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Les protections électriques (HT)

Les protections électriques (HT)

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Les protections électriques (HT)

évaluations:
2.5/5 (3 évaluations)
Longueur:
900 pages
5 heures
Sortie:
Nov 22, 2019
ISBN:
9782322225026
Format:
Livre

Description

Le présent texte traite de protections électriques, en l‘occurrence d’installations non suivies habituellement par l’Électricien Public. La fonction à en tirer, lutte contre les « défauts », renvoie notamment à instruire la confrontation de la composition de l’équipement en place et de mesures sur son état, et d’autres formes de vérifications, aux besoins à remplir – service indispensable pour se défaire d’éventuels risques de maladresses de choix ou de montage, ou de défaillances de matériels, et présenté tel que vécu et fourni par un électricien opérant personnellement « au plus près de la matière » en tant qu’ingénieur d’essai durant 28 ans auprès d’utilisateurs concernés.
Sortie:
Nov 22, 2019
ISBN:
9782322225026
Format:
Livre

À propos de l'auteur

L'auteur a débuté en apprentissage en alternance dans une École des Mines. Puis, successivement, après plusieurs années occupé dans un service contrôle-régulation en chimie, et un court intermède en enseignant (2/3 années), et obtenu en parallèle un diplôme d'ingénieur du CNAM, a pris par conséquent une activité d'essais électriques.


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Aperçu du livre

Les protections électriques (HT) - Gérard Leveque

cités.

1 – INTRODUCTION.

Des protections de quelles installations électriques est-il question dans le présent texte ? Toujours d’installations à courant alternatif, à «fréquence industrielle», en général triphasées, et spécialement de leur plus ou moins grande partie en HT.

Il y a encore une quinzaine d’années on aurait à bonne approximation indiqué en outre – situant précisément le présent texte – «protections d’installations privées». Depuis il y a eu nouvelle donne par privatisation des grands producteurs ; et de nouveaux producteurs («énergies renouvelables»), également privés, se sont rajoutés. Le transport est devenu une entité à part et la distribution un commerce concurrentiel, mais sa maîtrise technique et matérielle relève toujours d’un opérateur unique ! En plus il y a des installations d’intérêt dans le présent texte qui ne sont pas privées (certains sites industriels, bases militaires, etc ...), ou leur exploitation est en fermage. Le seul adjectif «industriel» ne convient pas, le transport par ex. est une industrie aussi.

Cette réorganisation devait permettre de mettre en concurrence les opérateurs des activités électriques, «selon les lois du marché» (1) – pour autant que faire se pouvait, l’électricité physique n’étant pas réputée s’y plier !

Il est plus pertinent d’identifier les installations et réseaux concernées ici par un caractère électrique, en les appelant «réseaux circonscrits» , par opposition aux «installations et réseaux englobants» :

Fig. 1.1 – Réseau circonscrit (en gras) entre les mailles d’un réseau englobant ;

avec arrivée principale HTB,

et arrivée de secours HTA,

en pointillé (ne peuvent être fermées simultanément). Encadré en tireté, le poste de livraison. Le raccordement des deux réseaux par transformateur n’est pas systématique.

Le réseau circonscrit est relié au réseau englobant en un seul passage («point de livraison») – ou un seul à la fois est fermé si plusieurs sont installés. Donc il ne peut assurer un transit, même fugitif. Du fait des conditions de raccordement en tension sa puissance est toujours la plus faible des deux, et le réseau englobant assume la plus grande part de la redoutable charge de la stabilité en fréquence et en tension de l’ensemble (équilibre convenable production-consommation).

Contrairement au réseau englobant, qui est maillé, les réseaux circonscrits fonctionnent non maillés ; ils peuvent posséder des structures formellement maillées (TR ou artères en parallèle), avec des difficultés de maîtrise atténuées par rapport à celles en réseau englobant.

Cette répartition ne signifie ni indépendance ni différence de nature. Les principes et techniques de mesure qui y sont employés sont les mêmes ; et les défauts de l’un affectent l’autre. Des «passerelles» seront établies à chaque fois que nécessaire.

Et cette description des réseaux circonscrits correspond assez à la notion moderne de «réseaux fermés de distribution», visés par Directive Européenne 2009 / 72 / CE (2).

A la suite de la dépendance des puissances des conditions de raccordement en tension se constituent par construction des échelonnements d’incidence :

l’effet direct (ne considérant pas le début d’un enchaînement éventuel) d’une panne BT, ne concernera qu’une seule machine, et encore pas des plus puissantes,

l’effet d’une panne en HTA peut porter sur un atelier («unité») complet,

l’effet d’une panne en HTB peut être l’arrêt d’un complexe industriel entier (3).

Extension § 11.5

L’incidence économique d’une panne électrique s’accroît rapidement à tension de service augmentante. Cela aura justifié la recherche des concepts les plus compliqués dans le but de gagner en «continuité de service», justement en affirmant et précisant les protections électriques.

Ici aussi il n’y aura pas de frontière abrupte entre les catégories de tension : les procédés en usage en HT, privilégiés ici, peuvent s’étendre sur un bord des installations BT : pour continuation d’un «plan de protection».

1.1 – Composition des installations de puissance – Nécessité des protections.

Les installations sont formées de centrales (anciennement «stations centrales»), de moyens de transport, de répartition, de distribution, et de consommateurs ; avec un certain mélange : il y a des consommateurs dans les centrales. Par delà la nomenclature réglementaire les tensions nominales de service utilisées dans les réseaux circonscrits sont de : 2 – 5,5 – 6 – 10 – 15 – 20 – 30 kV (en France) :

tout au long de l’écoulement de l’énergie on rencontre des «postes» (anciennement «sous-stations»), ou «centres d’énergie», d’intérêt divers : transformation (élévateurs / abaisseurs de tension), répartition, commande de machines,

certains postes ont reçu un nom consacré : poste de livraison, lorsque s’y réalise un comptage d’énergie provenant du réseau englobant, poste-source, lorsque la HTB alimente une tension inférieure ;

ils sont repérés, ou numérotes, par ex. par ordre hiérarchique, ou par ateliers, ou autres, de manière qu’une simple évocation d’identité fasse se représenter leur implantation,

les transports, au sens large, sont réalisés, pour les besoins du présent texte, surtout au moyen de câbles isolés ; ils peuvent être enterrés ou posés sur chemins de câbles,

de nombreux schémas sont possibles pour la répartition : en antenne, simple, ou double, en boucle, en épis, selon les besoins en continuité de service

Fig. 1.2 – Schémas de liaisons possibles entre 1 + 2 postes :

antenne simple – double – boucle.

Sont représentés les disjoncteurs définissant le schéma.

dans les schémas en antenne, constituants de réseaux «radiaux», ou «ramifiés», ou «arborescents», les «puissances installées» individuelles décroissent continûment depuis la source vers les récepteurs ;

les liaisons elles-mêmes peuvent être composées de lignes à un câble, plusieurs en parallèle, pour les «artères» importantes,

toutes les entrées et sorties de postes, en réseau ou machines, sont attachées à des «jeux de barres» (jdB.) (anciennement «barres omnibus», ou «collectrices»), par l’intermédiaire d’un «appareillage», fusibles, sectionneur, disjoncteur, pouvant être fixe ou embrochable, et effectuant les commandes de service et les coupures pour protection ; et qui sont noeuds du réseau (loi de KIRCHHOFF) : ∑ I = 0, pour chaque phase (4) ;

ces jdB. peuvent être partagés par un «disjoncteur de couplage» (DC), pour attacher deux sources différentes et s’en servir séparément. Un jdB. encore plus subdivisé permet de réaliser plusieurs voies de passage selon possibilités nécessaires d’exploitation, y compris celle d’arrêt partiel sans interruption de service,

le schéma en épi, non représenté, forme dépouillée à l’extrême d’une antenne, comporte des côtes attachées sans appareillage : en cas d’incident sur l’une il n’y a aucune subdivision, donc panne totale,

les réseaux circonscrits peuvent posséder leurs propres centrales («producteurs autonomes»), permanentes ou de secours, équipées de groupes électrogènes (GE) Diesel, à turbine hydraulique, à vapeur, à gaz («TAG») ; le générateur est asynchrone avec certaines turbines hydrauliques ;

lorsque la tension de l’alternateur est différente de celle de consommation ou de répartition le GE est raccordé au jdB. par un «transformateur d’évacuation», ensemble formant «groupe bloc» (protections communes) ;

les GE thermiques fonctionnent avec de nombreux «auxiliaires», qui peuvent être alimentés par le groupe même («tranche»), une deuxième tranche, ou le réseau, ou un GE de secours (5),

les transformateurs en réseau peuvent être à deux ou trois enroulements, avec réglage en charge, ou ajustement de tension hors tension, ou rapport fixe ; très rarement auto-transfo (par économie ou en attendant normalisation des tensions) ; en transport le troisième enroulement sert à injecter une compensation à tension de machine plus faible que celle du réseau ; en installation circonscrite il sert à alimenter deux réseaux à tensions différentes (par ex. 5,5 kV et 15 kV) :

Fig. 1.3 – Usages de transformateurs : deux tensions HTA – injection sur tertiaire (trois enroulements) – groupes blocs et auxiliaires de groupe.

Il n’est pas possible que tous ces matériels, équipements, dispositifs, soient «éternellement» en bon état, cause usure, mauvais usages, influences extérieures ; il n’est pas possible que le fonctionnement, qui doit être interactif entre les parties de l’ensemble, soit toujours immédiatement «optimal», cause complexité difficile à maîtriser.

En fait, le régime de fonctionnement des installations et machines électriques peut quitter son domaine normal, limité par le dimensionnement de construction, ceci très facilement, beaucoup plus facilement que les éléments d’autres techniques. Leur service, et leur substance même, sont alors immédiatement en péril.

C’est ainsi que se sont fait connaître des situations appelées «défaut», en premier lieu «COURT-CIRCUIT» et «SURCHARGE THERMIQUE» ; à mesure de l’affinement de connaissance des fonctionnements des machines et réseaux des formes plus ciblées de défauts ont été reconnues :

COURT-CIRCUIT PHASES ou DEFAUT PHASES,

DEFAUT A LA TERRE,

MASSE CUVE,

DESEQUILIBRE,

RETOUR DE PUISSANCE,

RETOUR REACTIF ou MANQUE EXCITATION,

DETECTION D’ILOTAGE,

BLOCAGE ROTOR – DEMARRAGE TROP LONG ;

quelques fois appelées plus précisément sur base du procédé de mesure :

MAXI DE TENSION HOMOPOLAIRE,

DEFAUT HOMOPOLAIRE ou MAXI I HOMO,

MINI ou MAXI U,

MINI ou MAXI f,

MINI D’IMPEDANCE,

MAXI I DIRECTIONNEL,

DEFAUT TERRE DIRECTIONNEL ;

la liste est ouverte ; le terme «DEFAUT» peut être employé dans le sens le plus large, ou être restreint sans autres précisions aux DEFAUT TERRE : selon contexte.

Il existe aussi des protections non-électriques :

«BUCHHOLZ», pour transformateurs à cuve,

ALARME – DECLENCHEMENT VENTILATEUR, pour transformateurs,

TEMPERATURE – VIBRATIONS PALIER, pour machines tournantes, etc ...

Les protections électriques sont instituées pour intercepter ces situations d’anomalie, si possible préventivement – malheureusement assez rarement, les plus graves et les plus nombreuses se déclarant sans prémonition – du moins pour limiter le mieux possible l’élargissement des dommages consécutifs, ou pour éviter les «suraccidents», autant sur l’ouvrage ou le dispositif initiateur, que sur le réseau affecté : l’élargissement des dommages seulement, car la propagation physique est impossible à éviter sur le moment, puisque courante à la vitesse de la lumière ...

L’extension des dommages sur COURT-CIRCUIT est limitée par «tenue aux courts-circuits» (au voisinage), et par «estompage» (à distance).

Le concept de composition en protections individuelles réputées nécessaires à l’élimination de tous les défauts attendus dans une installation s’appelle «plan de protection».

A contrario, on n’a pas toujours cherché à se protéger contre les défauts par des protections : par ex. «un transformateur doit être construit de telle sorte qu’une protection ne soit pas nécessaire», «protections qui provoquent des déclenchements non indispensables» (6).

Les concepts qui n’éteindraient pas activement le feu sont maintenant périmés (§ 6.2).

1.2 – Constitution et systématique d’une protection.

Les tous premiers pas en la matière l’auront montré : une protection comprend un dispositif prenant une mesure, et un moyen ou une technique permettant, en conséquence de cette mesure, de produire une «ACTION», qui peut être une «ALARME», ou un «DECLENCHEMENT», accompagnés de «SIGNALISATION», dans un but de suivi d’exploitation ou d’analyse d’incidents ; la fonction première du moyen de mesure n’est pas le relevé.

ALARME ne s’utilise que lorsqu’une intervention corrective est possible avant aggravation et DECLENCHEMENT ; exemple-type : SURCHARGE, DESEQUILIBRE. Une action DECLENCHEMENT doit toujours être suivie d’une reconnaissance des lieux, puis d’une quelconque remise en ordre, dont réparation ou remplacement de l’élément initiateur.

Aussi étonnant que cela paraîtra, en mesures électriques pour protections il n’y a pas de possibilité d’innervation (comme dans le règne vivant animal) : on ne peut faire des mesures «qu’aux bornes» de l’ouvrage ou de la machine à protéger, constamment en veille, et les interpréter (7).

Les mesures pour protections sont faites exclusivement sur signaux propres au circuit. Il y a eu des tentatives d’utilisation de signaux superposés intentionnellement («ondes de contrôle»), sans objet dans le présent texte (8).

Les fusibles ont la particularité de réunir en un seul objet à la fois la prise de mesure et le moyen d’action. Dans tous les autres procédés ils sont séparés, ... au moins en deux parties, une bobine ou un TI agissant directement sur un disjoncteur. Cette disposition a été conservée jusqu’à nos jours dans les disjoncteurs BT, qui forment un tout en tant que «disjoncteurs», avec :

pour les DEFAUT PHASE un circuit magnétique à étrier mobile avec ressort, le «déclencheur» (9).

pour les DEFAUT TERRE un vrai petit tore attaquant un électro-aimant (rajouté plus récemment) ;

Dans un premier temps cette forme de construction a été prolongée en HT, avec un exemple pionnier avec une bobine dans la cuve du disjoncteur (10). Mais pour permettre un minimum de réglages, et pour éviter de remplacer le disjoncteur entier avec une modification importante de la puissance à surveiller, le dispositif de mesure a été séparé techniquement de la partie «contacts de puissance», d’où a découlé :

le «relais», ou «déclencheur» «direct», ou «primaire», toujours avec une bobine de mesure sur le circuit de puissance, justifiant l’appellation «relais HT» ;

leur seul remplacement permet la modification de puissance – si rien d’autre ne s’y oppose ; ils sont à superposer au disjoncteur sur lequel ils agissent par une tringle isolante, et leur réglage ou réarmement est possible au moyen d’une perche isolante :

Fig. 1.4 – Matériel de protection HT à relais directs.

à gauche disjoncteur ; revue ALSTHOM 1937 (bain d’huile) ;

à droite relais gros plan ; revue BROWN-BOVERI 1935 ; remarquer tringle d’action.

Ce matériel connut une technicité respectable, avec possibilités de temporisation ; et même des solutions face à des difficultés particulières, par ex. un modèle pouvant distinguer entre courant d’appel de transformateur et son court-circuit interne (11) ; il a représenté pendant longtemps un équipement de référence par ex. dans l’industrie chimique ; se fabriquaient jusqu’en 60 kV.

Toutefois, la fixité de leur calibre n’était pas idéale, et le besoin de mesures encore plus sophistiquées, ou «à deux entrées», ne pouvait pas être satisfait. Une séparation supplémentaire a alors eu lieu, le relais devenant un appareil à personnalité propre :

relais «indirects», ou «secondaires» ;

alimentés côté mesures par transformateurs de mesure (12). N’ayant alors plus à se trouver au potentiel du circuit de puissance, ils sont parfois appelés «relais BT» !

De cette manière le relais n’a plus à être adapté mécaniquement au disjoncteur. Son entrée est dimensionnée nominalement pour s’associer à la sortie, nominale également, d’un TR de mesure. Il dispose d’une ou plusieurs fonctions, ensemble sa «partie analogique», accomplissant un «basculement» – changement d’état, lorsque la quantité qui y est mesurée franchit en défaut ses réglages , ou «seuils». Cette information apparaît sur les «sorties logiques» du relais, où elle est reprise pour ACTION par le relayage logique, et finalement par les bobines du disjoncteur (ne sont plus des bobines de mesure).

Une telle forme de relais de mesure présente de nombreux avantages pratiques, facilités d’accès et de réglage, sur ses lieux d’installation à l’abri, facilités d’échange, sous réserves même pendant marche réelle, pas de tringlerie de maintenance difficile, plus d’exposition directe aux courts-circuits, etc ... Du côté mesures, l’adaptation large aux puissances est réalisée par les transformateurs de mesure : ceux-ci auront un rôle de premier plan.

Le disjoncteur n’est alors plus «que» l’appareil avec contacts de puissance et leur mécanisme.

Le cheminement de l’information rendant compte du fonctionnement de la protection la dessine sous forme d’une «chaîne de protection», bouclée au sens «automatique», de schéma de principe :

Fig. 1.5 – Schéma de principe d’une d’une chaîne de protection :

partage en une partie logique (1), et une analogique (2) – sens de circulation des signaux – sorties action et signalisation

à droite schéma simplifié ; le relais de mesure est un rectangle arrondi pour le distinguer d’un relais TOR.

Du fait même qu’on ne se sert plus de la force de l’élément de mesure pour le déclenchement et autres services, tous les organes de la chaîne nécessitent une alimentation auxiliaire – sauf le TR de mesure, pour ainsi dire un troisième composant. Elle est préférablement fournie par une source à courant continu, disposant de la meilleure permanence (§ 6.9).

En relation avec les qualités de permanence des sources auxiliaires se sont répandues les «logiques à manque», et les «logiques à émission», pour la commande des disjoncteurs. Dans les premières une panne de source auxiliaire produit le déclenchement de la puissance ; les secondes sont employées lorsqu’une telle éventualité est inadmissible.

Il s’agit d’un inconvénient sérieux des chaînes à relais indirects, à tel point que pour des installations simples on en a été à réaliser des relais avec leurs télécommandes qui peuvent se contenter d’une puissance prélevée sur le signal à mesurer : «sur l’énergie du défaut». Dans ce cas se perd la standardisation intermédiaire entre relais et disjoncteur.

Comme une chaîne de protection se présente sous forme d’un circuit bouclé, son fonctionnement peut se comparer avec celui d’un asservissement, ou régulation. L’effet de la seule possibilité d’action, la coupure sur seuil, est de partager le plan Amplitude-Temps en une partie permise et une partie interdite :

Fig. 1.6 – Systématique des protections électriques MAXI et MINI en tant que système bouclé, en comparaison avec une régulation ; en hachuré, régions interdites pour la mesure considérée. En régulation le point de consigne est tenu à un bruit près (hors «écarts permanents»).

L’évolution n’importe où dans la région permise est possible indéfiniment. Contrairement à la régulation, la chaîne de protection n’impose pas une valeur ponctuelle à la mesure.

Plus précisément, au franchissement d’un seuil est généralement lancée une «temporisation», à la fin de laquelle, si le signal surveillé ne redescend pas entre temps sous le seuil, vient «l’instant de décision» du basculement, et d’émission des ordres d’ACTION. Ces événements sont pris en mémoire, verrouillée. Un retour à l’état de veille, avec faculté de réenclenchement, n’est – normalement – possible qu’après «réarmement», ou «acquittement» ; sans oublier le relevé préalable des informations signalées !

La séparation de la chaîne de protection en disjoncteur – relais de mesure – transformateur de mesure produit d’importantes conséquences technico-économiques-juridiques.

Des Fabricants le plus souvent indépendants (sans être une règle absolue) se sont chargés des trois domaines ; et en face les Concepteurs ensembliers et les Usagers d’installations disposent d’un grand choix de matériels à assembler, ce qui est possible avec les standardisations, surtout côté mesures.

Mais en même temps sont élevées des possibilités de «malentendus», ou conflits de responsabilité, entre les différents fournisseurs en présence, suscitant des éventualités de mauvais fonctionnements : d’où une raison d’essais.

L’industrialisation des techniques de protection s’est développée en une entité autonome dans l’ensemble des activités électriques.

Les activités assurant le conditionnement, l’organisation et la constatation du statut de ces équipements, installés entre les sources et les récepteurs partenaires, càd. explorant leur sûreté de fonctionnement et leur adéquation, représentent La mesure en électricité industrielle, de grande diversité en réseaux circonscrits.

1.3 – Avant-propos.

Le but du présent texte est l’exposé des techniques des protections électriques, considérant tout particulièrement les mesures qu’elles mettent en œuvre, ceci dans une optique «Utilisateurs».

Il commence par trois chapitres préparatifs, «Introduction», «Aperçus», et «TR mesures», avec éléments sur matériels coopérants (surtout disjoncteurs), et environnement d’installations.

Ensuite, jusqu’en «Protections différentielles», sont développées les situations de défaut et motivations de protection, associées chacune avec les moyens et concepts de mesure avancés ; ces moyens de mesure sont décrits en plusieurs générations techniques, avec le concours d’une conséquente bibliographie d’»épopée», ce qui est un apport déterminant pour la constitution d’une culture consistante, et avec un résumé de caractéristiques technologiques justement importantes (plages de mesure et réglage seuils).

Les théories y sont limitées à la justification initiale, mais il est insisté sur les schématiques, ... abondamment compliquées par l’usage de câbles.

D’autre part, cet ensemble s’occupe d’abord des mesures «d’amplitude» – les plus nombreuses en effectifs et heureusement les plus abordables pour un lecteur non (déjà) spécialiste, puis doit bien traiter aussi les mesures à deux entrées, qui rajoutent une dépendance de phase.

Puis deux chapitres «Insertion», comme leur nom le suggère, précisent les conditions dans lesquelles les voies de mesure peuvent – et doivent – être alimentées pour fonctionner correctement, ce qui établit une liaison avec l’installation ; y est reprise la distinction «HOMOPOLAIRE» – «PHASE», mise en évidence dans la partie amplitude, non seulement pour des raisons de compréhension, mais aussi parce qu’une telle dichotomie existe réellement dans les installations du présent texte.

Enfin, la partie «Essais» reprend la progression des instructions de la partie connaissance du matériel, càd. depuis les savoir-faire d’utilisation générale vers ceux particuliers, mais évidemment conditionnée par des compléments pratiques.

L’ouvrage est divisé en chapitres (titres à un chiffre), eux-mêmes subdivisés en articles (titres à deux chiffres), quelques fois avec sous-titres. L’expression «présent texte» concerne tout l’ouvrage, et le mot «texte» seulement un chapitre. La sélectivité, propriété qui met de l’ordre parmi les bruts de détection, reçoit un chapitre séparé, pour éviter à l’ensemble une numérotation à trois chiffres. Les références sont regroupées en fin des chapitres.

Il devrait être destiné à des praticiens désirant diversifier leurs connaissances, ou préparer une évolution, ceci en tous milieux (installateurs – contrôleurs – concepteurs – exploitants), et même à des professionnels voulant revivre leur expérience, et, évidemment, à tout étudiant dans un but de spécialisation.

Par les transferts d’expérience qu’il procurera, il les assistera tous dans l’interprétation de tout événement réel, ou sujet d’intérêt, ou application, ou même y motivera un questionnement inattendu, dont toute concrétisation finale évidemment s’effectuera sous souveraineté Utilisateur. Et au-delà, il constituerait tremplin pour aborder traités encyclopédiques (ELECTRICITY COUNCIL Power system protection – en 3 tomes).

Références de chapitre.

1 – LAFFAYE H. et al. – Ouverture du marché européen de l’électricité . REE déc. 2001.

2 – LAFAILLE D. – Les microgrids d’hier et d’aujourd’hui. REE 3 –2017 p. 88.

3 – Arrêté du 17 mai 2001 – LES EDITIONS DES JOURNAUX OFFICIELS. Energie électrique – Conditions techniques de distribution. Définition réglementaire des domaines de tension ; p. 11.

4 – leurs dimensions sont telles que s’y développent des mécanismes ne permettant plus leur réduction en un point :

FRÖLICH K. – Phénomènes dans les installations blindées HT isolées au gaz. Revue ABB 6/91.

LUI C.Y. et al. – Fast transients in GIS – IEE C 1994 p. 485.

KÖLPIN T. et al. – Abbranderscheinungen an Einsäulentrennschaltgeräten in Hochspannungsnetzen beim Schalten kommutierender Str√me – ETZ A 1983 p. 125.

5 – FRIEDBERGER J. – Centrales thermiques. LTM n° spécial avril 1963 ; BRAZZINI R. et al. p 18 ; CARTAL C. p 45.

6 – RATKOVSZKY F.v. – Dispositifs de protection pour transformateurs – E.u.M. 1.07.1928 p. 729, en RGE 3.11.1928 p. 685.

7 – Un petit frémissement se produit pour des mesures de températures, nécessaires ou pertinentes dans certains cas de protection :

CGE – LABORATOIRES DE MARCOUSSIS. Capteur multipoints à fibre optique pour la mesure de température dans les alternateurs. Déc. 1989.

«Thermomètres répartis» à effet RAMAN, Bull. Union Phys. – n° 889 déc. 2006 ;

FERDINANT P. – Thermomètres à fibres optiques – Les TI § R 2800 ;

FECED R. et al. – Advances in high resolution distributed temperature sensing – IEE Opto. 1997 p. 183 ;

Documentation OPTOPRIM pour transformateurs, REE déc. 2000 p. 20.

KLUTH R. et al. – Application of Temperature Sensing to Subsea Câble Technology – REE 2007 n° 11 ;

WERNECK M.M. – Calibration and operation of a fibre Bragg grating (FBG) temperature sensing system in grid-connected hydrogenerator. IET (IEE A) 2013 p. 59. Décrit la «première utilisation d’un FGB sur un groupe en opération».

8 – FALLOU J. – La protection sélective des réseaux contre les courts-circuits au moyen de courants HF superposés, 500 – 1000 Hz. Bull. SFE 1931 p. 956, 1932 p. 787 (les systèmes à courants porteurs ne servent depuis qu’en télécommunication et télécommande tarifaire ; emploi récent entrevu en conclusions).

CAHEN F. – Résumé des techniques et Fournisseurs en Bull. SFE 1946 p. 303.

CHEVALLIER A. – Protection phasemétrique par courants porteurs pour lignes HT – Bull. SFE 1946 p. 305.

9 – existait en tant que «court-circuit-mètre» à clipper sur les barres – pour suivre le parcours du courant. VILLIERS M. – Ampèremètres de barres et court-circuit-mètres – Bull. SFE 1930 p. 689.

10 – VEDOVELLI E. – Appareillage HT et BT – Bull. SFE 1907 p. 501.

11 – FALLOU J. – Relais différentiels et relais de surintensité à action directe pour la protection de transformateurs. LTM 1937 p. 184.

12 – BENDMANN P. – Betriebsregulierung von Leistungsnetzen durch Maximal-Zeitrelais – ETZ 1914 p. 845.

2 – APERÇUS DE TECHNOLOGIE ET DE CONSTRUCTION.

Le but est de faire connaissance extérieurement avec les matériels d’installation et d’y faire reconnaître le relayage de protection.

2.1 – Les relayages de protection – Relais indirects.

1ère «génération» – jusque 1930.

Ce sont des appareils réalisant «en miniature» la physique des phénomènes (cas échauffement), ou transposant en utilisation industrielle des instruments déjà connus de laboratoire ou d’outillage, et reconnus comme mesurant la grandeur d’intérêt : pratiquement des ampèremètres, galvanomètres, wattmètres électrodynamiques, etc ..., à contacts, et alimentés par transformateurs de mesure.

En ces débuts il y a une grande inventivité, avec innombrables dépôts de brevets même par des particuliers, qui sont décrits avec tous les détails dans la littérature de l’époque.

2e «génération» – 1930 – 1960.

Les techniques thermiques et électromécaniques sont conservées avec mise au point provenante d’approches plus théoriques de leurs fonctionnements (tirées par les besoins en compteurs d’énergie), et apports de la théorie des circuits : on s’efforce notamment de baser la reconnaissance de certains défauts sur des dispositifs utilisant les «composantes symétriques». Il y a évidemment fabrication – assemblage – mise au point individuels pour tous les appareils.

De grands efforts sont apportés à la technologie :

partout les composants sont «largement dimensionnés» (pour éviter leur fatigue). Pour les contacts de mesure on ne lésine pas dans l’emploi de l’or, voire du platine ; balances, pivots, etc ..., en saphir ; contacts de mesure happés par aimantation pour éviter rebondissements («micromécanique»),

présentation recherchée, boîtiers étanches, commodité des connexions – possibilité de débrocher sans couper le circuit courant ; adaptation des plages de réglage aux désirs des Exploitants ;

les appareils sont gradués en «valeurs appareil», ce qui correspond aux TR de mesure qui auront à les alimenter en «valeurs secondaires» (on ne gradue plus en valeurs primaires – comme pour les relais directs) ;

les moyens de sortie des appareils sont des signalisations propres («voyants mécaniques»), et des contacts libres («contacts secs»), pour la télécommande de leurs ACTION.

Ressortent deux caractéristiques générales, observant rétrospectivement :

la fonction des appareils y est marquée in extenso, par ex. «RELAIS A MAXI DE COURANT» ; le schéma des raccordements est sérigraphié sur le boîtier, et le plus souvent aussi le schéma de construction, courbes caractéristiques (en plus de toutes les identifications nominales) ; dans les notices Fabricants sont décrits les moindres détails du fonctionnement,

il faut un appareil, soit un élément , pour chaque fonction, càd. pour chaque grandeur et pour chaque phase ; il y a assemblage en boîtier seulement pour éléments de même fonction à plages de réglage différentes ; donc pour une certaine extension de composition on a rapidement un équipement encombrant ;

Font leur apparition l’emploi de relais TOR («tout-ou-rien») dans le boîtier de l’appareil, pour reprendre les contacts de mesure (précédemment ces contacts télécommandaient directement) :

A gauche «Relais à courant max. sélectif» (CdC) – RGE août 1927 p. 233.

A droite «Relais de puissance inverse» (CdC) – Bull. SFE 1928 p. 839.

Fig. 2.1 – Exemples de relais 1ère – 2e générations.

Pour les besoins les plus fréquemment rencontrés ont quand même été conçues des combinaisons de spécification particulière, par ex. MAXI I PHASE + MAXI ECHAUFFEMENT (pour moteurs), ou MAXI I PHASE + MAXI I TERRE (en réponse à exigence administrative pour postes de livraison). Certaines constructions encore plus complètes pour moteurs par ex. (+ DESEQUILIBRE, etc ...) ont circulé, prenant moins de place qu’un assemblage équivalent en boîtiers individuels, et avec exigences lourdes en performances TI.

3e «génération» – 1960 – 1990.

On voit ici l’arrivée de l’électronique analogique, à semi-conducteurs discrets seulement («relais statiques»). Non seulement tous les principes de mesure électromécaniques ont pu recevoir un pendant électronique, le principe de départ a pu être perfectionné (dérivation pour éliminer les composantes apériodiques) (1).

Mais, alors qu’en électromécanique il a été relativement «facile» de repérer le franchissement d’un seuil, qui est une rupture d’équilibre entre un «élément moteur» (le dispositif de mesure) et un «élément antagoniste» (au départ un poids, puis souvent un ressort de rappel réglable, ou un second élément mesurant), le moyen de comparaison «tout nu» de l’électronique ne convenait pas : il aurait répondu aux passages à zéro du signal alternatif ; cette question a dû être traitée par un «algorithme» plus élaboré (§ 6.3).

Cela n’a pas affecté leur développement, avec de nombreux avantages. On a pu profiter de «troncs communs» permettant l’utilisation d’un seul élément de mesure pour plusieurs phases ou plusieurs seuils, pour une même fonction. Il en résulte une double origine de baisse des besoins en puissance de TI, et, évidemment, des appareils plus petits.

Les réglages de seuils et temps peuvent mobiliser plusieurs touches en face avant, au point qu’une formule de calcul ou un tableau de correspondance est gravé à côté. Le réglage est alors encore matérialisé (comme en électromécanique), et authentifié par plombage de la vitre de la face avant.

Dans certaines fabrications l’allégement a été poussé très à l’économie : il faut un voltmètre extérieur raccordé à des points-test pour réaliser un réglage.

Plusieurs éléments de même fonction peuvent se trouver dans le même boîtier, ou fonctions d’une protection composée, avec une tendance à en prévoir le maximum qui pourrait être nécessaire : pour ne pas gêner celles alors non utilisées doivent être neutralisées, ce pour quoi chaque Fabricant a son procédé : réglages «HS – ∞ – ON-OFF» (HS ne signifie pas hors d’état de service !).

Mais pour des fonctions de nature différente il faut des boîtiers séparés, réunis si besoin en «ensembles précâblés» : la mise en tableau se dispense d’interconnexions (exemple-type : «protection de découplage», pour producteurs autonomes).

De plus en plus cette génération d’appareils est équipée d’un dispositif d’essai interne («auto-diagnostic») – utilisable en marche réelle, mais sans provoquer d’ACTION.

Selon marques, les signalisations propres sont électriques (voyants lumineux), ou conservation des signalisations mécaniques type 2e génération : elles ne sont pas perdues sur panne subséquente d’alimentation auxiliaire !

Ces signalisations ne retiennent pas la chronologie des événements, lorsque plusieurs seuils, plusieurs protections, plusieurs cellules, etc ..., plusieurs postes, sont concernés. S’il le faut, l’installation doit posséder un «consignateur d’états», possédant une résolution de 1/100e de seconde. Actuellement il en existe qui scrutent au 1/1000e de seconde, enregistrant une pléthore d’événements qui en rend l’analyse plutôt inextricable !

Par contre sont abandonnés les marquages de dénominations détaillées, à la place desquelles il ne reste plus qu’un acronyme avec numéro de type , peu instructif pour les non connaisseurs, ainsi que les sérigraphies de schémas ; les notices Fabricants s’y limitent à des schémas bloc et de raccordement, en plus des instructions Usagers.

Pour autant que des «communications» paraissent encore dans les littératures spécialisées, en disparaissent les descriptions et les analyses minutieuses de leur constitution, quasi systématiques jusque dans les années 1930.

Les appareils ne sont jamais construits d’avance ; mais leur plus grande part est montée sur circuits imprimés, ce qui implique une fabrication de série partielle. Techniquement il n’y a plus de mécanisme fragile, et l’étalonnage peut être facilité par la conception des circuits.

Enfin, jusqu’en cette troisième génération, un relayage logique est le plus souvent nécessaire autour du relayage de mesure («programmation câblée»), lorsque de nombreuses informations TOR sont à saisir, à traiter, et à distribuer dans l’installation : l’automatisation des installations a progressé en même temps.

4e «génération» – à partir de 1990.

Il y a avancée irrésistible de l’électronique numérique («microprocesseurs») ; elle s’accompagne d’une concentration, déjà amorcée en 3e génération, dans l’industrie des Fabricants, les «plus en vue» ayant tous ce type de matériel dans leur catalogue. Les appareils ont maintenant toute la consistance d’une centrale de mesure, le plus souvent d’ailleurs remplissant le rôle subsidiaire d’indicateur numérique de tableau !

A l’entrée de l’appareil les grandeurs analogiques venant des TR de mesure (3U, 3+1 I) sont conditionnées pour traitement électronique, sont échantillonnées, éventuellement filtrées (harmoniques, composantes apériodiques), et formatées pour traitements ultérieurs (2), notamment calculs, alors numériques (Ch. 11 et 12).

Donc, on peut dire que l’»élément de mesure» est virtuel, une séquence de programme : il ne faut plus du tout un boîtier pour chaque fonction ; la composition ne dépendra plus que du volume de mémoire disponible, par ex. jusqu’à trois seuils indépendants pour chaque fonction (sans qu’il s’agisse de redondance), parmi lesquels certains ne seront pas utilisés localement : la notice Fabricant est épaisse en conséquence ... sans détails techniques !

La spécificité des fonctions de mesure (PHASE, TERRE, THERMIQUE, RETOUR P, etc...), reste indispensable.

Le réglage des seuils, temporisations, et autres utilités, s’effectue par «paramètrage», ce qui est un complément de programmation laissé à la discrétion de l’Usager (la trame de base en fonctions de mesures ne peut jamais être modifiée ou complétée).

Le paramètrage se réalise sur clavier incorporé, ou à l’aide d’une console amovible, dimension calculette, ou d’un ordinateur, et consiste en «menus déroulants». Les instructions numériques peuvent être détaillées par incréments égaux sur toute la plage de réglage, en face de l’énoncé de la nature de la fonction, indiquée en clair ou non ; le plus souvent on rentre aussi les rapports des TR de mesure, et l’appareil précalcule alors les seuils en «valeurs primaires» (ce qui est un retour en arrière immatériel) – refusant toute entrée «hors cadre» ; le type de temporisation (constante, dépendante, logique) peut être choisi à volonté (en générations précédentes il faut rigidement le type correspondant).

Le paramètrage ne peut être opéré que sous réserve d’un mot de passe ou équivalent, et un geste de validation est indispensable pour acceptation finale de chaque instruction.

(Toutefois certains modèles de cette génération ont conservé des affichages matérialisés quasi numériques des réglages avec plombage).

La fenêtre d’affichage (alphanumérique – LED, cristaux liquides, etc ...), pouvant donner de vrais messages, indique prioritairement les signalisations de défauts, sinon soit les paramètres de réglage (appareils avec clavier), ou les mesures momentanées, ces dernières étant les seules données qu’on peut encore faire défiler «librement» – une mesure de base s’installe au repos. Les réglages ne sont plus visibles sans procédure. Les appareils à conformer par ordinateur peuvent n’avoir que quelques LED sur eux-mêmes.

La plupart des modèles disposent d’une facilité interne, ou d’un périphérique, qui se charge de toute la logique de la cellule, ou de la tranche logique programmée» sur «EPROM») ; contrairement à la trame de base fonctions cette programmation est libre selon les besoins de l’installation.

Il en est de même pour la communication ou échanges avec un point central de l’installation électrique, ou avec le «process». Donc pour ces compléments il ne faut plus une armoire bourrée de relayage logique TOR.

Les appareils les plus perfectionnés sont encore équipés de télérelevés de leurs réglages, ou même de leur téléréglage (mais pas – encore – de réglages «auto-adaptifs»), et d’enregistreurs internes des «maximum subis» (pour leur propre garantie – non effaçable par l’Usager), et de moyens de suivi des séquences d’ouverture des disjoncteurs et de comptabilité de l’usure de leurs pôles, et ultimement pour surveillance par «perturbographie».

L’»oscilloperturbographie» est la forme la plus achevée d’enregistrement. Elle relève non seulement des suites d’états logiques (par ex. de disjoncteurs), mais encore plusieurs voies analogiques de courants et tensions instantanés, et avec une mémoire lui permettant de ne rien perdre du début d’un événement (3).

Technologie générale.

Les fabrications de ces relais répondent depuis longtemps à de nombreuses normalisations : limites en surcharge de mesure, en tenue en court-circuit, en précision, limites en performances des contacts de sortie, limites CEM, tenue d’isolement, limites en tensions d’alimentation, en température de fonctionnement, etc ... (4).

Concernant les limites de tenue en surcharge et en court-circuit les relais supportent évidemment leur propre essai à concurrence de leurs spécifications individuelles. Il n’en découle pas leur pérennité à la suite de tous les défauts possibles dans une installation, et ce sera la coordination de leurs caractéristiques avec leurs conditions d’insertion et l’ensemble du plan de protection qui doivent permettre que, côté mesure, ils soient protégés eux-mêmes !

Toutes les générations de relais, au moins à partir de la seconde, sont représentées dans les installations du présent texte, selon l’époque de leur construction et les rénovations postérieures. Il n’y a d’ailleurs pas de frontière tranchée entre elles.

Quelques compléments technologiques de 1ère et 2e générations seront rassemblés à l’occasion de leur revue dans la suite.

2.2 – Appareillage de puissance.

Il effectue toutes les commutations sur circuits de puissance. Il comprendra plusieurs types d’instruments qui se distinguent avant tout par leur «pouvoir de coupure» (Pc) ; cette grandeur est exprimée en kA ; elle n ‘est obtenue que pour la tension nominale de l’appareil ; à fréquence nominale, ce qui fait qu’elle peut être exprimée en MVA (Pc en I x Un en kV), voire en GVA (tensions x courants extrêmes) ;

à fréquence nominale, car l‘interruption d’un courant alternatif repose totalement sur ses passages à zéro naturels, où est imposée l’extinction de son arc («désionisation»).

Le In de l’appareil, en A eff. (intensité nominale) définit sa tenue thermique, une deuxième (ou première ex æquo) caractéristique essentielle.

Ils sont toujours «omnipolaires» (un pôle sur tous les fils de puissance).

Le disjoncteur.

C’est l’appareil par excellence sur lequel agit une protection. Puisqu’il est censé pouvoir couper un courant de court-circuit il est essentiel que son Pc soit supérieur à la «puissance de court-circuit» (Scc) de l’installation à l’emplacement considéré (qui peut le plus peut le moins, il sert aussi – et le plus fréquemment – aux manoeuvres d’exploitation ordinaire de son emplacement).

La Scc se calcule comme le Pc.

Malgré son absolue nécessité, avec ses indispensables performances – le risque énorme d’explosion sur tentative de coupure avec un Pc insuffisant a été connu très tôt – le disjoncteur a dû longtemps lutter contre les contraintes économiques :

«il n’est pas toujours possible, au point de vue économique, d’installer un disjoncteur si grand qu’il soit capable de couper la puissance», «si l’on voulait se couvrir avec certitude dans tous les cas de circonstances défavorables les disjoncteurs deviendraient irréalisables économiquement» (5) ;

«on aurait pu construire un appareil essentiellement mécanique pouvant fonctionner très rapidement les rares fois où il aurait à le faire, sinon passif la plus grande part du temps» (6).

Les tous premiers appareils de coupure, appelés «interrupteurs», étaient à commande manuelle directe des contacts de puissance, même pas à rupture brusque (une qualité déterminante pour le Pc). Pour protection sur circuits de Scc croissante ce dispositif ne convenait déjà pas par son Pc. Puis sont venus des «disjoncteurs» (appelés interrupteurs longtemps encore – et actuellement encore en allemand, «Lastschalter», soit «inter de puissance») à rupture brusque par un mécanisme «à accumulation d’énergie» (ressorts). Pour les premiers on a fait appel à la coupure dans l’huile minérale :

Fig. 2.2 – Disjoncteurs à coupure dans l’huile ;

à gauche principe général ; au milieu appareil décuvé (HTA) ; RGE sept. 1923 p. 405,

à droite modèle avec coupure dans «chambres d’explosion» (HTB) ; RGE juin 1926 p. 937.

Cet appareil, dit «à bain d’huile», ou même «à volume normal d’huile», ou «à coupure libre», les contacts étant plongés dans une cuve (trois cuves en HTB), a été progressivement amélioré, en dernier lieu en enfermant la région de coupure dans un pot dit «chambre d’explosion», dans laquelle on se sert des remous de l’huile pour produire un balayage complémentaire de l’arc de coupure, ce qui améliore le Pc. «Du fait de son grand volume la pollution de l’huile y est insignifiante» (7).

Ainsi il a fait face à tous les besoins jusqu’au début des années 1940. A cette époque on cherchait encore à le «rénover». S’il a quand même été délaissé, c’était moins en raison de ses performances techniques – suffisantes pour l’époque, le risque d’incendie assumé, qu’à cause de la pénurie d’huile : il en fallait 50 tonnes pour un appareil tri. 220 kV (8) !

Puis opportunément on s’est aperçus que les coupures pouvaient se réaliser avec les chambres d’explosion seules, enfermées dans des enveloppes en porcelaine dans lesquelles des dispositifs actifs dirigent les jets d’huile, enveloppes considérablement plus petites que les cuves précédentes, mais qui doivent supporter les surpressions développées par l’éclatement des arcs : on a abouti aux disjoncteurs «à petit volume d’huile», avec éléments toujours unipolaires. Cette technique s’est développée jusque dans les années 1980 :

Fig. 2.3 – Disjoncteur tripolaire HTB sur chariot, avec TI (débrochable) – LTM 1958 n° 10 ; profil d’un pôle de disjoncteur fixe HTB et son armoire de commande pour ensemble tripolaire – noter la protection contre contacts directs par surélévation ; disjoncteur tripolaire HTA (débrochable) avec relais directs – LTM 1959 n° 5.

Par la suite des techniques de coupure dans d’autres milieux ont été développées : dans l’eau (mais oui !), par air comprimé (attention !, appareils nécessitant des compresseurs, des ballons de réserve, des sécheurs d’air, conduites et robinetterie,...et des épreuves décennales de l’Administration des «récipients sous pression», càd. indisponibilité programmée), dans l’air à pression atmosphérique («disjoncteurs secs» et «autopneumatiques»), dans le vide (uniquement en HTA – propension à «l’arrachage de courant») (9), et finalement dans le SF6. Cette dernière technique s’est imposée actuellement, et il n’y faut qu’une faible pression de gaz, dont le maintien est surveillé par manostat. Mais on dit maintenant qu’il s’agit d’un «puissant gaz à effet de serre», et ses produits de décomposition sont soupçonnés de toxicité (10).

Il y a toujours éléments unipolaires, ou au moins cloisons isolantes entre phases.

Mais la science et la technique de la coupure des courants, restreints au sens séparation de contacts métalliques – la seule à entrer vraiment en lice, est un monde à elle toute seule (11). Elle ne sera pas détaillée plus avant dans le présent texte, sauf un passage sur fusibles.

Il sera juste noté les conditions particulières de coupure, entrant dans les spécifications :

défaut «kilométrique» – le plus court temps de montée de la «tension transitoire de rétablissement» (TTR), constatée sur l’»intervalle de coupure»,

coupure de selfs ou de TR à vide – courants faibles, lorsque l’énergie de l’arc devrait contribuer au mécanisme de coupure, et «défaut évolutif»,

tenue sous U composée, ou en opposition – lors de conduite vers synchronisme, «spécial condensateurs» – problèmes de «réamorçages» (§ 13.2),

«court-circuit aux bornes» – Icc max., y compris subtransitoire «sur asymétrie maximale», si protection assez rapide (§ 11.1).

En général le nombre de coupures à plein Pc est limité : il peut y avoir nécessité d’entretien des pôles.

Du point de vue logique il faut savoir que le disjoncteur est un appareil bistable, recevant des commandes distinctes pour la fermeture et pour l’ouverture. Pour la commande d’ouverture deux signes de logique sont disponibles (§ 1.2), de «choix» souvent imposé, et dont pour le cas logique à émission, la bobine correspondante est de très forte consommation (nécessite un «relais intermédiaire» – TOR), et doit être commandée par impulsion courte, sous peine d’être «grillée» (en commutation normale le mécanisme du disjoncteur coupe lui-même la bobine par un «interlock», manoeuvre terminée).

Un disjoncteur ne peut être fermé que s’il dispose d’une réserve d’énergie suffisante pour pouvoir être rouvert, donc sous remontage terminé de ses ressorts, regonflage de ses ballons en air comprimé, ou des accumulateurs en commande hydraulique, exigence qui est concrétisée par ses «cycles O – F – O» sans remontage, de construction.

Sont à observer enfin ses limites de température ambiante (viscosité huile, liquéfaction SF6), et même l’altitude d’installation.

Les autres formes d’appareillage de puissance sont :

L’interrupteur.

Un appareil qui peut couper à hauteur de son In thermique, qui sera aussi son Pc. Ce In ne peut être inférieur aux courants de fonctionnement normaux attendus en son point d’installation, critère à appliquer à tout appareil. Il peut donc servir à toute manoeuvre d’exploitation nécessaire, mise en configuration, commande de machine, mais ne devrait pas être chargé d’une coupure de court-circuit – tout en devant pouvoir le transiter.

Le contacteur.

Au point de vue Pc identique à l’interrupteur, prévu spécialement pour des commutations fréquentes, donc surtout pour la commande de moteurs.

Conçu initialement comme appareil monostable, à ordre de fermeture permanent (une bobine TOR de commande) ; il l’est resté en BT. Les contacteurs HT et pour courants très élevés BT peuvent avoir un système d’accrochage de la position fermée (§ 9.2) ; en HT il en existent maintenant à coupure dans le SF6 , qui ont un Pc supérieur à leur In, mais tout de même associés à des fusibles auxquels revient la coupure du COURT-CIRCUIT. La coupure de la SURCHARGE lui restant – avec réserves en relation avec fusibles (§ 6.2).

Le sectionneur.

Est un appareil qui n’a pas de pouvoir de coupure, sauf spécification de celui nécessaire à la commutation de jdB (courant capacitif faible), ou de charges faibles (TR de mesure) ; il sert alors à disposer le schéma d’une installation («aiguillage»).

II en existe des modèles «à rupture brusque», ou «fermeture brusque» – pas les deux à la fois, commutation toujours dans l’air – qui permettent des manoeuvres plus puissantes, mais expressément qualifiées.

MASSON a décrit dans ce but des sectionneurs HTA «à soufflage d’arc», et à l’opposé des sectionneurs «à verrouillage magnétique» (12) (ne se rencontrent guère).

Le sectionneur remplit aussi un rôle de sécurité lorsqu’il réalise des «coupures visibles» de ligne, les seules autorisant des travaux

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