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Manuel du Dirigeant: Rafael Fernández de Andraca

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Manuel du Dirigeant: Rafael Fernández de Andraca

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4/5 (1 évaluation)
Longueur:
387 pages
4 heures
Éditeur:
Sortie:
18 août 2016
Format:
Livre

Description

Nous connaissons bien l’importance du travail pédagogique qu’exerce un dirigeant, qu’il soit moniteur, animateur ou chef de groupe. Ce Manuel voudrait mettre entre ses mains une aide précieuse. On y aborde le style et la praxis pédagogique nécessaire pour qu’il puisse mener à terme sa tâche d’éducateur, d’une manière efficace et féconde, spécialement dans le contexte du temps actuel. Le Manuel du Dirigeant peut être utile également pour les pères de famille et, en général, pour toute personne ayant une charge de responsabilité.

Le point de départ pour aborder ce sujet est la personne de l’éducateur, son être et ses attitudes, en accord avec le modèle du Christ Bon Berger, Son contenu a pour base l’enseignement du Père Kentenich, fondateur du Mouvement de Schoenstatt, grand pédagogue et éducateur tout proche de la vie.

Le Manuel du Dirigeant contient, en plus, des orientations méthodologiques concrètes. Les applications pratiques ont beau être orientées vers le travail avec des couples de la Branche des Familles, leur contenu est facilement applicable, d’une manière analogue, à d’autres communautés.
Éditeur:
Sortie:
18 août 2016
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Livre

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Manuel du Dirigeant - Rafael Fernández de Andraca

Cahier de Formation Nro. 8

MANUEL DU DIRIGEANT

P. Rafael Fernández de A.

Traduction en français: Mª Rocío Muñoz de la Peña

Numéro d'inscription: 269.276

ISBN: 978-956-246-830-5

© EDITORIAL NUEVA PATRIS S.A.

José Manuel Infante 132, Providencia

Tél: 2 235 1343 - Fax: 2 235 8674

E-mail: gerencia@patris.cl

www.patris.cl

Santiago-Chili

Illustrations de l'intérieur: prises de Schauen, singen, beten,

St. Benno-Verlag GmbH Leipzig

Diagramation: Margarita Navarrete M.

Contenu

Présentation

1 Pasteurs selon le cœur du Christ

2 Jésus-Christ, idéal du dirigeant

3 Condition et mission du dirigeant schoenstattien

4 Le style pédagogique de Schoenstatt

5 Lois de la croissance organique

6 Dimensions du groupe de Schoenstatt

7 Lois de la conduite organique

8 Un style de communication

9 La réunion de groupe

Annexes

Table des matières

Présentation

Ce Manuel du Dirigeant voudrait devenir une aide pour tous ceux qui reçoivent une charge de responsabilité dans le domaine de la formation ou la direction de nouveaux groupes, ou bien en tant que chefs de groupe ou de branche, etc. C’est-à-dire, qu’il s’adresse à ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont chargés d’une tâche éducative. Les destinataires premiers en sont, pourtant, les moniteurs de groupe de la Branche des Familles. Nous pensons cependant que, en y apportant les adaptations nécessaires, il peut également être utile à d’autres communautés.

Au moment où nous recevons une responsabilité communautaire au sein du Mouvement, nous parvenons à une relation nouvelle vis-à-vis de la personne du Père fondateur. Nos sommes appelés à le représenter et à être ses transparents, à être un reflet de lui-même et à rééditer sa manière à lui d’éduquer et de conduire. Mais il y a plus que cela. Nous nous mettons dans une dépendance particulière à l’égard de sa personne. En tant que dirigeants schoenstattiens, nous devons devenir ses instruments et ses collaborateurs. Comme il l’a exprimé lui-même maintes fois, tout schoenstattien – et à plus forte raison tout dirigeant schoenstattien – est appelé à refonder Schoenstatt, comme un co-fondateur et, encore, qu’un royaume tient uniquement s’il est appuyé sur les forces qui l’ont conçu. Ceci exige que les dirigeants soient étroitement unis à notre Père Fondateur et, en même temps, qu’ils cherchent à se pénétrer de son esprit et de sa manière à lui d’éduquer.

On ne trouvera pas dans ce manuel un guide avec un catalogue d’indications précises ou bien un livre de recettes. Les situations concrètes des branches du Mouvement, ou l’organisation des groupes, sont très différentes dans les divers lieux. Ce à quoi nous tenons, en premier lieu, c’est à dessiner avec la plus grande clarté possible ce que le P. Kentenich espère d’un dirigeant schoenstattien et ce qu’il lui demande, aussi bien dans sa condition que dans son action pédagogique.

Ce Manuel du Dirigeant vient initialement d’une expérience concrète du travail fait avec la Jeunesse Masculine, et ensuite recueillie dans une élaboration de l’année 1972: Le responsable de groupe, une brochure plus tard adaptée par le P. Antonio Cosp pour la Branche des Familles en Argentine et au Paraguay. En 1986, lors d’une Journée avec une équipe de Pères assesseurs du Mouvement, nous avons fait de nouveaux pas dans ce même sens. L’Éditorial Patris publia ceci et, plus tard, en 1999 une nouvelle édition a été faite, substantiellement augmentée. Dans cette nouvelle édition de 2007, le contenu est essentiellement le même que dans la précédente. On a fait une élaboration plus complète des lois de conduite (chapitre 5), et nous avons adapté le Cycle de Formation Basique aux dernières expériences pédagogiques faites dans la Branche des Familles.

Nous remercions vivement tous ceux qui se serviront de ce Manuel du Dirigeant et qui voudront nous faire parvenir leurs apports et leurs suggestions, ayant rapport aussi bien au fond qu’à la forme de l’écrit. Ce qui nous permettra de perfectionner le texte en vue d’une possible édition à venir.

P. Rafael Fernández de A.

E-mail: prafael@entelchile.net

Casilla 18-T, Correo Tajamar

Santiago de Chile

Celui-là, qui guide les autres,

doit unir ses mains et prier,

se tenir à l’approche de la croix,

offrir à tous une confiance généreuse,

transférer vers le haut

chaque amour qui lui est offert.

Celui-là doit porter, en silence et avec fidélité,

au fond de son propre cœur,

toute personne qui lui ait été confiée

et, dans la joie et dans la force,

risquer jusque sa vie pour elle,

s’oubliant lui-même au service.

Celui-là, qui guide les autres,

doit parcourir les chemins de la vie

comme jésus, le bon pasteur.

Celui à qui on a accordé le don

de conduire des ouailles choisies,

celui-là choisit pour les siens

les meilleures prairies;

nuit et jour il soupèse tout,

et pense comment ses brebis

peuvent procurer au père

les joies les plus réussies.

L’image que, en méditant,

il découvre devant ses yeux,

il cherche à la reconstruire

dans son existence même;

car la figure idéale,

du moment qu’elle est vécue,

s’empare vite des ouailles

avec une vigueur irrésistible.

Les soucis et les amours

de ses petites brebis

il les a inscrits au fond

de son grand cœur de berger,

en transformant toutes ces choses

en une prière lucide,

en sa prière quotidienne,

quand il s’offre et se consacre

à genoux devant l’autel.

Et suivant à part entière le modèle

de sa mère,

il offre ce qu’il préfère,

il l’offre de son âme vigoureuse,

pleine de tendresse, et de délicatesse,

lorsque, avec générosité joyeuse,

il le met entre les mains de celui qui guide la destinée

de tous les hommes.

Pasteurs suivant le cœur du Christ

1. Un nouveau poste

Possibles réactions de notre coeur au cas où nous serions désignés dirigeants.

Lorsque nous sommes nommés dirigeants d’un groupe, ou bien quand nous sommes désignés pour remplir une tâche spéciale au sein de la communauté, il est tout à fait normal que dans notre for intérieur surgissent des questions: Qu’est-ce que je dois faire? Quelles sont les exigences que comporte la fonction d’un chef de groupe? De quelle manière puis-je aborder cette tâche pour l’accomplir de la meilleure façon possible?

Devant cette situation nouvelle, des réactions diverses peuvent se produire au fond de nous-mêmes:

Pour quelques-uns –probablement les personnes ayant un tempérament plus mélancolique-, la première réaction pourrait être l’étonnement ou une certaine timidité, ou bien l’insécurité: «Suis-je la personne indiquée pour accepter cette charge? Je crois bien qu’il y en a d’autres plus capables et plus exercés que moi; comment pourrais-je alors conduire le groupe puisque j’ai tant de limites et que je ne me sens pas suffisamment préparé?...»

En réagissant de la sorte, nous devons penser que si nous avons été choisis c’est parce que, objectivement, nous avons les aptitudes nécessaires pour assumer cette charge; et, d’autre part, nous ne sommes pas seuls: nous comptons avec le Seigneur, avec notre Mère et Reine, et avec le Père de notre Famille. Ce sont eux, en somme, «qui commandent le bateau».

En tant que chefs, nous ne sommes que des «instruments» dans leurs mains. C’est l’occasion de mettre en valeur les paroles du Père fondateur: Mater perfectam habebit curam, la Mère prendra soin d’une manière parfaite; Tua res agitur, il s’agit de ta cause. Nous devrions en tirer une grande confiance.

D’autres vont, probablement, réagir d’une manière différente, car ils croient qu’ils pourront s’acquitter des exigences de la charge de chef, qu’ils sont suffisamment préparés et qu’ils ne manquent pas d’idées pour l’exercer: «Je vais essayer de faire de mon mieux –se disent-ils–. Et je vais profiter de l’occasion qui m’est offerte.» Or, le fait d’avoir une attitude positive et optimiste –propre des tempéraments plus coléreux ou sanguins– n’est pas forcément un signe d’orgueil ou d’autosuffisance; toujours est-il que cet optimisme devrait être accompagné d’une profonde attitude de service et d’humilité.

Il se peut aussi qu’il y en ait qui reçoive cette charge avec une certaine inquiétude: «Ce nouveau poste me complique, il m’exige du temps, du dévouement et du sacrifice, alors que moi, j’ai déjà suffisamment de choses à faire. Je ne voudrais pas m’engager à ce point pour le moment… J’aimerais mieux donner mon appui à quelqu’un d’autre». Vraiment, nous ne devrions pas accepter une responsabilité de conducteur si nous pensons, après l’avoir bien médité et contemplé dans la prière, que le Seigneur ne le veut pas pour nous. Mais, si nous avons été choisis comme il faut et que nous n’ayons pas d’ empêchement grave, dans ce cas nous devons supposer que c’est la volonté de Dieu que nous assumions cette tâche, en nous rappelant les paroles de saint Paul: «Je peux tout en Celui qui me fortifie».

Les réactions ci-dessus décrites ou bien d’autres différentes pourraient, donc, envahir notre esprit. Le plus important, après avoir reçu le poste, est d’assumer la tâche de tout notre cœur, conscients que la Providence Divine nous en fait don et qu’elle nous offre les grâces nécessaires pour en venir à bout.

Notre poste de chef est un appel, une commission dont nous chargent le Seigneur, la Sainte Vierge et notre Père fondateur, parce qu’ils ont besoin de nous. Ils nous font confiance et ils désirent se glorifier dans notre petitesse. D’autre part, la marche de la communauté est une tâche à tous: un bon dirigeant ne fait jamais les choses à lui seul. N’oublions pas que c’est celui qui donne le plus qui en reçoit le plus. Notre poste va sans doute attirer sur nous de nombreuses bénédictions, puisque les tâches nous aident à grandir intérieurement.

2. Importance de notre poste

De notre coopération dépendent essentiellement la croissance et le développement des brebis qui nous ont été confiées.

Le Seigneur a besoin de nous et veut se servir de nous pour accomplir sa mission: «Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie.» (Jean 20:21). Il nous estime et nous valorise tellement qu’il nous confie son grand souhait de construire le Royaume de Dieu le Père ici sur terre. «Dieu agit et gouverne le monde à travers des causes secondes libres», c’est-à-dire, à travers des créatures libres. Cette loi du gouvernement du monde a toujours été une norme pour le Père Kentenich.

Or, dans chaque parcelle du Royaume, Dieu établit un responsable: un serviteur auquel il confie le soin des siens afin qu’ils grandissent et qu’ils aient la vie. Donc, de notre coopération dépendent essentiellement la croissance et le développement des brebis qui nous ont été confiées.

Nous connaissons bien l’immense répercussion que la têtepeut avoir dans la destinée de toute une communauté. La structure, le fonctionnement, l’atmosphère qui y règne, les rapports communautaires, les actions qu’elle entreprend, toute sa vie en somme est essentiellement conditionnée par la qualité et le comportement de son chef. La famille dépend des parents; le pays, de ses gouvernants; la vie paroissiale, de son curé; l’équipe de football, de son coach; l’entreprise, de son gérant; etc. Et, ainsi de suite, nous pourrions continuer à énumérer d’autres réalités: la vie de l’Église et de la société sont radicalement conditionnées par la manière dont l’autorité y est exercée.

Voilà un point central du programme du P. Kentenich. Il a incarné un nouveau genre d’autorité tout en attirant l’attention sur le besoin d’un renouveau en ce sens. Nous n’aurons ni une Église renouvelée ni une nouvelle société si nous ne nous occupons pas de favoriser un nouvel ethos de l’autorité; autrement dit, comme il l’avait si souvent répété, il faut donner naissance à des éducateurs éduqués.

Nous comprenons, par conséquent, que l’exercice de notre charge non seulement concerne la communauté ou le groupe qui nous a été directement confié, mais qu’il s’y joue pour une bonne part la réalisation du message prophétique du P. Kentenich pour notre temps.

3. Possibles déformations de l’image du vrai dirigeant

La lumière brille davantage lorsqu’elle est en contraste avec l’obscurité. Voilà pourquoi, avant de nous occuper de l’image idéale du dirigeant schoenstttien, nous voudrions montrer grosso modo quelques-unes de ses possibles déformations. Dans le but de parvenir à une plus grande clarté, nous allons les typifier. Il est toutefois difficile de trouver ces déformations telles quelles dans la réalité, mais ce procédé servira quand même à nous faire remarquer la possibilité de certains dangers.

a. L’idéologue

Ce n’est pas la capacité d’avoir beaucoup d’idées qui nous rend féconds comme dirigeants. Nous devons plutôt incarner la vérité que nous proclamons.

On pourrait penser que le chef schoenstattien doit être en premier lieu un idéologue, un professeur. Dans ce cas, on trouve souvent des chefs qui sont en chaire ou qui ont tendance à accaparer le droit de parole sans laisser parler les autres. En étalant leur savoir, ils accablent d’arguments tout le monde.

Quand l’idéologue n’est pas soutenu par son effort personnel pour incarner la vérité qu’il proclame, à ce moment-là l’effet devient beaucoup plus négatif: le manque d’authenticité n’éveille pas l’enthousiasme, et il n’invite pas à la suite. Il pourra, parfois, éblouir ou illustrer, mais il n’éduquera jamais. «Les idées illustrent, mais seuls les exemples entraînent», dit un ancien adage.

Le vrai dirigeant schoenstattien doit savoir écouter plutôt que de savoir parler. Il motive. Il est réceptif face aux avis des autres. Il doit, bien sûr, connaître la doctrine de l’Église et le monde des idées de Schoenstatt –ce qui lui donnera de l’assurance et orientera sa tâche–, mais il est conscient qu’éduquer ne consiste pas uniquement à proclamer des vérités.

b. L’organisateur

Le danger de l’activisme est toujours présent dans notre façon de conduire. Et, malheureusement, il l’est au prix de la culture de la vie et des relations personnelles, de la vie intérieure et de la prière.

Le chef organisateur ou dirigeant activiste se caractérise parce qu’il est toujours en mouvement, à faire quoi que ce soit, à proposer des initiatives, à exiger de l’efficacité. Son inquiétude principale est que le groupe soit bien organisé et qu’il fonctionne dans l’ordre et l’efficience. Mais, hélas!, cela se passe souvent au prix de la culture de la vie et des relations personnelles, au prix de la vie intérieure et de la prière.

Une communauté a, sans doute, besoin d’entreprendre des actions, de montrer son efficacité. Et pourtant le dirigeant n’a pas le droit, pour ce faire, de sacrifier les personnes. Notamment quand il s’agit des processus de vie, d’une croissance personnelle et communautaire, tout ne peut pas être orienté au produit, au résultat impeccable. La vie exige du temps, du respect et de la patience pour pouvoir se développer sainement. Ainsi le dirigeant, au moment de proposer des exigences, ne devrait pas accabler les siens. Lui, il ne fait pas tout, mais il ne bombarde pas les autres non plus. Il cherche plutôt à faire en sorte que les initiatives surgissent à partir des siens; ensuite, il les encourage et les soutient, tout en leur en laissant le protagonisme de la réalisation. Dès la première époque de Schoenstatt, le P. Kentenich avait établi ce principe de l’éducation: «À travers la propre activité, parvenir à l’autonomie», c’est-à-dire, que l’éducateur doit encourager les personnes à assumer des tâches concrètes, afin qu’elles puissent obtenir d’elles-mêmes le plein développement de leur personnalité.

c. Le caudillo ou chef personnaliste

Le caudillisme est une autre maladie de beaucoup de dirigeants. Le vrai chef ne se cherche pas lui-même.

Le caudillo est le chef ou dirigeant personnaliste qui cherche, avant toute autre chose, à être toujours au centre. Il veut que tous les autres suivent ses plans et s’identifient avec ses intérêts. Non sans vanité, il aime être en vue, absorber ses gens et compter sur leur adhésion totale. En général, le chef personnaliste ne coordonne pas ses efforts avec d’autres instances. Il cherche ses chemins à lui, et il encourage même des attitudes de révolte chez les siens face à d’autres personnes revêtues d’autorité. Ils ne doivent suivre que lui-même. Le résultat de tout cela est que son groupe risque de devenir une troupe de comparses autour de lui.

d. Le petit dictateur

l n’y a rien qui soit plus éloigné de l’Évangile que l’autoritarisme et le paternalisme. Dirigeants: s’en abstenir.

Assez souvent, le caudillo est, en grande partie, un petit dictateur. Il exerce son autorité en l’imposant, sans respecter la réalité, l’avis des autres ou les besoins des siens. Il n’écoute pas. Il ne s’intéresse guère à ce que pensent les autres, puisqu’il est convaincu de tout savoir et de tout faire mieux que qui que ce soit. Il tient seulement à ce que les autres suivent ses ordres et mettent en pratique ce qu’il propose. Il est, au fond, terriblement paternaliste: il dédaigne les autres et ne sait pas encourager leur participation.

Caudillisme, paternalisme, pulsions dictatoriales sont des déformations de la véritable autorité; ce sont des autoritarismes qui finissent par provoquer le refus chez les autres et qui dénaturent le genre d’homme et de communauté auquel Schoenstatt aspire.

e. Le chef démocratiste

Le dirigeant démocratiste n’a pas conscience d’être appelé à devenir un centre personnel et une source de vie pour la communauté à sa charge.

Il existe également un autre genre de déformations de l’autorité. Elles correspondent au dirigeant qui ne sait pas assumer son autorité, que ce soit pour une espèce de démocratisme, fruit de la faiblesse, que ce soit une réaction pendulaire devant des tendances autoritaires et paternalistes.

Ce genre de dirigeant démocratiste n’a pas conscience d’être appelé à devenir un centre personnel et une source de vie pour la communauté qui est à sa charge. Il veut tout résoudre au moyen du vote; il ne prend pas d’initiatives sous prétexte qu’ il est au même niveau que les autres. Il ne réussit pas à faire la cohésion du groupe et il produit un climat d’insécurité. Son souci d’horizontalité laisse le groupe démuni d’un point de référence et d’appui vraiment sûr.

Il cherche à éviter la distance et l’incommunication entre les personnes caractéristiques des autoritarismes, en se situant sur un plan d’égalité vis-à-vis des autres. Des attitudes du genre je commande ou je décide, on passe à l’extrême opposé, au laisser faire. Il n’assume pas, en somme, son rôle conducteur et il le déplace vers la communauté; finalement, cette situation va mener, comme nous l’avons déjà dit, à la désintégration du groupe.

f. Le dirigeant anémique

Seul celui qui possède la vie peut engendrer la vie. De là le besoin d’avoir des éducateurs éduqués.

Quelque chose de ce genre se passe à propos du dirigeant anémique. Celui-ci non seulement ne désire pas avoir de l’autorité mais, à vrai dire, il n’en a pas du tout. Il manque de confiance en lui-même et en Dieu. Il se sent dépassé par sa charge et les difficultés l’épouvantent. Pour cette raison, souvent il disparaît du groupe et abandonne les responsabilités qui lui correspondent. Son insécurité et la faiblesse de sa conduite aboutissent alors à une situation d’anarchie. Les initiatives n’arrivent pas à être canalisées et le développement progressif est difficile à maintenir. Il n’est pas rare de le voir se plaindre que tout le monde est contre lui, que personne ne l’appuie ou bien qu’on le met de côté. Il aborde parfois les siens avec certains gestes d’autoritarisme qui, plutôt que de montrer son assurance, mettent davantage en évidence sa faiblesse.

Voici, donc, quelques-unes des déformations les plus typiques de l’image vraie du dirigeant. Comme nous l’avons déjà dit, peut-être ne les trouverons-nous pas sous la même forme dans la réalité. Si nous avons exagéré en les décrivant, cela a été pour souligner les possibles déviations, afin de pouvoir les identifier et les éviter. Cela devrait nous protéger d’une conception erronée quant à la nature de la charge de dirigeant et, en même temps, nous orienter –par contraste– vers l’image vraie du dirigeant schoenstattien.

4. L’image du dirigeant schoenstattien

4.1. Le Bon Pasteur: idéal achevé de tout dirigeant

Le vrai dirigeant doit tourner ses yeux vers Celui qui est son idéal incarné: Jésus, le Bon Pasteur.

Quiconque reçoit une charge communautaire de responsabilité, qui le met en quelque sorte à la tête des siens, devra regarder Celui qui est la Tête: Le Christ Jésus. Toute responsabilité de chef dépend de lui et trouve en lui son prototype et son idéal achevé.

C’est bien ce que notre Père fondateur a fait. Il a constamment recours à l’image du Bon Pasteur pour expliquer l’idéal du dirigeant schoenstattien.

Ainsi donc, nous allons le laisser parler, lui-même. Nous transcrivrons ensuite, jusqu’à la fin de ce chapitre, un exposé fait lors d’un cours pédagogique –fin 1949– à Polésine, Brésil. En cette occasion-là, le Père Kentenich avait parlé en latin, alors que le manuscrit que nous possédons est écrit en portugais. Nous y avons fait quelques corrections de style afin d’en faciliter la compréhension. Le Père Kentenich avait dit:

L’objet auquel nous voulons consacrer nos forces est le Mouvement Apostolique de Schoenstatt. Nous disons, et nous le répétons à nouveau, qu’une telle Œuvre est surtout une Œuvre d’éducation, un Mouvement d’éducation. Par conséquent, quiconque travaille au Mouvement doit être un éducateur. Or, nous n’allons pas y parvenir de nous-mêmes. Nous avons besoin d’une grâce immense: la grâce de l’éducation. C’est pourquoi nous avons recours à Marie, les mains ouvertes, pour implorer d’elle ce don, en lui disant: accorde-nous la grâce, le charisme de l’éducation.

Quel est le but auquel cette grâce tend? La réponse en est fort simple: nous voulons imiter le Christ. Le Christ est l’éducateur suprême, le Bon Pasteur. Pour cette raison, si en général nous espérons la grâce de la transformation dans le Christ, maintenant nous l’espérons comme une grâce de transformation dans le Christ Bon Pasteur, dans le Christ bon éducateur.

Nous sommes appelés à devenir des apôtres par excellence. Quelques-uns doivent, même, éduquer d’autres pasteurs: nous devons tous –et nous le pouvons aussi- devenir de bons pasteurs. Nous l’avons souvent affirmé: le Mouvement de Schoenstatt n’est pas seulement un mouvement d’éducation, mais c’est plutôt un mouvement d’éducateurs. Et, si nous tous devons être des éducateurs par excellence, quand réussirons-nous à le devenir? À partir du moment où nous parviendrons à revêtir l’image du Bon Pasteur. De là que nous nous posions la question suivante:

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