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Les Terres fantômes: Mort et collation (Un polar cosy spectral et canin – Livre 2)
Les Terres fantômes: Mort et collation (Un polar cosy spectral et canin – Livre 2)
Les Terres fantômes: Mort et collation (Un polar cosy spectral et canin – Livre 2)
Livre électronique272 pages4 heures

Les Terres fantômes: Mort et collation (Un polar cosy spectral et canin – Livre 2)

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À propos de ce livre électronique

« Une romance ou une lecture de plage parfaite, avec une différence : son enthousiasme et ses belles descriptions procurent une attention inattendue à la complexité des développements non seulement de l’amour, mais aussi des psychologies. À recommander chaleureusement aux lectrices de romans d’amour qui apprécient une touche de complexité dans leurs lectures favorites. »
--Midwest Book Review (pour Maintenant et À Tout Jamais)

LES TERRES FANTÔMES : MORT ET COLLATION est le livre 2 d’une charmante nouvelle série de cosy mystery par Sophie Love, l’auteure à succès de la série L’Hôtel de Sunset Harbor, un best-seller avec plus de 200 avis 5 étoiles.

Marie Fortune, 39 ans, toiletteuse de chiens prospère à Boston, quitte sa vie stressante et rejoint une petite ville côtière du Maine pour y démarrer une nouvelle vie. Elle a la ferme intention de rénover la vieille maison historique léguée par sa grand-tante, et de la faire revivre en tant que chambre d’hôte. Or il y a une chose qu’elle n’avait pas prévue : la maison est hantée. Deux choses, en fait : sa grand-tante lui a aussi laissé un chien – qui est loin d’être ordinaire.

D’autres propriétaires de chambres d’hôtes ont entendu parler des talents de Marie à chasser les fantômes, et à sa grande surprise, on sollicite ses « services » dans des villes voisines. Il semble que de nombreuses chambres d’hôtes aient besoin d’être débarrassées de leurs fantômes. Avec la faillite de son B&B, Marie, son chien fidèle à ses côtés, n’a plus rien à perdre.

Mais lorsqu’elle arrive chez son premier client et que quelqu’un meurt subitement, Marie se rend compte qu’elle risque de devoir en faire plus que ce qu'elle avait négocié. Une nouvelle fois, elle devra résoudre ce crime pour sauver son propre avenir.

Cosy mystery captivant, plein de mystère, d’amour, de fantômes, de voyages, d’animaux et de bons repas, ancré dans une petite ville et un B&B délabré, et qui saura conquérir votre cœur – LES TERRES FANTÔMES ne vous lâchera pas et vous fera tourner les pages (et rire aux éclats) jusque tard dans la nuit.

« La romance est bien là, mais sans excès. Félicitations à l’auteure pour ce début étonnant d’une série qui promet d’être très divertissante. »
--Books and Movies Reviews (pour Maintenant et À Tout Jamais)

Le livre 3 de la série – MALICE ET DÉJEUNER – est également disponible !
LangueFrançais
ÉditeurSophie Love
Date de sortie7 déc. 2020
ISBN9781094343006
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    Les Terres fantômes - Sophie Love

    L E S  T E R R E S  F A N T Ô M E S:

    M O R T

    E T

    COLLATION

    (UN POLAR COSY SPECTRAL ET CANIN—TOME 2)

    S O P H I E   L O V E

    TRADUIT DE L'ANGLAIS PAR ANA TOMICIC

    Sophie Love

    Sophie Love, auteur à succès n ° 1, est l'auteur de la série de comédies romantiques L’HOTEL DE SUNSET HARBOR, qui comprend huit tomes ; de la série de comédies romantiques LES CHRONIQUES DE L’AMOUR, qui comprend 5 tomes ; et de la nouvelle série de polars cosy SPECTRAUX ET CANINS, qui comprend trois tomes (et plus à paraître).

    N'hésitez surtout pas à contacter Sophie en visitant www.sophieloveauthor.com pour lui envoyer un courriel, pour vous inscrire à la liste de diffusion, pour recevoir des livres électroniques gratuits, pour rester à l'affût des dernières nouvelles et pour garder le contact !

    Copyright© 2017 par Sophie Love. Tous droits réservés. Sauf dérogations autorisées par la Loi des États-Unis sur le droit d’auteur de 1976, aucune partie de cette publication ne peut être reproduite, distribuée ou transmise sous quelque forme que ce soit ou par quelque moyen que ce soit, ou stockée dans une base de données ou système de récupération, sans l’autorisation préalable de l’auteur.

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    Il s’agit d’une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les entreprises, les organisations, les lieux, les évènements et les incidents sont le fruit de l’imagination de l’auteur ou sont utilisés dans un but fictionnel. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou mortes, n’est que pure coïncidence.

    Image de couverture : Copyright Ioana Catalina E, utilisée en vertu d’une licence accordée par Shutterstock.com.

    LIVRES PAR SOPHIE LOVE

    UN POLAR COSY SPECTRAL ET CANIN

    LES TERRES FANTÔMES : MEURTRE ET PETIT-DÉJEUNER (Tome 1)

    LES TERRES FANTÔMES : MORT ET COLLATION (Tome 2)

    LES TERRES FANTÔMES : MALICE ET DÉJEUNER (Tome 3)

    L’HÔTEL DE SUNSET HARBOR

    MAINTENANT ET À TOUT JAMAIS (Tome 1)

    POUR TOUJOURS ET À JAMAIS (TOME 2)

    À TOUT JAMAIS, AVEC TOI (Tome 3)

    SI SEULEMENT C’ÉTAIT POUR TOUJOURS (Tome 4)

    POUR L’ÉTERNITÉ, ET UN JOUR (Tome 5)

    POUR L’ÉTERNITÉ, PLUS UN (Tome 6)

    POUR TOI, POUR TOUJOURS (Tome 7)

    NOËL POUR TOUJOURS (Tome 8)

    LES CHRONIQUES DE L’AMOUR

    L’AMOUR COMME CI (Tome 1)

    L’AMOUR COMME ÇA (Tome 2)

    UN AMOUR COMME LE NOTRE (Tome 3)

    TABLE DES MATIÈRES

    CHAPITRE UN

    CHAPITRE DEUX

    CHAPITRE TROIS

    CHAPITRE QUATRE

    CHAPITRE CINQ

    CHAPITRE SIX

    CHAPITRE SEPT

    CHAPITRE HUIT

    CHAPITRE NEUF

    CHAPITRE DIX

    CHAPITRE ONZE

    CHAPITRE DOUZE

    CHAPITRE TREIZE

    CHAPITRE QUATORZE

    CHAPITRE QUINZE

    CHAPITRE SEIZE

    CHAPITRE DIX-SEPT

    CHAPITRE DIX-HUIT

    CHAPITRE DIX-NEUF

    CHAPITRE VINGT

    CHAPITRE VINGT-ET-UN

    CHAPITRE VINGT-DEUX

    CHAPITRE VINGT-TROIS

    CHAPITRE VINGT-QUATRE

    CHAPITRE VINGT-CINQ

    CHAPITRE VINGT-SIX

    CHAPITRE VINGT-SEPT

    CHAPITRE VINGT-HUIT

    CHAPITRE VINGT-NEUF

    CHAPITRE TRENTE

    CHAPITRE TRENTE-ET-UN

    CHAPITRE TRENTE-DEUX

    CHAPITRE TRENTE-TROIS

    CHAPITRE UN

    Au bruit des coups de marteaux et du vrombissement des perceuses provenant de l'extérieur, Marie aurait sans doute dû se réjouir de voir que les travaux avançaient. Pourtant, ce que ce vacarme lui évoquait était plutôt le cliquetis incessant d'une caisse enregistreuse dont le tiroir-caisse s'ouvrait sans relâche pour y collecter toujours davantage de son argent. À chaque clou que son ouvrier Benjamin plantait, elle déboursait encore plus d'argent. À chaque grincement de la chaîne de la balançoire du porche, encore plus d'argent. En écoutant bien, Marie avait la nette impression d'entendre son compte bancaire verser des larmes numériques.

    Peut-être que si elle n'avait pas qu'un seul client séjournant actuellement au Manoir de June, ce boucan ne la gênerait pas autant. Elle commençait même à se demander à quoi bon chercher à rénover l'endroit. Puisque personne ne venait, pourquoi s'embêter à le moderniser ?

    Mais elle détenait la réponse à cette question. Bien que sa maison d'hôtes ait connu son lot de controverses et de publicité négative ces derniers temps, elle espérait que tout cela se dissiperait assez vite. Après tout... ce n'était pas comme si tout le monde était au courant. Tout le monde ne savait pas qu'elle était allée jusqu'à prétendre que sa maison d'hôtes était hantée, pour ensuite démontrer le contraire. Ces informations avaient plus ou moins été confinées à certains créneaux très spécifiques de l'Internet et, bien sûr, à la petite population locale de Port Bliss. Les choses allaient certainement rentrer dans l'ordre... pas vrai ?

    Mais cet espoir était fugace, à plus forte raison compte tenu de ses projets pour la soirée. Elle en avait le trac, voire quelque peu peur. Mais il y avait vingt mille dollars en jeu au terme de la soirée. Et avec une telle marge de manœuvre dans les caisses du Manoir de June, peut-être que le boucan que Benjamin émettait dehors sur le porche ne la gênerait pas autant.

    Marie était assise à la table de la salle à manger, à une distance suffisamment proche pour pouvoir entendre Benjamin avancer dans ses travaux et pour avoir une idée générale sur les activités en cours, mais suffisamment éloignée pour que ça ne la perturbe pas trop. Elle jetait régulièrement un coup d'œil à son téléphone portable, en attendant le coup de fil qui allait inaugurer ce qui promettait d'être une nuit très étrange.

    Rares étaient ceux qui entraient au Manoir de June sans frapper à la porte, de sorte qu'elle savait que c'était Posey. En effet, son aimable et très talentueuse cuisinière se présenta dans la salle à manger. Comme elle ne tenait aucun sac à la main, il était clair que le dîner qu'elle préparerait ce soir pour le seul client du manoir se composerait d'ingrédients qu'elle avait déjà empilés dans le réfrigérateur.

    « Benjamin en a presque fini avec la balançoire » , déclara Posey. « Ça va être superbe. »  Elle hésita avant d'entrer dans la cuisine et lança un regard curieux à Marie. « Quelque chose ne va pas ? »

    « Oh, il y a beaucoup de choses qui ne vont pas. Mais pour le moment, je me demande simplement si je suis sur le point de faire une grosse erreur. »

    « Mais oui, c'est vrai ! J'ai failli oublier. Toi et Brendan avez une sorte de rencard ce soir, pas vrai ? »

    Rien que d'entendre son nom suscita en elle de nombreuses émotions. Après tout, Brendan Peck était l'homme qui avait capturé cette vidéo, lui laissant croire que la maison était hantée. Et puis il l'avait réfutée pour éviter que Marie et lui-même ne soient soupçonnés dans une enquête criminelle. Face à une pareille tournure d'événements, elle ne pouvait qu'éprouver des sentiments mitigés à son égard.

    La sincérité de Brendan ajoutait à la difficulté de la chose. Et ce en plus du fait qu'elle faisait tout son possible pour résister au léger béguin qu'elle avait pour lui.

    « Euh, absolument pas » , dit Marie. « Me retrouver dans une maison à espérer que mon chien fasse fuir un fantôme n'est pas vraiment un rendez-vous galant. » 

    « Mais tu seras avec lui, n'est-ce pas ? » dit Posey avec un sourire taquin. « Genre, toute la soirée ? »

    « Vous êtes terrible, Posey. Mais... gentille comme un ange. Vous êtes sûre que vous vous en sortirez avec le manoir ce soir ? »

    « Ma chérie, nous n'avons qu'un seul client. Et j'ai mémorisé le numéro de Benjamin dans mon téléphone. Je pense être capable de gérer ça. Mais j'aimerais bien que tu me confies Boo aussi. Je l'aime bien, ce cabot. »

    Interpellé par son nom, Boo entra dans la pièce. Il regarda Posey avec impatience et remua la queue quand elle le gratta entre les oreilles. « Tu vas aller chasser ce vieux fantôme ce soir, mon beau ? »

    Il remua la queue encore plus vite en réponse à la voix aiguë de Posey. Il la suivit dans la cuisine, espérant peut-être qu'elle y laisserait tomber une miette ou deux en préparant le dîner. Ainsi, Marie se retrouva de nouveau seule, assise à la table de la salle à manger et essayant de se convaincre qu'elle n'était pas sur le point de faire une énorme erreur. Comment était-elle censée prendre ses distances avec les fans du surnaturel si elle s'y remettait elle-même en toute connaissance de cause ?

    Quand son téléphone se mit à sonner, elle faillit émettre un petit cri nerveux.

    Comme quoi, se dit-elle. Si un simple téléphone te fait peur... Tu risques de cartonner ce soir. Dieu merci, Brendan Peck sera là également.

    Posey aurait été ravie de voir le sourire de Marie à la vue du nom de Brendan sur l'afficheur de son téléphone. Même si elle se doutait que ce serait lui, elle se sentit plus en sécurité en constatant que c'était bien Brendan. C'était une sensation étrange... qu'elle aurait mieux aimé ne pas ressentir.

    « Salut », dit-elle. « Ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vu... ou parlé. »

    « Pas si longtemps que ça », dit Brendan. « Quatre jours, non ? »

    « Je ne les ai pas comptés. »  Alors qu'elle les avait bel et bien comptés. Et oui, il avait raison ; ça faisait en effet quatre jours.

    « Eh bien, tu ferais mieux de les compter », dit-il. « Écoute, Marie, je suis désolé, mais je ne vais pas pouvoir me joindre à toi ce soir. » 

    Ce que Marie éprouva dans un premier temps, c'était un sentiment de panique. Puis, une brève tristesse après avoir réalisé qu'elle ne verrait pas Brendan. Mais la peur a fini par l'emporter. La propriétaire de cette autre maison d'hôtes lui avait clairement fait comprendre qu'elle ne serait pas en mesure de reporter leur visite à une date ultérieure avant bien trop longtemps. C'était donc maintenant ou jamais. Et bien que Marie aurait préféré opter pour la formule jamais, elle ne pouvait pas renoncer à l'argent qui était en jeu.

    « Et tu es sûr de ne pas pouvoir reprogrammer ? », demanda-t-elle.

    « Non. Il faut que ça se fasse ce soir. »

    Elle sentit son estomac se nouer. Elle avait peur également, mais n'en avait pas encore pris conscience. C'était une peur qui semblait la pousser à se dire C'est bien joli tout ça, mais on ne va pas vraiment y aller, n'est-ce pas ?

    « Quoi ? Attends voir... C'est toi qui m'as persuadée de le faire. Et maintenant tu ne comptes plus être là ? »

    « Je sais, je sais. Mais il y a un congrès à Rhode Island. L'un des invités vedettes est tombé malade et ne peut plus s'y rendre. J'ai reçu un appel ce matin, me demandant si je pouvais le remplacer ce soir. Je sais que ça peut paraître égoïste, mais ça pourrait être une avancée considérable pour sauver ma carrière. »

    Elle ne trouvait rien à redire à son explication mais sentait que sa peur prenait le dessus sur tout, se propageant en elle comme une mauvaise herbe. Elle doutait avoir déjà ressenti une telle peur. L'ironie de la chose était que si Brendan ne l'avait pas confrontée à certains de ces phénomènes, elle n'aurait peut-être pas eu aussi peur. Et même si elle n'était pas encore une adepte convaincue du caractère fantomatique de ses rencontres et de ses théories, elle y avait suffisamment pris part pour savoir à quoi elle pouvait s'attendre... si elle les affrontait seule.

    Ce qui la tracassait encore plus, c'était qu'une fois qu'elle se serait rendue là-bas (seule !), il s'avérerait probablement que la petite performance de Boo au Manoir de June n'avait été qu'un coup de chance. Et Marie tenait absolument à ce que le terme imposteur ne vienne pas s'ajouter à sa réputation déjà bien ternie à Port Bliss.

    « Et tu t'attends à ce que j'aille là-bas toute seule ? »

    « Marie, ça va aller. Boo sera avec toi. »

    « Oui. Je serai en compagnie d'un chien. »

    « Un chien avec des capacités assez spéciales, je dirais. »  Brendan soupira. Quelque chose en lui semblait bien plus empreint de remords que tout ce qu'il avait dit jusque-là. « Je suis vraiment désolé, Marie. Écoute... si tu ne veux pas y aller, je vais appeler Mme Grace et lui faire savoir. »

    Mais ce qui n'arrêtait pas de lui trotter dans la tête, comme un chant incantatoire ou un mantra, c'est qu'elle avait besoin d'argent. Et le montant que Marie recevrait si elle se rendait dans cette autre maison d'hôtes et si Boo réussissait à faire son coup était très généreux.

    « Et si en me rendant là-bas, je me faisais posséder par un démon ou quelque chose comme ça ? » demanda Marie. Bien qu'elle ait voulu plaisanter, elle l'avait vu, ce film — la petite fille qui flottait au-dessus de son lit et qui vomissait une sorte de soupe aux pois sur le prêtre. Quelle ironie cruelle ! Le mécanisme de défense qui en temps normal la rassurerait en toutes circonstances la rendait encore plus terrifiée.

    « Ne plaisante pas avec ça, Marie. Si tu vas là-bas et que les choses dégénèrent un peu, tu peux y remédier par une série de mesures. Primo... assure-toi de prendre une Bible. Tu connais des passages de la Bible ? »

    « Euh... pas vraiment. » 

    « Peu importe. Trouve un passage où le Christ demande aux démons de fuir et... »

    « Attends, tu es sérieux ? »

    « Oui. Et si le coup de la Bible te semble bizarre, il te reste toujours le coup du sel. Même les chasseurs de fantômes de notre époque sont convaincus qu'un anneau de sel te mettra à l'abri des esprits menaçants. Un truc en rapport avec l'énergie de la terre... »

    « Brendan ! Ce que tu me racontes, c'est censé me rassurer ? »

    « Voyons, Marie. J'espère que tu me fais suffisamment confiance pour savoir que je ne t'enverrais jamais en mission par moi-même si je pensais que c'était dangereux. »

    « Oui, je sais. » 

    « À bientôt, alors ? »

    Elle en profita pour le taquiner une fois de plus. « À toi de voir. » 

    Elle raccrocha tout sourire. Boo retourna dans la pièce, la regardant d'un air complice. Ce chien lui donnait parfois la chair de poule. Sur le coup, il semblait notamment savoir que quelque chose n'allait pas, et on aurait dit qu'il avait entendu chacun des mots de la conversation qu'elle venait d'avoir, des deux côtés du téléphone.

    « Qu'est-ce que tu en dis, Boo ? Tu es prêt ? »

    Il répondit en remuant la queue, se leva et se dirigea vers la porte d'entrée.

    Marie regarda par sa fenêtre de devant où Benjamin était en train de faire grimper un sous-traitant local à un vieux bouleau. Ses branches étaient trop proches de la maison et il fallait les tailler. Elle les observait, mais distraitement. Elle réfléchissait aux conséquences possibles de cette soirée et à l'effet que cela pourrait avoir sur sa réputation si elle l'annulait. Elle se sentait complètement dépassée, même si c'était Boo qui se chargerait de tout. Certes, elle avait besoin d'argent, mais est-ce que ça justifiait son inquiétude et sa peur ? Est-ce que ça valait...

    Le fracas d'une branche qui craque suivi d'un étrange bruit de déchirement métallique interrompirent ses pensées. Elle regarda à droite et vit que la première branche du bouleau à avoir été taillée avait atterri directement sur le bord gauche du porche et avait démoli la moitié de la gouttière.

    Elle soupira, anticipant déjà le coût des dégâts. Et tout à coup, elle comprit qu'il lui était impossible d'échapper à sa mission de ce soir.

    CHAPITRE DEUX

    Marie contempla cette ancienne maison d'hôtes à travers le pare-brise. Elle pencha la tête, comme si elle essayait de la voir sous un meilleur angle, mais tout demeurait identique. Elle fronça les sourcils ; ça n’avait aucun sens.

    « C'est ici ? » demanda -t-elleMarie, se tournant vers Boo. « C'est ça, la maison d'hôtes ? »

    Boo était assis à l'arrière, à admirer l'endroit comme s'il envisageait d'y séjourner.

    Si la maison en soi avait un aspect grandiose, son extérieur délabré lui donnait un caractère quelque peu lugubre. En d'autres termes, elle paraissait plutôt flippante et en mauvais état. À côté, le Manoir de June avait tout d'un palais flamboyant et resplendissant tiré d'un film de chez Pixar.

    « Eh bien, Boo, il faut croire qu'on aura couvert toute la gamme des maisons d'hôtes effrayantes et potentiellement hantées. »  Elle rit de sa propre blague mais se rendit compte après coup qu'elle n'était pas si drôle que ça.

    Boo émit un petit gloussement. Il semblait partager les impressions de Marie.

    « Et si ça ne marche pas ? » demanda-t-elle.

    Boo gémit et donna un coup de patte à la portière, l’air innocent. Il semblait comprendre qu'ils étaient censés être là... et qu'il avait du pain sur la planche.

    « D'accord, on y va. Mais... ne sois pas fâchée contre moi, d'accord ? Pour que ça marche, il faut que je m'en attribue le mérite. Tu comprends ça, pas vrai ? »

    Boo continua à gratter à la portière.

    Marie reporta son regard sur la maison. Bien que le Manoir de June ait un aspect gothique, ce style médiéval prenait une toute autre dimension avec ce bâtiment. On aurait dit une sorte de château miniature, amené tout droit de Transylvanie et posé dans la petite ville de Bloom, dans le Maine. Le détail le plus joli et le plus traditionnel qui ornait la façade était une enseigne sculptée à la main, suspendue au-dessus des larges marches du porche d'entrée, sur laquelle on pouvait lire « BLOOM GARDENS AND REST » (Jardins fleuris et repos). Selon Marie, c'était bien là le seul élément qui rendait l'extérieur accueillant. Certes, l'endroit avait été bien entretenu, mais au lieu de s'imaginer venir y passer une nuit reposante, on aurait plutôt tendance à en faire la toile de fond d'horribles cauchemars.

    Autrement dit, elle venait d'avoir un premier aperçu de ce que tant de gens pensaient sans doute du Manoir de June.

    Vingt mille dollars, se dit Marie. Ne l'oublie pas.

    Alors qu'elle sortait de la voiture avec Boo et traversait la petite cour vers le porche d'entrée, Marie prit un instant pour réfléchir à la façon dont elle s'était retrouvée là. Une chose était sûre – il était hors de question qu'elle se permette de faire la moindre allusion quant aux changements à apporter à la maison d'hôtes Bloom Gardens and Rest, puisqu'elle n'était propriétaire de la sienne que depuis trois semaines. Après tout, son seul souci était de faire suite à la requête de cette femme en échange de l'argent qui lui permettrait de maintenir sa propre maison d'hôtes à flot – une maison d'hôtes qui avait déjà enduré son lot d'activités surnaturelles et de controverses.

    Alors qu'ils approchaient du porche, Marie se rendit compte que si cette maison d'hôtes était réellement hantée, elle y entrait de son plein gré. Même si elle était relativement bien disposée à admettre une certaine emprise du paranormal sur sa propre maison, c'était une toute autre histoire que d'entrer volontairement dans un endroit qui, selon les propos du propriétaire, était « régulièrement perturbé au cours de la nuit ».

    Quand elle monta sur le porche, Marie se figea un instant. Était-ce son imagination, ou bien faisait-il vraiment un peu plus froid ?

    Boo trotta sur les marches et attendit sur le seuil. Marie le suivit et frappa à la porte. Un bruit sourd se fit entendre que Marie, déjà effrayée, perçut comme bien plus horrifiant qu'il ne l'était en réalité.

    L'allure de la femme qui ouvrit la porte contrastait nettement avec l'apparence de la maison. Elle semblait avoir une cinquantaine d'années et portait une robe d'été jaune clair. Ses cheveux étaient blonds, bien qu'elle ne se soit pas donnée beaucoup de peine pour cacher les petites taches grises le long de ses racines.

    La dame observa Marie un moment et tarda à lui faire un sourire. Apparemment, elle partageait son inquiétude quant à la situation.

    « Vous êtes Marie Fortune, je suppose ? » lui demanda-t-elle.

    « Oui, madame. »

    « Ravie de vous rencontrer, Marie. Je m'appelle Anna Grace, propriétaire de Bloom Gardens and Rest. »  Elle baissa les yeux et découvrit Boo. « Oh mon Dieu, et ça, qui est-ce ? »

    Sachant reconnaître un éloge quand on lui en faisait un, Boo alla directement aux pieds de sa nouvelle amie. Mme Grace le gratta sous le menton et lui caressa la tête.

    « Je vous présente Boo. Et si vous êtes d'accord, ça serait vraiment bien s'il pouvait venir avec moi. C'est mon acolyte. » 

    « Oh

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