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Conjuration

Conjuration

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Conjuration

évaluations:
4/5 (1 évaluation)
Longueur:
142 pages
1 heure
Éditeur:
Sortie:
Oct 17, 2020
ISBN:
9781071570104
Format:
Livre

Description

Table des matières
Introduction
PERSONNALITES ESOTERIQUES
OBJETS ET ELEMENTS DE CONJURATION
GRIMOIRES & LIVRES DES REVES
Racine HIGH JOHN THE CONQUEROR
La patte de lapin
Les morts
Os de chat noir
Serpents
Sachets et mains de conjuration, mojos & grigris
Bouteilles & gourdes
SIGILS & ECRITS SACRES
Danses
Lieux
Encens
Bougies
Poudres
SORTS D'ANTAN
SORTS D'AMOUR
Poudres d’amour
Attirer un nouvel amour
Attirer une certaine personne
Fidélité
Mariage
Éliminer les rivaux amoureux
Récupérer des amants perdus
SORTS D'ARGENT
Gagner aux paris
Succès commercial
Pour attirer l'argent
Obtenir un travail
Chasse au trésor
Sorts criminels, juridiques et légaux
Pour gagner un procès
Échapper aux problèmes légaux
Sortir de prison
Éviter la capture
Obtenir justice
MALEFICES, SORTS NOCIFS ET MORTELS
Pour tuer
Causer la maladie et le malheur
Poupées vaudou
PROTECTION ET ELIMINATION DES MALEFICES
Bains
Protection contre le mal
Éliminer les sorts et les conjurations
DIVERS
BIBLIOGRAPHIE

Éditeur:
Sortie:
Oct 17, 2020
ISBN:
9781071570104
Format:
Livre

À propos de l'auteur


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Aperçu du livre

Conjuration - Talia Felix

Introduction

U

n sorcier à la longue barbe blanche et vêtu d’une robe se tient au cœur d’un bois isolé éclairé par la pleine lune. À l’aide de sa longue baguette en bois soigneusement gravée, il trace un cercle dans la terre et l’entoure ensuite de gribouillis, de signes et de symboles. Finalement, il se place au centre, crie quelques mots aux sonorités étrangères, lance éventuellement une poignée de poudre magique en l’air et pouf ! Devant lui se tient un démon cornu coloré, aux yeux brillants et au physique qui ferait baver d’envie n'importe quel lutteur professionnel.

Le démon dit : « Pourquoi m'as-tu appelé ici devant toi ? »

Le magicien lui répond : « J'ai besoin que tu me fasses ressembler exactement à Céline Dion et me faire chanter exactement comme Céline Dion pour que je puisse décrocher un job à la télé. » Le démon s’exécute et tout se passe tel que le sorcier le souhaitait. Fin.

Pour de nombreuses personnes, c’est ce qui leur vient en tête lorsqu’elles entendent le terme conjuration¹. Cela fait-il référence au fait d’ordonner à quelque chose d’apparaître de nulle part ? Est-ce bien là, la définition de conjurer ? Lorsqu’il s’agit de vieille magie, le terme conjuration était utilisé bien plus largement aux États-Unis, notamment aux XVIIIe et XIXe siècles. Il faisait référence à littéralement tout type d’art magique, dont la magie de divertissement (« les tours de magie ») et les rites religieux entraînant des manifestations surnaturelles, il n’était pas strictement lié à l’évocation d’un esprit ou à l'apparition spontanée d'objets. Toute magie était une conjuration, qu’il s’agît des chants que les natifs américains chantaient aux esprits ancestraux ou des rubans interminables que les charlatans sortaient de leur manche.

Ceux qui étudient les pratiques du hoodoo et du vaudou sont probablement les plus familiers du terme conjuration : un euphémisme commun de ce style d’art magique à l’ancienne qui, pour lancer un sort, utilisait n'importe quoi, de l'utilisation rituelle de bougies à l’adaptation des fournitures médicales.

À l’heure actuelle, le vaudou renvoie à une pratique religieuse qui associe les croyances africaines et catholiques en un système unifié et qui se fonde sur le vodoun, la religion africaine. Tous les pratiquants du vaudou ne pratiquent pas la magie, mais ils y sont autorisés. Le vaudou se pratique partout où se trouvent ses fidèles et ses plus grandes communautés reconnues se trouvent à Haïti, en République dominicaine et à La Nouvelle-Orléans. Le hoodoo quant à lui renvoie à un style de magie américain unique qui n’est pas religieux en lui-même, même si des éléments religieux peuvent être utilisés dans sa pratique.

Le terme hoodoo n’est pas apparu dans le vocabulaire anglais avant que ce type de magie populaire ne devienne bien connu et il n’a pas toujours été utilisé pour désigner une pratique séparée du vaudou. Dans les années 1930, les deux termes étaient encore considérés comme des synonymes et beaucoup sont ceux qui les utilisent encore comme tels. D’après mes recherches, le terme hoodoo en tant que pratique magique est apparu pour la première fois en 1870 dans le Lippincott’s Magazine sous la forme de « the Hoodoo ». Il y est défini comme un pratiquant du vaudou, mais les écrits montrent qu'il devient un synonyme de vaudou lui-même quelques années plus tard. L’origine du mot est inconnue, on suppose généralement qu’il s’agit d'un dérivé du mot vaudou. Le plus vieil usage enregistré de ce terme semble dater de 1865, dans une histoire relatant une expédition de chasse en Afrique où « hoo-doo » était clairement le nom d’un animal natif. Il s’agit probablement d’une interprétation de kudu, une espèce d’antilope africaine.

Le courant dominant n’approuvait pas plus la magie dans le passé qu’il ne l'approuve aujourd’hui et ceux qui la pratiquaient étaient jugés « ignorants » par les esprits plus rationnels et « partisans du diable » par les plus superstitieux. Cette mentalité fait encore aujourd'hui partie de l’image que le grand public a des « sorts de magie », influencée par les films et les romans où les notions de hoodoo et de vaudou sont synonymes et où elles sont généralement perçues comme une pratique magique purement maléfique ou qui ne se concentre que sur les malédictions et les sorts nocifs. En réalité, tout pratiquant de hoodoo que vous pourriez croiser a bien mieux à faire de son temps que de lancer des malédictions et souhaiter la mort d’autrui. La pratique du hoodoo se concentre bien plus sur l’attraction de la chance, de l’amour, de l’argent et d’autres éléments positifs de la vie. Du point de vue des pratiquants, le hoodoo n’a jamais eu la réputation de créer des changements mirobolants – pas de sorts « millionnaire instantané » ni de conjuration pour vous transformer en Céline Dion –, mais il était surtout apprécié pour son pouvoir sur les problèmes du quotidien.

À l’instar du vaudou, le hoodoo est traditionnellement associé aux Afro-Américains et même si le hoodoo est visiblement un dérivé des pratiques magiques des Africains victimes de la traite des esclaves et qui ont été emmenés sur le sol américain, le hoodoo n’est devenu ce qu’il est aujourd’hui qu’une fois ses pratiques déformées et agrémentées d’autres croyances américaines. Charles W. Chesnutt, un auteur qui a connu le succès au début du XXe siècle (d'origine métisse, il se considérait comme un noir, même s’il admettait être blanc au 7/8e), a partagé son point de vue sur la notion de conjuration :

« Elle vient probablement du fétichisme africain. [...] Certains éléments indiquent également une affinité au vaudou ou au culte du serpent qui semble être originaire de la région tropicale américaine. Ces croyances, qui sur leur terre d’origine avaient tous les traits d'une tradition religieuse et sociale, ont été transformées en une pâle copie de leur version d'origine à l’ombre de la civilisation de l’homme blanc. Au fil du temps, elles ont également été associées à la sorcellerie et aux histoires de fantôme de l’homme blanc, ainsi qu’aux tours et aux illusions du conjurateur indien. »

Voici donc ce qu’il a écrit en 1901, à peine plus de quarante ans après l’arrivée aux États-Unis du dernier navire d’esclaves. On considérait déjà cette pratique comme un mélange de styles, quelque chose qui était plus qu’africain.

Aujourd'hui, certains groupes insistent que le hoodoo est une pratique de noirs et si quelqu’un d’une couleur de peau différente le pratique, il s’agirait alors d’appropriation culturelle². Il semble toutefois que la croyance selon laquelle les Afro-Américains étaient les seuls à pratiquer le hoodoo vient d’idées racistes du passé. Les sources historiques laissent entrevoir que des activités identiques pouvaient être décrites différemment en fonction de la couleur de peau de son pratiquant. Un homme blanc portant une patte de lapin pour s’attirer la chance était vu comme superstitieux ou retardé, mais on l’acceptait comme l’une de ses excentricités. En revanche, si un homme noir portait une patte de lapin, il faisait l’objet de deux paragraphes de railleries sur cette « obsession primitive » de tous les « nègres », avec leurs « fétiches vaudou ». En d’autres termes, les blancs qui pratiquaient la magie étaient quelque chose de normal et cela ne valait pas la peine d’être mentionné tandis que des noirs pratiquant la magie était quelque chose de choquant et méritait de faire l'objet de livres entiers. C’est de ce point de vue partagé dans les premières documentations sur le sujet que vient cette fausse impression que seul le peuple noir utilisait cette magie en Amérique alors que ce n’était clairement pas le cas. Grâce à la numérisation de nombreux ouvrages et articles, il est aujourd’hui facile de faire des recherches par mots-clés plutôt que par sujet général et cela nous permet de noter qu’une population bien plus variée portait des sachets magiques, conjurait des sorts ou utilisaient des symboles magiques – même si le sujet principal du texte d'où l'on tire cette information porte sur l’agriculture ou la politique.

Selon les plus anciennes sources américaines, les pratiques dérivées des croyances africaines se réunissaient sous le terme d’obeah qui faisait référence aux pratiques magiques vers la moitié du XIXe siècle. Ce terme n’est plus utilisé aujourd’hui aux États-Unis, il a été remplacé par les termes vaudou (1850), hoodoo (1870) et goopher (1887). Les termes sorcellerie et conjuration faisaient référence à n'importe quel type de magie et étaient utilisés pour tous, peu importe la couleur de peau ou la technique.

* * *

I

l y a quelques années, j'ai réalisé un livret intitulé The Conjure Cookbook dans le but de compiler un formulaire de potions magiques hoodoo. En menant mes recherches pour ce livre, j'ai souvent rencontré ce que l’on pourrait aujourd'hui considérer comme des charmes et des sorts de hoodoo, alors qu’ils provenaient de sources antérieures. Johann Jacob Wecker, qui a vécu de 1528 à 1586, a mis en avant le curio du cœur d'hirondelle qui est encore populaire aujourd’hui, promettant que « tous les hommes t’aimeront si tu portes avec toi un cœur d’hirondelle. » Dans le même livre, il recommande l’utilisation de pierres aimantées pour atteindre le même objectif et mentionne Albertus Magnus comme étant sa source. Wecker parle même de magie africaine.

Aux XIXe et XXe siècles, les maisons d’édition comme M. Young et

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