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La blessure de la rencontre: L'économie au risque de la relation
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Livre électronique289 pages3 heures

La blessure de la rencontre: L'économie au risque de la relation

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À propos de ce livre électronique

Comment réhumaniser notre économie capitaliste ?

L’économie moderne, au moyen des contrats et du marché, évacue les relations personnelles directes. En garantissant une sécurité maximale, elle évite le contact avec les autres, qui est toujours source de blessures. Mais elle élimine aussi le bonheur de la rencontre avec l’autre. Un économiste napolitain du XVIII siècle, Antonio Genovesi, disait : « C’est une loi de l’univers que nous ne pouvons pas faire notre bonheur sans faire celui des autres. » Pour lui, la réciprocité – pas seulement la relation – est l’élément caractéristique de la socialité humaine. Il est illusoire de croire que la recherche de l’intérêt personnel est la seule chose qui compte et que , par une « main invisible », la satisfaction de l’ensemble des intérêts personnels contribue au bien commun. L’auteur développe les idées de Genovesi en expliquant un concept nouveau élaboré par des économistes contemporains : les biens relationnels et leur corollaire indispensable, la gratuité. Il revisite sur cette base l’idée de responsabilité sociale de l’entreprise, de bien commun et d’entreprise comme communauté. Il montre comment des expériences économiques ouverte sur la gratuité du rapport avec l’autre peuvent offrir une issue à la crise que nous traversons. Ainsi pourrait se développer une « économie civile », à la recherche d’une vie humaine et plus heureuse, sans nier les difficultés et le risque qu’une telle opération porte en soi.

Un regard novateur sur la place à donner aux relations humaines dans notre économie de marché.

EXTRAIT

Imaginez... une ville sans immeubles bruyants et sources de disputes­, où chaque famille possède sa petite villa isolée acous­ti­quement et visuellement des autres, de telle façon qu’aucun voisin ne puisse déranger qui que ce soit ; une ville où les quelques gratte-ciel restés debout sont construits de façon à éviter toute rencontre dans les escaliers ou sur le palier ; une ville où, dans les bureaux ou sur son lieu de travail, on communique uniquement par mail ou par Skype pour les décisions les plus délicates ; une ville où tous les espaces autrefois communs, les places et les quartiers, ont été lotis et privatisés, où chacun défend et contrôle son morceau de territoire ; une ville où un simple mail nous permet de commander les courses qui sont livrées chez nous sans que nous ayons besoin de sortir et de perdre un temps précieux ; une ville où les médias sont devenus sophistiqués et interactifs, jusqu’à nous donner l’impression que nous sommes en compagnie de nombreuses personnes toute la journée, alors que nous passons de plus en plus d’heures seuls devant notre ordinateur ou devant la télévision

CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE

Alimentant les sources anciennes de réflexions contemporaines sur les biens relationnels, Luigino Bruni poursuit sa démonstration pour souligner que le marché est bel et bien un terrain où peuvent coexister don et contrat, économie et société, intérêt individuel et relations humaines saines. - Diane de Zélicourt, Revue Projet

À PROPOS DE L'AUTEUR

Luigino Bruni est Professeur d’économie à l’Université LUMSA de Rome et à l’Institut Universitaire Sophia. Historien de la pensée économique, il a publié sur le sujet de nombreux livres en italien et en anglais.
LangueFrançais
ÉditeurPrimento
Date de sortie15 févr. 2018
ISBN9782853139724
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    La blessure de la rencontre - Luigino Bruni

    Couv La Blessure de la rencontre.jpg

    Luigi

    Bruni

    La blessure

    de la rencontre

    L’économie au risque de la relation

    Traduit de l’italien par Claire Perfumo

    Préface de Pierre-Yves Gomez

    postface de l’auteur pour l’édition française

    Nouvelle Cité

    Titre original : Luigino Bruni, La Ferita dell’altro, Economia e relazioni umane, © 2007 Casa editrice Il Margine, Via Taramelli, 8 – 38100 Trento

    Le G.R.A.C.E (Groupe de Recherche Anthropologie Chrétienne et Entreprise) est un collectif de chercheurs qui désirent approfondir les connaissances sur l’entreprise à partir du point de vue anthropologique chrétien. Interdisciplinaire et interuniversitaire, il réunit des spécialistes en gestion, des économistes, des philosophes, des théologiens, des sociologues ou des anthropologues. L’entreprise est l’objet d’étude qui fait converger ces différents regards pour comprendre comment l’homme travaille, échange et organise.

    La collection du G.R.A.C.E. publie des recherches innovantes ou des essais qui participent au débat public afin de voir l’économie à hauteur d’homme. Elle est dirigée par Pierre-Yves Gomez.

    Composition : Pauline Wallet

    Couverture : Laure d’Amécourt

    Illustrations de couverture :

    p. 1, © photo Istock

    p. 4, portrait de l’auteur, D.R.

    © Nouvelle Cité 2014, pour l’édition papier

    © Nouvelle Cité, 2015 pour l’édition numérique.

    Domaine d’Arny – 91680 Bruyères-le-Châtel

    ISBN de l’édition papier : 978-2-85313-738-6

    ISBN de l’édition numérique : 978-2-85313-972-4

    Sommaire

    Préface

    Introduction

    Chapitre 1

    L’ange et l’autre

    1. La grande ambivalence de la vie en commun

    2. La communauté tragique

    3. La médiation de l’Absolu

    4. La découverte du « tu » : l’ange devient l’autre

    Chapitre 2

    L’économie politique moderne, une science où la gratuité n’existe pas

    1. Le « péché originel » d’Adam […Smith]

    2. L’économie sans « bienfaisance »

    3. Réciprocité

    Chapitre 3

    Quelle responsabilité pour l’entreprise ? Entre immunitas et communitas

    1. Économie moderne, marché et entreprise : un unique processus immunitaire

    2. Marché et hiérarchie

    3. Une cohérence au-delà des oppositions

    4. Une autre conception de la responsabilité communautaire

    5. Du marché à l’entreprise et de l’entreprise au marché

    6. Conclusion

    Chapitre 4

    Éros, philìa et agapè

    1. Économie et gratuité

    2. L’amour humain, un et multiple

    3. Éros, philìa et bien commun

    4. Le bien commun comme auto-tromperie

    5. Au-delà d’une économie « érotique »

    6. Conclusion

    Chapitre 5

    « L’économie sans joie »

    1. En guise d’introduction

    2. Le « bonheur public » et l’économie civile chez Antonio Genovesi

    3. Relations et bien-être

    4. Pourquoi sommes-nous moins heureux que nous ne pourrions l’être ?

    5. Le paradoxe de l’absence de bonheur dans l’opulence

    6. Un jugement critique sur le débat autour de l’économie et du bonheur

    Chapitre 6

    Les relations en tant que biens

    1. Les relations, les biens que l’économie traditionnelle ne réussit pas à voir

    2. Les biens relationnels

    3. Relations primaires et secondaires

    4. « L’enfer, c’est les autres »

    Chapitre 7

    Le sens économique et civil des charismes

    1. Un regard différent

    2. Charismes et innovation

    3. Charis ou « ce qui apporte de la joie »

    Conclusion L’étreinte de l’autre

    Postface de l’auteur pour l’édition française

    1. L’éthique des vertus

    2. L’économie civile

    3. Charismes, gratuité et grâce

    Bibliographie

    Fin

    Préface

    « Il y a eu la tradition française, fondamentalement anticapitaliste et opposée au marché, et la tradition italienne. Celle-ci, qui s’inscrivait dans la continuité de la tradition de l’économie civile et suivait la pensée de son contemporain John Stuart Mill et des économistes anglais tels que John Elliot Cairnes, était, quant à elle, plus favorable au marché, qu’elle voyait comme un lieu d’exercice des vertus civiles. »