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EPUB 3.2: Concevez des eBooks modernes et accessibles
EPUB 3.2: Concevez des eBooks modernes et accessibles
EPUB 3.2: Concevez des eBooks modernes et accessibles
Livre électronique757 pages7 heures

EPUB 3.2: Concevez des eBooks modernes et accessibles

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À propos de ce livre électronique

Mise à jour de l'ouvrage précédent "EPUB 3.0, Concevez et réalisez des eBooks enrichis", ce livre reprend, en les développant, l'ensemble des spécifications de la toute dernière version EPUB 3.2.
Les différentes techniques de mise en pages complexes, en cours de développement ou expérimentales sont expliquées et commentées afin de se faire une idée des nouvelles orientations préfigurant peut-être le futur de la version 4.
Les nouveaux concepts de l'accessibilité, maintenant obligatoires par l'European Accessibility Act, sont intégrés et expliqués au travers d'exemples pratiques WCAG et WAI-ARIA ou issus des bonnes pratiques.
Modernité et accessibilité, tels sont les nouveaux défis de l'édition numérique.
LangueFrançais
Date de sortie21 juil. 2020
ISBN9782322263738
EPUB 3.2: Concevez des eBooks modernes et accessibles
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Auteur

Landry Miñana

Les aventures dans lesquelles, Landry Miñana nous emmène sont parsemées d'anecdotes historiques glissant dans le fantastique sur un fond de vérité qui ne laisse jamais indifférent. Friand de fantastique et curieux par nature, c'est avec légèreté qu'il nous emmène là où il pourra mieux nous surprendre et nous bluffer, non sans quelques pointes d'humour dans ses enquêtes et aventures. Des bons moments à savourer...

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    Aperçu du livre

    EPUB 3.2 - Landry Miñana

    Sommaire

    PRÉAMBULE

    INTRODUCTION

    LA NOTION DE LIVRE NUMÉRIQUE

    Le livre numérique et le livre application

    La guerre des formats

    L'accessibilité

    L'EPUB AU FIL DES VERSIONS

    Les origines

    Un format de standards

    La version EPUB 2.0.1

    Les apports de la version 3.0

    L'ACCESSIBILITÉ

    Handicap ou besoin ?

    Concept d'accessibilité universelle

    Publications inclusives ou adaptées ?

    La normalisation du Web

    L'ORGANISATION D'UN FICHIER EPUB

    Caractéristiques générales

    Structure de base

    LE DOSSIER META-INF

    container.xml

    encryption.xml

    manifest.xml

    metadata.xml

    rights.xml

    signatures.xml

    LE DOCUMENT DE NAVIGATION

    Le dossier de publication OEBPS

    Le document de navigation : toc.xhtml

    LE FICHIER PACKAGE CONTENT.OPF

    L'élément racine < package >

    Les enfants du < metadata <;

    Le manifeste de l'ouvrage < manifest >

    L'ordre des pages avec < spine >

    VARIANTES DE MISE EN PAGE

    Fixe ou reflow, le paramètre [rendition:layout]

    La restitution du flux : [rendition:flow]

    L’orientation avec [rendition:orientation]

    Les doubles-pages : [rendition:spread]

    Le Viewport

    Récapitulatif des mises en pages

    TECHNIQUES DE MISE EN PAGE AVANCÉES

    Responsive Design versus Adaptative Design

    Css Grid et Flexible Box Layout

    Colonnage multiple avec CSS

    Les régions CSS

    La mise en page adaptative pour EPUB

    La navigation basée sur les régions

    Les propriétés CSS préfixées

    Les feuilles de styles CSS alternatives

    Le module de mise en page paginée

    LA DESCRIPTION D'IMAGES & TEXTES ALTERNATIFS

    Préalable

    points à respecter

    Exemples de descriptions commentées

    Logigramme d'aide à la décision

    ÉTIQUETAGES SÉMANTIQUES

    Éléments de sémantique

    TECHNOLOGIES AUTOUR DU HTML

    Syntaxe et particularités HTML 5

    Les balises classiques

    Les tableaux

    Les éléments interactifs

    Les balises et < embed >

    Éléments multimédia

    Les éléments MathML

    Les documents SVG

    LES DOCUMENTS MEDIA OVERLAYS

    La technologie SMIL

    La synchronisation des médias

    Référencement dans le manifeste

    Text-to-Speech

    SCRIPTS ET API JAVASCRIPT

    L’utilisation des scripts

    L'objet epubReadingSystem

    Les API JavaScript du HTML 5

    Notes sur l'utilisation des scripts

    CAS PRATIQUES

    Les noms de fichiers

    Les entêtes de pages XHTML

    La structure de page

    Les citations courtes

    Les citations longues

    Les apartés ou encadrés

    Images et graphiques

    Les notes et renvois de notes

    Les liens

    Les marqueurs de pages

    Les listes

    La bibliographie

    Le glossaire

    Les indexes

    Les définitions

    Les abréviations et acronymes

    Les interviews

    Langue des passages et expressions

    Les œuvres

    Les pages auteur

    Les tableaux

    Exemples d'usage sémantique

    Exemples d'images informatives

    Images Awesome

    ANNEXES

    Segmentation d'un ouvrage

    Classification d'éléments HTML 5

    Correspondance [epub:type] et [role]

    EPUB Core Media Types

    Sélecteurs CSS

    MARC Code List

    Scripting

    Conformité au WCAG

    GLOSSAIRE

    RESSOURCES

    INDEX

    Préambule

    La première version de cet ouvrage est parue en 2014 aux éditions Pearson sous le titre EPUB 3.0, Concevez et réalisez des eBooks enrichis. Elle avait pour objectif de présenter l’ensemble des spécifications de la version EPUB 3 et de regrouper au sein d’un même livre, toutes les informations disséminées sur la toile pour en faire une sorte de référence ou plutôt un guide pratique.

    Cette nouvelle publication a voulu, cette fois, mettre l’accent sur l’accessibilité et présenter les dernières évolutions EPUB tout en indiquant les bonnes pratiques. Comme la version précédente, la lecture de ce livre nécessite de connaître à minima le langage HTML et CSS. Toutes les autres notions abordées au fil des chapitres seront expliquées ou commentées. Cependant ce livre ne sera en aucun cas une formation à ces notions.

    Pour éviter toute confusion, le terme ebook désigne de manière générale un livre numérique, quel que soit son format. Celui-ci peut être au format EPUB, Kindle ou PDF ou autre. Communément, ces livres pourront être désignés par le nom de leur format à savoir EPUB, PDF ou de leur appellation officielle. À ce titre Amazon préconise l’emploi du terme « Livre Kindle » pour désigner les ebooks Kindle et le nom Kindle regroupe les formats KF8, KFX et Mobi.

    Le terme liseuse désigne un matériel dédié à la lecture d’ebooks. Il s’agit généralement de tablettes mono fonction à encre électronique, c’est-à-dire avec un affichage en nuances de gris, sans écran rétro éclairé. Elles peuvent être connectées à internet, à des librairies électroniques et leur coût est relativement plus faible que celui des tablettes. Souvent dotées d’un système d’exploitation fermé, bridé ou dédié, on trouvera les marques Kindle, Kobo, Moos, Tea... De plus en plus, ces liseuses tendent à ajouter plus de fonctionnalités afin de concurrencer le marché des tablettes et affichent aussi sur écran couleur.

    Les tablettes sont des matériels multifonctions permettant la lecture d’ouvrages numériques en plus de leur capacité à gérer les mails, surfer sur internet, lancer des applications (jeux, production, GPS, etc.). Les tablettes sont généralement dotées d’un écran couleur rétro éclairé, d’un système d’exploitation évolué (iOS, Android, Windows) et sont affichées à un prix plutôt élevé (Apple iPad, Samsung, Hp, Asus, etc.).

    Les smartphones. Ce sont des matériels que l'on peut assimiler à des ordinateurs ou des tablettes qui possèdent en plus la fonction téléphone, ou réciproquement.

    Les liseuses, smartphones ou tablettes utilisent une application spécifique pour la lecture des ouvrages. Dans le cas des liseuses, cette application est visible et omniprésente et peut faire partie du système d’exploitation. Pour les autres supports, il s’agit d’une application supplémentaire indépendante du système d’exploitation, soit livrée nativement, soit téléchargée par l’utilisateur.

    Sauf cas particulier, les termes de liseuses et tablettes désignent les matériels. Le terme application de lecture désignera la brique logicielle permettant la lecture des livres numériques, indépendamment qu’il s’agisse de liseuses, de tablettes, d’ordinateurs ou de smartphones.

    Les livres Apple sont désignés sous le terme iBook, tandis que l’application de lecture embarquée sur iPad ou iOS se nomme iBooks (notez le S à la fin). Avec la sortie de l’iOS12, Apple a décidé de modifier le nom de son application en l’appelant dorénavant Apple Books, ce qui n’enlève rien à la confusion déjà existante.

    Enfin, un lecteur d'écran est une application ou logiciel d'assistance permettant de transcrire par synthèse vocale ou afficheur (réglette) braille, le contenu d'un écran. Il est généralement destiné aux personnes « empêchées de lire » (non-voyantes, fortement malvoyantes, dyslexiques, dyspraxiques…) et agit comme une interface entre l'utilisateur et le contenu. Il peut être intégré au système d'exploitation (VoiceOver sous Mac ou Narrateur sous Windows) ou se présenter comme un logiciel supplémentaire à télécharger (JAWS, NVDA, Orca, etc.) ou un plugin.

    Avertissement

    Attention, la fusion récente entre l’IDPF et le W3C engendre des modifications dans le nommage des adresses des documents cités. À ce jour, les mouvements de documentations sont toujours en cours et il est possible que certaines adresses utilisées dans cet ouvrage ne soient plus exactes dans l’avenir et que certains sites soient purement abandonnés.

    Convention d'écriture

    Les éléments techniques sont toujours spécifiés de manière spécifique et bénéficient d'une convention d'écriture propre :

    − balises ...............................................................................................

    − attributs ................................................................................................. [title]

    − attribut avec une valeur ....................................................... [title=mon titre]

    − valeur, propriété, nom de fichier etc. ................................................ propriété

    − valeur, propriété, etc. par défaut (en gras) ......................................... propriété

    − propriété dans une feuille de style ............................................ {display:none;}

    Introduction

    Le format EPUB 2, ou plus précisément sa version EPUB 2.0.1, a envahi le paysage littéraire et surtout le livre « noir », c’est-à-dire le roman. Particulièrement bien adapté aux publications simples et aux petits écrans, il offre une lecture confortable en permettant au lecteur d'adapter la mise en page : grossissement des caractères, substitution de polices, modification de l'interlignage, du fond… En outre, il se présente comme un format particulièrement pratique et facile à fabriquer.

    Malheureusement, l'EPUB 2 permet pas de réaliser une mise en page complexe et affiche les éléments dans un seul flux. Les pages forment alors un déroulé de paragraphes, de tableaux et d'images mis les uns à la suite des autres.

    Du côté de l'éditeur, celui-ci est frustré car il n'a pas la garantie que son livre sera affiché tel qu'il l'avait prévu, la mise en page étant dépendante du matériel de lecture et des choix du lecteur.

    Enfin, bien que techniquement possible, l'intégration de polices de caractère, de fichiers audio ou vidéo ¹ et d'interactivité grâce aux scripts était interdite, jusqu'à la version EPUB 3 qui permettra de réaliser des livres enrichis ².

    Du côté des éditeurs d'applications, ce fut la ruée vers l'or ! Quantités d'applications de lecture compatibles EPUB 2 ont vu le jour avec plus ou moins de bonheur ou d'efficacité mais rarement francophones. Par contre l'or n'a pas été au rendez-vous car parallèlement à ceci, les habitudes des internautes se sont modifiées : les applications gratuites sont téléchargées massivement, les applications payantes ne sont téléchargées qu'à des prix inférieur à 6 euros voire 10 euros mais au-delà plus rien ! Dans ces conditions, une application de lecture devient difficilement rentable.

    La version EPUB 3 a été une évolution majeure puisqu'elle a permis d'introduire ce qu'il manquait à son prédécesseur : intégration du multimédia, des polices de caractères, des possibilités de mise en page plus riches avec l'arrivée de la mise en page fixe ³ et l'interactivité par les scripts.

    Cependant malgré ces avantages, l'EPUB 3 a du mal à s'imposer chez les utilisateurs. Après la version 2 de l'EPUB, les éditeurs d'applications sont aussi devenus très frileux et ne se sont pas précipités, cette fois, pour réaliser des applications de lecture compatibles.

    Ainsi il existe peu d'applications de lecture compatibles et toutes n'intègrent pas correctement ou en totalité les spécifications EPUB 3. Aux yeux de l'utilisateur au contraire d'un fichier PDF, l'EPUB reste quelque chose de technique.

    En effet, plus personne ne se préoccupe aujourd'hui de savoir comment ouvrir un fichier PDF, les outils nécessaires à la lecture sont déjà pré-installés sur nos machines ⁴ mais il n'en est pas de même pour l'EPUB ⁵ !

    En parallèle, le secteur de l'édition voyant un intérêt particulier à capter son lectorat, s'est mis à jalouser le succès d'Amazon. C'est ainsi que sont apparues des applications sous label éditeur, compatibles EPUB 3, directement chaînées à leur propre librairie et incorporant des DRM ⁶ tout azimut.

    Le prix des livres numériques est aussi resté accroché à la règle ⁷ des 30% ce qui en fait un produit cher et en décalage avec le comportement d'achat de la plupart des internautes.

    Du côté de sa fabrication, à moins de posséder des collections simples et figées ainsi qu'une chaîne éditoriale totalement automatisée, il faut passer par la PAO. Or, aucun outil n'est capable de réaliser des d'EPUB 3 conformes sans que quelqu'un n'y mette un peu les mains et améliore le code en post-production.

    Pourtant l'EPUB 3 possède certaines qualités indéniables dans un domaine plutôt méconnu, celui de l'accessibilité. C'est pour cette raison qu'il tend à s'imposer comme format numérique de référence pour le livre.


    1 Certains ont essayé d'élaborer des EPUB 2 hybrides intégrant audio, vidéo et scripts mais ceux-ci étaient seulement compatibles iPad et dans tous les cas, hors norme.

    2 Les livres enrichis, parmi lesquels on peut ranger les livres à réalité augmentée, ne rencontrent pas l'engouement du public et ciblent plus précisément le jeune public.

    3 Appelée aussi fixed layout ou fixed ou encore FL.

    4 Actuellement, les navigateurs internet intègrent nativement des extensions ou plugin permettant d'ouvrir et lire les documents PDF. L'utilisateur n'a plus besoin d'aller chercher un logiciel pour lire ses PDF ou de rechercher des extensions, le navigateur les possède déjà.

    5 Microsoft Edge est installé nativement sur Windows 10 et permet la lecture des EPUB mais il ne prend pas en charge le JavaScript. Sous Windows 7, Edge ne gère pas les EPUB.

    Côté Apple, l'application iBooks est installée nativement depuis quelques versions et reste pour l'instant la plus performante bien qu'imparfaite...

    Sur Android, Google Play livre permet de lire les EPUB mais son utilisation est peu pratique parce qu'elle oblige à déverser au préalable l'EPUB sur le site internet.

    6 DRM, Digital Rights Management, restrictions ou mesures techniques de protection ayant pour objectif de contrôler l'utilisation des œuvres numériques, par exemple l'interdiction de copie, de lecture sur d'autres appareils, du prêt, temps limite d'utilisation, etc.

    7 Plusieurs organismes ou éditeurs ont estimé que le coût du livre numérique correspondait à -30% de celui de l'imprimé. Dans la réalité, les prix varient entre -20 et -30% mais toujours supérieur au prix du Livre Poche. L'absence de coût de stockage et la souplesse du Print on Demand, ont-elle été pour autant prises en compte ?

    1

    La notion de

    livre numérique

    Le livre numérique et le livre application

    Ce qui caractérise un livre c'est sa nature structurelle ⁸ : il possède un début et une fin ! Cela se complique lorsque l'on aborde le domaine du numérique. En effet, il est tout à faire possible de personnaliser les scénarios ⁹ à la demande du lecteur ou d'emprunter tour à tour la vision des différents personnages de l'histoire. Des projets de création de textes selon un profil utilisateur grâce à l'intelligence artificielle (IA) sont même en cours d'essai. On arrive alors à la frontière entre le livre numérique et le livre-application.

    Les livres numériques et les livres-applications répondent à des objectifs différents et utilisent des techniques tout aussi différentes. En fait, le livre numérique n’a pas le droit d'accéder aux éléments du support matériel, par exemple il ne lui est pas permis de composer un numéro de téléphone.

    Le livre-application, lui, est dépendant des capacités techniques du système d’exploitation. Il a accès aux composantes techniques du matériel – la tablette ou le smartphone. Il peut composer un numéro de téléphone si l’appareil en est capable, ou s’il bénéficie d’autorisations pour le faire.

    Bref, ce que vous ne pouvez pas faire avec un livre numérique, vous pourrez certainement le faire avec un livre application.

    Cependant, l'utilisation du script et de l'interactivité permet à un livre numérique d'accéder, dans ce domaine tout au moins, à des capacités proches de celui du livre-application. Le coût de fabrication du livre numérique augmentera tout de même de manière conséquente.

    Livres numériques et livres-applications sont donc deux choses différentes. Les seconds possèdent des coûts de réalisation bien plus importants – assez voisins de ceux que l’on rencontre pour la fabrication de logiciels puisqu'il faut concevoir à la fois le « contenant » et le « contenu ». Néanmoins, ils permettent de mettre en scène plus d’imaginaire, plus d’originalité. Ils représentent une autre expérience de lecture plus éloignées de la lecture classique d'un livre.

    Aujourd'hui la tendance à la mode est d'intégrer un peu de réalité augmentée ou virtuelle au livre. Il est possible de scanner une page de livre avec une application spécifique fournie par l'éditeur pour voir apparaître sur l'écran du smartphone ou de la tablette, toute sorte de composantes graphiques animées ou non, ou interactives. Si encore une fois, l'idée peut séduire, l'intérêt applicatif reste encore flou et le public très distant bien que fasciné.

    La guerre des formats

    En 2009, il était recensé des dizaines de formats différents utilisant des technologies empruntées au HTML (HyperText, Palm, Mobipocket, Microsoft Lit, Amazon, IDPF, Libris, etc.), au mode texte (SSReader, Texte, Postscript, Foundex, etc.), au XML (TEI Lite, Fiction Book, Argos, Open Book, etc.) ou encore à des formats propriétaires (Adobe Portable Document – PDF, Sony média, etc.).

    Chaque fabricant d'appareil choisissait de porter ou non telle ou telle technique sur son matériel sans penser à diffuser du contenu, ni à le promouvoir véritablement. Ils jugeaient certainement que la notoriété seule du matériel suffirait à générer un engouement de la part des éditeurs et des utilisateurs. Aucun format ne pouvait donc s'imposer ! Du coup, il n’était pas possible pour l’édition numérique d’arriver à maturité faute d’une offre cohérente et conséquente.

    C’est la librairie Barnes & Noble ¹⁰ qui a lancé la première l’offensive sur le livre numérique en offrant un concept marketing innovant basé sur une liseuse relativement bon marché, couplée à leur librairie numérique dotée pour l’occasion d'une offre généreuse d'ouvrages… numériques.

    Le succès commercial de Barnes & Noble fut immédiat. Ils furent suivis dans la foulée par Amazon, qui reprit le concept, puis par Apple avec le succès commercial de l’iPad que l'on sait.

    Aujourd’hui, parmi les formats utilisés, il ne reste plus que les formats Kindle (Amazon, regroupant AZW, Mobi, KF8 et KFX), PDF (Adobe) et EPUB ¹¹ (IDPF). Quelques formats exotiques subsistent encore pour des publications marginales ou spécifiques mais ils sont voués à disparaître.

    Plus spécifiquement, pour les comics, manga et bandes dessinées, on trouvera plus fréquemment les formats CBA (Comic Book Archive avec une multitude d'extensions : .cbe, .cbr ,cbz, .cb7…) qui peuvent être assimilés à des fichiers ZIP contenant les pages-images de la BD imprimée.

    On les trouve aussi au format PDF et, de façon plus marginale, en EPUB 3 ou livres Kindle. À noter quand même que la très grande majorité des mangas publiés au Japon le sont au format EPUB.

    Focus sur la bande dessinée

    Les types de lecture possibles d'une BD numérique sont à la page, à la case, par défilement automatique (zooms forcés et automatiques…) et nécessitent des applications de lecture spécifiques.

    Comme il s'agit principalement d'images, on trouve maintenant des bandes dessinées dans des formats plus standards : PDF, EPUB.

    Il existe aussi des versions plus évoluées mais aussi plus rares, qui intègrent des animations et le multimédia.

    Le consortium W3C pense intégrer dans le futur format EPUB 4 de nouvelles fonctionnalités propres à la réalisation et la lecture de la bande dessinée qui tentent de répondre à l'exigence des auteurs BD sur le numérique.

    En 2017, une annonce ¹² a fait l'effet d'une bombe : le consortium IDPF ¹³ fusionnait avec le consortium W3C et lançait le terme de Publishing@W3C. Cette fusion présentée comme une avancée majeure et visionnaire, a soulevé bon nombre de critiques et certains y ont vu la fin du livre numérique. Quoiqu'il en soit, il semblait logique que l'EPUB épouse les contours du Web puisqu'il en utilise la technologie.

    Cependant là n'est pas tant le problème. Souvenons-nous, il y a à peine dix ans, nos déboires avec les navigateurs qui intégraient les standards du Web, chacun à leur manière. Un vrai casse-tête pour les concepteurs Web !

    Aujourd'hui seule une poignée de navigateurs monopolisent le marché, tous chapeautés par des géants du Web. Ils peuvent donc aisément suivre les sempiternelles variations de spécifications du W3C – ils en ont les moyens et les ressources.

    Ce qu'il faut craindre, c'est que les applications de lecture ne puissent pas suivre au même rythme que le W3C. D'ailleurs, la prise en charge des spécifications EPUB étant tellement variable d'une application à une autre qu'il est impossible de savoir si la mise en page d'un EPUB sera respectée partout.

    Depuis cette annonce, il existe un certain flottement dans les évolutions du format. Le projet EDUPUB ¹⁴, par exemple, s'est retrouvé pour le moment gelé (aucune évolution depuis 2016), le site epubzone.org ¹⁵ a été abandonné sans prévenir et le futur format EPUB 4, tant annoncé, est devenu subitement discret ¹⁶. On parle même de rétropédalage avec la version 3.2.

    Le conseil à suivre serait donc, comme pour toute nouveauté, de ne pas se précipiter. Il est toujours plus efficace d'utiliser ce qui a fait ses preuves, c'est un gage de pérennité et de compatibilité !

    L'accessibilité

    Pourquoi s'intéresser à l'accessibilité ? En fait, l'accessibilité est avant tout un droit humain, comme l'a d'ailleurs entériné l'ONU dans la convention relative aux droits des personnes handicapées de 2006, ratifiée par la France en 2010… Elle permet aussi de diminuer l’exclusion de la population à l’accès à l’information, la culture, la formation, aux droits, etc. Et enfin, elle touche tout le monde (baisse de l’acuité visuelle, auditive, altération de la dextérité dues à l’âge, au handicap lié aux événements de la vie, etc.).

    Mais qu'est-ce qu'un produit accessible ? EDItEUR en donne cette définition : « Produit qui offre une expérience utilisateur la plus souple possible, pour tous les lecteurs en permettant à l’utilisateur, handicapé ou non, d’accéder au contenu et de le manipuler facilement. »

    Un produit accessible est donc quelque chose qui profitera à tout le monde puisque chacun de nous peut être confronté au handicap de manière ponctuelle, permanente, figée ou bien évolutive.

    On estime à 730 millions voire 1,5 milliards, les personnes concernées par le handicap dans le monde. Pour l'Europe, nous serions 120 millions et 12 millions pour la France. Plus concrètement en France, 300 000 élèves de cycle 1 ou 2 sont concernés, le daltonisme touche environ 3 millions de personnes, 60 à 65% des personnes âgées souffrent de handicap après 60 ans et pourtant seulement 5 à 10% des publications annuelles font l'objet d'adaptations pour être accessibles.

    La commission européenne a estimé que le marché de l'accessibilité représentait pas moins de 400 milliards d'euros. Elle indique d'ailleurs dans sa note d'analyse d'avril 2016 :

    « […] le manque de coordination entre les États membres entrave la concurrence et la libre circulation des biens et des services accessibles, […] entravé par l'insécurité juridique et le manque d'information […] ce qui rend les consommateurs peu enclins à procéder à des achats transfrontaliers ou les empêche de le faire. Ainsi, les entreprises passent à côté de possibilités de part de marché, tant sur le plan des exportations que sur le plan des consommateurs. […] Les personnes handicapées sont exclues des avantages du marché intérieur en termes de prix, de choix et de qualité (AI, p. 17 et 18). »

    Dans la conclusion d'un mémo du 2/12/2015 publié uniquement en langue anglaise, la même commission européenne écrivait alors :

    "Finally, the Directive is expected to have a positive impact on public budgets. By bringing more people with disabilities to education and jobs, as well as by allowing older people to have longer working lives, the proposal will enable them to be active citizens and tax payers. It can thus reduce dependency and pressure on pensions and public budgets." Pour résumer et en français, la commission estime qu'en réalisant une société accessible c'est à dire sans exclusion, ses citoyens seront actifs plus longtemps et paieront des taxes plus longtemps ce qui contribuera à diminuer la pression sur les budgets octroyés au handicap et les pensions – CQFD.

    Avant tout, rendre les choses accessibles c'est surtout faire preuve d'ouverture d'esprit et de bon sens. D'ailleurs, le courant actuel est de ne plus parler de handicaps mais de besoins, ce qui est plus cohérent, et de toucher le plus grand nombre. Mais n'est-ce pas là le but ultime d'un livre ?

    Figure 1.1. Les notions d'exclusion, ségrégation, intégration et inclusion en société


    8 Il s'agit bien de structure et non de contenu, puisque certains romans contemporains peuvent très bien ne posséder aucune fin ni aucun début et pourtant ce sont bien des livres.

    9 À noter l'initiative de Adrenalivre, qui offre une plateforme d'écriture proposant des livres interactifs et non linéaires. Plus d'information sur www.adrenalivre.com.

    10 Barnes & Nobles, la tablette Nook : www.barnesandnoble.com

    11 EPUB est l’acronyme de Electronic PUBlication ou publication électronique. C’est le format ouvert et standardisé proposé au départ par l'International Digital Publishing Forum (IDPF).

    12 Communiqué de presse sur www.w3.org/2017/01/pressrelease-idpf-w3c-combinaition.html.fr qui malheureusement n'est plus disponible.

    13 IDPF, acronyme pour International Digital Publishing Forum, consortium international à l'origine de l'EPUB et de son développement.

    14 Dernière publication en 2016 en mode brouillon (draft) : www.idpf.org/epub/profiles/edu/spec

    15 L'adresse epubzone.org est fonctionnelle mais visiblement elle a été rachetée par un quidam qui essaye de profiter de sa notoriété et qui n'a plus rien à voir avec l'édition numérique.

    16 D'abord annoncé en version 4, le site de W3C a affiché des spécifications (en draft) d'une version EPUB 3.2 : www.w3.org/blog/2018/04/why-specs-change-epub-3-2-and-the-evolution-of-the-ebook-ecosystem/. La page a été depuis effacée.

    2

    L'EPUB au fil des

    versions

    Depuis son avènement, le format EPUB a évolué et continuera encore d'évoluer. Ainsi depuis l'apparition de l'EPUB 3 coexistent plusieurs versions (3.0, 3.01 et 3.1) incorporant à chaque fois des changements mineurs ou des régressions comme dans la version 3.2, en attendant une future version 4.

    Les origines

    Le format EPUB tient ses origines du format d'échange OEBPS (Open EBook Publication Structure) de 1999 développé par l'Open eBook Forum.

    Le format OEBPS se basait sur les techniques Web de l'époque à savoir XML, HTML 4, CSS 1 et CSS 2, les métadonnées du Dublin Core et les types MIME. Cependant, le choix avait été fait de ne sélectionner que certains des éléments de ces spécifications. Ainsi par exemple, il n'incluait qu'une partie des éléments CSS 1 et CSS 2. Ce format normalisait l'incorporation des fichiers JPEG et PNG. Il a été décliné en version 1.0, 1.1 (juin 2001) puis 1.2 (août 2002). C'est d'ailleurs cette dernière version qui a donné naissance à l'EPUB en se basant sur l'XHTML 1.1 et le CSS 2.1.

    Il est intéressant de savoir qu'un bon nombre d'éléments de l'OEBPS a été conservé dans les évolutions ultérieures. À l'époque, il était déjà question d'accessibilité puisque celle-ci avait été intégrée dans la norme Digital Talking Book (DTB) gérée par le National Library Service for the Blind and Physically Handicapped (NLS). On en retrouvera des traces par la suite dans les spécifications pour les livres DAISY.

    En 2005, l'Open eBook Forum devient l'IDPF (International Digital Publishing Forum) et continue de faire évoluer le format OEBPS. Mais c'est surtout en mai 2010 que l'IDPF publiera les spécifications de la version EPUB 2.0.1. Viendra par la suite en octobre 2011 la version EPUB 3.0 remplacée en juin 2014 par l'EPUB 3.0.1.

    L'IDPF deviendra plus ambitieuse et publiera en janvier 2016 les spécifications de la version EPUB 3.1. Cependant les avancées techniques inclues dans cette version ne seront guère utilisées dans les livres numériques et le changement de version précipitera son échec. En plus, l'outil de validation epubCheck du consortium n'avait pas été mis à jour et il était donc impossible pour un éditeur de valider son livre numérique dans ce format, ce qui n'arrangeait rien.

    La catastrophe fut telle que les spécifications de la version EPUB 3.1 ont disparu du menu du site de l'IDPF, à croire qu'elles n'ont jamais existé ¹⁷. Ceci a bien évidemment stoppé les travaux sur la future version 4 et entre-temps, en 2017, le consortium IDPF ¹⁸ a fusionné avec le W3C.

    C'est dans ce contexte que Makoto Murata et Garth Conboy en sont venus à proposer d'annuler certains changements de l'EPUB 3.1 pour en définitive proposer une mouture 3.2.

    Finalement epubCheck 4.20 est apparue en 2019 intégrant les spécifications EPUB 3.2 bien qu'encore en cours de développement. C'est à partir de mai 2019 qu'ont été publiées les spécifications officielles de la version EPUB 3.2.

    Un format de standards

    Le format EPUB a été le grand victorieux de la guerre des formats. C’est un événement d’autant plus remarquable que celui-ci n’est pas issu d’un « fabricant » comme pour les formats PDF, PRC, AZW, MOBI et KF8. Depuis le consortium IDPF ¹⁹ a beaucoup travaillé à le structurer et le standardiser.

    L'EPUB tend à s’imposer pour plusieurs raisons. D’abord, il est basé sur des techniques éprouvées et répandues issues du Web (XML, SVG, XHTML, etc.) ce qui permet de trouver facilement une main d’œuvre compétente à laquelle il ne manque qu'un minimum de connaissances spécifiques à l'édition numérique. En plus, l’usage massif des techniques du Web, assure que bon nombre d’appareils intègrent déjà ces technologies ce qui le rend plus aisément transférable et portable. Ensuite, si on considère que tout ce qui tourne autour du Web est en constante évolution, on peut dire que le format EPUB bénéficie de perspectives d’évolutions et d’une souplesse technique incomparables. Enfin, il est totalement indépendant car il n'est lié à aucun format propriétaire.

    On comprends mieux la logique de rapprochement entre l'IDPF et le W3C.

    Pour finir, le format EPUB a obtenu le titre de standard ²⁰ ce qui lui confère une grande fiabilité et une pérennité certaine. Par ailleurs, le consortium DAISY a même indiqué qu’il préférait le format EPUB à ses propres formats pour l'accessibilité.

    La version EPUB 2.0.1

    Revenons quelques instants sur ce format que la version EPUB 3 reprend pour l'essentiel.

    Comme nous l'avons dit en introduction, les ouvrages réalisés en EPUB 2.0.1 sont des livres numériques qui contiennent essentiellement du texte et des images, mis les uns à la suite des autres dans un même flux. Leur mise en page est relativement pauvre. Cependant, ils possèdent un mode d’affichage proche de celui d’une page Web, c'est-à-dire qu’ils peuvent s’afficher en s’adaptant à l’écran du matériel, on parle alors de mise en page adaptable ²¹, redistribuable ou mode reflow. Ainsi l'utilisateur, selon les capacités de l’application de lecture de son matériel, va avoir la possibilité, par exemple, d’augmenter la taille du texte pour son confort personnel. La mise en page de l’ouvrage s’adaptera à ses exigences. Il pourra aussi faire varier la couleur du fond de page, la couleur du texte, l'interlignage, parfois l'interlettrage et bénéficier dans certains cas d’un zoom sur les images ²².

    Il n’est pas aberrant de dire qu’un livre EPUB est grosso modo un site Web basique doté d’une table des matières et de liens entre les pages. Mais il ne sera pas question d’intégrer des polices de caractères, des vidéos, de l'audio ou de l’interactivité (par l’intermédiaire des scripts) puisque la norme l'interdit.

    En conséquence les applications de lecture, n’ont pas intégré ces technologies et le marché de l'édition numérique s'est orienté principalement vers le livre noir, c'est-à-dire les romans, la littérature classique, les ouvrages de droit, les essais […]. En fait tout ce qui possède une mise en page simple et sobre. Évidemment, de ce point de vue, il est préférable d’utiliser un fichier PDF, pour réaliser des œuvres plus fortement imagées ou dont la mise en page est plus complexe car le PDF permet une mise en page à l'identique de l'imprimé et son utilisation est « standardisée » (malgré le fait qu’il s'agisse d'un format propriétaire).

    En revanche le fichier PDF sera incapable de s’adapter à l’affichage de l’écran ²³ : sur un smartphone, il faudra constamment grossir l’affichage, ce qui est plutôt pénible. En règle générale, on peut dire que le livre EPUB propose un meilleur confort de lecture pour ce type d'ouvrages.

    Le format EPUB 2.0.1 est abandonné au profit de l'EPUB 3. L'IDPF avait déjà annoncé, avant son rapprochement avec le W3C, de ne plus vouloir maintenir le support technique de la version 2 et indique « Aujourd'hui, il n'y a aucune raison d'utiliser l'EPUB 2 et hier, il était déjà grand temps de commencer à produire en EPUB 3 ! »

    Pas de panique, ce qu'il était possible de faire en EPUB 2 est toujours possible en EPUB 3. L'EPUB 3 offre cependant plus de fonctionnalités et la possibilité de bénéficier, si on le souhaite, de la mise en page fixe ou fixed-layout (FL). Le format EPUB 2.0.1 est mort, longue vie à l'EPUB 3 !

    Les apports de la version 3.0

    Premier changement qui n'en est pas un, mais qui

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