à mesure que la nuit s'avance, et que nos paupières s'alourdissent. Finalement, il est bien tard et nous décidons qu'il est grand temps d'attaquer le retour pendant qu'il reste encore un peu d'eau dans la rivière.

    Sauf que maintenant, il fait nuit noire…et les bouées de chenal ne sont pas éclairées. Faisant confiance aux jouets modernes, nous partons quand même, avec, comme étoile du berger, le GPS portable sur lequel nous avons enregistré notre trace à l’aller.

    Ça marche moyen…

    Au bout de dix minutes, nous sommes échoués sur un banc de sable et, disons-le, bien paumés !

    « C'est où le nord? »

    « Où sont passées les bouées du chenal? »

    « C’est quoi ces lumières sur la berge? »

    « Oh, oh, oh, doucement les questions. »

    Le capitaine réfléchit. L’équipage se ressoude (mais, était-il dessoudé ?), sort les avirons, affute tous ses sens, et nous voilà repartis dans la nuit noire. Malou au GPS et moi aux commandes et à la propulsion, car c’est le privilège de l’aviron que de cumuler ces deux fonctions.

    Après seulement deux autres échouages en douceur (c’est du sable heureusement...), la mer est visible... derrière la barre de rouleaux blancs qui nous en interdit l'accès!

    Ne nous démontons pas…normalement, il y a un passage.

    Effectivement, à quelques dizaines de mètres de la petite île qui jouxte l’entrée, une trouée dans les rouleaux nous permet de retrouver la mer, qui nous fait danser sur son clapot, et rince Malou, postée à l'avant avec sa carte et son GPS.

    Encore quelques dizaines de minutes de concentration et nous retrouvons notre Catafjord qui tire doucement sur son ancre dans la baie de Carino. Au dodo maintenant…

    C’est par pour dire, mais le gars qu’aime pas la musique celtique et qu’aurait fait tout ça en pensant se rendre à un concert de rap à bois (c’est comme du rap normal, mais en forêt), ben, y serait déçu c’est sûr !


    ³ Vent très faible

    LES AÇORES

    Technique de pêche originale à Santa Maria.

    Chaque dimanche, les candidats au prochain thonicide sortent du port, afin de capturer dans leurs filets les sardines qui serviront d'appât pour la semaine à venir. En attendant le festin, celles-ci sont aimablement reçues dans de gros viviers, à bord des bateaux de pêche, où elles peuvent profiter sereinement de leurs dernières heures.

    Quotidiennement, six à huit marins partent en mer à bord de leur barque non pontée, et se rendent dans le nord des îles Formigas, simple plateau rocheux qui culmine à quelques mètres seulement sous le niveau de vagues.

    Là, ils balancent une partie des sardines vivantes à la mer.

    Thons et bonites, attirés par ce festin inattendu, se précipitent autour de leur bateau, s’agitent frénétiquement en tous sens, et se jettent dessus comme les mômes sur les caouètes à l’apéro.

    Puis, ils entretiennent l'excitation des bestioles au moyen de jets d'eau jaillissant d'un tuyau périphérique au liston⁴, alimenté par une grosse pompe.

    Ces ballots de poiscaille, trompés par l'éclat argenté des particules d'eau, se laissent alors attraper très facilement en se jetant goulûment sur les lignes boettées⁵ par des sardines fraiches.

    Les plus niaiseux sautent même hors de l'eau pour mordre aux hameçons avant les autres. Ce n’est pas fute-fute un thon… Fût un temps, peut-être l’étaient-ils, mais cette époque est révolue.

    Ainsi, en quelques heures seulement, les pêchous ramènent à terre leurs quatre à cinq tonnes de poissons, qui seront prestement déchargés à l'aide d'une petite grue à moteur thermique sise sur le bord du quai. Prouvant ainsi, s’il en était besoin, qu’une grue, dans un port, qu’elle soit à moteur ou à bas résille, c’est toujours bien rendant de service.

    Internet, en voyage, c'est vraiment prodigieux

    Depuis notre départ, où que nous allions, avec quelques minutes de marche et quelques palabres maladroites, nous finissons toujours par trouver un cybercafé ou une borne wifi pour donner des nouvelles et consulter nos messages.

    Depuis que cet instrument de communication a investi le monde entier, il semble qu’il faille se rendre dans des endroits particulièrement inaccessibles pour s'en trouver privé.

    Ponta Delgada sur l'ile de Sao Miguel

    Les Açores sont des îles volcaniques avec des côtes très accores⁶ .

    Les bons mouillages y sont rares.

    Aussi, nous sommes contraints d'aller dans les marinas.

    Ça coûte un peu cher, mais nous bénéficions des commodités afférentes, soit un quai facilement accessible, avec eau et électricité à volonté.

    Depuis quelques temps, nous avions des soucis avec notre parc batteries qui semblait perdre peu à peu sa capacité.

    J'ai fait un rapide diagnostic : trois batteries sur quatre sont fichues !

    Ça nous fait un peu comme si on nous les avait collées toutes les trois sur la tronche en même temps : lourd!

    Nous avons dû remplacer les quatre, car c'est justement le fait d’accoupler une batterie neuve avec une ancienne qui les dégrade toutes les deux.

    C'est ballot non...

    Pas très sociable comme bestiole une batterie.

    Heureusement, Ponta Delgada est une très jolie ville à laquelle je voue une tendresse particulière car ça a été ma première escale lorsque j'étais jeune marin de commerce, élève officier mécanicien à bord du MS GUYANE de la Compagnie Générale Transatlantique, j'avais 17 ans.

    Le fait d'être à quai dans ce port bondé, dans lequel les bateaux sont jusqu’à cinq à couple, nous donne un tas de voisins et nous permet de rencontrer des gens intéressants.

    Comme notre copain Mike, skipper constructeur du catamaran Chrysalis.

    Après avoir fait un peu d'argent en construisant des maisons, et sans jamais avoir possédé de bateau, il a acheté une paire de coques de catamaran à un bon chantier néozélandais, et il a fait tout le reste lui-même en trois ans. Résultat, un beau canote à moteurs de dix-huit mètres avec lequel il traverse les océans dans un fauteuil, accompagné de sa femme et de ses deux enfants.

    Tout ça avec bonhommie et simplicité.

    Vers l’Ile Terceira

    Nous quittons le port nuitamment, en même temps que les petits pêcheurs locaux. L’un d'eux s'éclaire au moyen d’une lampe à pétrole en guise de feux de route, qui s'éteint de temps en temps. Arrivant à Angra do Heroismo en fin d'après-midi, il n’est pas possible de mouiller l'ancre mais il reste une place pour nous dans la petite marina. Ouf ! Au prix d'une manœuvre délicate, nous voilà confortablement installés à quelques dizaines de mètres d'un des plus jolis havres que nous ayons abordés.

    La partie centrale de la cité est classée au patrimoine de l'humanité par l'Unesco. L'architecture y est particulièrement intéressante. Les premiers édifices datent du XVème siècle, époque où nefs et caravelles chargées des richesses rapportées des Amériques où de l'Orient faisaient relâche dans la baie d'Angra, bien abritée des vents dominants. La ville regorge de demeures seigneuriales et d'églises magnifiques que nous passons la journée à visiter à pied. Les rues sont en pavés noirs et blancs avec des motifs sur les trottoirs. Les gens sont aimables et souriants; il règne ici une certaine sérénité.

    Balade en skautère à l’intérieur de l’île.

    Petits villages de pêcheurs, sans touriste, réparant leurs lignes et repeignant leurs bateaux, piscines naturelles creusées par la mer dans la lave noire lors d’éruptions volcaniques, musée du vin de Biscoitos (avec dégustation...). Ici, les vignes sont protégées du vent par des murets de pierres volcaniques noires, et chaque espace ainsi constitué abrite en moyenne neuf ceps.

    Dans le centre de l'île, l'actuelle activité sismique se manifeste par des fumerolles abondantes et des rejets de souffre présentant un grand intérêt géologique.

    Cette île connait une importante activité agricole. Les vaches ruminent leur verdure sous le nez des péchous préparant leurs lignes avant d'aller en mer.

    Terceira, surnommée l'île aux taureaux, est célèbre pour ses touradas a cordas, jeu/spectacle taurin pratiqué à l'occasion des fêtes de villages. Le taureau, aux cornes emboulées, se précipite dans la foule. Il est maintenu en semi-liberté au bout d'une corde tenue par quatre hommes. Parfois, la bestiole réussit à choper un gars qui l'énerve, le fait voler en l'air, et le piétine amicalement... En général, le type se relève avec seulement quelques bobos et tout ou partie de sa virilité…

    Petit trajet de treize milles jusqu'à Praia de Vitoria, à l'est de l'île, où nous mouillons en fin d'après-midi derrière une grande jetée. Pendant la route, le moteur bâbord s'est arrêté. Ça met toujours une ambiance plus ou moins glauque ce genre d'avatar. Le filtre à gasoil s'est obstrué par des cochonneries glaireuses dont au sujet desquelles j'ai bien l'impression que nous sommes en présence de bactéries (mais pas de douze volts, cette fois...).

    Pico

    De nouvelles formalités d'entrée sont incontournables et systématiques dans chaque île aux Açores. Sitôt arrivés à Maddalena, sagement assis dans le bureau des candidats au « laisser passer », l'un des deux fonctionnaires costumés, après avoir noté le nom du bateau sur son formulaire, me lance:

    -C'est quand qué tou la va partir?

    -Dans cinq ou six jours, et d'ajouter avec un soupçon d'hypocrisie:

    -Ahhhh, vous parlez bien français... Lui, toujours sur son formulaire:

    -C'est toi le capiton?

    Gloups... Je déglutis péniblement avant de lui répondre sur un ton enjoué dont au sujet duquel heureusement que je m'étais entraîné avant:

    -Oui c'est moi Mais, tout de même, le capiton! On ne me l'avait pas encore servie celle-là.

    Les heures de balades succèdent aux heures de travaux sur le canote et, petit à petit, la longue liste des tâches restant à faire s'érode gentiment. Hélas, elle se régénère un peu à l'autre bout, alimentée par la liste des choses à modifier, et l'entretien courant. Mais bon, ne nous plaignons pas, nous sommes globalement plutôt peinards.

    Maddalena

    Catafjord est amarré à un quai de commerce, juste à coté de la gare maritime. Il n’y a pas d'autre bateau de plaisance, et c'est très bien, car ça favorise les rencontres.

    En cette période de vendanges, Pico produit des vins ben gouleyants. Nous en avons gouté quelques-uns à la coopérative voisine, ce qui nous a permis de faire la connaissance de Maria, œnologue de son état. Les vignes sont cultivées sur des terrains de lave, toujours ceints de petits murets de pierres sèches noires et rugueuses. Le contraste avec le vert tendre des vignes et le bleu de la mer est d’une beauté merveilleuse et enchanteresse.

    Au retour d’une balade, nous trouvons Claire et Tintin à l'apéro à bord du bateau de notre nouveau voisin. C'est le début d'une bonne soirée. Gérald a bouclé il y a quelques mois un tour du monde en solitaire en 4 ans, avec retour par le Cap de Bonne Espérance. Ce quinquagénaire suisse, auto-retraité par anticipation, est un personnage original qui rigole fort et lève bien le coude, toutes caractéristiques qui ne me rendent pas les gens antipathiques.

    Les Suisses sont réputés pacifiques. Pour autant, la manière dont Gérard nous a attaqué la réserve de genépi et de calva, et ce jusqu’à une heure fort avancée de la nuit, ne relevait pas de la diplomatie, loin s’en faut ! Je dirais même qu’elle était on ne peut plus belliqueuse ; alors que penser ? Notre ami se prépare à passer l'hiver aux Açores, avant de repartir l'été prochain pour une croisière en Islande.

    Puis,

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