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Je me souviens

Je me souviens

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Je me souviens

Longueur:
176 pages
2 heures
Sortie:
Nov 22, 2020
ISBN:
9781005829971
Format:
Livre

Description

Cette autobiographie de Jean-François Capelle vous fera voyager autour du monde. Elle vous révèlera des faits liés à la corruption dans le domaine des grands travaux, ainsi que ceux dus au changement d'orientation sexuelle.

 

Né avant la deuxième Guerre Mondiale, l'auteur a fait une longue carrière d'ingénieur spécialiste de l'instrumentation des grands ouvrages de génie civil, et des essais de mécanique des roches. Ce n'est que tardivement qu'il a écrit plusieurs romans et essais.

 

Ces écrits reflètent sa passion des voyages et son ardent engagement dans la défense des différences, tant culturelles que personnelles.

Sortie:
Nov 22, 2020
ISBN:
9781005829971
Format:
Livre

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Je me souviens - Jean-François Capelle

Jean-François Capelle

Je me souviens

First published by Editions Dedicaces 2020

Copyright © 2020 by Jean-François Capelle

Publié par les Editions Dédicaces.

Tous les droits sont réservés. Aucune partie de cette publication ne peut être reproduite, stockée ou transmise sous quelque forme ou par quelque moyen que ce soit, électronique, mécanique, photocopie, enregistrement, numérisation ou autre sans l’autorisation écrite de l’éditeur. Il est illégal de copier ce livre, de l’afficher sur un site Web ou de le distribuer par tout autre moyen sans permission.

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Contents

Prologue

Montréal. Le parc du Mont-Royal

1. Mes premières années

2. Nantes, Grenoble, Algérie

3. Mon arrivée au Canada

4. Piette Audy Lépinay

5. Hydro-Québec

6. Mes débuts avec Roctest

7. L’Amérique du Sud

8. Premier séjour en Inde

9. Les essais de mécanique des roches in situ

10. Le Parc olympique

11. Vacances familiales

12. Geopac

13. Autres inventions

14. Tunisie

15. Île-du-Prince-Édouard

16. Centrales nucléaires

17. Puyméras

18. Le divorce

19. Changement de cap

20. Le Forban

21. Derrick

22. Le barrage de Supa en Inde

23. Le Népal

24. Fiso Technologies

EnOmFra - Télémac

25. Mission commerciale en Asie

26. Le barrage de Tarbela

27. Arequipa. Pérou

28. HIV

29. La Chine

30. Eddy

31. Suite et fin

Déjà parus

Prologue

Montréal. Le parc du Mont-Royal

La montée jusqu’au belvédère du parc du Mont-Royal, à Montréal, avait requis toute mon énergie, mais la vue qui s’offrait à mes yeux en valait vraiment la peine. Plus de cinquante ans s’étaient passés depuis mon arrivée en ce lieu, et la transformation était étonnante.

Le Saint-Laurent était toujours aussi majestueux. On apercevait sur la droite le lac Saint-Louis miroitant au soleil. Ne les voyant pas, j’imaginais, juste en aval du lac, les rapides de Lachine qui étaient la raison de l’édification de Montréal sur ce site remarquable. De ce point de vue par contre, on voyait le nouveau pont qui avait été construit pour remplacer l’ancien pont Champlain qui, soit dit en passant, avait été inauguré seulement deux ans avant mon arrivée au Canada. C’était alors le premier pont en béton précontraint construit en Amérique du Nord ! Le pont « shampoing », comme l’appelaient les enfants, était la voie royale vers les États-Unis. L’autoroute Bonaventure reliant ce pont au centre-ville n’existait pas alors.

Ce qui avait surtout changé, c’était le nombre de gratte-ciel qui avaient surgi autour, et surtout à l’ouest, du fleuron qu’était la Place Ville-Marie, le plus haut édifice hors du Commonwealth en ce temps. C’est en regardant ce spectacle et les nombreuses grues qui ponctuaient le ciel de Montréal qu’un étrange sentiment m’envahit. Osons le dire, un sentiment de fierté, car j’avais participé, à mon échelle, à la transformation de ce pays. Si le dynamisme avait eu une odeur, je pense qu’une très forte odeur aurait saturé les lieux. Je ressentais aussi qu’après quelques années de semi-léthargie, cette ville était en train de vivre un nouveau bond en avant, comme celui que j’avais vécu en arrivant ici.

La ville de Montréal vue du sommet du Mont-Royal.

Ayant écrit quelques romans dans le style de l’autofiction, et plusieurs nouvelles déjantées, j’avais en tête d’en écrire un basé sur mes «aventures» à la Baie James. L’idée d’écrire mes mémoires ne m’avait jusque-là pas effleuré et j’avais même refusé à une amie et auteure de rédiger ma biographie, affirmant alors que cela n’intéresserait personne. Ayant lu, à la suggestion d’un de mes amis, le dernier livre de Jacques Godbout sur sa biographie, j’étais en train de changer d’opinion sur ce sujet. J’en arrivai même à penser que chacun devrait rédiger son autobiographie pour la laisser à ses descendants. À y bien réfléchir, écrire ses mémoires, avant que tout s’estompe, a aussi un autre rôle, c’est celui de reconnaître que le passé et l’avenir sont liés… la mémoire du futur existe.

Un titre me vint à l’esprit. C’était : Je me souviens. Ces trois mots qui sont devenusle symbole du Québec, berceau de la Nouvelle-France, semblaient être parfaitement adaptés à ce que je voulais écrire. Ils sont de plus inscrits, depuis la fin des années soixante-dix, sur les plaques d’immatriculation des véhicules de cette province en remplacement de La Belle Province.

Les pages qui suivent sont donc basées sur mon histoire telle que je me la rappelle. Elles sont destinées avant tout à mes proches, mais peuvent intéresser d’autres lecteurs, car c’est un récit des transformations étonnantes que j’ai vécues au Canada, et aussi à travers le monde, ces dernières années. Petite parenthèse, je n’ai jamais tenu de journal intime et je ne suis pas certain de la chronologie exacte des faits relatés.

1

Mes premières années

Je suis né en juillet 1937 à Cholet, dans les Mauges, à la limite entre le Maine-et-Loire et la Vendée. Mon diminutif quand j’étais petit était Janot.

Ma maison natale est située au 3 rue Jules Baron. Elle se trouve sur le côté gauche de cette rue, en montant, juste après un grand mur délimitant la cour des matériaux des Chiron. Ce nom, courant dans la région, nous faisait beaucoup rire, et nous les appelions les Chicarré. Sa façade revêtue d’un mortier gris comportait cinq fenêtres avec des volets métalliques peints en beige clair et un grand balcon ainsi qu’une chambre au-dessus d’un quai avec un portail en bois.

Lorsqu’on poussait la porte munie d’un vasistas, qui était peint en bleu durant la guerre pour respecter le couvre-feu, on était face à un couloir menant à la cour. À droite se trouvaient la salle à manger, puis la cuisine, et à gauche le bureau, les W.C. avec une lucarne donnant sur le magasin, l’escalier conduisant aux chambres et un cagibi. Une grosse glacière blanche occupait une partie du couloir en face du cagibi. Cette glacière comportait un bac rempli de pains de glace qu’on achetait chaque semaine à un marchand ambulant.

Plus tard le bureau fut dédoublé et déménagé sur la rue d’Alsace à l’autre bout des entrepôts, avec un quai et un garage. Les portes de la salle à manger et de l’ancien bureau furent alors remplacées par des baies vitrées. Dans l’ancien bureau devenu un salon, un piano trônait le long d’un mur. Ma grande sœur Éliane ne manquait pas de me regarder en tirant la langue lorsqu’elle prenait son cours de piano. À la voir ainsi je me dis que jamais je n’apprendrais la musique, ce que je regrette maintenant.

L’escalier menant au premier étage comportait une rampe de bois d’un seul côté et un angle droit assez raide. Un tapis de jute, maintenu en place par des baguettes, le recouvrait. Papa râlait lorsqu’une baguette ayant glissé, cet escalier était devenu un vrai casse-gueule pour lui avec sa jambe de bois.

En haut, face à l’escalier, il y avait la chambre de nos parents avec une fenêtre donnant sur la cour. Le long du mur, à gauche en entrant, il y avait une psyché recouverte d’accessoires de maquillage qui m’intriguaient beaucoup.

Sur la droite, il y avait la chambre des garçons, une longue penderie et la chambre d’Éliane qui communiquait avec celle de la bonne, Georgette, puis Marie-Jo. Petit détail : la chambre d’Éliane était tapissée en bleu alors que celle des garçons avait une tapisserie rose !

À cet étage se trouvait la salle de bain avec une grande baignoire sur pattes, un lavabo et un bidet en faïence. Au début je prenais mon bain tout seul, puis avec Jacky tous les samedis soir avant de descendre en pyjamas pour le dîner. Ce rituel se passait très bien jusqu’à ce que Ti-Claude s’estime assez grand pour nous rejoindre. N’ayant pu se retenir de faire pipi dans la baignoire, cela déclencha un concert de cris de ses deux frères et les bains à trois furent supprimés.

Je me souviens aussi d’avoir vu Jacky garder ses lunettes pour se débarbouiller le visage ; c’était pour gagner du temps m’expliqua-t-il, car il faisait ainsi d’une pierre deux coups.

Au dernier étage, sous le toit en tuiles mécaniques rouges, il y avait un grenier où je montais rarement car il était peu intéressant à mes yeux, jusqu’à ce que j’y fis une découverte : une petite valise brune en carton. Elle contenait des choses étranges ! Un portait de Jean Mermoz, un livre intitulé « Mein Kampf » et une chevalière bizarre avec une tête de mort que je m’empressai de mettre à un de mes doigts. Mal m’en prit quand tout fier je montrai cette bague à maman. Elle me l’ôta et me disputa copieusement. J’ai revu beaucoup plus tard cette bague dans un tiroir de la machine à coudre. Je ne sais pas ce qu’est devenue cette chevalière des Croix de Feu.

La cuisine était vraiment la pièce principale. Recouverte d’un carrelage bleu et gris elle avait une baie vitrée donnant sur la terrasse et la cour. Plus tard cette terrasse fut transformée en véranda avec un comptoir sur lequel on installait la crèche de Noël, puis une volière d’hiver.

Dans la cuisine il y avait une grande table à rallonges à une extrémité de laquelle présidait papa lors des repas. Derrière lui, sur une étagère en bois verni, trônait un poste de radio et un pichet dans lequel était planté un martinet bricolé par monsieur Dugast, un de nos voisins. Éliane osa un jour couper les lanières du martinet avec un ciseau, et déclara qu’elle courait plus vite que papa… elle le regretta par la suite. Le long du mur parallèle au couloir se trouvait une grosse cuisinière au charbon faisant service de chaudière pour l’eau des radiateurs du chauffage central, puis un évier à vaisselle et une gazinière. Un buffet avec deux tiroirs complétait le mobilier de la cuisine. Dans le premier tiroir en entrant il y avait le porte-monnaie ménage pour faire les courses. Mais horreur, il y avait une chose épouvantable dans ce buffet : une bouteille d’huile de foie de morue ! Même maquillée avec un colorant à la framboise c’était un cauchemar quand je la voyais ressortir chaque hiver.

Aux rideaux bleus et blancs de la baie vitrée, maman épinglait la liste des courses à faire qu’elle écrivait sur des dos d’enveloppes qui avaient déjà servi.

La maison de mes parents à Montjean

Les menus étaient réglés comme du papier à musique. Lundi, les boucheries étant fermées, et non les charcuteries, c’était le jour des escalopes de porc. Jeudi, nous avions droit à un steak de cheval, vendredi du poisson évidemment, samedi midi : steak, frites, salade, samedi soir du pot au feu. Les dimanches c’était jour de repos pour la bonne, et maman prenait la relève au fourneau : poulet rôti…

Une fois, en débarrassant son couvert, Jacky m’a asséné un coup d’assiette sur la tête, cassant l’assiette en deux. J’imagine que c’était en vengeance des coups de pied que nous nous refilions sous la table. Comme j’avais les jambes plus longues que lui, j’avais dû gagner la bataille.

* * *

Mon souvenir le plus ancien est une image de ma mère qui montait un chemin et me prenait dans ses bras, elle était habillée en rouge et bleu. J’ai appris plus tard qu’elle arrivait d’avoir fait une cure à Luchon pour retrouver une partie de son audition, perdue lors de ma naissance. Cela s’est passé aux anciens fours à chaux de Montjean où nous étions en vacances. Je devais avoir moins de deux ans ; c’était avant le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale.

Les souvenirs de cette guerre abondent. Cela commence par le bref séjour à Limoges chez le capitaine Debouchot. J’étais tout petit. L’escalier raide et glissant qui menait chez lui me faisait peur. Papa n’était pas là, il devait être probablement gravement blessé, mais je n’en savais rien.

Un autre souvenir qui est resté profondément ancré en moi se passe dans notre cuisine à Cholet. Je me rappelle avoir vu mon père sur une civière ainsi que notre chienne Blackie qui pleurait près de lui. C’est la première fois que je la voyais ainsi. Il avait déjà subi sa première amputation. C’était durant l’été 1940. Je n’ai aucun souvenir de papa avec ses deux

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