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La lune est un roman: Récit

La lune est un roman: Récit

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La lune est un roman: Récit

Longueur:
131 pages
1 heure
Éditeur:
Sortie:
Apr 8, 2019
ISBN:
9782889441075
Format:
Livre

Description

A l'origine de mythes et des religions, la Lune est un roman qui rythme et dirige la vie de l'humanité.

Le plus ancien calendrier lunaire remonterait à 18 000 ans, peint par les premiers artistes du paléolithique, à Lascaux. Au plus loin que porte la mémoire écrite des hommes, on parle de la Lune.
Elle est à l’origine de tous les mythes, de toutes les religions. Elle est restée la même depuis que l’humanité existe. Permanente, rassurante, inquiétante aussi, la Lune change de forme, de couleurs, fait gonfler l’océan, pousser les plantes et danser les farfadets.
Déesse ou dieu, on l’a depuis toujours vénérée, écoutée. La Lune parle, elle dit le temps. Le temps qui passe, le temps qu’il fait. Elle rythme et dirige la vie de l’humanité.
La Lune est un roman.

Découvrez, dans un ouvrage léger et accessible à tous, les mystères de la création de la Lune et tout ce qu'elle apporte aux Hommes depuis que l'humanité existe.

EXTRAIT

Comment est née la Lune ?
Les civilisations précolombiennes donnent dans leur mythologie des éléments de réponses, près de deux mille ans avant la Nasa. Mayas, Aztèques ou Incas reprennent tous la même légende qu’on retrouve jusque dans le Popol Vuh, le recueil des traditions des Indiens Quichés du Guatemala.
Tout le monde sait depuis Tintin l’importance centrale donnée par les Incas au Soleil. Ce qu’on sait moins, c’est le rôle joué dans ces civilisations par la Lune et la mythologie qui lie la création de l’une à celle de l’autre. Elle fait de cette double naissance simultanée de la Lune et du Soleil ce qu’on appelle une cosmogonie, une théorie de l’origine du monde.
La source la plus importante de cette mythologie est le récit qu’en fit au XVIe siècle un missionnaire franciscain, Bernardino de Sahagún, qui la recueillit auprès des populations de Mexico-Tlatelolco en les interrogeant dans leur langue d’origine, le nahuatl. On en retrouve des traces dans le long mémoire qu’écrivit André Thevet, le cosmographe de François Ier. C’était en pleine époque de ce que les historiens ont baptisé la Renaissance.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Devenue docteure en astronomie à la Sorbonne-Université à 31 ans, Fatoumata Kebe est spécialiste de la trajectoire des débris spatiaux.
Passionnée par l’astronomie depuis son plus jeune âge, elle cherche à lutter contre les clichés qui collent à sa discipline et à la rendre accessible au plus grand nombre. Elle a ainsi créé une association, Ephémérides, avec laquelle elle organise des ateliers, et milite au sein de plusieurs organisations visant à promouvoir les femmes dans les milieux scientifiques.
Éditeur:
Sortie:
Apr 8, 2019
ISBN:
9782889441075
Format:
Livre

À propos de l'auteur


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La lune est un roman - Fatoumata Kebe

Dans la dernière salle de Lascaux, au fond de la grotte, à une hauteur de 2,50 mètres environ, sur le mur droit, un cheval galope. On ne le remarque pas tout de suite. Les premiers artistes du paléolithique, dans leur représentation du monde il y a dix-huit mille ans, ont vraisemblablement tenu à donner une importance particulière à ce cheval.

Il surplombe toutes les autres fresques et il est presque caché, peut-être sacré. Il porte sous la tête, des naseaux à la ganache, et le long de ses flancs jusqu’à la queue, une longue traîne d’étoiles. Les préhistoriens pensent qu’il s’agit d’une représentation des différents états de la Lune, une manière de mesurer le temps, un calendrier.

Au plus loin que porte la mémoire écrite des hommes, à Ourouk où finit la préhistoire, sur les premières tablettes d’argile qui dessinent l’alphabet de Sumer, on parle de la Lune.

Il y a cinq mille cinq cents ans, lorsque la Mésopotamie invente la civilisation, le commerce, l’écriture, avec pour seules ressources de l’eau, des roseaux et de l’argile, elle crée aussi l’astronomie. À Ninive, Babylone ou Nimroud, des sages tiennent les registres des différentes positions de la Lune, prévoient ses éclipses et maîtrisent ses états. Ils savent qu’un mois lunaire dure 29,53 jours lorsqu’il marque le retour de la Lune devant le Soleil. Ils l’ont calculé. En regardant la Lune, ils mesurent le temps dans des horloges à eau.

La Lune est à l’origine de tous les mythes, de toutes les religions parce qu’elle a toujours été là. On l’a toujours vue. Elle est restée la même depuis que l’humanité existe. Permanente, rassurante, inquiétante aussi. Elle change de forme, de couleurs, fait gonfler l’océan, pousser les plantes, et danser les farfadets. La Lune a une face cachée.

Son genre même est indistinct. D’abord dieu puis déesse, elle porte tous les noms. Nannar à Sumer, Sîn chez les Assyriens. On lui a construit un temple unique à Our et des centaines en Inde où les hymnes védiques baptisent d’un même et seul mot le dieu Sôma et la plante sacrée qui permet d’entrer en communication avec l’au-delà. En Chine, la Lune est une déesse. Au Cambodge, c’est selon, tantôt Seigneur Mois, tantôt Femme-Serpent, lorsque les nuits sont froides, humides et que la Lune répand la pluie qui fécondera les rizières. En Grèce, elle sera toujours Athéna, plus tard Séléné, sa fille. Les Romains l’appelaient Luna.

Déesse ou dieu, on l’a depuis toujours vénérée, écoutée. La Lune parle. Elle dit le temps. Le temps qui passe, le temps qu’il fait. Elle rythme et dirige la vie de l’humanité.

On n’a pas écrit jusqu’ici d’histoire de la Lune. On aurait pu l’écrire de mille manières. J’ai choisi de confronter les approches scientifiques, astronomiques et physiques aux mythes qui les avaient précédées. En recoupant ces pistes auprès des chercheurs, et notamment Patrick Rocher, qui m’ont fait l’amitié de relire ce livre, j’ai tenté de vulgariser du mieux que j’ai pu des sujets souvent très complexes et d’y trouver des ébauches d’éclaircissements ou d’explications. Elles sont forcément provisoires. Le roman de la Lune s’écrit depuis que l’homme existe. Son histoire éternelle souffrira qu’elle soit encore incertaine.

La Lune ! Cet astre solitaire que la Terre a empêché de devenir une planète, j’ai passé comme vous des nuits entières à la regarder. J’ai toujours rêvé de m’y promener. J’ai fini par lui consacrer mes études et ma vie, j’ai appris les mots qui disent la Lune, puis le rythme de sa danse et même le mystère de sa création.

C’est ce roman que je voudrais vous raconter.

I

Seule comme une étoile

Dans l’obscurité, elle réfléchit.

La Lune est le miroir de nos rêves, le reflet de nos espoirs et l’ombre de nos peurs. Elle est notre double imaginaire, le premier astre que les premiers hommes aient jamais vu, le premier qu’ils aient découvert. Elle est la seule et elle est seule : la Lune est l’unique satellite naturel de la Terre. Et la Terre est elle-même l’unique planète du système solaire à n’avoir qu’un satellite.

La Lune est doublement unique.

Sa place est devenue naturellement centrale. Lorsque Johannes Kepler (1571-1630), l’un des premiers astronomes à avoir appliqué l’hypothèse du Polonais Nicolas Copernic (1473-1543) que la Terre n’était qu’une planète tournant autour du Soleil, a voulu chercher un modèle pour étudier les étoiles, il a utilisé la Lune comme mètre étalon. Pour expliquer le mouvement des astres, il les a définis à l’aune du mouvement de la Lune. Et pour dire ces rotations, il a choisi un mot latin, satellite, qu’on peut traduire par le gardien, le compagnon.

Compagne, gardienne, la Lune tourne autour de la Terre. Elle est toujours là, même si on ne la voit pas, témoin unique et permanent de notre singularité. Nous sommes les seuls êtres humains du système solaire à vivre seuls sur l’unique planète flanquée d’un seul satellite naturel.

La Lune n’est pas une planète, car elle tourne autour de la Terre, qui en est une.

La Terre est une planète parce qu’elle tourne autour d’une étoile, le Soleil.

La Lune n’est qu’un satellite, empêchée d’être une planète par la Terre. Ce qui crée des liens particuliers.

Au début, tout était concentré, comprimé en un seul endroit de l’Espace. Puis survint ce qu’on appelle le Big Bang.

L’expression fait penser à une explosion accompagnée d’un grand vacarme. Et pourtant, il n’y a pas eu de bang, ni de son, rien. Le son est une onde, une perturbation temporaire de l’air, et chaque onde a besoin d’un support pour se propager. Prenez un caillou et jetez-le dans un lac. Vous verrez une onde se créer et se répercuter dans l’eau. Prenez un autre caillou et jetez-le sur le sol, vous ne percevrez rien, même si les ondes se sont propagées, lors du contact avec le sol, à travers la terre. Une onde sonore ne peut se diffuser que dans un liquide, dans un solide ou dans l’air. Or il n’y a pas d’air dans l’Espace, c’est le vide, aucun bruit. Le Big Bang s’est produit dans un silence assourdissant.

Une explosion silencieuse.

Ce que Pascal résumera, au milieu du XVIIe siècle, par cette Pensée insondable : « Le silence éternel des espaces infinis m’effraie. »

Au milieu du XXe siècle, l’astrophysicien anglais Fred Hoyle a inventé l’expression Big Bang. Il l’a lancée comme une boutade, pour réfuter la théorie de Friedman (1922) d’un modèle cosmologique standard, et s’est servi pour la dénoncer d’un programme diffusé par la BBC en 1949. Après plus de soixante-quinze ans, le terme Big Bang est toujours utilisé pour définir le moment primordial de notre Univers.

La propagation éternelle d’une onde par les médias reste toujours assourdissante et m’effraie.

Au commencement était le gaz. L’Univers était rempli d’un gaz, composé uniquement d’hydrogène et d’hélium. Ces deux éléments chimiques constituent la matière première d’autres atomes qu’on retrouvera beaucoup plus tard dans le corps humain, et qui, pour certains d’entre eux se sont formés à la mort d’une étoile.

Nous sommes donc des poussières d’étoiles.

L’hydrogène est l’une des deux molécules qui composent l’eau. Hydro, l’eau ; gennao, engendrer. Comme on le sait, nos corps sont principalement constitués d’eau, le fluide qui permet de transmettre les nutriments aux cellules et de transporter les déchets loin de ces mêmes cellules ; chaque humain est composé de près de 65 % d’eau, soit une quarantaine de litres.

Comme on le sait aussi, l’eau est la source de la vie. Elle est la preuve qu’il peut y avoir une forme de vie

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