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Mon histoire: 50 souvenirs tirés de cinquante ans de service

Mon histoire: 50 souvenirs tirés de cinquante ans de service

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Mon histoire: 50 souvenirs tirés de cinquante ans de service

évaluations:
5/5 (1 évaluation)
Longueur:
452 pages
6 heures
Sortie:
11 sept. 2019
ISBN:
9781785965258
Format:
Livre

Description

"Notre vision, pensée pour servir l’intérêt de notre peuple, n’en n’est qu’à ses débuts.Notre but est de la réaliser en développant le potentiel de chacun. Nos efforts sur cette voie ne seront ni arrêtés par les crises, ni ralentis par les obstacles. Nous n’hésiterons pas et nous ne laisserons pas le doute briser notre élan. C’est ainsi que nous avons bâti notre nation, comme en témoignent les souvenirs racontés dans ce livre.”
Cette série d’anecdotes et de souvenirs marquants rassemblés dans ce livre par Cheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum est publiée our marquer ses cinquante ans de service. Sa carrière débuta en 1968 lorsqu’il fut nommé Ministre de la Défense.
Ces anecdotes racontent l’histoire de la vision qui a inspiré la croissance vertigineuse de Dubaï et sa transformation d’une ville portuaire dynamique en une véritable métropole de l’économie mondiale. Les histoires et anecdotes contenues dans ce livre retracent l’évolution des Émirats Arabes Unis d’un simple rêve en une nation prospère où plus de 195 nationalités travaillent et coexistent paisiblement et harmonieusement. Ces histoires sont aussi autant de pensées que partage avec vous un homme connu pour sa détermination exceptionnelle et sa volonté de réussir hors du commun.
Ces histoires révèlent les différentes facettes de Cheikh Mohammed : l’homme d’Etat, le cavalier , le poète et le leader. Elles ont été écrites pour inspirer et transmettre des enseignements aux jeunes lecteurs et pour célébrer cette jeune nation dynamique et tous ceux qui ont contribué à la bâtir.
Ce récit de toute une vie de service ne peut être qu’incomplet . Il reste tant à accomplir , comme le rappelle Cheikh Mohammed lui-même. Cependant, ce livre contribue à conserver pour les générations futures une perspective unique sur leur héritage remarquable.
D’autres livres du même auteur publiés par Explorer : Zayed, Réflexions sur le bonheur et la pensée positive, Flashes of Verse, Two Great Leaders.
Sortie:
11 sept. 2019
ISBN:
9781785965258
Format:
Livre

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Aperçu du livre

Mon histoire - Mohammed bin Rashid Al Maktoum

01

Où nous étions et où nous en sommes

Le 6 décembre 2017 est un jour dont le souvenir restera à jamais dans ma mémoire. Je m’étais levé de bonne heure, mais n’avais eu le temps de prendre mon petit déjeuner qu’après onze heures car j’avais passé la matinée sur un nouveau projet palpitant qui allait mener notre nation vers une direction inédite et inattendue. J’aime les défis et je crois fermement que le progrès et le développement n’arrivent que lorsqu’on exige l’impossible. Voir mon peuple atteindre des sommets qu’il ne pensait jamais pouvoir atteindre me remplit de fierté et de satisfaction.

Il n’y a rien de mal à être réaliste, mais c’est en allant au-delà de ce qui est simplement réaliste que nos espérances exaltent notre imagination et que nous devenons capables de grandes réussites. Cela, pour moi, constitue la vraie force créatrice d’un peuple et le moteur de sa réussite, au-delà du simple fait d’avoir les moyens de ses ambitions.

Ce nouvel objectif était réellement extraordinaire et j’étais impatient de l’annoncer à mon peuple afin d’enflammer son imagination et de réchauffer les cœurs du feu de l’enthousiasme. Le message que je voulais communiquer était clair: rien n’est impossible. Aucun obstacle ne pourrait entraver notre volonté de réussir.

Dans la maison de mon grand-père Saïd bin Maktoum Al Maktoum en 2018

Plusieurs années de travail discret ont été passées à former notre équipe, à établir des relations internationales et à réunir les conditions de travail nécessaires pour relever ce nouveau défi. Nous nous étions engagés dans une voie ambitieuse afin de développer nos compétences dans le domaine scientifique. Le jour-même, j’annonçai la nouvelle à plus de quinze millions de personnes sur les médias sociaux: notre nouvel objectif était d’envoyer les premiers astronautes émiratis sur la Station spatiale internationale.

Cela était la consécration de plus d’une décennie d’efforts dédiés à créer un système intégré de toutes les disciplines rattachées à l’exploitation des engins spatiaux. Nous avions déjà lancé notre programme « Hope », qui consistait à envoyer une sonde non habitée dans l’orbite de Mars, et avions annoncé la construction de la réplique d’une ville martienne sur la planète Terre. Cette réplique sera la première ville simulant les conditions climatiques de notre planète voisine. Le projet « Mars 2117 » a pour objectif ultime d’établir une ville habitable et viable sur la Planète Rouge.

Nous avons développé le premier programme de fabrication de satellites du monde arabe ayant la capacité de couvrir tous les domaines d’applications spatiales, allant de la conception d’un satellite à son lancement. Nous avons aussi commencé à former une communauté qui ne cesse de croître d’ingénieurs aérospatiaux, de scientifiques spécialistes de l’espace et de techniciens. Nous voulions désormais envoyer nos astronautes sur la Station spatiale internationale afin qu’ils effectuent des recherches scientifiques. Les expérimentations seront conçues par nos institutions académiques locales et auront pour but de promouvoir nos connaissances scientifiques.

Nous étions prêts pour un projet de cette envergure, et nous avions des objectifs clairs et concrets pour nos astronautes. À l’annonce de la nouvelle, ce jour-là, une vague de fierté et de bonheur traversa tout le pays et électrisa nos jeunes. Nous atteignions avec cette victoire un nouveau sommet, mais cela n’était que le début. Ce matin-là, les yeux rivés sur l’espace, mon esprit retourna aux souvenirs de nos débuts modestes. Quelle distance parcourue en si peu de temps!

Je suis né dans la maison de mon grand-père Cheikh Saïd à Al Shindagha. Je me souviens de cette maison et de ses murs faits en terre glaise et parsemés de blocs de roche corallienne dont la porosité laissait passer l’air frais, aérant ses pièces basses de plafond. Je revois la cour intérieure où je jouais, la chambre de mes parents et celles de mes frères et sœurs. Je revois surtout l’image de mon grand-père, cet homme pieux au cœur d’or, dont le visage lumineux à la barbe blanche marqua mon enfance.

Lancement du programme « Hope »

Je ne peux m’empêcher de penser qu’il a également œuvré pour cet instant et contribué à sa réalisation. Toute sa vie, mon grand-père avait travaillé pour donner une dimension sans précédent au commerce à Dubaï et a ainsi à ouvert la voie à la prospérité économique.

Maison de mon grand-père Cheikh Saïd bin Maktoum Al Maktoum à Al Shindagha

Sa plus grande réussite fut toutefois la relation exceptionnelle qu’il entretenait avec son peuple. Il y avait entre eux une affection réciproque. On racontait qu’il avait l’habitude de se lever avant la prière de l’aube pour aller chercher de l’eau dans un puits éloigné, puis qu’il se tenait devant la mosquée, son seau d’eau à la main, et attendait les gens qui venaient faire leurs ablutions avant la prière. Tel était son dévouement pour son peuple.

Mon grand-père avait toujours gouverné avec compassion et amour. Il ne se permettait jamais de juger autrui. Il se réunissait avec ses concitoyens dans son Majlis (Conseil), écoutait leurs griefs et dispensait ses conseils, sans jamais se permettre de les juger. Cependant, lorsqu’un différend surgissait, il s’assurait toujours de faire prévaloir la justice.

J’avais à peine neuf ans lorsque mon grand-père nous quitta. Mon père était à ses côtés lorsqu’il rendit son dernier souffle, juste après l’aube. Je me souviens des sanglots des femmes et de mon étonnement de voir pleurer ces hommes fiers que je n’aurais jamais cru capables de verser des larmes. Je me souviens des drapeaux mis en berne et de la foule nombreuse lui faisant ses adieux. Une image de lui est imprimée dans ma mémoire; mon grand-père, debout devant la mosquée, tenant son seau d’eau et attendant l’arrivée de son peuple.

02

Visite au Roi des rois

Célébration des 2 500 ans de l’Empire perse en 1971

Comme le dit un jour un poète:

Où sont les rois de la couronne du Yémen?

Et où sont donc les diadèmes ni les guirlandes?

Où sont les bâtisses que fit Chadad à Irem?

Où est le règne des Sassanides persans?

Où sont tous les trésors amassés par Crésus?

Où sont ceux de Ad, de Chadad et de Qahtan? ¹

On dit qu’il y eut quatre grands rois au monde: Nimrod, Bakht Nast, Dhul-Qarnayn et le plus grand roi de tous, Salomon, qui fut aussi prophète. On raconte qu’un jour, voulant parler au roi, un homme tenta d’arrêter le cortège de ce dernier, mais qu’il en fut empêché par ses gardes.

Alors il s’écria: « Ô roi! Une fourmi s’adressa au roi Salomon et il s’arrêta pour lui parler. Serais-je plus insignifiant qu’une fourmi? Seriez-vous plus important aux yeux de Dieu que Salomon? »

Ainsi interpellé, le roi descendit de sa monture et alla lui parler.

Cette parabole me revint à l’esprit à plusieurs reprises récemment. Les évènements de ces dernières années évoquèrent aussi le souvenir d’une des expériences les plus formatrices de ma jeunesse. Lorsque mon père Cheikh Rashid devint gouverneur de Dubaï, je commençai à l’accompagner pendant ses voyages officiels. Je me souviens en particulier de la visite à Reza Chah Pahlavi, chah d’Iran à l’époque, autoproclamé « roi des rois » et empereur d’Iran, installé sur le Trône du Paon. Du haut de mes onze ans, je fus frappé de stupeur par le faste extravagant que je vis durant ma visite. Je n'en avais pas compris le motif, ni saisi la raison derrière les innombrables ornements par lesquels les rois tenaient à se distinguer de leurs peuples.

Je continue encore aujourd’hui de trouver déconcertant le besoin qu’ont certains chefs de maintenir l’illusion qu’ils appartiennent à un cercle restreint de privilégiés. Ils s’isolent et érigent entre eux et leurs concitoyens les murs de leur propre prison.

Je visitai cet univers fastueux encore en 1971 lors des célébrations des 2 500 ans de l’Empire perse. Les festivités grandioses organisées dans l’ancienne ville persane de Persépolis avaient coûté aux Iraniens plus de 100 millions de dollars, une somme colossale à l’époque, qui équivaut à 750 millions de dollars aujourd’hui. Des chefs d’états venant du monde entier furent conviés à ces célébrations. Une soixantaine de tentes couvraient une surface de plus d’un demi-kilomètre carré. Au milieu de ces tentes se trouvaient 3 pavillons royaux imposants entourés d’un jardin luxuriant aménagé spécialement pour l’occasion. Des mets à base de viande de paon cuisinés par des chefs français nous furent servis sur des plats en porcelaine de limoges. Les boissons étaient servies dans des verres en cristal Baccarat. Des milliers de soldats vêtus de leurs costumes traditionnels ajoutaient à la splendeur de cette fête royale.

Célébration des 2 500 ans de l’Empire perse en 1971

La souveraineté appartient à Dieu seul. Il n’est de force ni de puissance si ce n’est en Dieu

J’appréciai les festivités, les spectacles et rencontrer tout le beau monde qui y était présent. Mais je ne pus m’empêcher de remarquer aussi les pauvres et les démunis dans les rues. Ce contraste renforça l’impression que j’avais eue déjà à ma première visite que l’opulence dont jouissait le dirigeant était au détriment de son peuple.

À cette époque-là, Dubaï n’était qu’une petite ville aux moyens limités et la vie y était encore dure pour beaucoup de gens. Mais mon père n’habitait pas dans un palace. Il se levait tôt le matin, rencontrait les gens, portait conseil à qui le sollicitait, faisait le suivi des projets avec les ingénieurs et leurs ouvriers, et partageait de simples repas avec ses invités. Il avait un bureau dans un immeuble à Khor Dubaï qui donnait sur le port où les boutres déchargeaient leurs marchandises. C’était un homme modeste. Ses visiteurs le prenaient parfois pour un simple employé. Les ingénieurs de projet l’appelaient même « chef de chantier » à cause de ses visites fréquentes sur les chantiers et son suivi constant. Mon père avait, bien sûr, de bonnes relations avec le Chah, et il lui rendit visite à maintes occasions, mais il y avait une différence frappante entre les modes de vie des deux hommes.

Le contraste dont je fus témoin en Iran lors des célébrations me marqua. Je n’aurais jamais pu imaginer Cheikh Rashid assis sur le Trône du Paon et arborant une couronne. Il était à mille lieues de tout cela. Il était simple et proche du peuple. Cette expérience me révéla le secret de tout dirigeant accompli: rester proche de son peuple. Ceci est la plus importante leçon de toutes.

J’aurais souhaité que le Chah ait regardé autour de lui avec plus de discernement. Les deux décennies précédant ces festivités avaient vu la chute de plusieurs monarchies dites inébranlables.

Le roi des rois ne semblait pas préoccupé par ces changements rapides et comptait davantage sur le soutien des Britanniques et des Américains que sur celui de son peuple dont il vivait éloigné, absorbé qu’il était par ses palaces et son mode de vie extravagant. Et pourtant, en 1979, tout juste huit ans après ces festivités démesurées, le roi des rois fut renversé à la suite de démonstrations et mutineries. Celles-ci menèrent son pays vers la révolution islamique, instiguée par les mullahs. En l’absence du soutien de ses anciens amis, le Chah dut fuir en Égypte.

Par la suite, les révolutionnaires devinrent à leur tour des « rois » qui n’avaient rien à envier à leurs prédécesseurs. Ils appelèrent désormais leur pays « république » au lieu de « monarchie ». Mais cela ne les empêcha pas de bâtir des palaces majestueux, et tels les empereurs qu’ils remplacèrent, d’y vivre entourés de leurs admirateurs, loin de leur peuple.

Des années plus tard, en 2003, je m’adressai aux dirigeants arabes de l’époque: « Vous avez commencé une révolution, alors ne vous arrêtez pas là. Continuez le travail, révolutionnez l’économie de vos pays, construisez, reconstruisez et assurez à votre peuple une vie décente. Si vous ne changez pas vos pays pour le meilleur, vous serez remplacés. Cela s’est produit par le passé et cela se produira à nouveau. »

Malheureusement, ces paroles ne furent prises au sérieux par aucun d’entre eux et leurs pays tombèrent dans l’obscurité et le chaos. La révolution et le désordre qui en résultèrent ne menèrent qu’à plus de destruction. Où en sont ces pays et les rêves de leurs peuples? Où en sont les rêves de Zayed et de Rashid pour l’Union des émirats? Et où en sont le roi des rois et ses semblables?

La différence primordiale entre la gouvernance de ces pays et la nôtre est la proximité des dirigeants avec le peuple. Nous avons continué à servir notre peuple humblement sans jamais perdre de vue notre priorité ultime qui est leur bonheur. Telle est la simple différence entre le succès et l’échec, la décence et la disgrâce, la droiture et l'improbité.

11 | Note du traducteur: Poème traduit par Jalel El Gharbi https://journals.openedition.org/cdlm/4901#ftn1

03

Dormir avec les scorpions

Vers l’âge de sept ou huit ans, mon père commença à m’emmener chez Humaid bin Amhi, un des anciens de la tribu des Manasir, afin que j’apprenne l’art de la chasse. Humaid ne vivait pas près d’un point d’eau comme la plupart des Bédouins, mais au fond du désert. Il vivait entouré de ses chameaux, de ses chiens de chasse et de son faucon. Il était accompagné de sa femme dont je n’oublierai jamais la rigueur remarquable. Je me souviens encore de son ardeur à la tâche alors qu’elle transportait le bois, trayait les chamelles, abattait et préparait le mouton sans la moindre assistance. Elle maîtrisait les techniques de chasse ainsi que la fauconnerie. Je me rappelle aussi du pain qu’elle préparait les jours où la chasse n’avait pas été bonne. Des galettes de pain bédouin, cuites sous les charbons et la cendre, qu’on mangeait avec du miel et du beurre clarifié. C’était un régal dont je me délectais dans le froid du désert.

Mon père me laissait chez Humaid des jours entiers. C’est ce dernier qui m’apprit à chasser avec des faucons et avec des chiens. Il m’instruisit sur le déplacement des animaux, ainsi que sur leurs habitudes. Il m’expliqua comment ils se fondent dans le paysage et comment les plus faibles succombent à leurs prédateurs.

Ainsi, j’appris qu’il est inutile de chasser le lapin pendant qu’il se nourrit, car l’animal détale alors à toute vitesse, et qu’il vaut mieux le traquer autour de son terrier, au petit matin ou au crépuscule. En été, le lapin creuse un terrier profond, mais en hiver, qui est la saison de la chasse, il se réfugie dans les buissons qui parsèment le désert. Nous avons de meilleures chances d’attraper le lapin si nous le suivons jusqu’à son terrier. Pour éviter d’être pisté, le lapin bondit délicatement, les pattes légères comme du coton, ne laissant presque aucune trace de son passage. Seul un chasseur averti, habitué au désert et aux mouvements de ses sables, peut repérer ses traces à peine perceptibles.

Avec Humaid bin Amhi, un des anciens de la tribu Manasir

Grâce à Humaid, j’ai beaucoup appris sur les habitudes des faucons et le comportement des chiens de chasse. Il est possible de dresser les chiens à chasser les gazelles sauvages tout en les habituant à cohabiter paisiblement avec celles qu’on a apprivoisées. Il est également possible d’apprendre aux gazelles à paître avec vos moutons et à ne pas craindre vos chiens.

De plus, par exemple, peu de gens savent pourquoi les fauconniers portent leur faucon à la hauteur des yeux. L’explication est que le rapace se sent systématiquement en danger s’il se trouve plus bas qu’un autre animal. En effet, l’aigle, son ennemi habituel, pique vers lui de beaucoup plus haut. C’est pour cette même raison que le faucon attaque tout oiseau qui vole au-dessus de lui.

Après une longue journée passée à chasser et à apprendre, nous avions l’habitude de nous réunir autour du feu pour dîner et parler pendant de longues heures. Ces souvenirs, où s’alternent les moments agréables et éprouvants sont encore gravés dans ma mémoire.

Dans le désert, durant les nuits de froid glacial, absolument rien n’égalait la chaleur de mon lit. Je me souviens m’être fait réveiller à plusieurs reprises par les piqûres des petits scorpions qui trouvaient refuge dans la chaleur de mon lit. À chaque fois, une douleur vive me réveillait et j’allais voir Humaid qui me rapprochait du feu et couvrait la piqûre de cendre chaude pour absorber le poison et diminuer la douleur. Cela me soulageait, mais la douleur revenait aussitôt que la cendre refroidissait.

[L]a douleur est loin d’être toujours négative. Il existe des douleurs qui nous rendent plus forts et plus avisés

Ces attaques me réveillaient jusqu’à trois ou quatre fois par nuit. Le plus surprenant était que j’étais le seul à être victime de ces piqûres à répétition!

Je finis par comprendre pourquoi cela n’arrivait qu’à moi. Il y avait deux raisons principales à cette occurrence étrange. D’abord, et cela était entièrement de ma faute, j’avais négligé de suivre le conseil répété par tous les Bédouins de toujours vérifier son lit avant de s’endormir. La seconde raison était que Humaid avait l’habitude de placer, à dessein, une douzaine de scorpions dans mon lit.

Il voulait renforcer les défenses de mon corps contre les piqûres mortelles des scorpions. Il a bien fait car je suis à ce jour immunisé contre leur venin. En effet, la douleur est loin d’être toujours négative. Il existe des douleurs qui nous rendent plus forts et plus avisés. Il y a quelques années, alors que j’essayais d’attraper un gros scorpion dans le désert, il se cacha sous un petit buisson derrière moi. Ne sachant pas exactement où il était, je reculai d’un pas et fus piqué par lui.

Je n’aime pas les conspirateurs et autres comploteurs si toxiques pour le moral et l’esprit d’équipe. Ils ne célèbrent jamais les succès mais aiment à s’attarder sur les échecs, et découragent l’esprit d’entreprise

Je versai de l’eau chaude et appliquai de la cendre sur ma jambe puis la recouvris d’un pansement. Je survécus à la piqûre grâce à Dieu et à la sagesse de Humaid. Ceci dit, faire face aux scorpions du désert est moins ardu que de traiter avec les scorpions de l’espèce humaine. Les scorpions du désert cherchent seulement la chaleur et dès que le temps s’adoucit, ils préfèrent se retirer. Ils n’attaquent que lorsqu’ils sentent un danger, contrairement aux scorpions humains qui prennent plaisir à infliger de la douleur. On les décrit souvent comme des personnes malfaisantes, qui s’acharnent à semer le trouble et à détruire les réputations en colportant des rumeurs et en détruisant l’harmonie qui cimente les communautés. Je n’aime pas les conspirateurs et autres comploteurs si toxiques pour le moral et l’esprit d’équipe. Ils ne célèbrent jamais les succès mais aiment à s’attarder sur les échecs, et découragent l’esprit d’entreprise. Ces hypocrites sont gouvernés par la jalousie et l’envie et par tout ce qui s’oppose aux valeurs humaines les plus nobles.

Un jour, un roi confronta un de ses fidèles compagnons au sujet de rumeurs qu’il propageait à son encontre. Son compagnon nia tout, mais le roi choisit de croire son informateur. Le compagnon lui rappela alors que les commères ne sont jamais honnêtes et le roi ne put le contredire.

Un poète dit un jour:

Qui médit au lieu de se taire

Et trouve croasser salutaire

Invite sa vérité amère

Qui ne lui saura plaire

Scorpion pour son frère

Et pour son allié vipère

Du torrent est l’écume

Et déferle on ne sait guère

Je conviens qu’il est parfois plus

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