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La nuit de la lune pourpre

La nuit de la lune pourpre

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La nuit de la lune pourpre

Longueur:
284 pages
3 heures
Éditeur:
Sortie:
20 mai 2021
ISBN:
9781071514498
Format:
Livre

Description

L'épidémie frappe à la puberté

Abby Leigh a hâte de voir la lune devenir pourpre. Depuis des mois, les astronomes prédisent que la Terre traversera la queue d'une comète. On dit que les gens profiteront de couchers de soleil colorés et, mieux encore, d'une lune pourpre.

Mais personne n'avait prédit l'épidémie fulgurante qui balaie la planète durant la nuit de la lune pourpre. La comète apporte avec elle de la poussière contenant des germes qui attaquent les hormones humaines. Les adultes comme les adolescents les plus âgés décèdent dans les quelques heures qui suivent l'exposition.

Sur une petite île au large des côtes du Maine, Abby doit aider son frère et sa petite sœur à survivre dans ce nouveau monde. Pendant ce temps, l'aube de son adolescence cache une bombe à retardement.

Éditeur:
Sortie:
20 mai 2021
ISBN:
9781071514498
Format:
Livre

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La nuit de la lune pourpre - Scott Cramer

La Nuit de la lune pourpre

Trilogie Toucan volume 1

par Scott Cramer

Traduction Nicolas Gambardella

Table des matières

​ PREMIER JOUR – LA COMÈTE...........4

​ DEUXIÈME JOUR – APPELLE LES URGENCES......14

​ TROISIÈME JOUR – DES NOUVELLES DE L’EXTÉRIEUR......46

​ QUATRIÈME JOUR – Y A-T-IL DES SURVIVANTS ?......89

​ DEUXIÈME MOIS – DES ÉTRANGERS DÉBARQUENT......107

​ TROISIÈME MOIS – UN BAISER........136

​ QUATRIÈME MOIS – QUATRE ANNIVERSAIRES......145

​ CINQUIÈME MOIS – TROUBLE À LA FERME157

​ SIXIÈME MOIS – DEUX ENTERREMENTS167

​ SEPTIÈME MOIS – PILE À L’HEURE !...170

​ HUITIÈME MOIS – PERDUS............184

​ NEUVIÈME MOIS – RAPPORT DE PERTES206

​ DIXIÈME MOIS – BAISER FINAL.......210

​ UN AN – NOUVEAU PLAN.............222

​ ENCORE SEPT JOURS.................231

​ ENCORE SIX JOURS...................238

​ ENCORE CINQ JOURS.................247

​ ENCORE QUATRE JOURS..............260

​ ENCORE TROIS JOURS................275

​ ENCORE DEUX JOURS................290

​ DERNIER JOUR.......................306

​ DERNIÈRES HEURES..................318

​ REMERCIEMENTS....................324

PREMIER JOUR – LA COMÈTE

Un épais brouillard apparut et engloutit Abby. Incapable de distinguer sa main tendue, elle serra la mâchoire pour ne pas claquer des dents. Homichlophobie – la peur du brouillard. Des millions de personnes étaient atteintes de la phobie, mais combien d’entre elles vivaient dans la capitale universelle du brouillard ?

« Abby. »

La voix de son père semblait lointaine. Il était à côté d’elle un instant plus tôt. Elle chercha à l’attraper mais n’agrippa que l’air humide. Un frisson la parcourut et elle commença à agiter les bras.

Une main appuya sur son épaule. « Hé, la marmotte. »

Abby ouvrit les paupières et cligna des yeux face à la silhouette, grande et mince avec une tignasse de cheveux bruns frisés. « Papa !

 Tu nageais quelque part ?

 Oui, à Cambridge. » Abby avait toujours trouvé un moyen de faire sentir à son père ce qu’elle pensait du déménagement de la ville du Massachusetts où elle avait grandi – où ses amis vivaient encore – vers une petite île située à une vingtaine de kilomètres de la côte du Maine. Elle rendait aussi sa mère un peu responsable, pour avoir supporté l’idée folle de s’installer ici.

« C’est le grand soir ! Annonça-t-il avec une lueur dans les yeux avant de réveiller son frère Jordan, âgé de 12 ans.

 Une lune pourpre ? S’exclama-t-elle. J’y croirai lorsque je la verrai. »

Abby s’assit dans son lit, toujours troublée par son rêve. À ce moment précis, la longue sonnerie d’une corne de brume signala l’arrivée du ferry de 7 heures, en provenance du continent. Elle devait se dépêcher pour occuper la douche en premier.

Elle entra dans le couloir au même moment que Jordan et ils coururent vers la salle de bain. Elle se glissa à l’intérieur la première, mais il empêcha la porte de se fermer. Chacun poussa de toutes ses forces. Abby, plus âgée d’un an et plus forte que son frère, claqua la porte et la verrouilla.

« Allez, dit-il en frappant. Je veux prendre une douche.

 Moi aussi !

 Garde-moi de l’eau chaude !

 Peux-tu dire s’il te plaît ? »

Il continua à frapper.

Abby écarta les chaussettes et les sous-vêtements sales que Jordan avait laissés par terre et ouvrit le robinet. Elle se plaça sous le jet chaud et soupira. L’attente jusqu’à dimanche, dans deux jours, lui semblait une éternité. Abby allait passer les vacances de printemps avec sa mère à Cambridge. Pour la première fois depuis son arrivée sur l’île de Castine, il y avait trois mois de ça, elle reverrait sa meilleure amie, Mel.

Quand Abby sortit de la salle de bain, elle trouva Jordan campé dans le couloir. Il la bouscula en entrant. « Débile, dit-il, tu as intérêt à ce qu’il y ait encore de l’eau chaude.

 Grandis ! Répondit-elle, et ramasse tes affaires sales ! »

Plus tard, Abby posa son sac à dos sur le sol de la cuisine, prête pour le petit-déjeuner. Toucan, sa sœur âgée de deux ans, était assise dans sa chaise haute, le sourire jusqu’aux oreilles, et mangeait des Cheerios en babillant. « Abby, Comet, Cheeries. »

Abby lui plaqua un bisou sur le visage. « Bonjour, Touk. »

Son père était en train de laver la vaisselle entassée dans l’évier – ce qu’il appelait Nettoyage Intense. En prévision de l’arrivée de sa femme le samedi, il commençait toujours à ranger la maison la veille.

Abby se prépara un bol de céréales et regarda le journal. La page de couverture présentait une large image de la comète Rudenko-Kasparov, nommée d’après les deux chasseurs de comètes amateurs qui l’avaient aperçue pour la première fois dans le flou de la constellation d’Andromède. Le titre proclamait : PRÉPAREZ VOS BALAYETTES. C’était une blague – personne ne balayerait la poussière de comète. En revanche, les astronomes avaient prédit qu’après que la Terre soit entrée dans la queue de la comète pour la première fois ce soir, il y aurait des semaines de levers et de couchers de soleil colorés et, mieux encore, une lune pourpre.

Tout le monde n’attendait pas la comète avec impatience. Les adeptes d’une secte croyaient que son arrivée marquait la fin du monde et se cachaient dans une grotte, comme si un trou dans le sol pouvait offrir une quelconque protection.

Abby ne s’inquiétait pas de la fin du monde, même si elle était plutôt curieuse de connaître l’odeur de la poussière de comète.

* * *

À l’école, M. Emerson, le professeur de cinquième d’Abby, annonça à la classe qu’il avait une histoire à propos des d’hippopotames en Afrique. « Il y a un rapport avec la comète ! » S’exclama-t-il, l’air ravi. Il parlait avec enthousiasme de la comète depuis des mois.

Plusieurs de ses camarades levèrent les yeux au ciel. Toby Jones souffla dans ses mains et produisit un gros bruit. « L’hippopotame a pété », cria-t-il.

Toby, le clown de la classe, avait encore un œil au beurre noir aujourd’hui. Depuis janvier, il s’était présenté deux autres fois comme si on l’avait frappé. Ses copains, Chad et Glen, rirent de la blague boiteuse.

Abby et le reste de la classe, quatre en tout et pour tout, gardèrent un silence de pierre.

M. Emerson lança un regard furieux à Toby. Il ne pouvait pas l’envoyer chez le directeur, puisqu’il était lui-même le directeur de la petite école Parker, qui desservait les élèves du CP à la troisième (les lycéens devaient prendre le ferry pour Portland). Il fit ce qu’il faisait si souvent, à savoir ignorer les idioties de Toby.

« Chaque jour, des hippopotames sortaient de la jungle pour boire dans une mare près d’un village, commença M. Emerson. Le village était situé là depuis des centaines d’années. Un jour, une équipe de médecins est arrivée pour ouvrir une clinique. Un médecin dit aux villageois qu’il fallait tuer tous les hippopotames, car ils risquaient d’introduire des bactéries dans l’étang. Les villageois firent ce que le médecin avait demandé. La saison des pluies suivante, l’étang déborda et emporta toutes leurs cabanes. »

Sur le tableau blanc, M. Emerson dessina des traces d’hippopotames menant de la jungle à l’étang. « Les hippopotames creusaient des traces profondes. Quand il pleuvait, l’eau débordait et dévalait le long de ce chemin vers la jungle. Quand il n’y eut plus de traces, regardez ce qui s’est passé.

 Quel est le rapport avec la comète ? Demanda Derek Ladd (Le père de Derek était le chef de la police).

 Quand on interfère avec l’ordre naturel des choses, répondit M. Emerson, on ne sait jamais ce qui va arriver. Ce soir, nous entrons dans la queue de la comète. La pollution a endommagé l’atmosphère. Par conséquent, nous allons tous respirer un peu de poussière de comète demain. Comment cela va-t-il nous affecter ? Il haussa les épaules. Nul ne le sait. »

Kevin Patel leva la main. C’était le voisin d’Abby et il levait souvent la main.

« J’ai entendu dire que les astronautes de la Station spatiale internationale allaient analyser la poussière pour chercher des signes de vie.

 C’est vrai, Kevin, déclara M. Emerson. Certains scientifiques pensent que les blocs élémentaires de la vie sont venus de l’espace il y a des millions d’années. »

Zoé Mullen inspira brusquement. « Ce ne sera pas dangereux de respirer la poussière de comète ? Je veux dire, et s’il y a quelque chose de vivant dedans ? »

Abby s’efforça de ne pas regarder les bras et les jambes de Zoé. Ils lui rappelaient des cure-dents.

« Je suis sûr que tout ira bien, déclara M. Emerson.

 Cache-toi dans une grotte », plaisanta Ryan Foster. Ryan, le seul roux de l’école Parker à part Abby, était assis devant elle.

Toby imita encore un pet bruyant. « L’hippopotame empuantit la grotte ! » Lâcha-t-il.

M. Emerson rougit. « Toby, vient me voir après les cours. »

Toby sourit sournoisement. Il savait que M. Emerson, qui vivait sur le continent, devait prendre le ferry de 15 heures.

M. Emerson se dirigea vers le tableau. « Grace à M. Toby Jones, vous avez tous des devoirs pendant les vacances de printemps. » Tout le monde grogna et jeta des regards noirs à Toby. « Votre exercice... », M. Emerson sourit et écrivit : OBSERVEZ LA COMÈTE !!!

* * *

Le père d’Abby commanda une pizza pourpre pour le dîner. Il semblait que chaque commerce se faisait de l’argent sur la comète. On pouvait acheter des boissons gazeuses pourpres, du lait pourpre, de la bière pourpre. Elle supposa que la sauce tomate de la pizza contenait un colorant alimentaire, mais elle ne savait pas comment ils avaient pu rendre le fromage pourpre vif. Bien qu’elle ait l’air absolument dégoûtante, la pizza avait quand même un goût ordinaire.

Après qu’il eut couché Toucan, son père installa trois chaises de jardin sur la terrasse de derrière. Jordan jeta un coup d’œil à cet arrangement et déclara : « Je vais regarder du toit. » La plupart des maisons du quartier avaient un belvédère.

Abby sentit soudain une appréhension vis-à-vis de la comète. Elle ne voulait pas que son frère soit seul. « Jordan, reste avec nous », dit-elle d’un ton amical.

Il plissa les yeux. « Pourquoi ça ? »

Il rigolerait si elle admettait ses inquiétudes. « On pourra partager les jumelles.

 Qui a besoin de jumelles ? » Se moqua-t-il avant de se diriger vers le toit.

Abby se rassit dans le fauteuil et tira la couverture sous son menton pour rester au chaud. Elle leva les yeux. Les étoiles brillaient vivement dans le ciel d’un noir d’encre. Les contours des cratères de la lune étaient nets. Un point lumineux se déplaçait lentement à travers le ciel. C’était la station spatiale internationale ; Les astronautes à son bord, selon sa grosse tête de voisin, étaient prêts à analyser la poussière de comète à la recherche de signes de vie.

« J’aimerais que Maman soit là », dit-elle. Papa, qui était à côté d’elle, rigola. « Je suis content d’avoir encore quatre heures pour mon nettoyage intense » Puis il hocha la tête avec mélancolie.

« J’aimerais qu’elle soit ici aussi, Abby. Mais la comète sera toujours là demain soir.

 Papa, est-ce qu’elle va vraiment chercher un travail à Portland ? »

Il régla les jumelles sur la lune. « Nous serons à nouveau une famille.

 Vous allez vendre la maison de Cambridge ?

 Oui, dès qu’elle aura trouvé un nouvel emploi.

 Tu sais, il y a d’autres façons de devenir une famille. Tu pourrais retourner travailler à la bibliothèque publique de Cambridge. On pourrait rentrer chez nous. »

Son père ne répondit rien, et Abby eut la sensation qu’elle serait forcée de vivre ici toute sa vie.

La comète apparut à l’est vers 23 heures. La tête était un globe sombre entouré d’un halo blanc comme un os. Abby entendit les voix de Kevin, de sa sœur Emily et de M. et Mme Patel dans leur jardin. Les parents travaillaient au laboratoire de biologie marine sur la côte nord de l’île. Les Patel avaient déménagé sur l’île de Castine en décembre, un mois avant sa propre et regrettable arrivée.

À 11 h 30, la queue blanche et floue s’étendit sur la moitié du ciel. De l’énergie crépitait dans l’air, comme avant un orage. Les premières couleurs apparurent à minuit. Abby et les autres crièrent des « Oh ! » et « Ah ! » alors qu’une fine pellicule de violet recouvrait la lune et que les étoiles scintillaient de pourpre. Il semblait incroyable que la poussière de comète puisse parcourir cent millions de kilomètres.

La couleur s’accentua. Le halo de la comète brillait d’un pourpre intense et des tourbillons de lavande balayaient la lune. De larges coups de pinceaux pourpres peignaient le ciel nocturne. Les inquiétudes passées d’Abby concernant la comète lui semblaient maintenant idiotes.

Quand elle entendit Jordan rentrer, elle jeta un coup d’œil sur son téléphone. 1 h 30 ! Elle avait perdu la notion du temps.

« C’est l’heure de te coucher aussi, lui dit son père.

 Pas question ! Protesta-t-elle. Je suis presque une adulte !

 D’accord, tu as gagné », dit-il avec un sourire.

Peu de temps après, incapable d’arrêter de bâiller, Abby jeta un dernier regard sur la comète. Ces fous qui se cachaient dans une grotte ne savaient pas ce qu’ils manquaient. Elle prit une profonde inspiration. Marrant, la poussière de comète ne sentait rien du tout.

Abby donna une bise à son père et monta se coucher.

DEUXIÈME JOUR – APPELLE LES URGENCES

Pan ! Pan... Pan ! Pan !! Pan !!!

Réveillée par le martèlement bruyant, Abby se redressa dans son lit et regarda la pendule – 7 h 20 – elle était en retard pour l’école ! Non, c’était samedi, se souvint-elle, le premier jour des vacances de printemps.

La férocité des coups l’effrayait – quelqu’un donnait des coups de poings très forts sur la porte d’entrée. Elle releva le store de la fenêtre de sa chambre et resta bouche bée. Elle aurait aussi bien pu être sur une autre planète. Le soleil rayonnait d’un pourpre profond et des vagues de poussière de comète scintillaient dans un ciel de lavande sans nuages.

Mais que faisait une camionnette de fruits de mer sur la pelouse des Couture de l’autre côté de la rue ? Il y a eu un accident, pensa-t-elle. La camionnette avait fracassé la palissade blanche et éparpillé les planches à partir du point d’impact. Les roues avaient écrasé un tas de mottes de gazon où elles s’étaient arrêtées en dérapant. Le chauffeur avait dû se rendre d’abord chez les Couture pour obtenir de l’aide, mais M. et Mme Couture étaient très âgés. Ils dormaient probablement encore. Alors, le chauffeur était venu ici.

Abby couru dans le couloir. « Papa, cria-t-elle. Papa. Papa. » Les coups lui donnaient froid dans le dos.

Elle passa devant la chambre de Toucan. « Cheeries, Cheeries », cria sa sœur, debout dans son berceau. Abby savait que quelque chose n’allait pas. Toucan aurait dû être debout et habillée depuis une heure. Elle aurait déjà dû manger. Pourquoi Papa n’avait-il pas préparé son petit-déjeuner ?

« Je reviens, Touk », cria Abby et elle se précipita dans la chambre de ses parents.

Pas de Papa. Le lit n’était pas défait. Abby appuya son nez contre la fenêtre, pensant qu’il pourrait s’être endormi dans le jardin la nuit dernière. Les chaises de jardin étaient vides. Mais la couverture sur la chaise de Papa avait disparu. Toucan n’arrêtait pas d’appeler.

En allant à la chambre de Jordan, Abby ôta Toucan de son berceau et la mit sur sa hanche.

Son frère était profondément endormi. « Jordan, réveille-toi ! Cria-t-elle. Réveille-toi ! » Comme il ne bougeait pas, Abby se fraya un chemin à travers les tas de vêtements sales sur le sol et lui donna un coup sec.

Il cligna des yeux, momentanément confus. « Dégage ! Cria-t-il avec colère.

— Jordan, un camion s’est écrasé de l’autre côté de la rue ! »

Pan ! Pan ! Pan... Ses yeux s’écarquillèrent. « C’est quoi ce bruit ?

— C’est le chauffeur à la porte. Il a besoin d’aide. »

Jordan sortit du lit et releva le store de sa fenêtre. « Waouh. Tout est violet. Où est Papa ? »

Abby déglutit. « Je ne sais pas. »

Agrippant toujours Toucan, elle rejoignit Jordan. Sous cet angle, elle pouvait voir le côté de la camionnette de fruits de mer. FRUITS DE MER MARSH. Elle connaissait Colby Marsh, un garçon de quatrième solidement bâti. Parfois, son père le conduisait à l’école dans la camionnette.

Pan ! Pan ! Pan !

« Comment tu sais que c’est le chauffeur ? Demanda Jordan.

— Je le sais, c’est tout. On y va. »

Abby serra Toucan plus fort alors qu’ils descendaient lentement les escaliers. Pan ! Pan ! Pan ! La porte vibrait comme un tambour. Abby pensa que seul un fou continuerait à marteler comme ça. Et si ce n’était pas M. Marsh ?

Soudain, elle eut peur. Personne ne fermait les portes sur l’île de Castine. « La porte n’est pas fermée, murmura-t-elle à Jordan.

— Verrouille-la, dit-il. Je guette par la fenêtre. »

Abby respira plus facilement une fois qu’elle eut mise la chaîne de sécurité en place.

« Hein ? S’exclama Jordan. Ce sont seulement Kevin et Emily. »

Kevin sembla surpris que quelqu’un ait enfin ouvert la porte. Il était en pyjama et ses joues étaient mouillées. Abby ne l’avait jamais vu sans ses lunettes. Il avait l’air différent – faisant moins que ses treize ans. Emily, vêtue d’une chemise de nuit, se tenait derrière son frère, l’air absent, jouant distraitement avec ses longs cheveux bruns. Elle avait toujours rappelé à Abby un faon timide et réservée.

La route était vide, silencieuse... Sans l’agitation habituelle de la circulation du samedi se dirigeant vers le port. C’était comme un rêve étrange. Une camionnette écrasée. Le soleil et le ciel de différentes nuances de pourpre. Des rayons de lumière lavande jaillissant de grands tourbillons de poussière. Pas une seule voiture, pas une mouette volant au-dessus des têtes. Papa qui avait mystérieusement disparu. Ses voisins, affolés et à moitié vêtus, qui ne disaient rien.

Abby les regarda et ils lui rendirent son regard.

Toucan les pointa du doigt, les sourcils froncés. « Kevy, triste. »

Ses mots brisèrent le charme.

« Nos parents... » Kevin mit sa tête dans ses mains et sanglota. Quand il leva les yeux un instant plus tard, Abby n’avait jamais vu une expression aussi triste. « Ils sont morts », cria-t-il.

* * *

Abby posa Toucan et guida les voisins vers le canapé. Elle n’arrivait pas à réfléchir, comme si son cerveau était congelé. Mais instinctivement, elle ferma et verrouilla la porte.

Kevin, la main droite rouge et enflée, continuait à pleurer à gros sanglots. Emily restait silencieuse et hébétée. Jordan, Toucan accroché à sa jambe, écarquillait les yeux.

Abby prit une profonde inspiration. Elle devait découvrir ce qui était arrivé à M. et Mme Patel. Mais Kevin devait se calmer avant qu’elle puisse l’interroger. Plus important, elle devait retrouver son père. Ça ne lui ressemblait pas de les laisser sans une bonne raison. Peut-être était-il en train de réagir à l’accident d’en face ou bien d’assister M. Marsh. Peut-être qu’il était... Abby chassa les pensées les plus sombres de son esprit.

« Appelle les urgences », dit-elle à Jordan. Le sang battait si fort dans ses oreilles qu’elle ne reconnut pas sa propre voix.

« J’ai déjà essayé, lâcha Kevin. La police ne répond pas ! »

La police répondait toujours. « Dépêche-toi », ajouta-t-elle.

Jordan courut à l’étage. Il revint, le téléphone à l’oreille. « Ils ne répondent pas.

— Es-tu certain d’avoir tapé le bon numéro ? »

Il tendit le téléphone et elle entendit la sonnerie. « Oui, Abby, je sais comment appeler les urgences. »

Il devait y avoir une explication. « La police est en route pour venir ici, déclara-t-elle. Quelqu’un d’autre a dû les appeler. Jordan, appelle Maman.

— Et qu’est-ce qu’elle va faire ? Ricana-t-il.

— Fais-le ! » répondit-elle d’un ton brusque.

Il composa le numéro. « Les circuits sont occupés. C’est un enregistrement.

— Et bien, essaye encore. »

Il lui tendit le téléphone. « Appelle, toi.

— Appelle les Couture, dit-elle.

— Tu penses que je connais leur numéro ? »

Abby attrapa son téléphone et appela le 4-1-1. Une voix robotique lui répondit. « Couture, île de Castine, Maine. » L’appel passa, mais le téléphone ne fit que sonner et sonner encore.

Les sanglots et les lamentations de Kevin s’étaient réduits à des reniflements et des gémissements. Abby, d’une voix douce mais tremblante, lui demanda : « Qu’est-il arrivé à tes parents ? »

Il recommença à pleurer.

Abby passa la main devant le visage d’Emily. La jeune fille sembla regarder à travers. Abby déplaça lentement sa main d’avant en arrière, mais le regard d’Emily resta fixe. Elle était en état de choc et avait besoin de voir un médecin. Mais il n’y avait pas de médecins sur

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