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Le joueur d’échecs: Premium Ebook

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Le joueur d’échecs: Premium Ebook

évaluations:
4.5/5 (3 évaluations)
Longueur:
74 pages
1 heure
Sortie:
12 août 2019
ISBN:
9782357283206
Format:
Livre

Description

*** Cet ebook est optimisé pour la lecture numérique ***

Sur un paquebot voyageant de New-York à Buenos-Aires, se rencontrent deux joueurs d’échecs que tout sépare : le champion du monde en titre, d’origine modeste et tacticien redoutable, et un aristocrate autrichien qui n’a pu pratiquer le jeu que mentalement, isolé dans une prison nazie pendant l'occupation allemande de l'Autriche.

Écrite durant son exil au Brésil durant les derniers mois de sa vie, Le Joueur d'Échecs est la dernière oeuvre de Stefan Zweig, avant son suicide en février 1942. Publiée un an plus tard, à titre posthume, cette nouvelle deviendra rapidement un best-seller vendu à plusieurs millions d'exemplaires à travers le monde.
Sortie:
12 août 2019
ISBN:
9782357283206
Format:
Livre

À propos de l'auteur

Stefan Zweig, geb. 1881 in Wien. Ab 1897 erste Gedichte, 1899 Matura (Abitur), anschließend Studium der Philosophie, Mitarbeit am Feuilleton der "Neuen Freien Presse", 1901 Gedichtband "Silberne Schatten". 1904 Promotion, erste Novelle "Die Liebe der Erika Ewald", Tätigkeit als Übersetzer (Verlaine, Baudelaire, Verhaeren). 1910/12 Reisen nach Indien und Amerika. Während des Ersten Weltkriegs, 1914-18, in Zürich, danach Rückkehr nach Österreich. 1920 Heirat. 1927 "Sternstunden der Menschheit", 1928 Reise nach Russland, ab 1934 im Exil, zunächst in London, Trennung von der ersten Ehefrau. 1939 zweite Heirat, Annahme der britischen Staatsbürgerschaft. Ab 1940 Aufenthalt in Brasilien. 1942 "Schachnovelle", "Die Welt von gestern"; Freitod (gemeinsam mit Ehefrau) aufgrund andauernder Depressionen.


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Le joueur d’échecs - Stefan Zweig

Le joueur d’échecs

Stefan Zweig

Table des matières

Stefan Zweig

Le joueur d’échecs

Stefan Zweig

1881-1942

Je suis né en 1881 dans un grand et puissant empire, la monarchie des Habsbourg ; mais qu'on ne le cherche pas sur la carte ; il a été effacé sans laisser de traces. J'ai été élevé à Vienne, la métropole deux fois millénaire, capitale de plusieurs nations, et il m'a fallu la quitter comme un criminel avant qu'elle ne fut ravalée au rang d'une ville de province allemande. Mon oeuvre littéraire, dans sa langue originelle, a été réduite en cendres, dans ce pays même où mes livres s'étaient faits des amis de millions de lecteurs. C'est ainsi que je n'ai plus ma place nulle part, étranger partout, hôte en mettant les choses au mieux ; même la vraie patrie que mon coeur s'est choisie, l'Europe, est perdue pour moi depuis que pour la seconde fois, courant au suicide, elle se déchire dans une guerre fratricide. Contre ma volonté, j'ai été le témoin de la plus effroyable défaite de la raison et du plus sauvage triomphe de la brutalité qu'atteste la chronique des temps ; jamais - ce n'est aucunement avec orgueil que je le consigne, mais avec honte - une génération n'est tombée comme la nôtre d'une telle élévation spirituelle dans une telle décadence morale. Durant ce petit intervalle où ma barbe commençait à pousser et aujourd'hui, où elle commence à grisonner, durant ce dernier demi-siècle, il s'est produit plus de transformations et de transmutations radicales que d'ordinaire en dix âges d'hommes et, chacun de nous le sent : presque trop ! Mon aujourd'hui est si différent de chacun de mes hier, avec mes phases d'ascension et mes chutes, qu'il me semble avoir vécu non pas une existence, mais plusieurs, en tout point dissemblables.

Stefan Zweig, Die Welt von Gestern (Le Monde d'Hier, Belfond, traduit par Serge Niémetz). Ecrit en 1942. Publié pour la première fois en 1944

Le joueur d’échecs

Schachnovelle - 1943

Sur le grand paquebot qui à minuit devait quitter New York à destination de Buenos-Aires, régnait le va-et-vient habituel du dernier moment. Les passagers embarquaient, escortés d’une foule d’amis ; des porteurs de télégrammes, la casquette sur l’oreille, jetaient des noms à travers les salons ; on amenait des malles et des fleurs, des enfants curieux couraient du haut en bas du navire, pendant que l’orchestre accompagnait imperturbablement ce grand spectacle, sur le pont. Un peu à l’écart du mouvement, je m’entretenais avec un ami, sur le pont-promenade, lorsque deux ou trois éclairs jaillirent tout près de nous – apparemment, un personnage de marque que les reporters interviewaient et photographiaient encore, juste avant le départ. Mon compagnon regarda dans cette direction et sourit : « Vous avez à bord un oiseau rare : Czentovic. » Et, comme je n’avais pas vraiment l’air de comprendre ce qu’il voulait dire, il ajouta en guise d’explication : « Mirko Czentovic, le champion mondial des échecs. Il a traversé les États-Unis d’est en ouest, sortant vainqueur de tous les tournois, et maintenant il s’en va cueillir de nouveaux lauriers en Argentine. »

Je me souvins alors de ce jeune champion et de quelques particularités de sa fulgurante carrière. Mon ami, qui lisait les journaux mieux que moi, compléta mes souvenirs d’une quantité d’anecdotes.

Il y avait environ un an, Czentovic était devenu tout d’un coup l’égal des maîtres les plus célèbres de l’échiquier, comme Aljechin, Capablanca, Tartakower, Lasker ou Bogoljubow. Depuis qu’en 1922 Rzecewski, le jeune prodige de sept ans, s’était distingué au tournoi de New York, on n’avait vu personne d’aussi obscur attirer avec autant d’éclat l’attention du monde sur l’illustre confrérie des joueurs d’échecs. Car les facultés intellectuelles de Czentovic n’eussent permis en aucune façon de lui prédire un brillant avenir. D’abord tenu secret, le bruit courut bientôt que ce champion était incapable en privé d’écrire une phrase, même dans sa propre langue, sans faire des fautes d’orthographe, et que, selon la raillerie d’un partenaire rageur, « son inculture dans tous les domaines était universelle ». Czentovic était le fils d’un misérable batelier slave du Danube, dont la toute petite embarcation fut coulée une nuit par un vapeur chargé de blé. Son père mourut ; l’enfant qui avait alors douze ans, fut recueilli par le charitable curé de son village et l’excellent prêtre s’efforça honnêtement de faire répéter à ce garçon au large front, apathique et taciturne, les leçons qu’il n’arrivait pas à retenir à l’école. Mais ses tentatives demeurèrent vaines. Mirko fixait d’un œil vide les caractères d’écriture qu’on lui avait déjà expliqués cent fois ; son cerveau fonctionnant avec effort était impuissant à assimiler, même les notions les plus élémentaires. À quatorze ans, il s’aidait encore de ses doigts pour compter et quelques années après, il ne lisait encore un livre ou un journal qu’au prix des plus grands efforts. On n’eût pu dire cependant qu’il y mettait de la mauvaise volonté ou de l’entêtement. Il faisait avec docilité ce qu’on lui ordonnait, portait l’eau, fendait le bois, travaillait aux champs, nettoyait la cuisine ; bref, il rendait consciencieusement, bien qu’avec une lenteur exaspérante, tous les services qu’on lui demandait. Mais ce qui chagrinait surtout le bon curé, c’était l’indifférence totale de son bizarre protégé. Il n’entreprenait rien de son propre chef, ne posait jamais une question, ne jouait pas avec les garçons de son âge et ne s’occupait jamais spontanément, si on ne lui demandait rien ; sitôt sa besogne finie, on voyait Mirko s’asseoir quelque part dans la chambre, avec cet air absent et vague des moutons au pâturage, sans prendre le moindre intérêt à ce qui se passait autour de lui. Le soir, le curé allumant sa longue pipe

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Avis des lecteurs

  • (4/5)
    Certains passages sont un peu trop longs, ils se caractérisent par un excès de mots répétitifs.