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Introduction au project finance

Introduction au project finance

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Introduction au project finance

Longueur:
485 pages
4 heures
Éditeur:
Sortie:
Jun 10, 2015
ISBN:
9782875960863
Format:
Livre

Description

Procédé dont l’utilité n’est plus à démontrer et qui est loin d’être récent, le recours croissant au project finance (ou « project financing ») dans l’économie contemporaine invite à le démystifier et à en présenter de manière simple et intelligible les contours. De fait, quoiqu’ayant connu un repli en raison de la crise financière et économique récente, le project finance continue d’être utilisé ou inspire les méthodes de réalisation de projets publics et privés dans des domaines divers et variés à travers la planète. Il s’agit donc d’une technique à vocation universelle dont l’usage et le développement gagneraient à quitter son cercle d’initiés.

Cet ouvrage fournit la quintessence actuelle en français du project finance dans la mesure où la crise financière et économique précitée en a influencé certains aspects. Les dernières évolutions et adaptations en la matière sont en conséquence prises en compte dont notamment celles liées aux nouvelles exigences réglementaires applicables au secteur bancaire et dérivant particulièrement des accords dits « Bâle III » :

- le rôle croissant des banques de développement et celui des marchés de capitaux (emprunts obligataires en tête) ;

- les nouvelles approches en matière de syndication bancaire (« club deal ») ;

- mais aussi les approches qui concernent la durée des financements (résurgence de la « mini perm » « soft » ou « hard »).

Sont également prises en compte les exigences croissantes en matière environnementale et sociale et de respect des droits de l’homme.
Éditeur:
Sortie:
Jun 10, 2015
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9782875960863
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Livre

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Aperçu du livre

Introduction au project finance - Nimrod Roger Tafotie Youmsi

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La collection Cahiers financiers rassemble des monographies de qualité orientées vers la pratique. Les Cahiers traitent de sujets bien délimités dans le domaine des sciences financières.

Sous la direction de Bruno COLMANT docteur en sciences de gestion et ingénieur commercial (ULB), titulaire d’un MBA en finance (Purdue University - États-Unis) et d’une Maîtrise en Sciences Fiscales (ESSF). Titulaire des certifications d’analyste financier et de Risk Manager, il est expert-comptable et conseil fiscal agréé. Il est membre de la Commission des Normes Comptables, du Conseil Supérieur des Finances, du Conseil Central de l’Économie et de la Commission de Gouvernance Corporative. Il enseigne la comptabilité financière dans différentes institutions universitaires belges (Vlerick Management School, UCL, Facultés Universitaires Saint-Louis et ICHEC), luxembourgeoise et à l’Université de Genève.

Pour toute information sur nos fonds et nos nouveautés dans votre domaine de spécialisation, consultez nos sites web via www.larciergroup.com.

© Groupe Larcier s.a., 2015

Éditions Larcier

Espace Jacqmotte

Rue Haute, 139 - Loft 6 - 1000 Bruxelles

EAN : 9782875960863

Cette version numérique de l’ouvrage a été réalisée par Nord Compo pour le Groupe Larcier. Nous vous remercions de respecter la propriété littéraire et artistique. Le « photoco-pillage » menace l’avenir du livre.

Dans la même collection

1. Les obligations. Notions financières essentielles

Bruno COLMANT, Vincent DELFOSSE et Louis ESCH, 2002, 131 p.

2. Le système financier islamique. De la religion à la banque

Imane KARICH, 2002, 144 p.

3. La fiscalité des entreprises. Aspects économiques de la concurrence fiscale dommageable au sein de l’Union européenne Emmanuel RUBENS, 2002, 218 p.

4. Les stock options en Belgique. Considérations financières et fiscales

Bruno COLMANT, Jacques GHYSBRECHT et Benoît WALTRÉGNY, 2002, 113 p.

5. Les instruments financiers optionnels

Pascal PHILIPP art, Bruno COLMANT, 2002, 149 p.

6. Produits dérivés de crédit. Applications et perspectives

Bruno COLMANT, Jacques GHYSBRECHT et Bruno RAUÏS, 2003, 178 p.

7. Efficience des marchés : concepts, bulles spéculatives et image comptable

Bruno COLMANT, Roland GILLET, Ariane SZAFARZ, 2003, 96 p.

8. Les dividendes, la fiscalité et les comportements opportunistes

Jérôme WOUTERS, 2003, 102 p.

9. La décote boursière des holdings belges : décrypter l’énigme financière

Bruno COLMANT, Alexandre DETOURNAY et Leslie SERVATY, 2003, 159 p.

10. Les nouveaux défis financiers et techniques de la fonction de trésorier

François MASQUELIER, 2003, 240 p.

11. Valeur et risque des brevets pour les biotechnologies. Considérations financières et fiscales

Georges HÜBNER, Pierre-Armand MICHEL et Mélanie SERVAIS, 2003, 92 p.

12. Les normes comptables IAS 32 et IAS 39 sur les instruments financiers

Origine, dispositions, applications et exemples

Bruno COLMANT, Jean-François HUBIN et François MASQUELIER, 2004, 403 p.

13. Les stock options en Belgique. Considérations fiscales, financières et comptables

Bruno COLMANT, Jacques GHYSBRECHT, Jacqueline HAVERALS et Benoît WALTRÉGNY, 2004, 221 p.

14. Les obligations. Concepts financiers et comptables essentiels

Bruno COLMANT, Vincent DELFOSSE et Louis ESCH, 2004, 221 p.

15. Le financement des ventes par le compte-clients

Bernard ROSEN, 2004, 91 p.

16. Les obligations convertibles

Bruno COLMANT et Vincent DELFOSSE, 2005, 224 p.

17. Le risque opérationnel. Implications de l’Accord de Bâle pour le secteur financier

Ariane CHAPELLE, Georges HÜBNER et Jean-Philippe PETERS, 2005, 224 p.

18. Financial buy-outs. Value drivers, deal structuring, financial instruments and funds. Analysis from investor and management standpoints in Belgian practice

Hugues LAMON, 2005, 214 p.

19. Les obligations souveraines. Situation du marché, évaluation du risque-pays, et gestion des défauts

Kim OOSTERLINCK et Ariane SZAFARZ, 2005, 105 p.

20. Les accords de Bâle II pour le secteur bancaire

Bruno COLMANT, Vincent DELFOSSE, Jean-Philippe PETERS et Bruno RAUÏS, 2005, 267 p.

21. Application des normes comptables. IAS 32 et IAS 39 en 2005

Bruno COLMANT, Jean-François HUBIN et François MASQUELIER, 2005, 267 p.

22. La bancassurance en mouvement

Bernard DE GRYSE, 2005, 104 p.

23. La finance comportementale

Amos SUSSKIND, 2005, 116 p.

24. Les carrousels à la TVA. Étude économique et juridique

Claire KAECKENBEECK, 2005, 118 p.

25. Les stock options. Analyse en droit fiscal, social et comptable belge

Bruno COLMANT, Nadine BEAUFILS, Françoise PLATTEBORSE et Gauthier RAZÉE, 2006, 205 p.

26. Les intérêts notionnels. Aspects juridiques, fiscaux et financiers de la déduction pour capital à risque

Bruno COLMANT, Pascal MINNE, Thierry VANWELKENHUYZEN, 2006, 112 p.

27. L’image fidèle dans l’ordre comptable belge. Réflexions concernant une exigence inaboutie

Bruno COLMANT, Michel DE WOLF, 2007, 90 p.

28. Monde changeant des assurances

Bernard DE GRYSE, 2007, 222 p.

29. La réassurance

Jean-François WALHIN, 2007, 302 p.

30. Application des Normes comptables. IAS 32, IAS 39 et IFRS 7

Bruno COLMANT, Jean-François HUBIN et François MASQUELIER, 2007, 160 p.

31. Les déductions fiscales à l’impôt des sociétés

Pascal MINNE, Thierry VANWELKENHUYZEN, Bruno COLMANT, 2008, 158 p.

32. Les marchés de quotas de CO2

Arnaud BROHÉ, 2008, 146 p.

33. La titrisation du risque d’assurance

Valentin BAUWENS, Jean-François WALHIN, 2008, 244 p.

34. Efficience des marchés. Concepts, bulles spéculatives et image comptable

Bruno COLMANT, Roland GILLET, Ariane SZAFARZ, 2009, 94 p.

35. Islam : droit, finance et assurance

Jacques CHARBONNIER, 2011, 304 p.

36. Bâle II et le risque de crédit. Les règles actuelles et leur évolution sous Bâle III

Alain VERBOOMEN, Louis DE BEL, 2011, 320 p.

37. La réassurance,

Jean-François WALHIN, 2e édition 2012, 451 p.

38. Titres et bourse,

Joseph ANTOINE, Marie-Claire CAPIAU-HUART,

Tome I - Instruments financiers, 3e édition 2012, 394 p.

Tome II - Marchés-transactions-placement, 3e édition 2012, 532 p.

39. Pratiques et techniques bancaires,

Yassine BOUDGHENE et Eric DE KEULENEER, 2012, 298 p.

40. Fund industry in Luxembourg,

Danielle SOUGNÉ (dir.), 2013, 128 p.

41. Les agences de notation financières,

Bruno COLMANT et al., 2013, 224 p.

42. Le financement Schuldschein

Analyse d’un financement alternatif allemand en plein essor

Antoine Romain CUNY DE LA VERRYÈRE, 2014, 302 p.

Reeds verschenen in deze reeks

1. De techniek van het effectiseren en toepassing op de Belgische markt

Caroline JANSSENS, 2003, 192 p.

2. De Belgische Commercial Paper-Markt

Hubert OOGHE en Veerle VOET, 2003, 112 p.

3. Financing entrepreneurial companies. How to raise private equity as a high-growth company

Sophie MANIGART en Miguel MEULEMAN, 2004, 140 p.

4. The Real Options. Approach to Strategic Capital Budgeting and Company Valuation

Wouter DE MAESENEIRE, 2006, 190 p.

À papa qui s’en est allé,

À maman qui reste forte et « antifragile » pour nous,

À ma famille, mes amis et mes collègues.

« Under opacity and the newfound complexity of the world, people can hide risks and hurt others, with the law incapable of catching them ».

Nassim Nicholas TALEB, Antifragile.

PRÉFACE

« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément » !

S’il fallait qualifier l’ouvrage de Me Tafotie, ces quelques mots de Boileau lui siéraient à merveille.

Le project finance constitue un univers complexe dont il n’est pas aisé d’appréhender les multiples facettes. Avec toute l’humilité qui le caractérise, c’est pourtant ce que Me Tafotie est parvenu à faire avec talent. S’il se défend de s’adresser aux spécialistes de la technique, il publie néanmoins sous une plume limpide et pédagogique un ouvrage que même les praticiens gagneront à consulter. Me Roger Tafotie nous livre en effet une vision globale de la technique, qui permettra non seulement au profane d’en comprendre les arcanes, mais apportera également au praticien des éclairages subtils sur les équilibres sur lesquels reposent les « project finance ». Au-delà de l’analyse de l’environnement et du cadre juridiques qui sous-tendent tout projet, l’auteur nous apporte de plus la perspective économique indispensable à la juste perception de la technique.

Fort de cette approche bi-dimensionnelle, Me Tafotie a conçu son ouvrage tout à l’image des projets dont il décrit le financement : une structure solide via une mise en œuvre coordonnée. Il s’attache tout d’abord à en étudier la phase préliminaire : études de faisabilité économique, financière et bien entendu technique. Il en évoque les difficultés d’ordre social et environnemental, nouvelles donnes désormais incontournables d’un monde qui se veut équitable. Il en expose les risques de tous ordres, leur identification, leur analyse, leur gestion, leur délicate répartition, l’aboutissement en étant, dès lors qu’ils sont raisonnablement maîtrisés, la « bancabilité » même du projet, fondée intrinsèquement sur sa propre rentabilité à terme.

S’il apparaît viable, le projet pourra alors être mené, associant partenaires publics et privés au sein notamment de sociétés ad hoc, équilibre parfois fragile où les intérêts des uns et des autres devront être pris en compte. L’auteur s’attache à en décortiquer le montage juridico-financier, véritable ciment qui viendra définitivement sceller la foi requise de tous ces acteurs dans le projet commun et la confiance qu’ils doivent se porter mutuellement. Ce sont les différents contrats qui viendront en encadrer la réalisation : contrats de financement de tous ordres, d’assurance et de couvertures diverses, de garanties, contrats de construction, puis d’exploitation et de maintenance, mais aussi d’approvisionnement, de fourniture, pour ne citer que les principaux. Roger Tafotie ne se contente pas de décrire l’objet de chaque contrat dans cet ensemble contractuel complexe ; il s’attache à en expliquer les objectifs et à en démontrer l’interdépendance, les situant systématiquement dans une perspective dynamique et globale.

En publiant cet ouvrage en français, Me Tafotie vise, en premier lieu, à présenter le « project finance » aux pays francophones d’Afrique pour lesquels la technique peut constituer une solution de financement des grands projets d’infrastructure nécessaires à leur développement économique. Son travail se situe à cet égard dans le prolongement de son excellente thèse de doctorat sur les projets dits « build, operate and transfer », une forme originale de partenariats public-privé, soutenue à l’Université du Luxembourg et publiée aux éditions Larcier en 2013.

Au-delà de cet objectif bien atteint, l’étude du « project finance » présentée ici devrait intéresser tous ceux qui souhaitent disposer d’une présentation claire, juste et précise d’une technique de financement riche et sophistiquée.

Philippe BOURIN

André PRÜM

AVANT-PROPOS

L’idée d’écrire un ouvrage introductif au project finance (ou project financing) est partie du constat d’un vide à ce propos dans les pays francophones, particulièrement ceux d’Afrique. En effet, en dehors de quelques ouvrages – tantôt techniques, tantôt très spécialisés ou localisés – sur la question, il n’existe pas à notre connaissance un ouvrage en français permettant d’avoir une vue globale et systématique de ce procédé dont l’utilité n’est plus à démontrer.

L’usage dudit procédé n’est en effet pas récent. Toutefois, le recours fréquent à celui-ci dans l’économie contemporaine invite à le démystifier et à en présenter de manière simple et intelligible les contours. De fait, en dépit du repli observé en raison de la crise financière et économique récente, le project finance continue d’être utilisé ou inspire les méthodes de réalisation de projets publics et privés dans des domaines divers et variés à travers la planète. Il s’agit donc d’une technique à vocation universelle dont l’usage et le développement gagneraient à quitter son cercle d’initiés.

Le présent ouvrage se donne pour ambition de fournir à toute personne intéressée par le sujet ou à tout lecteur curieux la quintessence actuelle en français du project finance. La crise financière et économique précitée a en effet influencé certains aspects du project finance, imposant en conséquence la prise en compte des dernières évolutions en la matière. Certaines de ces évolutions tiennent aux nouvelles exigences réglementaires applicables au secteur bancaire et dérivant particulièrement des accords dits « Bâle III ».

Sont ainsi notamment pris en compte le rôle croissant des banques de développement et celui des marchés de capitaux (emprunts obligataires en tête) ainsi que les nouvelles approches tant en matière de syndication bancaire (club deal) qu’en ce qui concerne la durée des financements (résurgence de la « mini perm » soft ou hard).

Sont également prises en compte les exigences croissantes en matière environnementale et sociale et de respect des droits de l’homme.

L’ouvrage se veut par ailleurs un guide utile pour d’éventuels enseignements introductifs sur la matière, raison pour laquelle il voudrait offrir davantage qu’une vue superficielle des immenses richesses de celle-ci.

La présente édition est néanmoins, et à dessein, allégée d’études de cas. Ceux-ci feront l’objet d’une sélection minutieuse et circonstanciée afin d’illustrer, dans les éditions suivantes, la mise en œuvre multiple et variée du project finance.

Luxembourg, avril 2015

Nimrod Roger TAFOTIE YOUMSI

ABRÉVIATIONS ET MODES DE CITATION

INTRODUCTION

1. Imparfaitement traduit en français par l’expression « financement de projet » ¹, le project finance (ou project financing) serait né à l’époque romaine ². Toutefois, bien qu’ayant été vulgarisé par le développement des champs pétrolifères de la mer du Nord, le project finance existe aux États-Unis depuis les années 1930 où il a concouru au développement de l’industrie pétrolière américaine, permettant notamment le financement de multiples petites sociétés impliquées à cette époque dans la découverte et la production de pétrole ³. Ces sociétés fonctionnaient généralement avec un capital insuffisant et leurs situations financières, de même que celles de leurs actionnaires, ne pouvaient pas leur permettre d’obtenir les prêts conventionnels, d’habitude accordés après examen des bilans financiers et obtention de sûretés, garanties et cautionnements ⁴.

Néanmoins, dans la mesure où elles exploitaient des gisements pétroliers dont la rentabilité ne souffrait aucun doute, ces petites sociétés reçurent – en dépit de la précarité de leurs situations financières – des prêts bancaires sans recours, excepté un droit sur les champs pétrolifères et les produits qui en étaient issus ⁵. De là le développement de méthodes de financement assez évoluées, dont par exemple la technique de « production-paiement » ⁶.

2. Par la suite, le project finance a pris une importance indéniable dans la réalisation de projets publics et privés à travers le monde ⁷. Cette évolution positive s’explique par de nombreux facteurs, au rang desquels notamment l’accroissement des besoins financiers tant pour les entreprises privées que pour les États et autres personnes publiques, une possibilité de financement hors bilan pour les entreprises privées, le jeu d’un ratio d’endettement plus élevé que la normale, une quête de répartition optimale des risques entre parties, ainsi que l’existence d’une planification financière et l’affectation des fonds à un but précis ⁸.

3. À la recherche d’un nouveau souffle ⁹ après le repli dû à la crise financière et économique récente, la substance du project finance n’a cependant pas changé. C’est cette substance que le présent ouvrage ambitionne de présenter. De fait, comme il sera examiné de manière détaillée plus avant, le project finance est une technique de financement par laquelle les prêteurs acceptent de financer un projet en se basant uniquement sur sa rentabilité et sa valeur propres, de sorte que le remboursement du prêt (ou des prêts) dépend essentiellement des cash flows générés par le projet lui-même ¹⁰. Il diffère donc ainsi des procédés traditionnels de financement dont notamment le financement sur bilan (balance sheet finance) – dans lequel les prêteurs prennent essentiellement en compte les bilans, et plus généralement les résultats financiers, du promoteur – et le financement sur garantie (asset-based finance) dans lequel les prêteurs prennent en compte la valeur des actifs financés.

4. Si l’expression project finance paraît souvent employée de façon peu précise ¹¹, le project finance véritable consiste en un financement sans recours où les prêteurs acceptent de financer un projet uniquement en se basant sur sa rentabilité et sa valeur propres ¹². En pratique toutefois, les financements sans recours semblent plutôt rares, compte tenu de leur coût élevé ainsi que des critères rigoureux auxquels ils sont soumis ¹³.

Retenons en conséquence que le project finance implique le financement d’un projet par des prêteurs dont le remboursement du prêt dépend partiellement (hypothèse du prêt à recours limité ou limited recourse financing) ou uniquement (cas du prêt sans recours ou non-recourse financing) des cash flows générés par le projet lui-même ¹⁴. En somme, la capacité du projet à générer des revenus qui serviront au remboursement du prêt constitue la pierre angulaire du project finance.

5. Le schéma ci-après représente la structure type d’un montage en project finance :

6. Toutefois, le project finance ne constitue pas toujours l’option de financement la moins onéreuse et sa mise en œuvre peut s’avérer d’une certaine complexité. En effet, il est par exemple fait état de situations dans lesquelles de nombreux projets ont été abandonnés ou finalement réalisés par des méthodes de financement classiques, en raison des coûts prohibitifs qu’entraînait le recours au project finance ¹⁵. D’autre part, au-delà de l’exigence de rentabilité du projet, le project finance commande une analyse exhaustive des risques inhérents au projet considéré ainsi que la mise en place d’un montage juridique et financier permettant une répartition acceptable, entre toutes les parties prenantes, des risques décelés au cours de l’analyse précitée.

En outre, les nouvelles exigences réglementaires applicables aux banques et résultant notamment des accords dits « Bâle III » semblent exercer des contraintes sur l’option pour le project finance ¹⁶.

7. Cette technique paraît malgré tout constituer une méthode efficace de répartition de risques et d’augmentation de la capacité d’endettement pour un projet ¹⁷ et semble par ailleurs présenter un taux de défaillance réduit par rapport au financement corporate (corporate loans) classique ¹⁸. De plus, initialement mis en œuvre dans le domaine pétrolier, le project finance est de nos jours utilisé dans des domaines très variés tels que les projets industriels, les projets liés à l’exploitation des ressources naturelles, les projets de production d’énergie ou liés à l’environnement (eau et assainissement, traitement des déchets, etc.) ainsi que les projets de gestion de biens ou services collectifs (infrastructures, télécommunications, etc.), et même dans le domaine des loisirs ¹⁹.

8. Plus fondamentalement, outre le fait qu’il crée ou s’applique à des actifs réels, le project finance constitue à notre avis une technique structurante en ce sens qu’il implique méthode et rigueur. Ainsi, une fois que le projet a été identifié, et quelle que soit la modalité retenue (prêt sans recours [non recourse financing] ou prêt à recours limité [limited recourse financing]) ²⁰, il est indispensable que les parties en effectuent une analyse approfondie afin de statuer sur sa réalisation. De fait, le projet doit être susceptible de générer des revenus (cash flow notamment) qui serviront au remboursement du prêt, d’où la nécessité de cerner avec précision les risques dudit projet afin d’en déterminer la répartition équilibrée entre les différents partenaires. En effet, le lien entre risques et rentabilité ainsi que l’influence des premiers sur la seconde constituent la grande équation du project finance.

9. D’un autre côté, même si chaque projet appelle un traitement spécifique, la mise en œuvre du project finance obéit à une démarche et à une structuration dont les éléments essentiels sont connus et définis. C’est cette démarche et ces éléments qu’il est question de présenter dans cet ouvrage, la logique du project finance étant susceptible de contribuer à l’amélioration des autres modes de réalisation de projets publics et privés.

Ainsi, l’analyse multidimensionnelle du projet apparaît comme un préalable incontournable du project finance dont elle forme au demeurant la substance (Première partie).

Une telle analyse doit en fin de compte permettre un montage juridique et financier, reposant sur une interdépendance contractuelle et structurelle de l’ensemble de l’opération, dont l’objectif est de servir les intérêts de toutes les parties impliquées dans le projet (Deuxième partie).

1. Sur le caractère approximatif, ou même trompeur, de la traduction des concepts d’origine étrangère : H. MUIR-WATT, « La fonction subversive du droit comparé », R.I.D.C., 2000, pp. 522 et s.

2. S. GATTI, Project Finance in Theory and Practice – Designing, Structuring, and Financing Private and Public Projects, 2e éd., London, Elsevier, 2013, p. 27, no 2.1 ; adde : R. ZIMMERMANN, « Non-recourse – The most condemnable of loan transactions », Project finance International, no 100, juillet 1996, 62/3, cité par S. L. HOFFMAN, The Law and Business of International Project Finance, 3e éd., Cambridge, Cambridge University Press, 2008, pp. 4 et 5.

3. Cf. A. GRENON, « "Project Financing" – Concepts fondamentaux et aspects juridiques », DPCI, juin 1980, t. 6, no 2, p. 190.

4. Ibid.

5. Ibid.

6. Grâce à cette méthode, le remboursement du prêt, d’une part, ne débute qu’à partir du moment où on retire le pétrole du sol et, d’autre part, s’effectue par le biais des sommes payées en contrepartie de la vente de ce même pétrole.

7. Cf. pour une perspective historique ainsi qu’une présentation statistique de l’évolution du project finance et des partenariats public-privé (PPP) dans le monde : S. GATTI, Project Finance in Theory and Practice – Designing, Structuring, and Financing Private and Public Projects, 2e éd., op. cit., pp. 27 à 42.

8. Cf. sur l’ensemble de ces facteurs et bien d’autres : S. L. HOFFMAN, The Law and Business of International Project Finance, 3e éd., op. cit., pp. 7 et 8 ; A.-M. TOLEDO et P. LIGNIÈRES, Le financement de projet, Paris, Joly, 2002, pp. 5 et 6 ; A. GRENON, « "Project Financing" – Concepts fondamentaux et aspects juridiques », op. cit., pp. 191 et 192.

9. Cf. en ce sens M. KAVANAGH et B. QUINN, « The emergence of a new order », Project finance Report 2014, IFL Rev., 2014, pp. 1 et 2 ; adde dans cette mouvance : (i) le Project Bond Initiative de la BEI et de la Commission européenne visant à stimuler sur les marchés de capitaux le financement des grands projets d’infrastructures et les nouvelles technologies de l’information (cf. www.eib.org ainsi que N. JENNETT et P. JACOBS, « Innovation finds a way » Project finance Report 2014, op. cit., pp. 8 et 9), ou encore (ii) l’initiative « PEBBLE » proposée par la banque ING et le cabinet d’avocats Allen & Overy, qui vise à promouvoir un instrument alternatif de structuration du financement censé contribuer à l’apport de liquidités pour le financement de toutes les phases de grands projets d’infrastructures (consultable sur www.allenovery.com/SiteCollectionDocuments/Pebble.pdf).

10. En ce sens : A. GRENON, « "Project Financing" – Concepts fondamentaux et aspects juridiques », op. cit., p. 19 ; S. L. HOFFMAN, The Law and Business of International Project Finance, op. cit., pp. 4 et 5 ; I. BÉNICHOU et D. CORCHIA, Le financement de projets – Project finance, Paris, ESKA, 1996, p. 15.

11. On note ainsi par exemple qu’elle peut dans certains contextes traduire le fait de lever des fonds pour financer des projets – quels qu’ils soient – tandis que dans d’autres circonstances, elle décrit une situation financière désespérée dont le sauvetage ne peut être assuré que par des options de financement extrêmement délicates : S. L. HOFFMAN, The Law and Business of International Project Finance, 3e éd., op. cit., p. 4.

12. A. GRENON, « "Project Financing" – Concepts fondamentaux et aspects juridiques », op. cit., p. 190 ; adde dans le même sens : V. HAUBERT-MCGERTRICK et G. ANSALONI, Financement de projet – Enjeux juridiques et bancabilité d’une opération, Paris, Revue Banque Édition, 2011, p. 22, no 2.

13. L. WYNANT, « Essential elements of project financing », Harvard Business Review, mai-juin 1980, p. 171 où l’auteur cite deux projets de ce genre entrepris dans les années 1960 par Freeport Minerals, respectivement en Indonésie et en Australie.

14. Cf. en ce sens S. GATTI, Project Finance in Theory and Practice – Designing, Structuring, and Financing Private and Public Projects, 2e éd., op. cit., p. 2 ; M. LYONNET DU MOUTIER, Financement de projet et partenariats public-privé, 2e éd., Paris, EMS, 2012, p. 15 ; S. L. HOFFMAN, The Law and Business of International Project Finance, 3e éd., op. cit., p. 4 ainsi que toutes les autres définitions et les références imposantes citées par l’auteur en note 1 ; Ph. R. WOOD, Law and Practice of International Finance – Project Finance, Securitisations, Subordinated Debt, London, Sweet & Maxwell, 2007, p. 3 ; R. AKBIYIKLI, D. EATON et A. TURNER, « Project finance and the Private Finance Initiative (PFI) », The Journal of Structured Finance, été 2006, p. 67 ; R. A. THILLAI, « Observations on project structures for privately funded infrastructure projects », The Journal of Structured and Project Finance, printemps 2004, p. 39.

15. Cf. en ce sens L. WYNANT, « Essential elements of project financing », op. cit., p. 173 ; adde pour une explication sur ces coûts de transaction élevés : S. GATTI, Project Finance in Theory and Practice – Designing, Structuring, and Financing Private and Public Projects, 2e éd., op. cit., pp. 2 et 3.

16. Cf. en ce sens G. HALEY, « All change ? », Project finance report 2014, IFL Rev., op. cit., p. 7 ; G. VINTER, G. PRICE et D. LEE, Project Finance – A Legal Guide, 4e éd., London, Sweet & Maxwell, 2013, p. 34 ; M. LYONNET DU MOUTIER, Financement de projet et partenariats public-privé, 2e éd., op. cit., p. 26 ; adde pour un examen approfondi de l’impact des accords « Bâle III » sur le project finance et les financements structurés en général : S. GATTI, Project Finance in Theory and Practice – Designing, Structuring, and Financing

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