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Bling Bling Boum

Bling Bling Boum

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Bling Bling Boum

Longueur:
221 pages
3 heures
Éditeur:
Sortie:
22 nov. 2019
ISBN:
9780463143797
Format:
Livre

Description

Après « La Liste », Martin Baker nous fait découvrir la réalité de quatre femmes au Moyen-Orient, un environnement qu’il connaît bien puisqu’il réside depuis plus de quinze ans dans la région.
Cristina connaît l’assassin qui pilote l’avion qui explose en plein vol juste après son décollage à destination de Paris. Elle vient de rentrer en Espagne après plusieurs années comme enseignante dans des lycées français à travers le monde, et en état de choc, elle se dirige vers le commissariat de police le plus proche.
Pendant son séjour à l’étranger, Cristina, Elena et Laura apprendront à survivre dans un monde bling bling qui aveugle de ses étincelles : Cristina maintient le contact avec Lamia, qui tombe amoureuse à Madrid d’un réfugié syrien qui couvre un réseau terroriste, Elena navigue entre des commères de haut-standing, et Laura se bat contre les harceleurs de son fils.
C’est le quotidien de millions de familles expats, immigrants occidentaux payés à coups de chéquier pour améliorer l’image externe de lieux qui rêvent de devenir le nouveau Londres, Paris, New York. Des magasins de marques inaccessibles, des plateaux sculpturaux pour le brunch, des salaires exonérés d’impôts,... l’inimaginable finit par bouleverser l’esprit, mais de temps en temps, les expats retournent où ils vivaient avant d’être bénis par la déesse Fortune. Rentreront-ils tous?

Éditeur:
Sortie:
22 nov. 2019
ISBN:
9780463143797
Format:
Livre

À propos de l'auteur

Journalist. Writer and storyteller. I help startups to build their identity. My novels are the result of my living abroad and cross-cultural interacting in different continents. I write about what I see, what I feel on the air, what ́s humming on my surroundings.


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Aperçu du livre

Bling Bling Boum - Martin Baker

CHAPITRE 1

Les turbines commencèrent à tourner et Joseph Palm respira profondément, tout en mettant son pouce sous la ceinture de sécurité pour déplacer la boucle qui le serrait, mais sans toutefois se détacher. Il ferma les yeux, aspira par le nez et expira par la bouche pour éloigner l’anxiété due au décollage imminent. L’hôtesse passa vérifier que tous les passagers étaient prêts au décollage, que tout le monde avait attaché sa ceinture. Le visage sérieux, sans sourire, elle observa la manœuvre de Palm mais ne dit rien, elle réservait son énergie pour les touristes qui au dernier moment toujours, avaient besoin de se lever pour sortir quelque chose de leur bagage à main. Tu parles d’un travail absurde, pensa l’hôtesse, se promener deux fois par jour et deviner si sous les couvertures, les vestes et les ventres bedonnants de certains passagers, les ceintures étaient correctement attachées. Il y en avait qui se comportaient comme des enfants. Elle finit son couloir et retourna à la salle antérieure à la cabine de pilotage, elle baissa le siège, s’assit en calant son dos bien droit, et attacha de façon protocolaire les deux ceintures en forme de croix. Sa compagne la regarda machinalement de ses yeux fatigués depuis le siège qui contrôlait le couloir de gauche. L’avion se dirigea vers la piste de décollage. La tour de contrôle autorisa le départ et le vol ET—406 à destination de Paris décolla. Vingt minutes plus tard, l’appareil volait en éclats.

CHAPITRE 2

L’agent entra dans la salle avec un ordinateur portable à moitié ouvert, le fil et l’alimentation pendouillant. Il s’assit en face et commença la conversation.

—Bien, nous voilà prêts. Dites—moi comment vous vous appelez.

—Cristina Lopez Ferrer, née à… bon, voilà ma carte d’identité, si vous préférez, dit Cristina, en poussant le document vers le policier qui prenait sa déclaration.

—Oui, merci, répondit l’agent, en saisissant la carte sans lever les yeux de l’écran.

On entendit un coup sec à la porte et la poignée tourna. Une autre policière entra dans la salle, porta ses doigts au front et inclina légèrement la tête en guise de salut sans prononcer un seul mot pour ne pas altérer la conversation, et s’assit à côté de son collègue.

—On vient de commencer, je prends juste les coordonnées.

La policière opina du chef. Cristina pensa que cette femme était sûrement plus gradée que l’homme, mais en civil on ne pouvait jurer de rien.

—Commencez quand vous voulez Cristina, dit le policier.

—Je ne sais pas trop par où commencer, à vrai dire, tout est si confus…

—Dites vos noms et prénom, lieu de naissance, adresse et profession pendant que je recopie les données de votre carte d’identité, et à continuation je peux vous poser quelques questions pour guider votre déclaration. Ça vous va?

—Oui, d’accord. Alors, dit Cristina en prenant sa respiration. Je suis Cristina Lopez Ferrer, originaire de Madrid, je vis au Moyen—Orient depuis 2011 bien que ma carte d’identité date d’avant que j’émigre et donc que ce soit l’adresse de Madrid qui y figure. Je suis professeure dans le secondaire au lycée français où je suis arrivée en tant que fonctionnaire du Ministère de l’Education Française. J’ai sollicité un poste à l’étranger à travers l’AEFE en 2001 et depuis lors, je travaille en dehors de France mais toujours en lycées français. Mon numéro de résidente à l’Ambassade figure sur mon passeport si vous le voulez.

—Pas pour l’instant. Pourquoi souhaitez—vous faire cette déclaration?

—Parce que je crois disposer de renseignements précieux à partager avec vous, à propos de l’explosion de l’avion de l’autre jour.

Les agents s’inclinèrent vers l’arrière de leur siège en prenant leurs aises. Lui, s’était occupé d’elle pendant une demi—heure au guichet du commissariat, il l’avait vue chamboulée et le regard perdu, elle lui avait raconté quatre trucs décousus mais il avait préféré lui donner un verre d’eau, la faire s’asseoir dans une salle d’attente et lui demander si elle voulait faire une déposition ou porter plainte. «Parler, j’ai besoin de parler», lui avait—elle dit. «Parfait, vous voulez me dire comment ça se passe à la maison?», lui avait—il demandé. «Oui, enfin quelque chose comme ça, mais il y a beaucoup de gens concernés, beaucoup. Tout a sauté», avait—elle répondu le regard dans le vide. «Sauté? Vous voulez me donner l’adresse pour qu’on envoie une équipe?». «Ce n’est pas la peine, c’était hier, je crois, mais je ne l’ai appris qu’aujourd’hui, ou hier, je ne sais plus quel jour on est. Vous avez vu la télé?», avait—elle demandé. «Oui et non, je la regarde par moments», lui avait—il répondu familièrement, sans la brusquer, «mais attendez un instant que j’aille chercher mon ordinateur et on prend note de ce que vous avez vu. Voulez—vous faire une déposition?». «Quoi? Oui? D’accord». L’agent était sorti de la salle pour aller récupérer le portable, avait fait signe à l’inspectrice chef, lui désignant du doigt le moniteur de télévision accroché au mur et était retourné parler à l’étrange déposante. L’inspectrice avait acquiescé du regard, terminé son café pendant qu’elle regardait la dernière histoire de la chaine informative, et après avoir jeté son verre en carton à la poubelle, s’était dirigée vers la salle de dépositions, alors que la télévision émettait de nouveau en boucle des informations relatives au dernier accident aérien.

—Vous pouvez commencer quand vous le désirez —dit la policière: je suis l’inspectrice Güemes, chef de cette unité. Mon collègue est le sous—inspecteur Moragon, et il se chargera de prendre votre déposition. Vous pourrez la lire à la fin avant de la signer. Vous êtes d’accord?

Cristina acquiesça d’un hochement de tête, mais ne dit rien, elle pensait juste que maintenant elle connaissait le nom de ses interlocuteurs.

Les agents se regardèrent sans un mot et il glissa la question:

—Cristina, vous êtes venue parce que vous souhaitez faire une déclaration sur l’accident aérien de Paris. C’est exact?

—Oui.

—Bon, voyons si je peux vous aider. Connaissez—vous quelqu’un qui voyageait dans cet avion?

—Oui.

—Bien, on y vient. Et vous savez qu’on soupçonne que l’accident d’avion pourrait être, en fait, une attaque terroriste? dit Moragon calmement, cherchant des yeux l’approbation de sa supérieure. Güemes ne dit rien et ne sourcilla pas, alors pour l’instant tout allait bien.

—Oui, je crois qu’ils l’ont dit sur la CNN.

—Bon, les médias, vous savez, ils font toujours les gros titres pour impressionner les gens et faire monter l’audimat. Pour le moment, en ce qui nous concerne, il s’agit d’un accident.

—Très bien.

Moragon avala sa salive et la regarda dans les yeux. Güemes n’intervenait pas, elle le laissait faire.

—Et quelle information voulez—vous partager avec la Police sur l’accident d’avion, Cristina?

—Le nom de l’assassin.

CHAPITRE 3

 Tu es sûre de ce que tu vas faire?

 Evidemment, si je n’avais pas bien réfléchi, je ne serais pas allée de l’avant.

 Oui, mais…

 Mais quoi?

 Bon, d’accord, je sais que tu as de bonnes raisons, et que pendant qu’on y est, si ça se passe mal, ce que tu as vécu, personne ne te le reprendra, hein?

 Ah, ah, ah. Toujours aussi flamenca. On ne dirait pas que tu habites si loin d’ici.

 Et comment s’appelle l’heureux élu?

 Quand je te le présenterai, qu’il te le dise lui—même.

 Toujours aussi vache. De toute façon, je t’admire. Quelle est votre différence d’âge?

 Disons, deux dizaines d’années en arrondissant.

 Alors, il pourrait au moins être ton père.

 Non. Je pourrais être sa mère.

 Ah.

Cristina envoya son «Ah», regarda la pendule et referma son téléphone pour terminer la discussion, en partie parce qu’il ne lui restait plus que vingt minutes avant le début de son cours au lycée du Moyen—Orient, qu’elle devait traverser la cour sous quarante degrés et se remettre de la déshydratation consécutive avant de se mettre à disserter, et en partie, parce qu’elle ne savait plus comment continuer la conversation sur WhatsApp avec Lamia. Un scoop du tonnerre, deux décennies de différence et elle les avait attribuées au nouveau petit copain de Lamia, sans penser que les choses pouvaient aussi être à l’inverse. Finalement, elle allait être plus macho que les machos, et avec ça qu’elle avait un programme sur le blocage hiérarchique pour faire prendre conscience à ses élèves des iniquités que leur réservait leur vie de travail à l’avenir.

Elle savait que son amie verrait qu’elle n’était plus en ligne après quelques minutes. Parfois il était bon de laisser la conversation de la sorte, un peu en l’air, et si Lamia lui écrivait quelque chose, elle lui répondrait après les cours. Comme ça elle aurait la sensation d’une récompense. Ce serait son prix pour avoir supporté pendant quelques heures ces adolescents indomptables, mal élevés, enfants de mères ennuyantes, vindicatives, et de pères arrogants, professionnels de catégorie C, ineptes virés de leur pays d’origine, avaricieux, eux comme elles, fondateurs de familles de nouveaux riches qui, aveuglés comme Midas, pensaient que l’argent achèterait l’entrée à l’université de leurs rejetons à force d’attaquer à coups de menaces publiques et de mépris verbaux au sein de l’ambiance familiale, les enseignants qui supportaient leurs petits. Cette année elle n’en pouvait vraiment plus.

Elle mit son portable dans sa poche, attrapa son sac plein de classeurs avec les devoirs corrigés et les manuels de cours et descendit les escaliers qui menaient à la cour. Traverser ce carré de ciment pour trouver la porte fermée du bâtiment qui se trouvait en direction diagonale était la blague habituelle de l’administration, qui le cas échéant, ordonnait de fermer un accès ou l’autre pour empêcher que les élèves rebelles n’accèdent aux toilettes et ne fument durant les pauses matinales et les récréations de midi. On ne prévenait jamais de l’accès qui serait bloqué pour éviter qu’ils ne trouvent le chemin vers leur fumoir temporaire —les toilettes des garçons à l’entrée de gauche et celles des filles à droite. L’absence d’information ne faisait que les ralentir, parce que les élèves trouvaient toujours le moyen de l’apprendre. Ils riaient et sautaient les marches des escaliers deux par deux, avec leurs visages arrogants et des sourires en coin, ils prenaient plaisir à défier les mines impuissantes des surveillants de couloirs, qui ne pouvaient rien faire. Qui oserait leur bloquer l’entrée aux toilettes et pousser les pauvres petits à dénoncer devant leurs pères et mères l’attitude des surveillants, des professeurs, de l’administration…? Un traitement dégradant, diraient les progéniteurs, glissant un «raciste» à voix basse, mais suffisamment fort pour qu’on les entende, à propos de l’un ou l’autre de ces professeurs ou surveillants. Les toilettes étaient depuis longtemps des fumoirs de cigarettes et des centres de distribution pour vapoter, les sacs à dos pleins de flacons de gaz à inhaler en classe en y mettant la tête sous prétexte de chercher un stylo ou changer de cahier.

Les seuls qui souffraient en silence la «blague» de l’accès fermé au bâtiment étaient quelques professeurs, qui avec moins d’énergie que les adolescents et plus de responsabilité éthique que les administrateurs, se cassaient le nez sur la porte barricadée d’un cadenas intouchable et brillant sous le soleil.

Cristina vit le flash du cadenas à la porte et sans même s’en approcher, elle continua en bordant le bâtiment sous une ombre peu généreuse, vu l’heure, et écouta les rires de quelques élèves assis sur les bancs à l’ombre des arbres. Il y avait toujours des élèves sans cours, Cristina se demandait comment la direction du centre acceptait autant d’arrêts de professeurs qui par des excuses ridicules, manquaient leurs cours les jours les plus chargés, de quatre à six classes, et les ajoutaient à leur jour libre de la semaine —parfois au pluriel, des jours libres, en fonction du département dont il s’agissait.

—C’est fermé, madame, dit une élève aux grandes dents et aux lunettes d’écaille rouge, les cheveux frisés et longs jusqu’à la taille, et tous ceux qui se trouvaient autour d’elle éclatèrent de rire. «C’est fermé, madame» avait—elle dit, «Merci», «gracias», répondit Cristina, alors qu’elle notait les premières gouttes de sueur lui dégouliner sur les tempes et s’égoutter sur son chemisier. Il lui restait quelques mètres avant d’atteindre l’autre entrée et l’air n’arrivait plus à ses poumons à cause de la chaleur suffocante. Ça ressemblait à un parcours du combattant. Elle arriva à la porte et elle posa son sac avec les classeurs et les livres par terre pour pousser la grille. Une rafale d’air froid à vingt degrés la reçut. Sa gorge lui rappellerait le changement de température d’ici quelques heures, pensa—t—elle. Elle saisit son sac, entra et le reposa par terre pour refermer la porte. Depuis la grille, elle écouta le rire sarcastique du groupe d’enfants gâtés qui l’observaient du dehors. «Patience», se dit—elle.

CHAPITRE 4

Lamia ne s’attendait pas à ce que Cristina puisse comprendre ce dont elle parlait, parfois elles semblaient si distantes qu’elles ne pouvaient partager que peu, voire rien en tant qu’amies. Malgré toutes ces années de vie en Espagne, elle ne pourrait jamais renoncer à son passé en Afrique du Nord, une zone que les catalogues de vacances idéalisaient par des diners au clair de lune et des lampions ornés d’ arabesques, de la même façon que Séville et Grenade battaient constamment des mains dans les pages qui annonçaient des voyages dans l’Albarracin, des croisières en Méditerranée et des voyages touristiques de 8 jours—7 nuits pour moins de 300 euros, quand en réalité ce qui n’apparaissait pas dans ces catalogues illustrés, c’était que les chômeurs andalous se multipliaient sur les listes du chômage et que la justice essayait péniblement d’éclaircir les fraudes et la corruption des cours de formation.

Lamia n’avait jamais cru avoir trahi ses racines, sinon ses parents ne lui auraient jamais permis de sortir de là, et au contraire, ils l’avaient poussée à abandonner tout ça et à se forger une vie par elle—même, tout comme Fatima Mernissi bien des décennies avant, incitant de ce fait les générations suivantes de femmes maghrébines à voyager, s’éduquer et à rompre les moules d’une société ankylosée dans le temps. Mais Lamia avait fait quelque chose que Fatima Mernissi n’aurait jamais pu imaginer: tomber amoureuse de quelqu’un de plus jeune qu’elle, même si, qui sait, elle l’aurait peut—être félicitée d’avoir pris la décision de saisir sa chance au lieu de la laisser passer.

Cela faisait un moment que son ordinateur était connecté. Depuis qu’elle l’avait installé dans sa chambre et que ses enfants avaient récupéré la tablette, la tension domestique s’était relâchée juste au moment le plus culminant des confrontations entre les deux adolescents , qui ne comprenaient pas le béguin de leur mère, et une adulte qui ne supportait pas les nouvelles manies de ses enfants, élèves de Secondaire et pratiquement natifs digitaux, à l’exception des rares livres qu’ils avaient lus avec elle avant que quelqu’un ne leur achète leur premier écran, un téléphone, une tablette, ou un ordinateur, elle ne se souvenait plus dans quel ordre tout ça était entré chez eux. Grâce au contrat intergénérationnel sur la répartition des objets électroniques, et malgré le fait de se voir attribuer le plus ancien, Lamia avait le monopole de l’ordinateur —sauf les jours où les enfants devaient taper un travail de classe— elle pouvait donc allumer l’ordinateur dès son retour à la maison. Tandis qu’elle se changeait ou qu’elle cuisinait pour le diner, elle attendait impatiemment le ding qui lui annoncerait que lui, venait de se connecter pour sauter dans ses pantoufles de par l’émotion qui la submergeait. Elle courait presque toujours vers sa chambre, elle secouait la souris pour que l’écran se réinitialise et que la petite lumière verte à côté de son nom apparaisse pour lui indiquer qu’il l’attendait. Ce clignotement vert ressemblait aux battements de son cœur, et elle se lançait à lui écrire comme s’ils ne s’étaient pas parlé depuis quinze ans, alors qu’ils ne s’étaient rencontrés que quelques semaines auparavant

CHAPITRE 5

Le chahut des couloirs se convertit enfin en silence, il ne restait plus qu’un élève ou deux qui, à la fin de la journée, en profitaient pour sortir de la bibliothèque par la porte des élèves de dernière année dont c’était le privilège, au lieu d’utiliser la sortie habituelle qui les laissaient plus loin du portail des cars scolaires ou de la sortie principale où les mères garaient leurs énormes voitures en double file et allaient papoter sous les pergolas. Cette issue de la bibliothèque donnait directement sur le couloir où Cristina dispensait ses cours le mercredi, c’était au dernier étage du nouveau bâtiment, où les lames des persiennes en aluminium n’avaient résisté intactes aux assauts de leurs usagers que la première année.

Elle déconnecta l’équipement, éteignit le projecteur et commença à empiler les livres, les DVD et autre matériel. Le sac qui était arrivé, chargé d’examens et de rédactions à rendre aux élèves, était maintenant vide et plié. Elle avait un sac à roulettes dans un placard pour tout ramener à la maison le week—end ou sa journée de libre. Elle n’aimait pas laisser trop de choses à la portée de tout le monde, surtout s’il s’agissait de prêts du centre de documentation, comme les vidéos ou le matériel audio. Elle hissa la mallette à roulettes sur la table, légèrement bombée sur le dessus comme un scarabée, elle ouvrit les deux fermetures éclair latérales et y introduisit la pile de livres, son agenda, les examens et les disques et elle la referma. Sa valise à roulettes était facile à reconnaitre. Elle avait choisi une couleur vive pour que personne ne la confonde et qu’elle soit identifiable au cas où des voleurs aimant le matériel d’autrui ne s’y intéressent dans la salle des professeurs. C’était incroyable que des collègues de travail essaient de voler l’effort des autres lorsqu’ils

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