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Le Nettoyeur

Le Nettoyeur

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Le Nettoyeur

Longueur:
201 pages
3 heures
Éditeur:
Sortie:
Aug 19, 2019
ISBN:
9788726229400
Format:
Livre

Description

Bertram et ses trois amis ont formé un petit gang de voleurs : les Faucons. Il vit seul avec sa mère qui travaille comme serveuse. Il ne se souvient pas beaucoup de son père, car ce dernier a été arrêté et condamné à la prison à vie pour meurtre alors que Bertram n'avait que sept ans. Un jour, il vole une veste en cuir assez chère, de la marque Schott, dans un restaurant, ce qui va avoir des conséquences fatales, et pas seulement pour Bertram.

Roland Benito, un enquêteur de la police des polices, et son coéquipier sont envoyés interroger deux agents de police. Un gardien de prison a sauté de sa fenêtre du 4e étage, alors même que les officiers pénétraient dans l'appartement, après avoir répondu à une plainte pour tapage nocture venant de cet appartement. Comme le gardien de prison était le père de la meilleure amie de la petite-fille de Roland, il entend dire qu'un prisonnier est mort dans la prison où cet homme travaillait et que celui-ci se sentait menacé et persécuté. Ne serait-ce finalement pas du tout une affaire de suicide ?

Anne Larsen, une journaliste de TV2 Jutland Est, est aussi sur l'affaire. Tout le monde semble en lien avec un même prisonnier, le meurtrier Patrick Asp, qui a assassiné son propre bébé, et qui est enfermé dans cette prison où travaillait le gardien. Tandis que les morts mystérieuses s'empilent, et qu'un juge de la Cour suprême disparaît sans laisser de traces, Roland Benito et Anne Larsen font équipe pour découvrir une connexion, qui s'avère être Bertram et le vol de la veste. La tête d'Anne se retrouve alors en ligne de mire.
Éditeur:
Sortie:
Aug 19, 2019
ISBN:
9788726229400
Format:
Livre

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Le Nettoyeur - Inger Gammelgaard Madsen

purchaser.

Le Nettoyeur

Épisode 1:6

La Liste

Elle était un peu trop large pour ses épaules, et sentait le cuir neuf et le tabac. Elle avait la couleur du brandy, et craqua légèrement lorsqu'il tendit le bras pour saluer les autres du geste réservé à leur gang.

Ça consistait tout d'abord à frapper son propre torse du poing, puis à amener son index et son majeur contre sa tempe droite et enfin à échanger un coup de poing avec chaque personne présente.

C'est Jack qui l'avait inventé. Il était vraiment à fond sur les rituels ou toute autre sorte de machin compulsif. Ça lui avait valu de se faire diagnostiquer et désormais, il n'avait plus à travailler. Il était le plus âgé du groupe. Il aurait dû devenir apprenti charpentier à l'automne, mais sa mère l'avait traîné chez un psychologue à cause de ses manies bizarres de tout compter et de répéter les mêmes gestes encore et encore.

Avec une pointe de fierté dans la voix, Jack leur avait raconté que le psy appelait ça un TOC. Il avait enfin quelque chose que les autres n'avaient pas.

Bertram espérait qu'on pourrait lui diagnostiquer un truc à lui aussi. Il avait cherché du travail depuis qu'il avait passé son brevet, ça faisait longtemps qu'il avait décidé qu'il n'irait pas au lycée, mais il n'y avait pas beaucoup d'offres d'emploi.

C'est à ce moment-là qu'il avait rencontré Jack et les autres. Ils s'étaient donné le nom de « Faucons ». C'était une référence ironique et pas très subtile aux « Faucons de nuit », un groupe de citoyens qui patrouillaient dans les rues pour en assurer la sécurité et qu'on retrouvait à travers tout le pays.

Les faucons sont intelligents et féroces. Ils attaquent les autres oiseaux et sont armés d'appendices acérés : les faucons de nuit étaient simplement un groupe de gens qui veillaient tard.

« Putaiiiiin ! Elle est mortelle, ta veste ! » dit Félix, l'air très impressionné ; et pour une fois, il détacha ses yeux de l'écran lumineux de sa tablette, qui le faisait paraître encore plus pâle et cendreux que d'habitude.

« Où est-ce que t'as trouvé ça ? » Jack souffla doucement la fumée de la cigarette qu'il avait au coin de la bouche, dévisageant Bertram, sceptique.

« Ouais, où tu l'as chourée ? demanda Kasper, sans savoir qu'il avait tapé dans le mille.

— Au restaurant, admit Bertram en plongeant ses mains dans les poches de la veste pour essayer d'avoir l'air d'un gros dur. C'est de la marque, ça : Schott, fabriqué aux États-Unis.

— Je savais pas qu´Eva la sexy nourrissait une clientèle aussi classe », dit Jack avec un sourire tordu, en faisant tomber la cendre de sa cigarette.

Bertram détestait quand Jack parlait d'Eva Maja de cette manière. Lui ne l'appelait jamais « Maman » – ça faisait trop gamin. Il ne supportait pas non plus la façon dont Jack la regardait, comme s'il était un homme d'âge mûr plein d'expérience concernant les femmes. Alors qu'il n'avait eu qu'une seule petite amie, à qui il n'avait pas fallu plus d'une semaine pour en avoir ras le bol de Jack.

Ce dont Bertram avait vraiment envie, c'était de mettre son poing dans la figure de Jack, mais il savait que ce serait vraisemblablement une mauvaise idée. Sa compulsion à répéter sans fin le même geste devenait mortelle quand il s'agissait d'utiliser ses poings. De plus, il prenait des leçons de boxe. Il affirmait que c'était thérapeutique.

Comme d'habitude, Bertram ravala sa colère.

« Tu crois que le Maître voudra quand même s'en charger ? » demanda Kasper, qui était la raison pour laquelle « Le Maître » était sur leur dos en permanence. C'était cool qu'il arrive à vendre tous les trucs qu'ils volaient, mais ce vieux gros bâtard chauve tapait sur les nerfs de Bertram. Il interférait beaucoup trop, presque comme s'il les surveillait. Pourquoi est-ce qu'il ne se chargeait pas lui-même de ses cambriolages ?

Bertram ne faisait pas confiance au Maître et le Maître ne faisait pas confiance aux Faucons. C'était bien plus marrant au début, quand ils étaient seuls et que le vol à l'étalage n'était qu'un jeu. Ok, maintenant ils se faisaient de l'argent grâce à leurs cambriolages, mais ça avait un prix.

« Je ne veux pas que le Maître soit au courant.

— Tu veux la garder pour toi ? » demanda Kasper, surpris.

Bertram s'assit près de Jack sur la terrasse en bois, face au ruisseau.

Le soleil avait décidé d'offrir à cette journée d'avril quelque chose qui lui donnait un petit air de printemps. Il était quand même content d'avoir sa veste. Le vent restait frais.

Il regarda l'arc-en-ciel qui décorait le sommet de l'ARoS Museum, où les visiteurs n'étaient que des taches derrière les vitres teintées. L'arc-en-ciel ressemblait à un OVNI qui se serait posé sur le toit de cet énorme bâtiment carré, abritant le musée. On aurait dit que des extraterrestres attendaient le bon moment derrière ces vitres, car ils projetaient d'attaquer la ville.

La nuit, quand il n'arrivait pas à dormir, puisqu'il dormait généralement jusqu'à midi, il s'asseyait devant son ordinateur et écrivait sur ce genre de sujets : zombies, vampires, et autres démons ; du sang et du gore.

Si un jour un psychiatre lisait ce qu'il avait écrit, il était certain qu'il lui diagnostiquerait un truc à lui aussi. Il cracha dans l'eau verdâtre du ruisseau et acquiesça.

« Le Maître va partir en roue libre s'il l'apprend. Il pourrait sûrement récupérer un peu d'argent en la vendant, et on...

— La ferme, Félix ! On s'était mis d'accord pour garder quelques trucs pour nous. Le Maître n'a pas à être au courant de tout. » Jack était en colère. Du coup, le regard de Félix retourna à l'écran de sa tablette et il se replia de nouveau sur lui-même.

« T'as vidé le portefeuille ? T'aurais au moins pu partager ce qu'il y avait dedans », continua Jack énervé. Il lança dans l'eau son mégot de cigarette qui atterrit juste à côté du crachat de Bertram.

« Y avait rien dans les poches.

— Alors tu sais pas du tout à qui elle appartenait ? Et si elle était genre à un flic ? Si ça se trouve, c'est celle de celui qui t'a chopé l'autre nuit. »

Ils avaient failli se faire arrêter quand le vendeur d'un magasin d'électronique avait compris ce qu'ils trafiquaient. C'était sans doute une coïncidence qui avait voulu qu'une voiture de patrouille soit juste à côté, car d'habitude, ils ne débarquaient pas aussi rapidement. L'un des policiers avait sauté du véhicule et attrapé Bertram par le col, mais il avait réussi à se dégager et à s'enfuir.

Hélas le flic avait vu son visage et pourrait facilement l'identifier grâce à sa tache de naissance, de la taille d'une pièce de 1 euro, près de son œil droit. Le policier l'avait bien observée.

Bertram haussa les épaules.

« Et comment il pourrait prouver qu'elle lui appartenait ?

— La marque à l'arrière de l'épaule, c'est pas une trace de brûlure ? »

Bertram n'avait pas remarqué cette tache noire. Effectivement, elle ressemblait au résultat d'une étroite rencontre avec une cigarette allumée.

« Merde », chuchota-t-il.

Jack sourit de nouveau de travers. Il leur avait raconté qu'il souriait de travers parce qu'il s'était fait opérer pour corriger un bec-de-lièvre quand il était bébé. D'autres affirmaient que c'était la conséquence de la seule bagarre qu'il ait jamais perdue, lorsque son adversaire lui avait éclaté la lèvre supérieure, et que c'est ce qui l'avait poussé à commencer à pratiquer la boxe. Puis il jeta un regard empli de lassitude derrière Bertram.

« Putain ! En parlant du Maître, regardez qui vient nous voir. »

Bertram tourna la tête et vit le gros bonhomme court sur pattes se dandiner dans l'herbe où plusieurs étudiants s'étaient installés pour lire sous les arbres. Même si le temps n'était pas encore tout à fait printanier, il y avait beaucoup monde dans le Mill Park.

Le Maître s'arrêta devant eux et tâcha de reprendre sa respiration. Les dessous de bras de sa chemise étaient trempés de sueur.

« Je pensais bien vous trouver là, comme d'hab'. Je vous ai dégoté un boulot pour ce soir.

— Un boulot qui rapporte ? demanda Jack, en essayant d'avoir l'air de s'en ficher.

— Un boulot foutrement bien payé, bien sûr. Vous aurez la même part que d'habitude. » Le Maître s'essuya le nez avec le dos d'une de ses mains. « Mais j'ai besoin de seulement deux d'entre vous. Il faut que ce soit très discret, vous voyez le genre. Jack, je veux que tu en sois.

— Pourquoi moi ? » protesta Jack.

— Tu es le seul à avoir plus de 18 ans et ton permis de conduire. J'ai une voiture qui t'attend. Kasper, tu peux aller avec lui. Je crois que c'est toi le plus costaud. »

Le Maître les observa tous les quatre avec intensité, comme s'il n'avait jamais fait attention à leurs carrures jusqu'à maintenant. Il ne sembla pas remarquer le regard offensé que lui lança Jack, qui pensait évidemment être le plus fort. Le fait qu'il soit le plus agressif n'était pas la question.

Kasper se mit debout, pour montrer qu'il était prêt, et frotta le peu de poussière qu'il avait sur son pantalon. Il avait toujours l'air nerveux quand le Maître était dans les parages. Bertram ne savait absolument pas comment ces deux-là s'étaient connus, mais il était évident que l'homme effrayait Kasper au plus haut point.

« Et nous, qu'est-ce qu'on doit faire ? » demanda Bertram, en indiquant Félix avec son pouce. Le Maître le regarda un moment de ses yeux bigleux injectés de sang. La rumeur disait qu'il dépensait tout l'argent qu'il se faisait avec leurs cambriolages dans l'alcool. Cependant, tant qu'ils touchaient leur part, Bertram se fichait de ce qu'il pouvait bien en foutre.

« Vous pourrez filer un coup de main après, quand les marchandises devront être livrées à l'acheteur. On nous a demandé quelques pièces de mobilier design, il y a un hangar à Hasselager. »

Le Maître donna à Jack un morceau de papier où était inscrite une adresse en banlieue et la photo d'un fauteuil noir. Ils en avaient déjà volé un qui ressemblait à ça. Le Maître l'appelait « L'Œuf ».

Bertram ne voyait pas l'intérêt de ce genre d'objet et n'arrivait pas à comprendre comment ça pouvait valoir plus de 9 000 €. Le Maître le regardait toujours avec intensité.

« C'est une foutue belle veste que tu as là, jeune homme. Tu t'es fait un peu d'argent, c'est ça ? » demanda-t-il.

Une bourrasque de vent froid traversa le parc, tel un signal, emportant les feuilles mortes. Bertram bégaya :

« Je... euh... mets un peu de côté à chaque fois que vous nous payez », murmura-t-il.

Le Maître secoua plusieurs fois la tête, les sourcils relevés, comme s'il n'y croyait pas.

« On dirait que je vous paie trop alors ! Elle me semble bien chère.

— Eva Maja m'a aussi donné un peu d'argent, mentit-il.

— Eva Maja ? Ta mère ? Comment a-t-elle pu trouver de l'argent en bossant dans ce bouge ?

— C´est pas un bouge. C'est un restaurant chic.

— Chic ! grogna le Maître. Ni cet endroit ni ta mère sont chic. »

Il sortit une cigarette de son paquet et essaya de l'allumer en protégeant son briquet du vent avec sa main. Kasper se précipita pour l'aider.

Le Maître continuait d´observer Bertram, la fumée qui s'échappait de ses deux narines en même temps le faisait ressembler à un dragon furieux.

« Au fait, ton paternel te passe le bonjour. Tu lui manques beaucoup. »

Bertram n'arriva pas à articuler un seul mot. Il déglutit plusieurs fois et son pouls s'accéléra.

« Tu me déçois, jeune homme. Quand j'étais en prison, je n'aurais pas tenu le coup si ma femme et mes enfants ne m'avaient pas rendu visite. Ta mère ne va pas non plus le voir. »

Bertram ne disait toujours rien, alors le Maître secoua la tête et abandonna. Quand il s'en alla, Jack et Kasper le suivirent. Il allait leur expliquer comment pénétrer dans le bâtiment de stockage. Bertram connaissait la manœuvre.

Félix avait à peine levé les yeux de son écran, même quand le Maître était là. Il était dans son monde.

Soudain, il se claqua la cuisse et explosa de rire.

« Génial ! Putain, j'ai réussi ! Personne dans le cyberespace ne peut échapper à Félix !

— Qu'est-ce que t'as fait ? » demanda Bertram, que le rire de Félix faisait sourire. Il était rare qu'il exprime ses émotions de façon si limpide.

Félix tourna l'écran vers lui, mais Bertram ne comprenait rien aux nombres et codes devant ses yeux.

« C'est quoi, ça ? »

Félix reprit la tablette, l'air ennuyé. Il écrivit quelque chose et lui montra de nouveau l'écran.

« Ok, c'est plus compréhensible ?

— Euh, c'est le site internet d'un lycée, que...

— T'as pas compris ? Je viens de pirater le système informatique du lycée de mon frère. J'ai passé son pourcentage d'absentéisme à 0 %. »

Félix se remit à rire, et Bertram secoua la tête.

« Tu crois pas qu'ils vont vite s'en rendre compte ? Tu sais que tu pourrais passer des années en prison pour ça, hein ?

— Personne ne le saura. Pas la façon dont je m'y suis pris, en tout cas. Et puis, j'ai seulement fait ça pour me marrer.

— Je suis sérieux, Félix. La police devient vraiment douée pour ce genre de choses. S'ils découvrent que c'était toi, alors...

— Alors quoi ? Tu ne viendras pas me voir en prison, moi non plus ? Contrairement à ton père, c'est pas comme si j'avais tué quelqu'un... rétorqua Félix, ce qu'il regretta aussitôt. Écoute, désolé pour ça. Je comprends parfaitement que tu ne veuilles pas aller voir ton père, vu qu'il... Et c'est normal que ta mère non plus.

— Putain, arrête de parler de mon père, ok ? siffla Bertram entre ses dents. Et d'Eva Maja aussi !

— Pardon. »

Félix fixa l'eau du ruisseau, s'écoulant paresseusement. La rougeur sur ses joues s'étendait jusqu'à son front pâle qu'on voyait aujourd'hui, car il avait rassemblé ses cheveux longs en un chignon sur le haut de son crâne. Bertram lui lança un regard de côté. Il ressemblait à une fille. Il avait toujours été un peu nerd. Ils étaient tous les deux totalement différents, mais bizarrement, c'était Félix qu'il avait appris à connaître en premier quand Eva Maja et lui avaient emménagé dans l'immeuble, où vivaient aussi Kasper et Jack.

Félix et lui étaient dans la même classe à l'école et ils avaient pratiquement grandi ensemble dans la cour de l'immeuble qui avait un barbecue en été, où l'odeur de hasch était régulièrement plus puissante que celle du barbecue, et où les hommes buvaient souvent plus que de raison et se battaient entre eux. Il n'était pas rare de voir une voiture de police se pointer quand quelques-uns des autres résidents en avaient eu marre du bruit et de la bagarre. Cependant, la vie était plus douce à cette époque, quand il n'y avait soudain plus eu que Eva Maja et lui.

« Je voulais juste dire, Félix... Fais gaffe. Ne laisse pas le Maître s'apercevoir de tes talents. Il voudra à coup sûr s'en servir à son avantage. Et ce sera plus un jeu.

— Je sais pas si on peut appeler ça du talent, je m'entraîne seulement. » murmura Félix.

Un canard attrapa quelque chose à la surface de l'eau et nagea au loin. Le soleil tapait sur le dos de la veste en cuir. Bertram l'enleva.

Ils restèrent assis en silence un petit moment. Félix jeta la capsule d'une bouteille de bière sur un canard qui décida de l'avaler. Ça les fit rire.

« T'es sûr qu'il n'y a rien dans les poches ? demanda Félix, en désignant la veste du regard. S'il y a un portable dans l'une d'entre elles, il peut être tracé et mener jusqu'à toi. T'as vérifié dans les poches intérieures ? Une veste comme ça doit en avoir plusieurs. »

Bertram

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