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La Seringue atomique: Chroniques agitées d'une infirmière libérale

La Seringue atomique: Chroniques agitées d'une infirmière libérale

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La Seringue atomique: Chroniques agitées d'une infirmière libérale

Longueur:
373 pages
3 heures
Éditeur:
Sortie:
May 24, 2016
ISBN:
9791093576190
Format:
Livre

Description

L’enfer du milieu infirmier décortiqué au scalpel !

Ces chroniques agitées décrivent, avec un humour révolté et parfois empreint de dérision, l’univers d’une catégorie particulière de soignants indépendants : les infirmières et infirmiers libéraux.

Ce sont des billets d’humeur acides et spontanés, d’une vivante acuité, qui dépeignent le quotidien des divers acteurs de la profession : patients, soignants, médecins, administration. Ils offrent au lecteur un panorama intime et personnel, issu du vécu d’une infirmière libérale professionnelle, humaine et engagée, le tout illustré de façon humoristique par un fin connaisseur du monde médical.

À l’heure où cette profession souffre d’un certain déficit de reconnaissance, les mots de Corinne Régulaire sont salutaires par leur lucidité et leur intelligence. Ils contiennent les germes d’un manifeste porté par de fortes convictions et appellent à la mobilisation des infirmières et infirmiers libéraux soucieux de l’avenir d’un métier auquel ils sont tous profondément attachés.

Les articles rédigés par Corinne Régulaire et illustrés par Félé mêlent à la fois humour, dérision, lassitude, abattement, spontanéité et esprit de révolte.

EXTRAIT

Devenir soignant ne s’improvise pas, cela s’apprend et c’est un métier. La vocation et le dévouement font encore partie des sempiternels clichés que les infirmiers traînent tels des casseroles derrière leurs blouses. L’infirmier d’aujourd’hui est avant tout un professionnel compétent et expérimenté, doté d’une part d’autonomie. Il est à même d’évaluer des situations cliniques et d’établir des diagnostics infirmiers. Il est capable de concevoir et de conduire des projets de soins infirmiers. Il accompagne une personne dans la réalisation de ses soins quotidiens. Il réalise des actions à visée diagnostique et thérapeutique. Il initie et met en œuvre des soins éducatifs et préventifs. Il analyse et évalue la qualité des soins en vue d’améliorer sa pratique professionnelle. Il organise et coordonne des interventions soignantes. Il informe et forme des professionnels ou intervient auprès de personnes en formation. Tel un robot culinaire, l’infirmier est multifonctions et multitâches, fiable et polyvalent.

CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE

Chroniques sans concession, à l'humour corrosif mais toujours plein d'humanité, d'une profession à la croisée des chemins de choix cruciaux de société. Bouée de sauvetage de professionnels livrés à eux-mêmes et souvent mis à l'index, ce livre fait du bien. Il met des mots sur des non-dits et nous met face à nos responsabilités. - Chabel, éditions Marie B

Construit sous forme de billets d’humeur acides et spontanés, empreint de révolte mais aussi d’humour, cet ouvrage dresse un état des lieux sans concession des difficultés de l’exercice au quotidien du métier d’infirmier(ère) libéral(e). Vous y trouverez les portraits caustiques et réalistes des acteurs de cette profession : médecins, patients, collègues, administration, législateurs (Urssaf, Cour des comptes, Carpimko). - Infirmiers.com

À PROPOS DES AUTEURS

Corinne Régulaire vit et travaille en Guyane. Infirmière en néonatalogie pendant 7 ans, elle s’installe en libéral en 2005. Préoccupée par les difficultés grandissantes de la profession, elle s’est engagée auprès de plusieurs associations infirmières pour faire avancer la cause de ses collègues. L’écriture rejoint cette démarche à la fois empathique et revendicative.

Dessinateur et infographiste résidant dans la plus belle ville du monde, Félé illustre principalement la presse professionnelle de la santé sans négliger la presse hebdomadaire régionale, et intervient dans les colloques ou événements par le dessin en direct.
Éditeur:
Sortie:
May 24, 2016
ISBN:
9791093576190
Format:
Livre

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Aperçu du livre

La Seringue atomique - Corinne Régulaire

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Corinne Régulaire

La seringue atomique

Chez le même éditeur

La révolution de l’emploi

Marie-Thérèse Bertini

Novembre 2014

La Fabuleuse Histoire du drapeau français

Raphaël Delpard

Janvier 2016

Éditions Marie B

7 place des Martyrs de l’Occupation

92583 Clichy Cedex

France

www.editions-marieb.com

Direction : Cyrill Vachon

Suivi éditorial : Camille Berne-Smith

Illustrations : Félé

Création graphique et mise en pages : Macha Publishing

© Éditions Marie B — février 2016

L’auteure

Née en France métropolitaine, Corinne Régulaire vit et travaille aujourd’hui en Guyane, après un périple en Amérique du Sud. Elle entame une carrière d’assistante dentaire, puis devient infirmière en néonatalogie. En 2005, après une transition vers l’indépendance via l’autodialyse, elle s’installe en libéral. Dix ans plus tard, elle partage ses humeurs sur son blog « La Seringue atomique », avec des réflexions graves ou humoristiques sur les aléas du métier. Aujourd’hui, elle est engagée auprès de plusieurs associations infirmières pour faire avancer la cause de la profession et continue d’alimenter son blog au rythme des remous qui agitent le monde infirmier.

Mot de l’éditeur

La santé est l’affaire de tous. Les acteurs du secteur médical de notre pays voient se profiler à l’horizon des bouleversements susceptibles de mettre à mal l’équilibre déjà précaire du paysage sanitaire français.

Le présent ouvrage se veut une fenêtre sur le travail quotidien des infirmières et infirmiers libéraux, à destination de la profession, mais aussi de tous ceux et celles qui ont croisé, croisent ou croiseront leur chemin.

Nous avons sélectionné et agencé ces chroniques de manière à offrir plusieurs degrés de lecture, mêlant humour, gouaille naturelle et sérieux. Corinne Régulaire s’adresse aussi aux hommes, insuffisamment représentés dans cette profession, à ses collègues confrontés/ées à un vécu semblable, mais également aux potentiels patients que nous sommes ou que nous pourrions être un jour. La Seringue atomique agit ainsi comme un exutoire, verbalisant avec force, conviction et humanité l’univers que côtoient chaque jour les soignantes et les soignants en charge de la santé de leurs concitoyens.

Il est dans la nature de l’homme d’opprimer ceux qui cèdent et de respecter ceux qui résistent.

–Thucydide

Présentation

Derrière chaque caducée, il y a un homme ou une femme qui, un jour, a pris la décision de s’occuper des autres, de soigner et d’en faire son métier. Cette inclinaison à vouloir devenir soignant n’est pas anodine. Elle est le résultat de facteurs multiples, de circonstances particulières, de désirs conscients ou non, de hasards ou de destins.

Devenir soignant ne s’improvise pas, cela s’apprend et c’est un métier. La vocation et le dévouement font encore partie des sempiternels clichés que les infirmiers traînent tels des casseroles derrière leurs blouses. L’infirmier d’aujourd’hui est avant tout un professionnel compétent et expérimenté, doté d’une part d’autonomie. Il est à même d’évaluer des situations cliniques et d’établir des diagnostics infirmiers. Il est capable de concevoir et de conduire des projets de soins infirmiers. Il accompagne une personne dans la réalisation de ses soins quotidiens. Il réalise des actions à visée diagnostique et thérapeutique. Il initie et met en œuvre des soins éducatifs et préventifs. Il analyse et évalue la qualité des soins en vue d’améliorer sa pratique professionnelle. Il organise et coordonne des interventions soignantes. Il informe et forme des professionnels ou intervient auprès de personnes en formation¹. Tel un robot culinaire, l’infirmier est multifonctions et multitâches, fiable et polyvalent.

Le mode d’exercice libéral est, quant à lui, le fruit d’une longue maturation, d’un parcours initiatique qui prend sa source bien au-delà des années de formation en soins infirmiers. Il résulte d’un désir d’indépendance, d’autonomie dans le travail et accessoirement, de fantasmes de liberté.

La littérature existante relative à la profession d’infirmier libéral est la plupart du temps consacrée aux aspects techniques, législatifs, juridiques, historiques et administratifs de ce métier. Les portraits de soignants sont rares. L’infirmier libéral comme sujet d’un récit s’efface souvent au profit du patient ou de la maladie.

L’écriture de ce livre est née du désir de mettre en perspective tout ce que nous sommes, tout ce qui fait de nous des soignants à part entière avec nos vies, nos convictions, nos interrogations, nos choix, nos regrets, nos rêves, nos espoirs et nos doutes. Le but recherché est de faire de chaque infirmier libéral le héros d’une histoire partagée. Cette volonté implique de créer un « nous » commun, une identité qui nous ressemblerait et nous rassemblerait au travers de « mots-pansements », de « paroles-cataplasmes » ou de « messages-cicatrisants » capables d’agir sur les maux de cette profession afin de la réinventer. L’infirmier libéral consacre son temps à prendre soin de l’autre sans que l’on se préoccupe de son existence.

Ce « nous » commun est ici l’occasion de décliner une palette d’histoires et d’anecdotes oscillant entre fiction et réalité. Le lecteur y trouvera pêle-mêle un esprit caustique, des situations fleurant bon le vécu, des portraits quelquefois délibérément caricaturaux, cousus et fabriqués à partir d’un matériau quotidien fait de patients, de médecins ou professionnels qui participent au maintien de la santé jour après jour auprès de leurs malades. On y rencontre des hommes et des femmes pétris d’humanité, de qualités ou de défauts, vivant des situations dramatiques ou cocasses, des histoires truculentes, empreintes de dérision. Le rire, les larmes, l’attention ou la colère d’êtres en quête d’affection et d’amour sont omniprésents.

Il se dégage aussi de ces chroniques un profond besoin de reconnaissance fondé sur la réciprocité, laquelle appelle à fournir un effort, un engagement, du réconfort, des soins en échange d’une rémunération et de gratifications telles que l’estime, la sympathie ou l’affection, afin de donner du sens à son travail et à sa vie.

Dans ce « nous » commun, le désir de voir naître une conscience de soi et de son avenir côtoie le souhait affiché d’une indispensable union afin de se préparer ensemble à affronter la déferlante qui menace notre corporation, telle une vague annonciatrice de la fin programmée d’un savoir-faire. Réussir à faire face à l’adversité malgré les dispersions et les clivages.

Les affaires concernant diverses fraudes et escroqueries à la caisse d’Assurance maladie retentissent régulièrement dans la presse et les médias depuis maintenant quelques années. Une Nomenclature générale des actes professionnels à géométrie variable a déjà fait tomber de nombreux innocents et sans nul doute quelques coupables. La chasse aux sorcières est ouverte et la mise au pilori de toute une catégorie professionnelle par les caisses d’Assurance maladie a des répercussions terribles sur notre domaine d’activité. Le rapport de la Cour des comptes de septembre 2015 relatif au coût de l’exercice infirmier libéral pour la société a écorné quelque peu l’image angélique que le public pouvait avoir de la profession. D’utile et respecté, l’infirmier libéral est soudainement devenu futile et dispendieux.

Aujourd’hui, ce dernier a bien des difficultés à reconnaître dans son miroir le soignant qu’il rêvait d’être. La profession est malade de ses attentes inassouvies. Telle une enfant en quête d’affection et de reconnaissance, elle sombre peu à peu dans le renoncement, le manque d’estime de soi, le fatalisme, la résignation. Tous ces sentiments barrent le chemin vers l’accomplissement de soi, l’épanouissement et plongent parfois certains d’entre nous dans les affres du burn-out.

Dans une France où le nombre de personnes âgées ne cesse de croître, la nécessité de soins en ambulatoire ou relevant de pathologies chroniques s’amplifie et les perspectives de travail ne manquent pas. Cependant, il est question aujourd’hui de faire des économies drastiques en matière de santé et le gouvernement teste de nouvelles formes de prises en charge, des solutions moins onéreuses.

Qu’il s’agisse de plateformes téléphoniques destinées à suivre les patients à distance, d’objets connectés capables de faire un check-up, de soigner et de transmettre les données à un ordinateur ou à un smartphone, l’heure est désormais à l’émergence de la télémédecine et de la robotique. Le Japon, par exemple, dépassé par son déclin démographique, a mis au point des robots-soignants capables d’effectuer certaines tâches jusqu’alors dévolues à des êtres humains.

Le rêve absolu de remplacer l’homme par la machine est à nos portes. Il va sans doute falloir reconsidérer la profession d’infirmier libéral, qui pourrait devoir assumer une pleine mutation d’ici à quelques années et se repositionner. Le changement viendra par les innovations thérapeutiques, la découverte de nouvelles molécules qui modifieront ou simplifieront sans doute la prise en charge de pathologies lourdes comme le diabète ou le cancer par exemple.

Toutes ces révolutions technologiques sans doute salutaires ne sauraient remplacer le soin relationnel, fer de lance de la profession infirmière. Ces nouveaux modes de prise en charge auront sans doute l’inconvénient de majorer des problématiques déjà bien installées chez les personnes âgées, comme la solitude ou l’isolement.

Ce serait alors l’occasion pour les infirmiers libéraux de devenir les interlocuteurs privilégiés du soin relationnel, d’en faire une spécialité à part entière, et, grâce à leurs compétences, de créer une nouvelle forme de suivi et d’accompagnement médical de type coaching basé sur la relation d’aide, le soutien et l’écoute. Néanmoins, cette renaissance de notre profession ne saurait avoir lieu sans la mobilisation de tous les soignants impliqués. Il est impératif de nous unir si nous voulons revendiquer un statut et conserver une place légitime dans le futur paysage sanitaire français. Cette place se fera sans doute au prix d’inévitables concessions, cependant des combats seront aussi à mener pour maintenir ce mode d’exercice que nous aimons tous.


1. Arrêté du 31 juillet 2009 relatif au diplôme d’État d’infirmier, annexe II, « Les dix compétences infirmières », disponible sur http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020961044&categorieLien=id, consulté le 14 décembre 2015.

Chapitre 1 - La petite fabrique des soignants

Le métier d’infirmier libéral s’apparente à du grand art, à de la dentelle ciselée, conçue pour et adaptée à chaque patient. Des heures que l’on ne compte plus, des kilomètres que l’on avale par tous les temps, du lever aux aurores jusqu’au coucher tardif. Une relation à deux, faite de moments intenses qui peuvent durer dix minutes comme plusieurs années. Ce sont les tourments, les pleurs, les colères, les angoisses d’hommes et de femmes confrontés à la maladie que l’on tente d’apaiser, mais aussi les peines, les souffrances et parfois la mort que l’on accompagne. Ce métier requiert la capacité de faire face et de s’adapter à toutes les situations, de se projeter dans le vécu de l’autre sans pour autant qu’il nous étouffe. Ce savant mélange est une douce alchimie, une recette de cuisine compliquée et généreuse.

Recette de cuisine

Pour faire un infirmier à domicile compétent, efficace et responsable, prenez un récipient de très grande contenance. Quand je dis grand, c’est vraiment très très grand, un contenant trop petit risquerait à tous les coups de nuire à la réussite de votre recette. Soyez donc vigilant.

Incorporez doucement trois années d’études, laissez infuser entre 18 et 24 mois selon que vous choisissiez d’effectuer des remplacements ou de vous installer seul ou en cabinet. Ajoutez quelques louches d’endurance et de persévérance pour affronter le nombre d’heures que vous accomplirez chaque jour, ne soyez pas pingre sur les quantités car c’est l’une des clés de votre succès. Ne laissez pas reposer, ce n’est pas nécessaire, point de répit dans ce métier. Additionnez sans modération aucune, une avalanche d’organisation, une pluie de réactivité et d’adaptabilité, une kyrielle de motivation, un déluge d’écoute et d’empathie, une nuée de relationnel, quelques pelletées de polyvalence et pour finir, assaisonnez avec énormément de tolérance et de respect.

L’endurance et la persévérance

Infirmier, ce n’est pas un métier, c’est un sport qui parfois ressemble à une course contre la montre. Nous passons notre temps à monter et descendre de voiture. Nous affrontons en vrac la canicule, le froid polaire, le blizzard, le verglas, les tempêtes, les embouteillages du mois d’août, les folies commerciales de Noël ou de la Saint- Valentin, les grèves, la rentrée des classes, le dépeuplement des campagnes qui nous fait parcourir des kilomètres pour nous rendre d’un patient à l’autre, les escaliers ou les ascenseurs en panne. La mauvaise humeur des automobilistes, les exigences des patients, la personnalité changeante des médecins, le dérèglement climatique, le trou dans la couche d’ozone, le trou de la Sécurité sociale… et la liste est loin d’être exhaustive.

L’organisation et la polyvalence

L’organisation permet de gérer son temps, et vous allez vite vous rendre compte que vous en manquez. Pour trouver un équilibre entre votre vie professionnelle et votre vie privée, il va falloir parfois jouer au funambule. De plus, l’obligation de mettre en place une organisation rigoureuse vous aidera à jongler avec vos revenus lorsqu’il faudra vous acquitter de vos charges. Donc, exit le négligent qui laisse l’empreinte de son passage partout où il va. Les paniers percés qui n’ont aucune idée de la signification du mot épargne, économie ou thésaurisation seront recalés eux aussi. Vous vous retrouverez très vite débordé avec un sentiment de noyade administrative et bancaire si vous lâchez du lest. Infirmier vous êtes mais aussi comptable, secrétaire, standardiste et pilote de votre navire.

La motivation, la réactivité et l’adaptabilité

La motivation, ce sont les chevaux sous le capot de votre moteur qui vous permettent de tenir la distance, de vous lever chaque matin aux aurores avec le sourire et de l’énergie. C’est ce qui vous permet de rentrer chez vous à la nuit tombée avec la force nécessaire pour prendre soin de vous et des vôtres. La motivation doit être là pour faire en sorte que vous vous releviez quand vous êtes abattu ou simplement fatigué, ou lorsque votre tournée ne s’est pas tout à fait passée comme vous l’espériez parce qu’aucun jour n’est semblable à l’autre.

Réactivité et adaptabilité permettent de faire face à l’urgence, de ne pas paniquer et de réagir de manière professionnelle, mais aussi de gérer des plannings sans stress et de rester rationnel.

L’écoute, l’empathie et le relationnel

L’empathie consiste à percevoir avec acuité les raisonnements et émotions de votre interlocuteur, sans jugement et sans y adhérer. Vous êtes confronté chaque jour à la maladie, à la douleur, au chagrin et parfois à la mort. Votre présence, votre capacité à écouter, entendre, voir et comprendre l’autre, autrement dit la relation d’aide, est un soin à part entière qui permet aux patients de s’exprimer sur leurs maux. Il s’agit du soin que nous pratiquons sans doute le plus chaque jour. Il faut être rôdé à cet exercice pour ne pas s’approprier les souffrances de l’autre et se laisser déborder émotionnellement, l’idée étant d’apprendre à se protéger.

La tolérance et le respect

Par le respect, l’infirmier libéral reconnaît la dignité et la valeur de l’humain qu’il a en face de lui. Il l’appréhende comme étant une personne unique, libre et capable de prendre ses propres décisions, même si parfois, cela nécessite l’aide d’un tiers. Le respect, c’est manifester de l’estime, user de politesse et d’égards avec l’autre. C’est accepter sa différence et la prendre en considération.

La tolérance permet d’éviter les écueils qui nous conduisent à la peur et à l’exclusion de l’autre. Elle nous incite à prendre du recul, à avoir un esprit critique et à raisonner en termes éthiques. La diversité des nombreuses religions, langues, cultures et caractéristiques ethniques ainsi que les disparités sociales, économiques ou intellectuelles que nous côtoyons ne doivent pas être un prétexte à exclusion, discrimination ou racisme ; elle est au contraire un trésor qui nous enrichit tous chaque jour.

Comme le dit la Déclaration de principes sur la tolérance² de l’UNESCO, la tolérance n’est ni complaisance ni indifférence. C’est le respect et l’appréciation de la richesse et de la diversité des cultures de notre monde, de nos modes d’expression et

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