Profitez de millions de livres numériques, de livres audio, de magazines et plus encore avec un essai gratuit

Seulement $11.99/mois après l'essai. Annulez à tout moment.

Les plus grands meurtriers: Psychologie des tueurs en série
Les plus grands meurtriers: Psychologie des tueurs en série
Les plus grands meurtriers: Psychologie des tueurs en série
Livre électronique299 pages3 heures

Les plus grands meurtriers: Psychologie des tueurs en série

Évaluation : 0 sur 5 étoiles

()

Lire l'aperçu

À propos de ce livre électronique

Sur les traces de tueurs en série, de prédateurs sexuels, de maîtres chanteurs et de terroristes tristement célèbres.

Dans un langage clair, simple, accessible à tous, à la lumière de récits dramatiques et d’expériences vécues par les plus grands profileurs, cet ouvrage vous invite à suivre, voire à mener, l’enquête. Aux côtés d’experts chargés de les traquer, vous allez découvrir qui sont ces prédateurs, comment ils agissent et ce qui motive des hommes, des femmes et même des enfants, apparemment comme vous et moi, à commettre les meurtres les plus abominables et les plus inimaginables.

Enfin, ce travail, outre ses intérêts historique, judiciaire, psychologique, humain, tord encore le cou au mythe du crime sans mobile et met à l’épreuve la croyance populaire qui veut que tous les tueurs soient fous.

Une galerie de récits qui révèlent une nature humaine violente et inimaginable !


CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE 

Paul Roland a écrit un livre qui fera date… Une approche unique du sujet, une lecture fascinante. Je le recommande vivement. » - Roy Hazelwood, ancien profileur du FBI.

En ce qui me concerne, c'est tout a fait le genre de livre que je m'attends a lire a chaque fois que j’achète un ouvrage portant sur les serial killers. Je fus donc comblé par cette lecture. Je l'ai trouvé vraiment très intéressant et riche pour son côté psychologique et l'étude de la manière dont travaillent les enquêteurs spécialisés en profilage pour établir un portrait de criminel. - MyDiogeneClub, Babelio

A PROPOS DE L'AUTEUR

Paul Roland est né en Angleterre en 1959, il est l’auteur d’une trentaine de livres sur le mysticisme, l’occulte et le crime. Ses livres ont été traduits dans plus de quinze langues.
LangueFrançais
ÉditeurPrimento
Date de sortie20 nov. 2014
ISBN9782390090014
Les plus grands meurtriers: Psychologie des tueurs en série
Lire l'aperçu

Lié à Les plus grands meurtriers

Livres électroniques liés

Articles associés

Catégories liées

Avis sur Les plus grands meurtriers

Évaluation : 0 sur 5 étoiles
0 évaluation

0 notation0 avis

Qu'avez-vous pensé ?

Appuyer pour évaluer

L'avis doit comporter au moins 10 mots

    Aperçu du livre

    Les plus grands meurtriers - Paul Roland

    NDT

    INTRODUCTION

    AU CŒUR DES TÉNÈBRES

    « Les criminels ne pensent pas de la même manière que les personnes responsables. »

    Dr Stanton Samenow,

    Inside the Criminal Mind, 1984

    Ce livre n’est pas un énième ouvrage sur les tueurs en série, même vous y trouverez certains des tueurs les plus notoires des temps modernes : des sadiques sexuels, des violeurs en série, des pyromanes, des exacteurs, des braqueurs de banque, des criminels de guerre, des tyrans et des terroristes.

    Ce n’est pas non plus un catalogue des affaires les plus célèbres que les vrais connaisseurs ne connaîtront que trop bien. La démarche est bien plus intéressante, puisque ce livre explore ce nouvel art qu’est le profilage criminel ainsi que les révélations qu’il apporte sur la nature du mal, et en particulier sur les motivations des hommes, des femmes, et même parfois des enfants à commettre des actes on ne peut plus horribles.

    Le profilage fut en grande partie, mais pas exclusivement, mis au point par la BSU du FBI, à Quantico, en Virginie, à la fin des années 1970, début des années 1980. Il est aujourd’hui appliqué dans tous les pays du monde par les professionnels chargés de faire respecter la loi qui ont bien dû se rendre à l’évidence de la faillibilité de la médecine légale.

    Les profils peuvent être prospectifs (ce qui signifie qu’ils peuvent prévoir quels individus dans une société donnée peuvent potentiellement commettre des crimes) ou rétrospectifs (ce qui implique d’identifier le type d’individus capables d’avoir commis tel ou tel genre de crime de par leur comportement). Les profils prospectifs sont généralement appréciés par les services de renseignement qui cherchent à identifier des terroristes potentiels avant qu’ils ne passent à l’acte. Cette approche suscite toutefois la controverse et essuie de plus en plus de critiques. En effet, elle peut mener à des stéréotypes raciaux, alors que les profils rétrospectifs visent à créer un ensemble de caractéristiques comportementales d’un sujet inconnu (aussi appelé UNSUB) afin de diriger l’enquête plutôt que d’accuser un certain type d’individu.

    Des centaines d’affaires aux États-Unis sont résolues grâce à la perspicacité de profileurs de la BSU : ceux-ci ont eu raison dans 92 % des cas chaque année entre 1978 et 1994, selon Russell Vorpagel dans Profiles in Murder. Le profil standard du FBI est composé de 15 points clefs, ou indices, quant au type de personnalité qui devrait être considérée comme responsable du crime. Si deux de ces points se révèlent inexacts, le FBI considère que c’est une de leurs rares erreurs.

    L’ancien agent spécial du FBI, Vorpagel, décrit le processus de profilage comme une « autopsie psychologique » et compare le profil en lui-même à une peinture impressionniste composée de nombreux coups de pinceau qui ne signifient rien individuellement, mais qui prennent toute leur signification une fois combinés aux autres.

    Dans l’esprit des meurtriers révèle les secrets de cette nouvelle méthode, et plus précisément la manière dont un profileur peut dire qu’une scène de crime a été maquillée ou altérée ainsi que les moyens dont il dispose pour dire si un meurtre a été commis pour détourner l’attention du délit initial, généralement un cambriolage ou un viol. Il décrit comment les fantasmes et la soif de contrôle peuvent pousser des sadiques à enlever et à torturer des parfaits inconnus et à quel point les facteurs de stress peuvent jouer un rôle essentiel et faire craquer le criminel. Il évoque aussi l’importance de la « signature » du serial killer.

    Il explique également ce que le choix de l’arme et la férocité de l’attaque peuvent révéler sur l’attaquant, et quelles informations peuvent être glanées sur un corps mutilé post mortem. Puis, il démontre que la manière dont le tueur s’est débarrassé du corps et le lieu où il l’a fait sont révélateurs de la relation du tueur avec la victime. A-t-elle été simplement jetée, partiellement recouverte ou complètement enterrée ?

    Mais les bénéfices potentiels du profilage ne se limitent pas seulement aux affaires de meurtres. Le choix d’accélérateur de combustion d’un pyromane, le ton des lettres d’extorsion et la liste d’exigences d’un preneur d’otage permettent tous de découvrir le type de personnes qui se cachent derrière ces crimes, leur état d’esprit et l’importance de la menace qu’ils représentent.

    À partir d’indices apparemment insignifiants, un profileur expérimenté peut rapidement déterminer le sexe, l’âge, l’apparence physique, l’histoire personnelle, le passé, l’emploi et même le modèle et l’état de la voiture d’un criminel. En recréant le crime à partir d’indices laissés sur la scène du délit, il peut également prédire la prochaine action du criminel.

    En combinant l’analyse comportementale, l’expérience personnelle et l’intuition, d’éminents profileurs tels que John Douglas du FBI (dont le personnage de l’agent spécial Jack Crawford du Silence des agneaux est inspiré) ou Dr Paul Britton, « Cracker de la vie réelle » en Angleterre, peuvent pénétrer dans l’esprit d’un violeur d’enfants ou se mettre dans la peau d’un psychopathe pour inventer des stratégies utiles pour traquer et piéger ces prédateurs.

    Ils peuvent forcer un kidnappeur à sortir à découvert et à les mener jusqu’à son captif, ils peuvent repérer un pyromane dans la foule ou identifier un membre présumé d’une cellule terroriste avant qu’il ne mette sa menace à exécution et qu’il ne tue des innocents. Ils peuvent même pousser l’exacteur le plus déterminé à commettre une erreur fatale qui mettra fin à son règne de terreur. Mais ils seront les premiers à rejeter le mythe selon lequel ils peuvent attraper des criminels. Ça, c’est le boulot de la police.

    Les profileurs contribuent largement à identifier le type de personnes supposées responsables et ils se montrent souvent d’une précision presque mystérieuse. Mais contrairement aux impressions laissées par des séries télévisées populaires telles que Millenium, Missing : Disparus sans laisser de traces, Esprits criminels et Profiler, il n’y a aucun élément psychique qui intervient dans le profilage. Il s’agit d’une méthode basée sur des principes solides qui ont fait leurs preuves. L’intuition peut intervenir, après des années d’expérience, c’est bien normal, mais lorsqu’un profileur aborde une enquête et se met dans la peau d’un sujet.

    À la recherche d’indices : les enquêteurs sur la scène d’une fusillade mortelle

    Pour le profileur, la scène d’un crime est un puzzle avec seulement une seule pièce manquante : l’identité du criminel. Toutes les autres pièces sont éparpillées sur le lieu du crime. Le profilage du ou des criminels se fait en quatre étapes, quatre questions cruciales qui débutent chaque enquête : Que s’est-il passé ? Comment (quelle est la suite d’événements) ? Pourquoi ? Qui est responsable ?

    Malgré sa réputation de pouvoir résoudre les affaires les plus insolubles, le profilage a ses limites. Il n’est pas très utile d’identifier des criminels de petite envergure tels que des voleurs, étant donné que leurs méfaits sont très communs et que leur comportement est rarement inhabituel. Des victimes isolées et à haut risque comme des prostituées et des victimes tuées d’un seul coup de couteau ou d’une seule balle offrent également peu de matière à analyser pour le profileur. Et d’un point de vue purement pratique, avec une moyenne américaine d’environ 25 000 meurtres par an, il n’y a tout simplement pas assez de profileurs expérimentés pour enquêter sur tous les crimes sérieux qu’ils pourraient résoudre.

    Des indices à profusion

    Des séries policières comme les très populaires Experts ont attiré l’attention du voleur amateur sur l’importance de ne laisser aucune trace. Par conséquent, les criminels actuels font preuve de plus en plus de ruse pour cacher leurs méfaits.

    Une fois que les experts ont fini de relever toutes les empreintes, de passer la scène du crime au peigne fin pour retrouver le moindre cheveu et la moindre fibre, et de prélever des traces de sang, de sperme ou de salive sur toutes les surfaces, ils peuvent se retrouver avec trop peu d’indices pour de trop nombreux suspects. Ce n’est qu’à la télévision et au cinéma que les experts légistes peuvent analyser un seul cheveu, une particule de peinture ou une demi-empreinte digitale en quelques minutes. Dans la vraie vie, même les laboratoires les plus efficaces et les mieux financés peuvent prendre des mois pour analyser des preuves s’ils sont débordés ou en souseffectif. Lors d’une affaire tristement célèbre, il a fallu près de deux ans pour analyser 200 échantillons d’ADN avant d’identifier le suspect, qui, à ce moment-là, était passé du viol à l’enlèvement, à la torture et au meurtre. Dans de telles affaires, un profileur peut aider à orienter l’enquête de manière à ce que les ressources si précieuses de la police ne soient pas gâchées (la ressource la plus importante de toutes étant bien évidemment le temps).

    Cependant, le profilage n’est qu’une partie du processus d’évaluation du comportement plus important et plus détaillé qu’est l’analyse d’enquête criminelle. Elle permet de fournir un motif probable pour obtenir un mandat de perquisition, des conseils pour les interrogatoires, une stratégie de procès et l’évaluation de la menace. En bref, le profilage ne s’arrête pas à la capture des criminels. Le deuxième chapitre de ce livre révèle le rôle crucial que peuvent jouer les profileurs quant à l’invention de nouvelles stratégies d’interrogatoires afin de tromper le criminel et de lui faire avouer tous ses crimes. Sans cela, un multirécidiviste pourrait être jugé seulement pour un crime, celui pour lequel la police détient des preuves physiques. Sans compter qu’il pourra toujours s’en sortir grâce à un vice de forme ou aux talents de son avocat. Les criminels (et les tueurs en série en particulier) ont en général un don pour manipuler leur entourage et sont souvent passés maîtres dans l’art de la tromperie de manière à ce qu’ils puissent feindre un quelconque trouble mental dont ils pensent qu’il sera suffisant pour les déclarer inaptes à être jugé ou pour obtenir une peine plus légère. Même s’ils échouent aux tests psychologiques, ils peuvent toujours tromper les jurés. C’est là que le profileur intervient en tant que témoin expert pour faire tomber le masque d’innocence feinte et révéler le véritable monstre qui se cache derrière. Les profileurs peuvent aussi fournir des évaluations lors d’auditions en vue de mise en liberté conditionnelle lorsqu’il s’agit de décider si l’on doit relâcher un récidiviste potentiel. Cet aspect du travail soulève les éternelles questions de possibilité de guérison des agresseurs sexuels et des tueurs sadiques.

    Dans l’esprit des meurtriers révèle à quel point cette méthode de profilage criminel relativement nouvelle permet d’attraper et d’accuser ces prédateurs en pénétrant dans leurs esprits et en exploitant les défauts de leur personnalité. Il met à bas le mythe des crimes sans mobiles et la croyance selon laquelle tous les tueurs sont fous.

    Les secrets des laboratoires : un sérologiste à la recherche de fluides humains

    Dans les pages qui suivent, vous apprendrez comment les cambrioleurs de banque choisissent leur cible, pourquoi les maîtres chanteurs veulent plus que de l’argent et ce que le FBI a tiré des 50 face-à-face avec les hommes les plus maléfiques de la terre. Vous découvrirez également l’élite de la BSU du FBI à Quantico, en Virginie, et la manière dont le FBI forme ses profileurs.

    « Le profilage d’un récidiviste peut être comparé aux prédictions d’un médecin concernant la progression de la maladie d’un patient. Les tueurs en série sont malades… Si un profileur criminel entend qu’un adolescent mouille son lit, joue avec des allumettes et torture des animaux, il peut prédire son potentiel à commettre de futurs homicides sociopathes. Ce n’est pas de la magie, c’est de la logique. »

    Russel Vorpagel, profileur au FBI

    DES PAS DANS LE BROUILLARD

    « Le sixième commandement, ‘Tu ne tueras point’, me fascinait. J’ai toujours su qu’un jour, je le défierais. »

    Reginald Halliday Christie, tueur en série

    « Je suis né avec le diable en moi. Je ne pouvais pas m’empêcher d’être un meurtrier, pas plus qu’un poète ne peut retenir son inspiration. Il se trouvait déjà à côté du lit qui m’a vu naître, comme un parrain, et depuis lors, il ne m’a plus quitté. »

    H. H. Holmes, le premier tueur en série des États-Unis,

    exécuté en 1896

    À la fin du XIXe siècle, avant le développement du relevé d’empreintes digitales et de la balistique, les vrais détectives en Europe, en Asie et en Amérique faisaient honte à Sherlock Holmes, avec pour seuls outils une loupe et leur curiosité intellectuelle. Au même moment, des pionniers en psychiatrie tels que Richard von Krafft-Ebbing effectuaient les premières incursions dans les tréfonds de la psyché pour essayer de comprendre les troubles mentaux et sexuels anormaux. Mais toutes les tentatives d’explorer l’esprit criminel afin de prévoir ses comportements étaient faussées par des préjugés et des suppositions. L’enquêteur français Alphonse Bertillon (1853-1914) et le criminologue italien Cesare Lombrosso (1836-1909), par exemple, soutenaient que la criminalité était soit héritée, soit déterminée par les caractéristiques physiques d’un individu. Ce n’est que lorsque le premier tueur en série de l’époque contemporaine rendit les policiers fous qu’ils tentèrent sérieusement de comprendre la personnalité criminelle dans le but d’identifier et d’appréhender un criminel.

    Jack l’Éventreur

    L’une des premières tentatives connues de dresser le profil psychologique d’un tueur en série date de l’automne 1888. Il fut effectué par Dr Thomas Bond. En tant que chirurgien anglais travaillant pour la police, il avait été appelé à prendre part à l’enquête sur les meurtres du quartier de Whitechapel à Londres imputés à Jack l’Éventreur.

    H. H. Holmes, alias Herman W. Mudgett, qui tua 27 personnes.

    Les rumeurs selon lesquelles le monstre était un médecin allaient bon train. Dr Bond se vit confier l’étude du rapport d’autopsie des quatre premières victimes. Il était chargé de le comparer avec ses propres conclusions sur le cinquième meurtre afin de déterminer si les mutilations révélaient une certaine connaissance médicale. La population poussait Sir Robert Anderson, commissaire de la police métropolitaine, à résoudre l’affaire qui avait attiré l’attention du monde entier sur les conditions de vie sordides de la classe défavorisée de l’East End. Dès lors, c’est dans une certaine urgence que Anderson conseilla vivement au Dr Bond d’utiliser son expérience pour déterminer s’il y avait des raisons de croire que les meurtres étaient l’œuvre d’un seul homme. Bond soumit son rapport le 10 novembre, un jour après qu’il eut réalisé l’autopsie de Mary Kelly, que l’on pensait être la dernière victime de l’Éventreur.

    « Permettez-moi de vous annoncer que j’ai lu les notes concernant les quatre meurtres de Whitechapel qui ont eu lieu à :

    1. Bucks Row

    2. Hanbury Street

    3. Berners Street

    4. Mitre Square

    J’ai également réalisé une autopsie du corps mutilé d’une femme découvert hier dans une petite chambre de Dorset Street.

    1. Les cinq meurtres ont indubitablement été commis par la même personne. Dans les quatre premiers cas, il semble que la gorge ait été coupée de gauche à droite. Dans le dernier, en raison de la mutilation totale, il est impossible de dire dans quelle direction la coupure fatale a été effectuée. Cependant, des éclaboussures de sang artériel ont été retrouvées sur le mur à proximité de l’endroit où la tête de la victime devait se trouver.

    Sans les méthodes modernes, la police victorienne avançait à l’aveuglette.

    2. Toutes les circonstances qui entourent les meurtres me portent à croire que les femmes ont été tuées couchées, et en-tout-cas, que c’est la gorge qui a été coupée en premier.

    3. Pour les quatre meurtres dont je n’ai vu que les rapports, je ne peux formuler une opinion très claire concernant le temps écoulé entre le meurtre et la découverte du corps.

    Dans un des cas, celui de Berners Street, il semble que le corps ait été découvert immédiatement après la mort. Quant aux meurtres de Bucks Row, de Hanbury Street et de Mitre Square, seules trois ou quatre heures doivent s’être écoulées. Dans le cas de la rue Dorset Street, le corps était étendu dans le lit au moment de ma visite (à quatorze heures), à moitié nu et mutilé comme décrit dans le rapport en annexe (le cadavre avait commencé à se rigidifier, mais le processus s’était accéléré au cours de l’examen). Il est difficile d’affirmer avec certitude le laps de temps exact qui s’était écoulé depuis le moment de la mort : il faut entre six et douze heures pour que le processus de rigidité cadavérique ne commence. Le corps était relativement froid à quatorze heures et les restes d’un repas récemment ingéré furent trouvés dans l’estomac et dans les intestins. Il est, dès lors, assez certain que la femme était décédée depuis douze heures. En outre, la nourriture partiellement digérée indiquait que la mort survint environ trois à quatre heures après le repas, donc, le meurtre a probablement eu lieu à une ou deux heures du matin.

    L’arme du crime présumée de Jack l’Eventreur

    4. Dans tous les cas, il ne semble pas y avoir eu de lutte et les attaques étaient probablement effectuées d’une manière tellement soudaine et dans une telle position que les femmes ne pouvaient ni résister ni crier. Dans le cas du meurtre de Dorset Street, le coin de drap à droite de la tête de la victime était coupé et trempé de sang, ce qui indique que le visage pourrait avoir été couvert par le drap au moment de l’attaque.

    5. Dans les quatre premiers cas, le meurtrier doit avoir attaqué par la droite de la victime. Dans le cas de la victime de Dorset Street, il doit avoir attaqué de face ou par la gauche, puisqu’il ne devait pas y avoir de place pour lui entre le mur et la partie du lit sur laquelle la femme était couchée. À nouveau, le sang avait coulé sur le côté droit de la femme et giclé sur le mur.

    6. Le meurtrier n’a pas forcément été éclaboussé ou submergé de sang, mais ses mains, ses bras et une partie de ses vêtements étaient certainement tachés de sang.

    7. Dans tous les cas, à l’exception de celui de Berners Street, les mutilations sont toutes de même nature, et elles montrent que, dans tous les meurtres, le but était la mutilation.

    8. Dans tous les cas, la mutilation a été infligée par une personne qui n’avait aucune connaissance scientifique ou anatomique. Selon moi, il ne possède même pas une connaissance technique de boucher ou d’abatteur de chevaux ou de toute personne habituée à couper des animaux morts.

    9. L’instrument était probablement un couteau solide d’au moins 15 cm de long, très coupant, pointu, et d’environ 2,5 cm de large. C’était probablement un couteau pliant, un couteau de boucher ou de chirurgien. Je pense que c’était sans aucun doute un couteau droit.

    10. Le meurtrier était certainement un homme robuste faisant preuve de sang-froid et d’audace. Rien ne prouve qu’il avait un complice. Il était certainement un homme sujet à des crises périodiques de folie homicide ou érotique. La nature des mutilations montre que l’homme souffrait peut-être d’une maladie sexuelle appelée satyriasis. Il est bien sûr également possible que ses désirs homicides se soient développés à partir d’un esprit vengeur et menaçant ou que la religion ait été à l’origine de la maladie. Mais je pense qu’aucune de ces deux hypothèses n’est probable. De l’extérieur, le meurtrier ressemble certainement à un homme qui a l’air inoffensif, probablement d’âge moyen, habillé proprement et convenablement. Je pense qu’il devrait être dans ses habitudes de

    Vous aimez cet aperçu ?
    Page 1 sur 1