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Vincent Price, Un Voyage À Travers Le Vingtième Siècle Américain
Vincent Price, Un Voyage À Travers Le Vingtième Siècle Américain
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Livre électronique119 pages1 heure

Vincent Price, Un Voyage À Travers Le Vingtième Siècle Américain

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À propos de ce livre électronique

Né en 1911 dans une famille conservatrice de Saint-Louis, Vincent Price embrasse dès son adolescence la scène et le théâtre. Menant de front ses études d’histoire de l’art et une carrière de comédien débutante, il tente sa chance à Hollywood et rejoint l’affiche de son premier long métrage en 1938. En plus de cents films, jusqu’à son dernier rôle de l’inventeur dans Edward aux mains d’argent de Tim Burton en 1990, Vincent Price a incarné tous les genres de personnages, mais il s’impose dans la grande époque du cinéma fantastique de années 50 à 70, où sous la direction de William Castle puis de Roger Corman, il devient l’incarnation d’innombrables vilains et gagne son surnom de Maitre de la Terreur à Hollywood. Price reste aussi et avant tout un grand amateur d’art, et il écume l’Amérique du Nord pour dénicher des œuvres et vulgariser la peinture auprès du plus grand nombre. Avec l’essor de la télévision, ce grand collectionneur participe à de nombreux shows, tant pour présenter ses films que pour éduquer les spectateurs à l’art, ou même à la cuisine ! Il conserve toute sa vie les valeurs familiales de travail et d’économie qui contrastent avec le faste hollywoodien, mais son ouverture d’esprit l’éloigne des valeurs morales conservatrices. Il se marie à trois reprises, avec trois femmes très différentes, et profite de son audience populaire pour prôner des valeurs de tolérance. Il reste l’un des grands d’Hollywood, et même si son visage est peu connu du public français, il est en revanche toujours populaire aux Etats-Unis, notamment grâce à sa personnalité et son humour inimitables qui transcendent ses performances terrifiantes dans ses films d’épouvante.

LangueFrançais
Date de sortie14 févr. 2021
ISBN9781005246709
Vincent Price, Un Voyage À Travers Le Vingtième Siècle Américain
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Auteur

Nicolas Victorien

J'aime écrire des histoires inspirées de rêves, d'idées de situation ou d'atmosphère fantastique. Je travaille surtout sur des histoires courtes, mais j'ai aussi quelques projets plus longs en cours, comme les biographies de mes auteurs ou comédiens favoris.Si vous aimez, n'hésitez pas à m'envoyer un message: nicolasvictorien2@gmail.comFor English readers: short "horror" stories in French. Even YOU can read them !

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    Aperçu du livre

    Vincent Price, Un Voyage À Travers Le Vingtième Siècle Américain - Nicolas Victorien

    Avant-Propos

    J’ai découvert le comédien Vincent Price lors de l’une de mes premières visites au festival du film fantastique Fantastic’arts de Gérardmer. Une séance hommage au réalisateur Roger Corman nous avait permis de voir exceptionnellement sur grand écran Pit and the Pendulum, sorti au cinéma en 1961. J’y ai trouvé le personnage de Nicholas Medina joué par Price tellement charismatique qu’il me semblait reconnaître un visage familier sans savoir où je l'avais déjà croisé. Je me suis donc mis à m’intéresser, puis à dévorer la filmographie de ce Monsieur Price, dont peu à peu j’ai découvert l’impressionnante carrière, la riche vie et les multiples facettes. Même s’il reste (trop !) peu connu en France, sinon des fans de cinéma de genre, j’ai pu découvrir un acteur majeur de l’âge d’or d’Hollywood dont la plupart des Américains connaissent le visage et la voix, grâce en particulier à ses innombrables passages à la télévision. Malgré cela, la plupart d’entre nous n’ont malheureusement jamais eu l’occasion de le voir sur petit ou grand écran, si ce n’est à de rares événements spéciaux ou festivals ! Le film de Vincent Price qui est encore le plus présent sur nos étagères à DVD (pour ceux qui en ont encore !) figure l’une de ses dernières apparitions, dans Edward aux mains d’argent avec Johnny Depp, où il joue le petit rôle de l’inventeur d’Edward au début du film. C’est aussi sa voix inquiétante et son rire sépulcral que l’on retrouve dans le morceau Thriller de Michael Jackson, même si cette collaboration n’a pas laissé un bon souvenir au comédien !

    La reconnaissance de ces deux grands artistes américains du travail de Vincent Price illustre le fait qu’aux USA il est une légende du cinéma, avec un charme, un physique et une voix caractéristiques. Il a traversé le paysage cinématographique américain du vingtième siècle comme une figure de proue du cinéma fantastique au même titre que Christopher Lee, Boris Karloff ou Peter Cushing. À cette riche carrière il faut ajouter ses premiers films ainsi que ses rôles hors fantastique (plus des deux tiers de ses films, et pas les moins bons !), qu’il fût un grand amateur d’art, sa première et plus chère passion, ou encore un cuisinier hors pair. Ses livres d’art et de cuisine ont été réédités à plusieurs reprises aux États-Unis et atteignent parfois des prix exorbitants ! Toutes ces petites pépites découvertes au cours de mes recherches de dilettante m’ont donné envie de donner un aperçu de la vie de ce grand monsieur, car s’il existe quelques sources précieuses d’informations sur la vie de Vincent Price, en particulier la biographie écrite par sa fille Victoria, rien n’est aisément accessible pour le public francophone. Ce personnage majeur du cinéma américain du vingtième siècle gagne à être connu, à la fois pour son travail mais aussi pour son parcours de vie, qui a été riche en évènements (Vincent Price a eu notamment trois épouses, très différentes, au cours de sa vie !). Je vous propose donc de découvrir ici le chemin de cet homme simple à travers le vingtième siècle dans les allées parfois tortueuses de la vie américaine qui l’ont menées de 1911 à 1992 de Saint-Louis, Missouri, aux lumières de Hollywood.

    I Une jeunesse américaine

    Contrairement à ce que l’on pourrait penser après un coup d’œil sur sa filmographie, Vincent Price n’est pas né dans un château en Transylvanie ou dans un laboratoire secret au sous-sol d’une demeure victorienne. Il voit le jour le 27 mai 1911 dans une tranquille famille bourgeoise de Saint-Louis, dans le Missouri, à cinq cents kilomètres au Sud de Chicago. La ville est alors la quatrième plus grande des Etats-Unis, compte plus d’un demi-million d’habitants et possède un taux de croissance démographique impressionnant, ce qui a bien changé car elle abrite aujourd’hui moins de la moitié de la population de l’époque ! Extrêmement dynamique, Saint-Louis vient alors d’accueillir en 1904 l’exposition universelle ainsi que les troisièmes Jeux Olympiques modernes.

    Avant de s’établir dans le Missouri, les racines de la famille Price se perdent dans l’histoire de l’immigration vers l’Amérique et la légende familiale voudrait qu’elle descende du côté paternel de Peregrine White, premier enfant venu au monde alors que les pèlerins du Mayflower foulaient la terre ferme en 1620. Parmi les autres personnages remarquables de la famille, on peut s’arrêter sur le grand-père paternel Vincent Clarence Price, un gallois d’origine modeste passionné de chimie et originaire de Troy dans l’état de New-York, qui devint médecin et inventa la première poudre à lever tartrique. Grâce à son invention, il fit fortune à la fin du dix-neuvième siècle mais perdit tout lors du krach boursier de 1893 qui dévasta l’économie américaine. Son fils Vincent Leonard Senior, le père de Vincent, est né dans l’Illinois où l’usine de poudre à lever de son père avait été construite. Après avoir dû quitter l’université de Yale suite à cette fameuse crise économique et être devenu un industriel respecté, il finit par s’installer à Saint-Louis. Sa femme et lui y rejoignent leurs associés de la National Candy Company et Vincent Senior devient l’un des magnats américains de la confiserie, ce qui propulse les Price à une place de choix dans la bonne société de la ville. Cela vaut aussi au tout jeune Vincent Leonard Junior Price le titre de Candy Kid lors de sa première visite à l’usine de son père ! Vincent est le quatrième enfant de la famille, petit dernier de la fratrie après Harriet « Hat » née en 1897, Mortimer « Mort » en 1899, et Laralouise « Lollie » en 1904. Vincent Junior, « Bink » de son petit surnom, est dès sa naissance le chouchou de la famille, arrivé un peu par surprise alors que sa mère Marguerite a trente-sept ans et son père, Vincent Senior, quarante. Marguerite adore la maison que la famille à fait construire dans un excellent quartier. C’est elle qui a dirigé sa construction et son aménagement et qui la décore de toutes sortes d’objets, qu’ils aient été transmis au fil des génération ou rapportés de voyages. La famille Price fréquente l’élite traditionnelle de Saint-Louis, mais elle est tout de même plus moderne et chaleureuse que la plupart à l’époque. Les deux parents sont très proches de leurs enfants et Vincent Senior, s’il souhaite que ses enfants réussissent, n’est pas obsédé par les traditions et la fortune de la famille, malgré le fantôme de la banqueroute de son grand-père qui hante la légende familiale. Marguerite et Vincent Senior élèvent leurs enfants en souhaitant que la famille reste soudée et de bonne réputation, mais encouragent chacun dans sa voie comme ils soutiennent aussi de jeunes artistes locaux, parfois au détriment de leur réputation dans les cercles bourgeois de la ville. Le jeune Vincent s’épanouit pleinement dans ce cadre idéal, adoré par ses grands frères et sœurs, une mère aux petits soins et un père sans trop d’exigences. La maison Price est aussi peuplée de toutes sortes d’animaux, et Vincent intègre très tôt l’amour des bêtes, en particulier celui des chiens avec Happy, la femelle bull terrier de la maison qu’il côtoie pendant toute son enfance. Vincent restera toute sa vie entouré de compagnons à poils et à plumes, et leur consacrera même un livre, The Book of Joe, dédié à son partenaire canin durant quatorze ans. Du côté de l’éducation artistique, si ses frères et sœurs jouent tous de la musique et sa mère est une pianiste amatrice, Vincent n’est quant à lui pas doué et délaisse assez rapidement cette voie. En revanche, il commence très tôt à feuilleter les livres d’art de la maison et visite régulièrement le musée de Saint-Louis. L’institution, vestige au style clinquant de l’exposition universelle, donne à Vincent des souvenirs mémorables d’œuvres reproduites dans toute leur grandiloquence. Outre les Venus et autres satyres qui intriguent et amusent toujours les adolescents, une représentation de la Nuit de la Saint Barthélemy où une femme boit une coupe de sang pour sauver son père lui fait à chaque visite une forte impression, tout comme aux autres enfants de la ville à l’époque. Petit à petit, Vincent se prend alors d’une idée fixe : un jour il ira en Europe pour découvrir l’art en vrai, et en particulier les sculpteurs classiques grecs. Il dévore en attendant tous les livres qui lui passent sous la main, scrutant notamment sans relâche les illustrations minuscules de l’exemplaire familial d’Apollo, l’exhaustif « manuel illustré de l’histoire de l’art à travers les âges » ! Après plus de deux ans à tondre des pelouses et économiser chaque sou, il parvient à acheter à l’âge de douze ans sa première œuvre, qu’il chérit comme un trésor. Il s’agit d’un croquis de Rembrandt, intitulé Deux nus académiques, un debout, qu’il achète à crédit pour trente-sept dollars cinquante. C’est la première pièce de son cahier de jeunesse qu’il intitule sobrement La Collection Privée de Vincent L. Price Jr. 1926 !

    La ville de Saint-Louis bouillonne d’activité industrielle au début du vingtième siècle et son développement économique entraîne l’ouverture de nouvelles écoles où les enfants des classes aisées peuvent recevoir une éducation de bon niveau qui participe à la formation d’une élite cultivée. Vincent fréquente la toute nouvelle Community School, dont la construction a été en partie financée par sa famille, afin de suivre un cursus plus moderne que celui proposé à l’école publique. Pendant sept ans, il grandit dans le cadre protégé de l’établissement et y découvre le théâtre, avec déjà des premiers rôles dans des mises en scène de Robin des Bois ou du Joueur de

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